DE JOSE VICTORINO DOS SANTOS E SOUZA. XXXV
en effet une ère de rénovation. Ce ne sont plus de vaines abstractions que produit la pensée humaine, ce sont des œuvres concrètes : une véritable fructification après les fleurs et le feuillage luxuriant des premiers âges. Hahnemann donne à l'homme le secret de bannir le mal physique. Jacotot bannit l'ignorance; il complète Bacon, Loke , Condillac; il les incarne, il les rend pratiques. 11 prononce le fameux axiome tout est dans tout, ou les intelligences sont égales; formule sublime, dont je Yeux un jour dégager le sens profond et la toute-puissance voilée sous un apparent paradoxe. Fourier, laissant les routes battues par les philosophes, donne une formule concrète du bonheur et rend palpables, dans ses œuvres, les visions du nouvel Eden dont il a entrevu les réalités ineffables.
Il est encore d'usage de jeter une injure en passant aux alchimistes; mais on en parle beaucoup dans les cours de chimie moderne, et je soupçonne fort les professeurs d'avoir lu sérieusement les œuvres de Raymond Lulle, de Sandivogius, du grand Albert et de Paracelse. Mesmer, non-seulement prouve la réalité des actes perturbateurs des thaumaturges anciens ; il les multiplie, il les vulgarise. Il subordonne à l'esprit la matière vaincue et frémissante. 11 lève un coin du voile qui couvre à nos faibles regards le monde des réalités substantielles. Je connais des gens qui évoquent les morts. On fait publiquement de la magie cabalistique. On ne tardera pas à s'occuper d'astrologie. Ce n'est pas en vain que Hahnemann aura rendu aux millions de substances animales et végétales la langue pariaquelle elles peuvent nous communiquer leurs propriétés intimes et leur spécialité métaphysique et morale ; un nouvel Hahnemann saisira le fil mystérieux qui unit entre elleschaque fleur du ciel à une des étoiles de nos prairies. L'harmonieux concert de la nature, perçu jadis par Pythagore, va redevenir sensible pour l'humanité, grâce aux veilles des hommes de génie, qui vivent inconnus et meurent en livrant à la terre un des secrets de la- nature. Pourquoi les hommes ne savent-ils pas utiliser les dons de ces révélateurs modernes ? Pourquoi, après dix-huit cents ans, le Sauveur du monde est-il encore
XXXVI TUÉQIUE ASTRONOMIQUE
crucifié chaque jour dans la personne de ses continuateurs? Eh bien î ce caractère pratique, cette fructification actuelle, qui doit signaler dorénavant toute pensée élevée, je crois la retrouver dans l'œuvre cosmogonique exposée ici. M. J. -V.Dos Santos, fort de sa théorie, à proposé la création, par les mains de l'homme, de nouveaux satellites pour accompagner notre globe ; en étendant notre atmosphère jusqu'à l'orbite de la Lune, il rassure les aéronautes, qui bientôt penseront à naviguer dans l'océan gazeux tenté par Montgolticr. Le monde était petit au quinzième siècle, quand Colomb est venu le doubler. Aujourd'hui il est plus étroit encore, et le nouveau Colomb ne peut tarder beaucoup à paraître. Les ressources du génie ne feront jamais défaut à l'essor de l'humanité, et, les yeux tendus vers le ciel, j'y attends bientôt les nouveaux Argonautes.
D'un autre côté, je ne crains pas de frapper du pied ce sol qui nous porte tous, sol que l'on croyait appuyé sur des colonnes de granit éternel, et qui n'est pour moi qu'une pellicule flottant sur des gaz enflammés. Je le frappe, et de son percement méthodique j'attends la lumière de nos nuits, la chaleur de nos hivers, la fusion des métaux qui coulent en ondes liquides dans le lit de ses océans et de ses fleuves intérieurs. N'est-il pas probable, en effet, que les matières les plus pesantes sont tombées à la partie la plus basse, quand notre enveloppe terrestre a commencé à se former ? Les granits ne sont que l'écume refroidie de ces océans métalliques, où nous retrouvons quelques particules oxydées que nous appelons des mines opulentes. Un jour l'humanité, au lieu d'effleurer l'épiderme du globe, saura traverser le derme et le chorium, et puisera à discrétion ces richesses, dont elle est si jalouse, dans des Nils souterrains à oncles d'argent, desVoIgas de platine, des Amazones d'or. M. Jobard nous donnera les procédés du sondage indéfini, la main des géants tressera les cordes qui descendront au sein des continents. On établira des stations de lieue en lieue avec des rafraîchissoirs pour les ouvriers, et un beau jour l'or et les diamants jailliront du sein de la vieille Cybèle. On me dira que nous n'en serons pas plus riches. Et moi je dis que si \ car il est sain d'avoir des vases inoxydables, et je don-