‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 70 sur 285 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

NOTATION SYMPTOMATOLOGIQUE.

Le moment est venu d'exposer les règles de la notation adoptée par nous pour l'expression des symptômes. Avant d'aborder l'étude pratique des médicaments contenus dans cet ouvrage, nous devons nécessairement étudier l'emploi de cette algèbre nouvelle, qui nous permet d'en condenser les éléments et de les soumettre à l'étude des faits que leur multiplicité et leur confusion apparente empêchaient de coordonner scientifiquement.

Les besoins de renseignement, la réception de tant de milliers de malades, dont toutes les histoires sont écrites avec leurs détails

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dans nos registres, enfin des travaux théoriques prolongés, en nous obligeant à plusieurs reprises à considérer les symptômes ou éléments morbides sous une forme abstraite, telles sont les raisons qui nous ont décidé à les exprimer par une notation figurative. Nous pensons que l'heure est venue où l'homéopathie peut emprunter le langage et les formes des sciences exactes. Ces formes ne sont point indifférentes. L'algèbre n'existe que par elles. La chimie et la minéralogie les ont adoptées à leur tour avec des avantages marqués. Aujourd'hui c'est le tour de l'homéopathie, qui leur devra des services non moins importants.

Déjà, grâce à nos signes abréviatifs, les histoires de maladies peuvent être résumées sur un carré de papier d'un centimètre carré.

Elles peuvent passer sous les yeux des malades eux-mêmes, et leur être remises sans inconvénients. Les homéopathistes ont ainsi une écriture secrète pour correspondre entre eux, même lorsqu'ils parlent des langues différentes. Enfin les tableaux synoptiques auxquels nous travaillons depuis douze ans, et dans lesquels tôt ou tard nous renfermerons la matière médicale, ne sont possibles qu'au moyen de ces signes abréviateurs.

Bien des objections nous ont été faites. Elles ont servi à nous éclairer et non à nous décourager. Si l'on écoutait les impossibilistes, on ne ferait jamais rien dans ce monde, et, grâce au Ciel, nous ne sommes pas de ceux qu'on arrête. Tout cet épouvantail d'objections se bornait, en définitive, à une seule difficulté ; c'est que notre notation ne pouvait représenter toutes les nuances qui caractérisent un symptôme et les innombrables circonstances qui l'accompagnent. Voici comment nous répondons :

L'algèbre la plus exacte et la mieux notée des sciences ne représente elle-même que des quantités purement abstraites, c'est-àdire dépouillées de leurs qualités et de tous leurs accessoires. Elle résout admirablement les problèmes numériques ; mais lorsque l'on arrive à l'unité concrète, il faut bien tenir compte des différences individuelles que présente la nature. La géométrie descriptive vous donnera tous les éléments pour mettre un paysage en perspective, mais elle laissera le peintre sans guide pour ce qui regarde les couleurs, l'agencement des groupes, etc., etc. Il en est de même de la notation chimique ; elle indique les atomes qui

entrent dans la composition d'un corps, mais elle est muette sur sa densité, sa couleur, en un mot sur toutes ses autres propriétés.

II en sera de même pour l'homéopathie. Nos sigues indiqueront seulement l'existence de tel élément morbide; mais ils n'en donneront pas une description concrète, et, pour revenir à une locution qui nous est familière, ils exprimeront le fondamental sans indiquer le caractéristique.

Sous ce rapport même, notre algèbre jette un jour tout nouveau sur le problème difficile du choix du médicament. Elle donne en effet le moyen de déterminer d'une manière exacte et mathématique quels sont les médicaments parmi lesquels on doit nécessairement trouver celui qui convient dans un cas donné ; mais, en même temps, elle indique par son silence quel est le point exact où le rôle du praticien intelligent doit commencer. C'est celui où le symptôme fondamental doit être entouré de ses circonstances caractéristiques. L'algèbre, de même, donne des solutions indéterminées ou imaginaires, lorsqu'on lui demande plus que ne comporte son essence constitutive.

Il est donc bien entendu que nos hiéroglyphes symptomatologiques n'ont pour but que de désigner sommairement chaque symptôme fondamental, et voici comment nous nous y sommes pris pour les représenter.

Nous avons d'abord affecté chacune des vingt-cinq lettres de l'alphabet à désigner un appareil organique ou un système général. Nous avons choisi ces lettres de manière qu'elles répondent aux initiales mêmes du mot qu'elles doivent représenter, de sorte que c'est un travail de quelques minutes pour un homéopathiste de les classer dans sa mémoire, comme il est facile de s'en convaincre par le tableau suivant :

T. Tète.

Y. Yeux.

O. Oreilles.

N. Nez.

P. Face.

D. Dents.

B. Bouche, palais.

G. Gorge, pharynx, œsophage.

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E. Estomac et ses annexes.

A. Abdomen, diaphragme, intestins.

U. Voies urinaires, etc.

P. Pénis et virilia.

M. Matrice et muliebria.

R. Organes respiratoires.

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