IX.e LECTURE
Mystère de la Sainte Trinité.
Très a uni qui testimonium clnnt in cala, Pater , Ferbum et Spiritus Sunelua, <i ht très unum sunt.
II y en a trois qui rendent témoignage, dans le ciel , le Père, le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois sont une, même chose. II. Jean, 5.
(Quoiqu'il n'v ait qu'un seul Dieu , mon cher Théophile , il y a cependant en Dieu trois personnes. Dieu , qui est un et simple dans sa nature , est néanmoins Père , Fils et Saint- Esprit. Le Père n'est pas le Fils; le Saint-Esprit n'est ni le Père ni le Fils. Cependant ces trois personnes ne sont toutes trois qu'une seule et même divinité, qu'une seule et même nature. Ce n est point ici une de ces vérités que la raison nous découvre; c'est un mystère que la foi nous enseigne. Tout l'Evangile nous annonce, toute la religion nous apprend qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes, que chacune de ces trois personnes est Dieu, et qu'elles ne sont qu'un seul Dieu. C'est Dieu lui-même qui nous u révélé ce mystère d'une manière sensible dans
le baptême de son Fils , lorsqu'on entendit la voix du Père , qui le reconnut publiquement pour son Fils bien-aimé , et que l'on vit descendre le Saint-Esprit en forme de colombe sur le Fils de Dieu. C'est Jésus-Christ lui-même qui l'a déclaré manifestement , quand il a ordonné à ses apôtres de baptiser toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit , montrant par là que ces trois personnes sont égales, puisque tous les hommes sont consacrés également à ces trois personnes; ce qui est confirmé par les paroles de S. Jean , que vous venez d'entendre : « Il y en a trois qui » rendent témoignage dans le ciel , le Père , le »Fils et le Saint-Esprit , et ces trois ne sont «qu'une même chose. » Ce mystère est le grand objet de noire foi , et il n'y en a point auquel notre religion nous rappelle si souvent. Toutes nos prières commencent et finissent par l'invocation de la Sainte Trinité. Le signe de la croix , qui revient si souvent dans les cérémonies de l'Eglise, dans les actions particulières des Chrétiens , se fait au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit. Vous voyez donc , mon cher Théophile , qu'il ne faut point diviser la nature divine , qui est unique , ni confondre les personnes , qui sont distinguées l'une de l'autre; que le Fils est le même Dieu que le Père , mais qu'il n'est pas la même personne; que le Saint-Esprit est le même Dieu que le Père et le Fils, mais qu'il n'est pas la même personne. Le Père est ainsi appelé , parce que de toute éternité il engendre un Fils qui est la seconde personne ; et du Père et du Fils procède le Saint-Esprit, qui est la
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troisième personne do la Sainte Trinité. Ces trois personnes ne sont pas trois Dieux , mois un seul Dieu .parce qu'elles n'ont qu'une seule ei même divinité , qu'une seule et même nature; d'où il suit <|ue ees dois personnes sont égales en tontes choses, et que l'une n est pas plus grande , ni pluspuissante , ni plus ancienne que les <ieu\ autres , puisqu'elles ont toutes trois la même grandeur, la même puissance, la môuie éternité. Voilà ce qu'il a plu à Dieu de nous taire connoitre du mystère de la Sainte Trinité, mystère sublime auquel l'esprit humain ne peut atteindre ; mais Dieu l'a révélé , ce mystère, et Dieu, qui est la vérité mémo, ne peut ni se tromper, ni nous tromper. Nous devons donc le croire sur l'autorité infaillible de sa parole. Rien n'est plus raisonnable que de soumettre sa raison à l'autorité de Dieu , dans les choses même que nous ne comprenons pas. Il yauroitde la folie à vouloir approfondir ce mystère , qui est au-dessus de notre raison. La ra*ison est fort bornée : comme il y a hors de la portée de nos yeux des objets que nous ne \ oyons pas , il y a aussi hors de la portée de notre esprit des vérités que nous ne comprenons pas. Ce n'est pas seulement quand il s'agit de Dieu ,que notre raison est en défaut; dans les choses naturelle:, même, combien n'y en a-t-il pas que nous ne pouvons comprendre , et qui n'en sont pas moins certaines et indubitables ! Je vais, mon cher Théophile , vous rendre cette vérité sensible. Si un habile astronome vous parloit de la distance , de la grandeur , de la rapidité des astres dans leurs mouvemens; s'il vous disoit, par exemple, que le
