ODE EN MÉMOIKE DE S. A. I. LE PRINCE D. ALPHONSE. LVJI
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La douleur est la loi suprême
De l'être ici-bas égaré ;
C'est la voix d'un Dieu qui nous aime,
Le mal primitif réparé.
C'est dans la douleur qu'on espère
Au verbe infaillible du père ,
Malgré des coups inattendus ;
C'est par la douleur qu'on remonte .
A travers le mal et la honte ,
A la source des biens perdus,
Quoique le sort sourit propice ,
Céleste enfant, à ton matin ,
Tu préféras le sacrifice
Qui devait borner ton destin.
Toute vie adopte un symbole ;
L'ange est un homme qui s'immole,
Et la terre , immense Sion ,
Se couvre du bois salutaire.
Il est un sens à tout calvaire ,
Un mot à chaque passion.
Quand tu parus , âme naissante ,
Au seuil de la création ,
Tu pus , dans un moment d'attente,
Élire un mode d'action.
Sur ce globe, en proie à la haine ,
Longtemps tu flottas incertaine ,
Comme jadis sur les autels
On voyait la flamme indécise
Effleurer l'offrande promise
Au plus puissant des immortels.