‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 77 sur 87 · XCIX.e LECTURE · texte numérisé non relu

XCIX.e LECTURE

Oraison Dominicale : ce qu il faut demander à Dieu.

T'idete nualem caritafem dédit nobls Pater , ut fitii De* nontinenuir et simus.

Considérez quel amour le Père nous a témoigné , de Touloir que nous soyons appelés , et que. nous soyons eo efl'et les enfans de Dieu. I. Joan. 5.

vj'est Notre-Seigneur lui-même qui nous a enseigné ce que nous devons demander à Dieu , et l'ordre dans lequel il faut le demander. 11 a bien voulu lui-même dresser la requête que nous devons présenter en son nom au Père éternel , et nous laisser un excellente formule de prière , que l'on appelle pour

Prière. 4^5

celte raison , la prière du Seigneur , ou VOrai- ><>/( dominicale . Jésus-Christ, dit saint C y priée, entre'autres avis et préceptes salutaires qu'il a donnés à son peuple pour le conduire au salut, lui a prescrit une formule de prière , afin que nous fussions plus facilement exaucés par le Père , lorsque nous lui adresserions la prière même que son propre Fils nous a apprise. * Prions donc , ajoute ce saint docteur, comme » notre Maître et notre Dieu nous l'a enseigné; » c'est une prière Lien agréable à Dieu que » celle qui vient de lui-même , que celle qui » frappe ses oreilles par les paroles de Jésus- » Christ : que le Père reconnoisse les paroles » de son Fils quand nous le prions. Puisque » c'est Jésus-Christ qui est notre avocat auprès » du Père , servons-nous des propres paroles » de notre intercesseur ; il nous assure que le » Père nous accordera tout ce que nous lui » demanderons en son nom ; combien plus » nous accordera-l-il, si nous demandons, non- » seulement en son nom , mais par ses paroles ! » Aussi l'Eglise fait-elle un usage continuel de cette divine prière ! c'est par elle quelle commence et qu'elle finit tous ses ollices ; elle la rappelle en particulier au saint sacrifice de la messe. Les fidèles doivent la réciter tous les jours , le matin et le soir , et se la rappeler de temps en temps dans le cours de la journée. L'Oraison dominicale est composée d'une courte préface et de sept demandes , dont les trois premières se rapportent à Dieu , et les quatre autres nous regardent nous-mêmes; elle renferme tout ce que nous pouvons désirer et demander à Dieu; elle est la règle sur laquelle nous devons

former nos sentimens et nos désirs. Nous pou vons bien nous servir d'autres paroles dans nos prières , mais nous ne pouvons demander à Dieu autre chose que ce qui y est renfermé ; toute demande qu'on ne peut y rapporter , est indigne d'un Chrétien , et ne sauroit être agréable à Dieu. La préface consiste dans ces mots : Notre Père qui êtes dans les deux. Jésus-Christ a réuni dans ce peu de mots tout ce qu'il y a déplus capable d'engager Dieu à nous exaucer , et de nous inspirer à nous-mêmes des sentimens de respect , d'amour et de confiance : nous appelons Dieu notre père , c'est Jésus- Christ qui nous l'ordonne. Dieu est en effet notre père par la création , puisqu'il nous a donné la vie , et qu'il nous a formés à son image : il l'est encore plus par la grâce de la régénération , puisque dans le Baptême il nous a adoptés en Jésus - Christ pour ses enfans. « Considérez , dit l'apôtre saiol Jean , quel » amour le Père a eu pour nous , de vouloir » que nous soyons appelés , et que nous soyons » en effet les enfans de Dieu. » Parce que vous êtes enfans , ajoute saint Paul , Dieu a envoyé dans vos cœurs l'esprit de son Fils , qui crie: Mon Père, mon Père! O nom plein de douceur et de charmes ! quel amour , quelle reconnoissance , quelle confiance ne doit-il pas exciter dans notre cœur , mon cher Théophile ! S'il est vrai que Dieu est votre Père , pouvezvous craindre que votre prière soit reietée , lorsque vous lui rappellerez un nom qu'il prend à notre égard avec tant de complaisance ! Que n'accordera-t-il pas à un enfant qui le prie , après qu'il l'a reçu au nombre de ses enfans ,

Prière. 4'^

pnr une grâce qui a prévenu ses prières et ses désirs ? Ne craignez <]iie de vous rendre indigne par votre désobéissance , d'être appelé l'enTanl de Dieu ; rien autre chose ne peut arrêter le cours de ses grâces et l'effet de vos prières. Chacun de nous en parlant à Dieu , dit : Xotrc Poe . et non pas mon l'ère ; parce qu'ayant tous le même Père, et espérant de lui !c même héritage , nous ne devons pas sculcuiHii! prli'i pour nous , mais encore pour tous 1rs fidèles qui sont nos frères. Par là , nous comprenons que ce n'est pas en notre propre nom que nous prions , mais au nom de Jtësus-Christ , et en union avec tout le corps de son Eglise dont nous sommes les membres. Nous ajoutons: Qui des dans les deux; car quoique Dieu soit en tous lieux par son immensité, nous considérons néanmoins le ciel comme le trône de sa gloire : c'est dans le ciel qu'il {'ait éclater sa magnificence, et qu'il se montre à ses élus à découvert et sans nuage. C'est au ciel que nous sommes appelés nous-mêmes ; le ciel est notre patrie, et l'héritage que noire Père nous destine. Lors donc que nous nous mettons en prière , élevons nos pensées et nos désirs vers le ciel ; unissons-nous à la société des esprits bienheureux ; excitons dans nos cœurs le désir et l'espérance de posséder Dieu.

Yous me permettez , ô mon Dieu ! vous m'ordonnez même de vous appeler mon Père ; ce nom si cher à mon cœur me répond de votre tendresse pour moi , et m'assure vos miséricordes. Vous êtes mon Père, et le meilleur de tous les Pères. Que pou\iez-vous me refuser qui me fût véritablement utile ? Je ne vous

^2G DOCTRIKE ClHlETIErfXE.

demande , ô mon Père ! que ce que vous m'avez vous-même appris à vous demander : je vous adrese les paroles mêmes que vous m'avez enseignées; c'est vous qui m'avez dicté la prière que je vous fais : vous voulez donc l'exaucer ; vous voulez m'accorder toutes les demandes qu'elle renferme. Je ne désire rien autre chose ; tous mes véritables besoins y sont exposés. Qu'il est doux , qu'il esi consolant pour moi , de savoir que j'ai dans le ciel un Père infiniment riche , infiniment puissant et infiniment bon , qui veut remédier à tous mes maux , et m'enrichir de tous les biens ! O mon Père , mon tendre Pèr^ ! je me présente devant vous avec une confiance pleine et entière , avec la confiance d'un enfant ; je répands mon ame dans votre sein paternel. Que vous êtes bon de me regarder , de me traiter comme votre enfant I Qui suis-je , ô mon Dieu ! pour être honoré de cette auguste qualité , et pour en ressentir tous les avantages ! Je suis votre enfant , que peut-il me manquer ! Ace titre je puis tout demander , je suis sûr do tout obtenir.

Pratique.

Parler à Dieu comme à un bon pèFe,

pRlkRE. 427

Page 1