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soleil est un million de fois plus grand que la terre , qu'il en est éloigné de plus de trente deux millions de lieues , votre esprit nepourroit s'assurer par lui-même de la vérité de ee que l'on vousdiroit : vous le croiriez cependant sur la parole d'un homme fort habile , vous diriez : si je ne le comprends pas , c'est que je suis encore enfant. Eh bien, mon cher Théophile , quand il s'agit de la nature de Dieu , tous les hommes ne sont sur la terre que comme des enfans. Ils parviendront un jour à la plénitude de l'âge parfait; alors les voiles se dissiperont , et ils verront clairement ce qu'ils ne peuvent maintenant ni pénétrer ni comprendre. « Vouloir en cette vie sonder ce mystère , c'est »une témérité , dit S. Augustin : le croire par » la lumière de la foi , c'est le fruit de la piélé , ;>le connoîtredans l'autre vie , c'est la souve- » raine félicité. » Il doit nous suffire , dit le Catéchisme du concile de Trente, que c'est Dieu qui nous a enseigné ce mvslère , puisqu'on ne peut sans-folie refuser de croireà sa parole. Que celui donc qui , par le secours de sa grâce , croit ce divin mystère , prie Dieu de le rendre digne de jouir de la béatitude éternelle , pour y contempler sans voile ce mvslère adorable; car c'est la foi du mystère de la Sainte Trinité qui nous fait chrétiens , et ce sera la vue claire et parfaite de ce mystère , qui nous rendra éternellement heureux.
Je crois,, ô mon Dieu ! et j'en fais une profession publique et solennelle , je crois qu'il y a un seul Dieu en trois personnes distinctes. J'adore le Père, j'adore le Fils , j'adore le Saint- Esprit; en adorant ces trois personnes, je n'a-
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dore qu'un seul et axême Dieu. Je crois ei je confesse que le Fils est éternellement engendra du Prie; je crois et je confesse que le Saint- Esprit procède éternellement du Père et du Fils; je crois que ces trois personnes n'ont qu'une même nature ci qu'une même souveraine perfection , sans aucune dépendance et sans aucune inégalité. Je ne comprends pas, à la \ érité , ce mystère ; mais je sais , o mon Dieu ! que c'est vous qui l'avez révélé; cela me suffit : M préfère , sans hésiter , voire raison à la mien* ne : le meilleur usage que je puisse faire de ma foible lumière , est de la soumettre à votre autorité. Je ne fois pas , à la vérité , ce que je crois; mais je vois clairement que je dois le croire, et que, quand vous parlez , je n'ai plus qu'à vous écouter et à me soumettre. Je sais que ma raison est bornée , et que vous êtes infaillible : je serais même surpris de comprendre ce que Fous me révélez de vos perfections infinies; car vous ur sciiez pas ce que vous éles , si vous n'étiez incompréhensible; et vos merveilles ne mériteraient plus ce nom, si l'esprit humain pouvoil v atteindre. Au lieu de vouloir pénétrer un mystère si relevé, je me livreàun seutimentde reconnoissance , de ce qu'il vous a plu de nous révéler ce que nous éles. Qu'est-ce que l'homme, ô mon Dieu .' pour que vous ayez daigné vous faire connoitre à lui ? Je me livre à la douce es-
fjérauce de voir et de contempler un jour dans c ciel ce que je crois maintenant sans le comprendre.
P m tique.
Prononcer avec respect ces paroles : Au nom du Pcrc, du FiU cl du Saint-Efiprif,