LXXXIX.e LECTURE
Des effets de C Eucharistie.
Oui manducat meam carnem et bibit meam mngutnem in mis vianet , et e%o in Mo; (/ni manducat meam carnem et àihit meum sangainem, habet i.ilam asternam , et ego ressuscitabo eum in novusimo die.
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang , demeure en moi , et je demeure en lui ; il a la vie éternelle , et je le
ressusciterai au dernier jour. Joan. 6.
JL Eucharistie produit des effets admirables dans ceux qui la reçoivent avec de bonnes dispositions : le premier est de nous unir intimement et de nous incorporer à Jésus-Christ. Sentez , mon cher Théophile , la force de cette expression. On peut être uni à Jésus-Christ , parla foi, en croyant toutes les vérités qu'il a révélées ; on peut aussi s'unir à lui par la charité , en l'aimant parfaitement; la foi lui soumet notre esprit , la charité lui attache notre cœur ; mais il y a une union beaucoup plus intime et plus parfaite, c'est celle qui se fait par la participalion de sa chair sacrée et de son précieux sang ; celle union est l'effet propre de l'Eucharistie. Qu'arrive-t-il , quand nous avons le bonheur de la recevoir ? Jésus-Christ se donne à nous tout entier , il unit son corps avec le nôtre ; par cette union , nous devenons un même corps et un même esprit avec lui. O merveilleux effet de cet auguste sacrement ! Aurions-nous jamais pensé être capables d'une union si divine ! C est
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Jésus-Christ lui-même qui nous l'assure par
ces paroles : « Celui qui mange u>:i chair et » boit mou sang , demeure en moi , et moi en » lui. » Comme lès alknens que nous prenons se mêlenl à notre corps, dei iennenl notre corps, dé même en recevant la sainte Eucharistie , notre corps devient celui do Jésus-Christ ; car il va cette différence , que les alimens ordinaires bangeaten noire substance, au lieu que la communion nous transforme en Jésus-Chrwl ; c'est ce qui faisoit dire h l'apôtre saint Paul : Ce n\st plus moi qui vis* c'est Jésus-Christ qui rit en moi. Le second effet de l'Eucharistie est d'augmenter , d'affermir et conserver en nous la vie spirituelle do la g;ràee : noire divin Sauveur , devenu l'aliment de nos âmes , n'y reste pas sans a^ir: il donne un nouvel accroissement à sa grâce , il nous affermit dans son amour cl nous fait conserver ce précieux trésor avec um1 fidélité constante. De là , cette sainteté soutenue , que nous admirons dans ceux qui communient dignement. A oulez-vous savoir ce qui soutient ce jeune homme dans une piété qui édifie tout le monde , dans une régularité de conduite qui le rond le modèle de la maison où il se trouve? c'est la sainte Eucharistie qu'il reçoit souvent et avec de saintes dispositions. Le troisième effet de cet auguste sacrement , c'est d1aflbiblir en nous la concupiscence , et de modérer la violence de nos passions. Nous naissons tous avec un 5 forte inclination au mal, elle est comme un venin qui s'e.st répandu dans toute. i!«,i!'.'> nature par le péché du premier homme. L'Eucharistie ne nous en délivre pas entièrement , mais elle en afToiblit la malignité;
c'est pour cette raison que les Pères de l'Eglise l'ont appelée un antidote , un contre-poison . Vous l'éprouverez , mon cher Théophile , si vous vous en approchez avec un cœur bien préparé ; vous sentirez vos forces s'augmenter , et celles de vos ennemis s'affaiblir ,- vous serez tenté plus rarement , vous le serez moins violemment : résistez avec courage; ne vous lassez point , et la vertu du corps et du saug de Jésus- Christ vous fera triompher de toutes vos passions. Le quatrième effet de l'Eucharistie est de nous donner le gage de la vie éternelle et de la résurrection glorieuse. C'est Jésus-Christ luimême qui nous enseigne cette consolante vérité : « Celui qui mange ma chair et boit mon » sang , a la vie éternelle ; et je le ressusciterai » au dernier jour. » La vie que la sainte Eucharistie communique à l'ame , est le commencement et comme un avant-goût de la vie bienheureuse ; et cette vie demeurera en nous , et sera éternelle , si nous ne nous en privons pas volontairement. La chair vivante de Jésus-Christ agit même sur nos corps; elle y est comme une semence et un germe d'immortalité , qui les fera un jour renaître de la poussière du tombeau, et les revêtira de toutes les qualités glorieuses. «Oui , dit saint Irénée , puisque, Jésus-Chrisl » est en nous par sa chair sacrée, il est certain » que nous ressusciterons un jour. » La présence de ce corps glorieux est un gage assuré de notre immortalité.
Divin Jésus , vous ne vous communiquez aux hommes que pour les combler de Liens ine.-'.imablcs. Quel bonheur pour moi de pouvoir me procurer des avantages sî précieux ! Je puis
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donc m'unir à vous; jusqu'à devenir une môme chose avec vous , vivre de votre vie divine , ôtre animé de votre esprit. Hélas ! Sei^ueur , ]»• gémis sous le poids d'un corps misérable , sujet à mille infirmités ; mais vous le sanctifierez par voire présence : un malheureux penchant me porto sans cesse au mal; mais voire chair sacrée affaiblira mes passions, et me donnera la force de les surmonter. Pour prix de la victoire , vous me promettez une vie éternelle , vous m'en donnez le gage dans la sainte communion : mon corps uni au vôtre , sortira un jour du tombeau glorieux et incorruptible. Venez donc , ô mon Dieu ! ou commandez-moi d'aller à vous : mon cœur et ma chair ont tressailli de joie , dans l'espérance de s'unir à vous , qui êtes le Dieu vivant. Qu'ai-je à désirer dans le ciel ? Qu'ai-je h désirer sur la terre , si ce n'est vous , ô mon Dieu ! qui êtes le Dieu de mon cœur, et mon partage pour l'éternité?
Pratique,
Après la communion , prier Jésus-Christ de produire en nous les effets admirables de ee sacrement.
586 DoCTBIWE ChbÉTIBSKÉ.