‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie brésilienne contenant une exposition méthodique de homéopathie, la loi fondamentale du dynamisme vital, la théorie des doses et des maladies chroniques, etcChapitre 30 sur 313 · CONVERSION DE BROUSSAIS A L’HOMÉOPATHIE, XXXIX · texte numérisé non relu

CONVERSION DE BROUSSAIS A L’HOMÉOPATHIE, XXXIX

grades, que les plus hardis commencèrent à trembler à leur tour. Les rôles furent intervertis; accusés jusque-là, les magnétiseurs prirent l'offensive, et protégés par le feu de son artillerie, ils purent enfin se grouper et saper les murailles du vieil édifice scientifique, qui croule aujourd’hui de toutes parts.

Ainsi réunis par notre but commun, nous nous voyions fort souvent. Frappart me lisait ses lettres dont il polissait le style avéc un soin tout particulier, et de mon côté je lui lisais mes feuilletons hebdomadaires du Capitole, sur l'homéopathie.Nous acérions ensemble les traits de notre double polémique, et nous riions de bon cœur quand l’un de nous avait trouvé quelque côté faible pour blesser plus efficacement nos impassibles adversaires. | 15

Je savais, car la chose était de notoriété publique, que Frappart avait traité Broussais homéopathiquement ; il était nonseulement un des disciples les plus zélés, mais bien aussi l'hôte du foyer domestique, l’ami de cœur de ce grand homme.

Ces deux âpres génies, tous deux animés d’une fureur presque égale contre les vieilles erreurs, étaient rapprochés par : uné de ces sympathies profondes qui lient les intelligences jetées dans le même moule. Frappart, disciple ardent de la doctrine de l’irritation , avait suivi son maître sur Je terrain de la phrénologie; puis, obéissant à l'entrainement de sa belle nature, il l'avait devancé sur celui du magnétisme et de l'homéopathie, où il cherchait à l'entraîner, Broussais, déjà vieux, résistait comme de juste à cette influence et ne pouvait, à son âge, franchir à la fois un si large intervalle; mais il souriait intimement à cette ardeur, qui avait été la sienne et qu'il aurait retrouvée tout entière si la cruelle maladie qui la enlevé n’eût épuisé en ce moment toutes ses forces.

Broussais avait, dans le principe, représenté lhoméopathie comme une absurdité sans pareille et indigne de fout examen. Plus tard, en 1833, il avait dié : Si l'homéopathie n’était pas une absurdité, elle serait une vérité immenset!! Enfin, deux ans plus tard, en 1855, j'avais entendu Broussais dans sa chaire, entouré alors de rares disciples et abandonné d’une jeunesse ingrate qui s’entassait, pour entendre M. Andral, dans le vaste

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