LV11I ODE EN MEMOIRE
Ange qu'attendait notre terre , Par le ciel encore retenu , Au sein de l'éternelle sphère Ainsi tu flottais suspendu.
Prenant ton noble cœur pour guide , Tu pesas d'un coup d'œil rapide Et tes instants et nos douleurs ; Et tu choisis , âme vaillante , Une œuvre imprévue et puissante !
A nous la joie, à toi les pleurs !
Ce siècle où tout se régénère , Où tout renaît, où tout périt , Ce siècle ouvre une nouvelle ère Pour la matière et pour l'esprit.
Ici naît un nouvel empire , Ici la Science s'inspire , Au souffle du verbe sauveur.
Nouveau savoir, nouvelle terre , Flots nouveaux , nouvel hémisphère .
Où luit le signe rédempteur.
Il faut des cœurs que rien n'arrête Pour féconder des sols nouveaux. Penser provoque la tempête , Changer provoque les bourreaux :
Lasse à peine de tant de crimes , L'humanité veut des victimes Pour marquer chacun de ses pas ; La rédemption partielle Ne s'effectue, ô loi cruelle !
Que sur de nouveaux Golgothas.
En vain Don Pèdre, âme pressée , Avait, dans son rêve profond, Des choses et de la pensée Coordonné l'hymen fécond: