‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 68 sur 87 · LXXXVI.e LECTURE · texte numérisé non relu

LXXXVI.e LECTURE

Des Indulgences.

Çuœccmquc (igaveritis super terram , erunt llp.afa et in ccrlo: il quacumque soherilis super terrant , ertutl ntuia et in ecc/o.

Tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans If: ciel , et tout ce que vous-delierez sur la terre sera aussi ci- lié dans le ciel. Matth. îS.

-Lj'Iisdulgf.ïsce est une rémission des peines temporelles -(lues au péché , même après qu'il a élé pardonné. L'Indulgence ne remet point le péché ni la peine éternelle qu'il mérite, taris seulement la peine temporelle qui resle ordinairement à souffrir, quoique la tache en ail élé effacée par le sacrement de Pénitence; elle mcdère la rigueur de cette peine temporelle , ou elle en abrège la durée. Autrefois en imposoit . pour certains péchés, des pénitences publiques qui duroient plusieurs années : il îalloit pris r beaucoup , passer les jours dans le deuil , el k*S nuits dans les veilles el les pleurs , coucher sur la terre, dans le sac et la cendre , se couvrir d'un cilicc , jeûner , faire beaucoup d'aumônes et d'autres bennes œuvres. Celte ancienne discipline ne subsble plus : cependant la justice de Dieu est toujours la même; 1<> péché ne mérite pos moins de peines aujourd'hui que dans les premiers siècles. C'est pour suppléera 1 iusulbsance de nos satisfactions , que l'Eglise . toujours animée et conduite par l'esprit de Dieu,

Sa caemëKs. ; '

orde dos indulgences , c'est-à-dire qu'elle remet à ses enfans nue partie dos œuvres de pénitence oui auraient dû leur être imposées st ion les anciennes règles. Jésus-Christ adonné ce pouvoir h l'Eglise dans la personne des apôtres , lorsqu'il leur dit : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , et tout ce. que vous délierez sur la terre sera délié dans lo ciel. » Elle a donc le pouvoir d'imposer des peines pour l'expia lion de nos péchés , et celui de remettre ces peines , lorsque la vue de la gloire de Dieu et le bien spirituel de ses enfans l'engagent à user d'indulgence à leur égard. La preuve que fournissent les paroles de Jésus- Christ, est confirmée par une pratique ancienne, constante et universelle; cette pratiquese trouve dans les monumens les plus authentiques de l'Histoire, et même dans les livres saints. L'apùtrc saint Paul usa d'indulgence envers un fidèle de Gôrinthe qui avoit commis un grand crime ; il ordonna, par l'a uloriléqu il avoit reçue de Jésus- Christ , que ce pécheur fût séparé , pour un temps , de l'assemblée des fidèles , et livré à Satan pour être puni dans son corps , afin que sui ame fût sauvée au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le coupable se soumit à colle humiliation avec de si vifs sonlimens de pénitence , qu'il éloitù craindre qu'il ne fut accablé par un excès de tristesse : c'est pourquoi l'apô- Ire, dans la lettre qu'il écrivit l'année suivante , lui remit le reste de sa pénitence , el il exhorta !<s Corinthiens à le consoler et à le traiter avec charité : il ajoute qu'il agit en vertu du pouvoir qu'il a reçu de Jésus-Christ : « Ce que j'accorde à cet homme , dil-il , je l'accorde eu votre

3/2 Doctrine Chbbtienne.

considération , et en la personne de Jésus-Christ, que je représente. » L'Eglise, dans les premiers siècles , a voit égard à la recommandation des maviyrs, et , à leur prière , elle traitait a>ec indulgence les pécheurs auxquels ils s'intéressoient, Elle abrégeoit aussi le temps de la pénitence en faveur de ceux qui l'av oient commencée avec courage , lorsqu'on étoil menacé d'une persécution , afin de les fortifier , et de les mettre en éiat de résister à la violence des persécuteurs. C'est avec les mérites surabondans de Jésus- Christ , de la sainte ^ ierge et des Saints , qu'elle acquitte ses enfans de ce qu'ils doivent à la justice divine. Voilà la source où elle puise les grâces qu'elle leur accorde. La dispensation de ce trésor immense lui appartient, et elle le distribue avec la mesure que lui dicte sa sagesse. Quelquefois elie n'accorde qu'un certain nombre de jours ou d'années d'indulgence, c'est-à-dire qu'elle diminue d'autant la pénitence que prescrivoieut les saintes règles de l'ancienne discipline. Quelquefois elle accorde une indulgence plénière , c'est- à-dire qu'elle remet au pécheur pénitent tout ce qui lui reste à faire pour accomplir la pénitence canonique. Remarquez cependant , mon cher Théophile , que l'intention de l'Eglise n'est pas de nous décharger de la pénitence, mais de nous aidera la faire ; elle n'accorde des indulgences qu'aux pécheurs qui font ce qu'ils peuvent pour apaiser la justice de Dieu , elle veut suppléer à leur impuissance , et non pas favoriser le relâchement et la paresse. D'ailleurs , les œuvres de pénitence ne servent pas seulement à expier les péchés passés , elles sont encore nécessaires pour préserver de la rechute , pour

Sache mb ns. 073

dompter les pussions , pour assujettir la chair à l'esprit , et , à cet égard , on ne peut en être dispensé.

Je ne puis assez bénir voire miséricorde , ô mon Dieu ! j 'a vois mérité renier , et vous m'en avez délivré ; vous avez effacé mes péchés dans le sacrement de Pénitence; j'étois encore redevable à votre justice; elle exigeoit de moi une satisfaction proportionnée à mes fautes : hélas ! qu'ai-je fait pour les réparer ? Les œuvres que j avois à vous offrir et oient trop légères et trop foibles pour expier mes péchés; vous venez encore à mon secours et vous daignez remplacer , par des indulgences, ce qui manque a ma pénitence. C'est du trésor inépuisable de vos mérites , ô mon Sauveur ! que l'Eglise lire le prix qui doit m'acquitler avec vous. Quelle reconnoi sauce ne vous dois-je pas pour tant de grâces ! ceseroit en abuser, que de prétendre être exempt des travaux de la pénitence , parce que vous daignez abolir mes dettes. ^ oudrois je donc ne rien faire pour vous , parce que vous faites tout pour moi ? Serois-je assez lâche pour vouloir me sauver sans qu'il m'en coûte, tandis que mon salut vous a coûté si cher? ^ion , il n est pas juste que l'innocent souffre seul , et que le coupable soit épargné; je consens à souffrir avec vous : tout ce que je vous demande , c'est que vous daigniez m'appliquer le mérite de vos souffrances , pour suppléera l'imperfection des miennes.

Pratique.

Ne pas négliger les occasions de gagner les Indulgences.

u54 Doctrine Ciirltiexnk.

LXXXVIÏ.e LECTURE.

Du Sacrement de l Eucharistie.

Ponts ijticm dnho caro mca est caro mca vert est cibus,

tanguis meut verè est potus.

Le pain que je donnerai est ma chair ma chair est véritablement une nourriture) et mon sang est véritablement lin breuvage. Joan. 6.

xj'EdchAristié est un sacrement qui confient réellement et en vérité le corps, le sang , l'aine et la divinité de Notre-Seigneup Jésus-Christ , sous les espèces du pain et du vin; c'est le plus grand , le plus auguste et le plus divin de tous 1rs sacremens. En effet , les autres sacreruens nous donnent la grâce , mais l'Eucharistie nous donne l'Auteur de la grâce, Dieu lui-même. Par elle , Jésus-Christ demeure en nous, et nous demeurons en lui. Notrc-Seigneur en avoil fait la promesse long-temps avant qu'il l'instituât ; nous la lisons au chapitre VI de l'Evangile de saint Jean; après avoir dit aux Juifs : Je suis le pain » vivant qui est descendu du ciel. » Notre-Seigûeur ajouta : « Le pain que je donnerai , c'est » ma chair que je livrerai pour la vie cîu » monde.» Et comme les Juifs en murmuraient, il insista de nouveau , et plus fortement encore en disant : « En vérité , en vérité , je vous le » dis , si vous ne mangez la chair du Fils de » l'homme , et si vous ne buvez son sang , vous » n'aurez point la vie en vous; celui qui mange » ma chair et boit mon sang , demeure en moi ,

