LIL HOMÉOPATHIE
Amis, combattons donc pour l’homéopæthie !
Que l'ignorant apprenne et le savant oublie !
Et que l'humanité, libre enfin de ses maux,
Se livre, grâce à nous, à ses vastes travaux ! Qu'elle accomplisse en paix son œuvre grandiose ! Et toi, divin vieillard, que ton œil se repose
Sur les biens que tu fais et ceux encor plus grands Que promet ta science à nos derniers enfants.
Va, ton sort est bien beau, ta vie est bien complete, | Et de ton doctorat la soixantieme fête
Doit être un jour bien doux à ton cœur satisfait ! Ainsi le veut du Ciel un équitable arrêt.
Indignement trahi, que le fils de Pélée
Doive finir ses jours au sein d’une mêlée,
Que César, usurpant les faisceaux des licteurs, Tombe frappé du fer de làches sénateurs, Qu’'Alexandre à trente ans, avide encor de gloire, Meure avant de jouir des fruits de la victoire,
Je n’y vois que justice. [llustres conquérants, Que voulez-vous de plus ? Vous avez été grands. Mais toi, notre héros! conquérant pacifique ! Glorieux rédempteur de la douleur physique, Qui brises aujourd’hui par un sublime effort Entre ses doigts osseux l’aiguillon de la mort;
Si des mains du bonheur l’une à l’autre enchainées Nous voyons s’écouler tes nombreuses années,
Si cet ange de paix qui veille à ton côté
Répand autour de toi le calme et la gaieté,
C’est que, de tes travaux trop juste récompense, Chaque être qu'a sauvé ta divine science
De ta longue carrière allonge encor le cours
Et met un jour de plus au nombre de tes jours; Un jour, non tel que eeux que donne la nature, Pleins des mortels ennuis d’une longue torture, Mais d'avance éclairé d’un doux rayon du ciel, Et tel qu’à ses élus en garde l'Éternel.