DERNIERE LECTURE
Bonheur de la vie éternelle.
Beall Immaculati in via , qui ambulant in lege Domini. Heureux tons ceux dont la vie. est sans taelie , et qui ré glent leur conduite sur la loi du Seigneur. Ps. 1 18.
Il n'est que trop ordinaire de se former une fausse idée de la vie chrétienne , et de la regarder comme une vie triste , gênante et désagréable. Rien n'est plus faux , rien n'est plus
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injuste que ce préjugé si répandu contrôla verlu et la piété. Il est important , mon cher Théophile , de vous garantir de cette erreur dangereuse , ou de vous détromper si vous y étiez déjà engagé ; il est important de vous convaincre que le bonheur est le partage de la vertu : si vous en doutiez , écoulez le Saint-Esprit , qui vous assure , en mille endroits de l'Ecriture , que la justice , c'est-à-dire l'exacte observation delà loi de Dieu, est toujours accompagnée de la paix de l'âme, de ce sentiment délicieux que produit une bonne conscience ; et par conséquent que la verlu , et la vertu seule , rend l'homme véritablement heureux. Partout où il est parlé de la fidélité à observer la loi de Dieu , il est aussi parlé de la paix , comme inséparable de la justice; et avec quelle énergie le Saint-Esprit ne s'exprime-t-il pas sur cet article ! « 0 mon fils , vous dit-il , soyez fidèle à garder » mes préceptes; ils seront pour vous une source » de joie et de paix : celui qui observe la loi du Sei- » gneur , fera sa demeure dans la paix. » f Pror, \î>. ) Remarquez qu'il ne dit pas seulement : il trouvera la paix, il jouira de la paix; mais il fera sa demeure dans la paix ; il y établira son séjour; il y sera comme environné des avantages de la paix; et cette paix sera une paix profonde : Pax inulla (Ulîgentibus legetn tuant ; une paix abondante , qu'il compare à un fleuve dont les eaux salutaires ne tarissent jamais : Erit sicut /lumen pax tua. De là , cette joie vive et pure , ce plaisir intime , solide et durable quegoûtent les justes: Delectabuntur in multîtudinepacis. Heureux donc l'homme qui met son affection dans la loi du Seigneur ! Il sera comme un bel
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arbre qui planté sur le bord des eaux , porfe un fruit excellent , et dont le feuillage ne se flétrit jamais. Ce sont les paroles mêmes du prophète. La promesse de Jésus-Christ , dans l'Evangile , n'est pas moins formelle ni moins positive; il déclare en termes clairs et précis , que son joug est doux et son fardeau léger, que ceux qui le portent y trouvent la paix de l'ame : c'est donc une vérité fondée sur la parole de Dieu , qu'une vie chrétienne est une vie heureuse ; qu'il n'y a de véritable , de solide bonheur, que dans la fidélité à accomplir la loi de Dieu. Cette vérité est encore fondée sur l'expérience : je vais , mon cher Théophile , vous citer un témoin qui n'est pas suspect , un témoin qui a éprouvé l'une et l'autre situation , celle du pécheur et celle de l'homme vertueux; c'est S. Augustin. Vous le savez , avant sa conversion, il avoit mené une vie toute mondaine , une vie sensuelle; il avoit passé un grand nombre d'années dans l'oubli de Dieu , et dans le dérèglement des passions. Rappelé enfin à la vertu , voici comme il s'explique au livre de ses Confessions : « Mon Dieu , vous avez rompu mes liens ; que mon cœur et ma langue vous louent à jamais de ce que vous m'avez fait recevoir votre joug si aimable , et le fardeau si léger de votre loi ! Combien ai-je trouvé de douceur et de plaisir à renoncer aux vains plaisirs du monde I combien ai-je ressenti de joie à abandonner ce que j'avois craint de perdre ! car vous qui êtes le seul véritable plaisir capable de remplir une ame , en éloignant de moi tous ces faux plaisirs , vous entriez en leur place , vous qui êtes la véri-
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t;iblc et souveraine douceur ; mon esprit étoit déjà délivré des chagrins euisans que donnent ['ambition , l'amour des richesses et le désir de se plonger dans la fange des voluptés criminelles , et je commençois à goû» ter le plaisir de m'entretenir avec vous , ô mon Dieu ! qui êtes ma lumière ! mon bien et mon salut. » Vous l'entendez , mon cher Théophile , une vie de péché et de désordre est un dur esclavage, où l'on est déchiré par des inquiétudes continuelles ; une vie vertueuse , au contraire , est une vie tranquille et pleine «le consolations. Il est vrai qu'il faut se faire violence , et résister à ses passions; niais cette résistance coûte peu a une ame qui a goûté Dieu; les sacrifices qu'il faut faire sont bien payés par le témoignage de la conscience , et par l'espérance d'un bonheur éternel qui remplit l'ame de joie. Ce que S. Augustin avoit éprouvé , tous ceux qui servent Dieu avec fidélité l'éprouvent comme lui. .Venconnoissez-vous pas, mon cher Théophile , même parmi ceux de voir.