Sacbemfns. Sjb

» et je demeure en lui. » Il a exécuté cette promesse la veille de sa passion , dans la cène oii il mangea l'agneau pascal avec ses disciples. « 11 prit le pain , et après avoir rendu grâce à » son père , il le rompit , et le donna à ses dis- )> ciples , en disant : Prenez et mangez , ceci est » mon corps qui sera livré pour vous; faites c; ci » en mémoire de moi. » Puis prenant le calice , il dit : « Buvez en tous , c'est mon sang , le sang » de la nouvelle alliance qui sera répandu pour » vous etpour plusieurs, pour la rémission des » péchés : faites ceci en mémoire de moi , toutes » les fois que vous le boirez. » Les espèces du pain et du vin , que nous voyons et que nous goûtons , sont le signe sensible qui nous fait connoiire l'effet invisible de l'Eucharistie; elles signifient que le corps et le sang de Jésus-Christ sont la nourriture spirituelle de nos âmes , comme le pain et le vin sont la nourriture de nos corps; mais quoique ces apparences , comme la couleur, la figure et le goût , restent les mêmes après la consécration , il n'y a plus de pain ni de vin; et toute la substance du pain est changée en celle du corps de Jésus-Chris t. et toute la substance du vin est changée en celle de son sang; de sorte que c'est alors le même corps qui a été attaché à la croix , et qui est maintenant dans le ciel. Comme c'est un corps vivant et animé , il s'ensuit que Jésus-Christ est tout entier sous chacune des doux espèces , et tout entier sous chaque partie <\c^ mêmes espèces : sous l'espèce du pain , le. c r; s de Jésus-Christ est uni a son sang, à son aine et à sa divinité ; et sous l'espèce du vin , son sang est uni à son corps , à son aine et à sa divinité; car , maintenant que Jésus-Cinisl

est glorieux et immortel , il ne peut plus être divisé. On reçoit donc autant en communiant sous une seule espèce que si l'on communioit sousles deux espèces. Ce changement admirable se fait par la vertu toute-puissante des paroles de Jésus-Christ , que le prêtre prononce en son nom. C'est Dieu lui-même qui opère toutes ces merveilles par l'organe de ses ministres; c'est celui qui a changé autrefois l'eau en vin aux noces de Cana ; c'est celui qui de rien a fait le ciel et la terre. Il lui est aussi facile de changer une substance en une autre substance , que de tirer du néant toutes choses par sa seule parole. Nous ne comprenons pas , à la vérité , comment toutes ces merveilles s'opèrent; mais nous savons que rien n'est impossible à Dieu; et nous croyons , sur la parole de Jésus-Christ , qu'il nous a aimés jusqu'à opérer en notre faveur des choses que nous ne pouvons comprendre. Dieu peut faire ce prodige , puisqu'il est tout-puissant; il le fait réellement , puisqu'il nous assure que c'est son corps. Nous écoutons sa parole avec respect et avec docilité ; nous ne raisonnons point sur une chose qui surpasse notre raison ; nous ne cherchons point Tordre de la nature dans ce qui est au-dessus de la nature. Croyez donc ,mon cher Théophile , croyez , sur la parole de votre Dieu qu'il est réellement présent dans l'Eucharistie : croyez , malgré le témoignage de vos sens , qu'il n'y a plus de pain ni de vin : quand Dieu parle , vous ne devez plus écouler les sens; rien n'est ditticilo à une puissance infinie. ISotre-Seigneur, pour nous unir intimement à lui , a voulu devenir notre nourriture; il nous a ordonné de boire Ç€ même sang qu'il a versé

Sacre m f. s s. 577

pour nous , et de manger la victime immolée pour nous sur la croix. Il a prodigué les miracles

]>our nous procurer ce bonheur.

