‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 73 sur 87 · XCIV.e LECTURE · texte numérisé non relu

XCIV.e LECTURE

Du Sacrement de C Ordre.

Dixit Spirittts Mandat : zc^rc^ata mihi Saittum et Bnrnabam in opus ad [tiod assumpsi tôt : tune imponenia, eu manus dimueruni illos.

Le Saint-Esprit leur dit : Séparez-moi Saut et Barnabe pour l'œnVre à laquelle je les ai appelés... Ils leur imposaient les mains , et les iaissérent aller. Act. i5.

JLf.s cinq premiers Saeremens sont communs a. tous les Chrétiens , et tous doivent les recevoir dans le temps et dans les circonstances où ces secours leur sont nécessaires : les deux suivons sont particuliers à deux états , qui par leur importance et les grandes obligations qu'ils imposent ont besoin de grâces plus puissantes. Le sacrement de l'Ordre dontv à l'Eglise des pasteurs qui la gouvernent ; c'est par l'imposition des mains, et par la prière dont elle est accompagnée, qu'ils sont séparés du reste des fidèles , et qu'ils reçoivent le pouvoir d'annoncer l'Évangile, d'administrer les saci-cmcns, d'oftrir le saint sacrifice; en un mot , d exercer le saint ministère. Jésus-Christ a institué ce. sacrement lorsqu'il appela ses apôtres, et qu il leur dit : « Je vous envoie comme mon Père » m'a envoyé; allez , instruisez les nations , » baptisez- les , reeevez le Saint-Esprit : les » péchés seront remis à ceux h qui vous les » remettrez , etc. ; » cl lorsqu'après avoir établi le sacrifice de son corps el de >< n sang, ilajouta: Faites cul en mémoire de moi.

Sacre mkxs. 4°^>

L'Ordre est donc un sacrement qui donne le pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques,

et la grâce pour les exercer saintement : les apôtres n'ont pas reçu ce pouvoir pour eux seuls , mais pour le communiquer à d'autres. Nous voyons dans l'Ecriture qu ils ont ordonné tics évéques , des prêtres et des diacres par l'imposition des mains ; et nous lisons dans l'Histoire Ecclésiastique, que les premiers évêques établis par les apôtres , en ont ordonné d'autres pour leur succéder; el cette succession , qui n'a jamais été interrompue , continuera - l'Eglise jusqu'à la lin d S -i'-cles. Quoique l'on distingue plusieurs Ordres j, il n'y a cependant qu'un sacrement d'Ordre , c'est le sacerdoce , auquel on participe plus ou moins selon que chaque ministère est plus ou moins élevé- La tonsure par laquelle on entre dans l'état ecclésiastique , n'est point un Ordre , mais une cérémonie qui précède les Ordres , et nui y prépare celui qui la reçoit , déclare qu'il prend Dieu pour son partage , et qu'il se consacre à son service et à celui de l'Eglise. Un étal si saint demande de grandes dispositions dans ceux qui veulent l'embrasser ; la première est d'y être appelé , et de ne pas s'y ingérer de soi-même. S'il n'y a aucun étal où il soit permis d'entrer sans avoir consulté Dieu pour savoir s'il nous y appelle; ccttepTécaulion est bien plus nécessaire encore , quand il s'agit d'un étal (huit les fonctions sont si saintes et si sublimes. « Que personne , dit saint Paul , ne » soit assez téméraire pour usurper cet hon- » neur; il ne convient qu'à celui qui est app.'lé » de Dieu. » C'est Jésus-Christ qui a choisi ses

4^4 Doctrine Cindrrînxtte.

apôtres ; ils ne se sont pas présentés d'etli* mêmes. « Ce n'est pas vous, leur disoit Notre- » Seigneur , ce n'est pas vous qui m'avez choisi, » mais c'est moi qui vous ai établis , afin que » vous alliez et que vous portiez du fruit. » Les apôtres étoient si persuadés de la nécessité de cette vocation divine , qu'ils s'adressèrent à Dieu pour connoilre celui qui devoit remplacer le perfide Judas. « Vous , Seigneur , qui con- » noissez le cœur de tous , montrez lequel des » deux vous avez choisi pour entrer dans ce » ministère et dans l'apostolat. » Mais , me direz-vous peut-être , mon cher Théophile , comment puis-je connoîlre si Dieu m'appelle à l'état ecclésiastique ? Vous le connoitrez , si vous demandez souvent au Seigneur qu'il vous montre la voie que vous devez suivre, si vous vous adressez à un homme sage et éclairé , à qui vous ouvrirez votre cœur , et dont vous receviez les avis avec une entière docilité et une parfaite soumission. La seconde disposition pour entrer dans l'état ecclésiastique , c'est d'être animé du zèle de la gloire de Dieu et du salut du prochain : malheur à ceux qui n'ont , en y entrant , que des vues humaines , qui ne consultent que l'intérêt ou l'ambition , qui ne se proposent que de s'y enrichir , et d'y vivre plus commodément et plus honorablement. La troisième disposition est d'être irréprochable dans ses mœurs : il seroit bien à souhaiter que l'on eut conservé la grâce de son Baptême; du moins faut-il l'avoir recouvrée depuis longtemps et mener une vie édifiante et exempte de reproche. Enfin , la quatrième disposition est d'être en état de grâce ; ce seroit un horrible

Sa c h f. mi- ns. /|f»J

sacrilège de recevoir un sacrement si sainl avec une conscience souillée par le péché mortel.

Heureux , 6 mon Dieu ! celui que vous avez choisi pour le service des autels ! Il habitera dans votre sainte maison ; à l'ombre de vos ailes , il sera préservé de l'air contagieux cjue 1 on respire dans le monde; vous répandrez sur lui l'abondance de vos bénédictions ; mais ces avantages ne sont que pour ceux que vous appelez vous-même à ces augustes fonctions : malheur a celui qui s'y ingérera de lui-même et sans vous avoir consulté ; malheur à celui qui embrassera un état si saint par des vues toutes profanes , et avec des intentions purement humaines ; il ne trouvera point les grâces et les >urs si nécessaires pour exercer ce redoutable ministère; il n'y trouvera que des pièges et des dangers, qui le conduiront à sa perle éternelle.

Mon Dieu , faites-moi connoître ce que vous voulez de moi; mon sort est entre vos mains; il n'appartient qu'à vous de disposer de moi , et de marquer la place où je dois être; mon cœur est prêt à vous obéir : si vous voulez que j'entre dans l'état ecclésiastique, donnez- moi les vertus que ce saint état exige ; rendez-moi digne de votre choix ; mais si vous ne m'y destinez pas, ah ! Seigneur , ne permettez pas que j'aie la témérité d'y entrer contre votre volonté. Faites , ô mon Dieu ! qu'aucune considération humaine ne me détermine à une démarche que voua me défendez ; je dois vous obéir plutôt qu'aux hommes.

/}o6 Doctrine C,.irétienxe.

Pratique.

Consulter un sage directeur sur le choix d'un état.

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