- âge , de ces âmes fidèles à remplir leurs devoirs ? Voyez cette joie pure et innocente , cette gaîlé simple et modeste , cetts égalité d'humeur qui les accompagnent partout. La sérénité de leur ame est peinte sur leur visage ; le calme profond dont ils jouissent , la paix de leur crcar brille , pour ainsi dire , sur leur (Vont. N'en douiez pas , ce calme , cette paix est le fruit de la vertu. Mais pourquoi recourir à des exemples étrangers? Vous-même, moucher Théophile , vous-même n'avez-vous pas senti < e bonheur qui accompagne la vertu ? Happelez-vous «ette époque de votre jeunesse , où ,
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touché de Dieu , vous vous êtes purifié de toutes vos fautes ; où , admis pour la première fois à la table sainte , vous avez éprouvé COTnbien le Seigneur est bon pour ceux qui l'aiment. Alors voire cœur dégagé des liens des passions , votre cœurpur aux yeux de Dieu , ne goûtoit que lui , ne désiroit que lui , ne soupiroit que pour lu', De quelle joie ce cœur ne fut-il pas alors inondé ! quelle paix délicieuse remplissoit alors votre ame ! qu'elles étoient douces les larmes que vous répandiez dans le sein d'urh si bon Père ! que vous désiriez alors d'être toujours dans cet heureux état ! de n'en sortir jamais ! Avouez-le , rendez cet hommage à la religion : jamais , non jamais vous n'avez passé de momensplus doux; ce jour a été le plus beau de vos jours. Alors vous compreniez cette vérité, que l'on n'est heureux qu'en servant le Seigneur : alors vous étiez pénétré des sentimens qui animoient le prophète quand il disoit : Oui , mon Dieu , un seul jour passé à votre service est bien préférable à des années entières passées dans la compagnie des pécheurs. Si vous avez conservé ces sentimens de piété, ce goût précieux de la vertu , bénis» sez-en le Seigneur , mon cher Théophile ; vous entendez aisément tout ce que je viens de vousdire sur le bonheur de la vie chrétienne : si , au contraire , la vertu qui autrefois avoit pour vous tant de charmes , vous paroît aujourd'hui importune , ennuyeuse , n'eu accusez que votre infidélité à remplir vos devoirs. Si vous aviez marché constamment dans la voie de Dieu, vous auriez joui d'une paix inaltérable. Il vous reste une ressource ! c'est de reprendre une généreuse résolution d'observer exactement la loi
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du S^î.rneur , et ds vaincre les premiers déj < uM > . lîcveiiez à votif Pîre , un soupir le désarme . uoPBarme l'apaise. Bientôt vous sentirez renaRre dans votre ame ces consolations intérieures , et ces délices mettables qui ont l'ait \« tre bonheur dans les jours de votre innocence.
l'eut-on être malheureux en vous servant , ù mou Dieu ! vous (jui êtes la source de tous les biens ? Non , Seigneur , non : votre joug est doux , et votre fardeau est léger. Vous nous avez créés pour vous , et notre cœur est dans une continuelle agitation , jusqu'à ce qu'il repose en >on>. En vain chercherois-je mon bonheur hors de vous , je ne trouverois que de faux biens qui laisseroient mon cœur vide , ou des maux réels qui le rempliroient de trouble et d'inquiétude. Vous l'avez dit , ô mon Dieu ! il n'y a point de paix pour les méchans ; des remords cuisans , des alarmes continuelles , des chagrins dévorans , voilà leur partage. Celui qui porte l'iniquité dans son sein , y porte aussi le trouble et la frayeur. Mais que le sort d'une ame qui vous sert est différent , ô mon Dieu ! elle est toujours tranquille , toujours contente, toujours heureuse. Elle a sans doute des sacrifices à faire; mais l'onction de votre grâce rend ces sacrifices faciles , agréables même : elle a des peines à souffrir ; mais que ces peines sont lt gères au milieu des consolations dont vous la remplissez f je ne balance pas , Seigneur , à embrasser le parti de la vertu , persuadé que la vie des gens de bien est mille fois plus douce que celle des pécheurs. Je serai fidèle à observer votre sainte loi , et par cette iidélité , je me
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procurerai tout le bonheur dont on peut jouir sur la terre , et une félicité parfaite dans le ciel , que vous réservez à ceux qui auront mené une vie chrétienne.
Pratique.
Chercher son boi.heur dans la pratique de Ja vertu.