IV INTRODUCTION
théorie des maladies chroniques, qui, dans notre esprit, forment une partie indissoluble de la nouvelle science.
Nous ne doutons pas que la théorie de la nutrition n'excite un sentiment de répulsion et d'incrédulité. Jeter une notion purement spiritualiste dans une époque et une science toutes matérielles est une tentative téméraire; aussi notre seule ressource est de dire comme Joseph Jacotot : « Nous n'écrivons pas pour qu'on le croie, mais pour qu'on le sache. » 11 nous est impossible de montrer à nos adversaires une molécule de matière créée par la force vitale ; mais , de leur côté , ils ne nous montreront jamais une parcelle de pain effectivement transformée en chair vivante et sensible. De ces deux impuissances naît, pour chacun, la liberté de choisir une hypothèse qui explique le mieux tous les faits connus. Or, nous le déclarons, jamais nous n'avons véritablement compris l'action des petites doses et le dynamisme, que le jour où, rejetant tous les préjugés contraires, nous nous sommes élevé, en physiologie, à l'idée de la spiritualité pure. Jamais nous n'avons pu démontrer aussi facilement à nos élèves toute la grandeur de l'homéopathie, que le jour où ils ont accepté avec nous cette opinion, qui jette une lumière inattendue sur tous les problèmes de notre art.
Il nous a paru urgent d'acquérir à l'homéopathie une notion déjà évidente pour les métaphysiciens, les théologiens et les magnétiseurs. Si le temps et l'espace ne sont que des formes de notre esprit, l'étendue, l'attraction et tous les autres attributs de la matière ne sont également que des formes purement idéales; si l'homme est l'image de Dieu, il doit participer au don créateur, au moins dans les limites de son organisme. Enfin, le disciple de Mesmer et dePuységur va plus loin que cela : un verre d'eau magnétisée peut devenir, à son choix, purgatif, émétique ou sudorifique pour sa somnambule. On a même retrouvé des gouttes d'huile de ricin dans les déjections provoquées par de l'eau transformée ainsi par un pur acte de la volonté; et cela ne nous paraît pas plus extraordinaire que l'odeur du soufre développée dans les mains d'un malade par