Qvw vos œuvres sont grandes , ô mon Dieu ! Est-il croyable que vous daigniez habiter parmi les hommes , et devenir leur nourriture spirituelle? vous avez donné autrefois a votre peuple un aliment céleste ; vous l'avez nourri , dans le désert, du pain des Anp,vs. Vous faites main tenant beaucoup plus pour nous ; ce n'est pas la manne qui descend du ciel , c'est votre

pi , c'est voire sang , c'est votre divinité

ie. O prodige d'amour que vous seul pouopérer , et que l'homme ne pourra ja-

B comprendre ! Mais vous l'avez dit , vous qui êtes la vérité même ; c'en est assez , je le crois sur l'autorité de votre parole; je perce les

gfes qui vous couvrent , je reconnois mon Dieu. Je vois dans ce mystère l'effet d'une charité immense , de la charité d'un Dieu. Qu'il m'est doux de savoir que vous avez choisi un moyen si merveilleux pour vous unir à moi , et de m'unir moi-même intimement avons ! Que ce moyen convient bien à l'excès de votre amour ! Qu'il répond bien à celui qui vous a fait revêtir de notre nature , et mourir pour nous ! Plus tendre qu'une mère, vus nous nourrissez de votre chair et de votre sang. Que je répende a un amour si louchant, par mon empress< snt h vous recevoir , que je courre a la table sainte avec celte avidité qu'un enfant saisit fes mamelles de celle qui l^allaite. Que mon unique douleur soit d'être privé de celle nourriture, divine.

Adorer Jésus-Christ présent quand on entre dans l'Eglise.

LXXXVIIL* LECTURE.

Des Dispositions pour recevoir C Eucharistie.

O'jtis grande est ; ncque enim homini prœparalur habilalio, sed Deo.

L'entreprise est grande ; car ce n'est pas pour un homme , mais pour Dieu même que l'on prépare une demeure. /. Paralip. 29.

Il n'y a point de sacrement qui nous unisse plus étroitement à Dieu que la divine Eucharistie ; il n'y en a point , par conséquent , auquel nous devions nous préparer avec plus de soi:).-. Plus ce sacrement est saint , plus on doit y apporter de dispositions. Ce n'est pasà un homme , c'est à un Dieu que l'on prépare une demeure. Parmi ces dispositions, les unes regardent la me , et les*. autres- le corps. La première disposition de l'âme, c'est la pureté de conscience. Il Tant s'éprouver soi-même , selon le précepte de l'apôtre , avant de manger ce pain céleste ; et m l'on se sent coupable de quelque péché mortel , il est nécessaire de recourir au sacrement de Pénitence. L'Eucharistie suppose la vie spirituelle dans ceux qui la reçoivent ; il faut être viv;:i.t pour se nourrir; c'est le Dieu de pureté qui se donne à nous ; il ne se plaît que dans un cœur pur. C'est pour l'aire entendre celle

S acre m ex s. 079

vérité à ses apôtres que Jésus-Christ leur lava l( s pieds avant de leur donner son corps à manger 1 i son sang à boire. C'est pour la même raison que le diacre crioit autrefois : Les choses sainte* sont pour !cs Saints. L'innocence du Baptême, ou conservée ou réparée par la Pé*nitenc , e*l cette robe nuptiale sans laquelle • il ne doit point paroilre au festin du père de famille. Celle innocence , cette pureté , est la principale disposition; mais il faut y joindre une foi vive , une ferme espérance et une euaardenle. Jcsus- Christ appelle lui-même l'Eucharistie un sacrement de foi : celui qui s'en approche , à> l'. çr< ire sans hésiter , qu'en le recevant , c'est Jè&us-CJarist qu'il reçoit , le même Jésus-Christ (jui est venu au monde, qui est mort pour nous sauver, qui est ressuscité glorieux , et qui est maintenant dan? le ciel , à la droite de son Père. La ferme espérance consiste à attendre aver bonfiance de Jésus- Christ tout ce que nous lui demanderons par rapport à notre salut ; puisqu'il se donne inittiémetoui entrer, que pourroil-il nous refuser ) Il a déclaré qe.e g< lui qui ma n^-o sa chair et boit Son sang aura la > ie éteni; Ile , et (|u'il le re^usclicra au dernier jour : après une telle pro- 1 -•■ , quelle confiance ne devons- nous pas avoir en sa bonté ? Allez donc , mon cher Th puile , à la table sainte dans la même disposition qui- cette femme de l'Evangile , qui flisoil en ( -lie-mémo : Si je touche seuhment (c boni do ,-../ /.).',( . j,- gérai guérie , et qui effectivement fut guérie à l'heure même; il n'est pas besoin de vous prouver que l'amour doit vous enduire à l'autel. L'Eucharistie est un sacrement

