XXXII THÉORIE ASTRONOMIQUE
toutes les blessures du génie crucifié saignaient sous mes yeux et dans mon cœur! Combiende fois n’ai-je pas dû refouler en moi l’élan de la pensée, l'inspiration du poëte, l'invention du mécanicien ! Qui me rendra jamais cette verve inépuisable d’une imagination juvénile, et cette intarissable fécondité de l'inventeur non encore éprouvé par les déceptions du monde?
La loi inflexible d’un devoir sans cesse renaissant a tout dé-
voré. Une génération nouvelle, indifférente et cruelle comme
toutes ses devancières, se presse déjà autour de moi et va me
demander bientôt à quoi je suis bon. N'importe, je préfère le peu de bien que j'ai fait, aux vains applaudissements de la foule.
Je ne puis, cependant, laisser échapper une occasion si belle pour joindre quelques-unes de mes idées à celles de M. J.-V, Dos Santos, d'autant plus qu’il me semble que son système lui-même offre certaines lacunes , que je puis combler en le consolidant et en le complétant par une théorie géologique correspondante.
Si les planètes flottent dans atmosphère solaire à la hauteur déterminée par leur pesanteur spécifique, il est évident que ces corps, loin d’être solides, comme on le pense généralemen f,
sont au contraire des sphères creuses, de véritables bulles de .
savon, ou des aérostats, contenant des gaz assez légers pour
équilibrer leur poids total avec celui de la masse éthérée qu’ils*
déplacent. Une chaleur intense peut seule raréfier suffisamment les gaz contenus sous cette enveloppe, et labaissement de cette chaleur, en les condensant, nous laisserait tomber plus près du Soleil.
Ceci reconnu, voyons quelle lumière en jaillira sur Ia théorie des sources et des puits artésiens, sur lesquels on débite,
chaque jour, les opinions les plus erronées. La pureté des eaux
de source, la constance de leur température, leur jaillissement sur la pente et quelquefois au sommet des plus hautes montagnes, l’existence de lacs, qui remplacent souvent les cratères des anciens volcans, tout indique qu’elles ne sont pas, comme le croient les savants officiels, l'effet d’un simple écoulement des eaux de pluie, qui reviennent à la surface de là