38o Doctrine Chrétienne.

d'amour; c'est par un amour incompréhensible que Jésus-Christ l'a institué ; ne seroit-ce pas une ingratitude monstrueuse de la recevoir dans un cœur froid et indifférent ? Mais cet amour doit être accompagné de profonds sentimens d'humilité , d'adoration et de reconnoissance. Que recevons-nous dans l'Eucharistie ? Dieu lui-même , le Créateur et le souverain Mailre de l'univers , celui dont la puissance . la sainteté et toutes les perfections sont infinies. Que sommes-nous ? Nous n'avons de nous-mêmes que le néant et le péché. Humilions-nous donc devant notre Dieu , et reconnoissons , avec le centenier de l'Evangile , que nous ne sommes

{>ns dignes d? nous approcher de lui; adoronse dans un saint tremblement , et prosternonsnous à ses pieds ; car , quoiqu'il soit caché sous le voile des symboles eucharistiques , il n'en est pas moins notre Dieu. Excitons dans notre cœur une reconnoissance sans bornes ; si elle doit se mesurer sur la graudeur du bienfait , quelle doit être la nôtre pour un don qui est infini ! Il faut aussi que le corps contribue à sa manière a honorer l'hôte divin qu'il doit recevoir. Il y a deux dispositions du corps ; la première est d'être à jeun , l'Eglise l'a ainsi ordonné , dès les premiers siècles , par respect pour cet auguste sacrement : elle n'en dispense que ceux qui étant dangereusement malades , le reçoivent comme viatique. La seconde est d'être à genoux ; et d'avoir l'extérieur le plus modeste et le plus recueilli qu'il esl possible. Cette posture du corps et ce maintien annoncent les sentimens d'une ame qni s'abaisse profondément devant la Majesté suprême,

Sachemens.

Je crois fermement , ô mon Sauveur ! que vous êtes réellement présent dans l'Eucharistie ,

et qu'en la recevant , c'est vous-même que l'on reçoit ; je vous y adore connue mon Seigneur et mou Dieu. Non , Seigneur , je ne suis pas digne que vous entriez en moi ; mais vous me commandez de vous recevoir, j'obéis, o mon Dieu ! Je me suis présenté à votre ministre , et je lui ai confessé toutes mes iniquités; il a prononcé sur moi la sentence delà réconciliation : mes péchés sont donc effacés ; cependant purifiez-moi de plus en plus , sanctifiez cette demeure où vous voulez habiter , ornez-la de toutes les vertus ; j'attends tout de votre miséricorde. Pouniez-vousme refuser quelque chose , après vous être donné vous-même ? Oui , mon Dieu , j'en ai la ferme confiance ; oui , vous guérirez toutes mes infirmités , et vous m'attacherez à roua pour toujours. Quel amour ne vousdois-je pas pour un si grand bienfait ! pourrois-je le recevoir sans en être attendri ? Allumez dans mon cœur le feu sacré de votre amour; ce cœur est tout ce que je puis vous offrir , pour vous marquer ma reconnoissauce ; je veux , ô mon Dieu , le consacrer à votre amour ; agréez l'offrande que je vous en fais. Les sentimens que j'éprouve maintenant sont votre ouvrage , c est vous qui me les inspirez ; conservez-les en moi , Seigneur , et ne permettez pas qu'ils s'affoib lissent jamais.

Pratique.

Se disposer à la communion , en faisant , dès la veille , des actes de loi , de confiance et d'amour.

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