JUL @Ÿ
Le médicament indiqué est noïx vomique, 45e dyn., non pas seulement parce qu’il se représente un plus grand nombre de fois que tous les autres, mais aussi parce qu'il concorde mieux qu'au cun autre avec toutes les nuances des symptômes de la maladie. Par exemple, Ja céphalalgie que nous avons indiquée comme symptôme fondamental, est produite par un grand nombre de médicaments, mais elle est ici nettement caractérisée par la sensation d’oscillation interne, qui appartient à nux-vomica, Pour la consü-
pation opiniâtre, à laquelle répondent lycopode et plumbum, nous avions encore besoin de trouver un symptôme caractéristique, qui indiquât sûrement le médicament à choisir parmi tous ceux qui se présentaient ; cette spécialisation nous est donnée par le gonflement de l’abdomen par des flatuosités, hors le temps des selles ; symptôme qui chez nux vomica est bien évidemment caractéristique. Les sueurs de la tête et de dos se montrant exclusivement le matin sont encore de ce médicament. Outre ces symptômes fondamentaux, accompagnés de caractéristiques, nous avions encore d’autres traits importants de la maladie qui ne nous permettaient pas d’hésiter sur le choix du médicament : les furoncles, la sensibilité douloureuse des hypocondres à tout contact, la faiblesse paralytique de la jambe gauche, sont des symptômes spéciaux à la noix vomique.
Nous avons commencé par une 45e dynamisation, quoique laspect de la maladie soit en général chronique, mais nous avions à traiter des ulcères et des furoncles qui n'auraient pas disparu si nous avions employé une plus haute dynamisation.
À la consultation suivante la maladie présentait une grande amélioration.
Le lendemain de la prise du médicament, une transpiration con-
sidérable est survenue comme jamais le malade n’en avait eu.
Le médicament a produit un effet si salutaire, que des furoncles, qui étaient sur le point d'aboutir, ont disparu.
Le malade se sent comme dans un nouveau monde.
Le ventre est bien moins douloureux, et il peut supporter la pression de ses habits. |
Il se sent plus libre et mange mieux.
La constipation existe toujours un peu, cependant il va mieux à la garde-robe.
L'amélioration se soutenant, saccharum fut administré pendant trois semaines, jusqu'à ce que les symptômes suivants, se représentant de nouveau, nécessitérent une nouvelle dose du médicament.
La constipation persiste, il reste quelquefois cinq jours sans aller: à la selle.
Les selles toujours aussi dures.
Les jambes vont mieux ; il peut travailler.
Plus de furoncles.
La plaie du dos a suppuré un pus épais pendant trois jours. Médicament indiqué, nux vom. 30e.
La maladie étant éminemment chronique, nous avons continué le même médicament, à une dynamisation plus élevée. Le succès a confirmé notre opinion, car, une semaine aprés, le malade nous est revenu avec une grande amélioration.
La douleur de poitrine a disparu ; le ventre n’est plus douloureux, et il peut se serrer dans ses vêtements.
Les jambes sont de plus en plus fortes ; les selles sont un peu
moins difticiles à expulser; elles sortent maintenant enveloppées
de mucosités.
La plaie du dos a moins suppuré.
Nous avons administré une dose de nux vomica à la 400° dyn.
Le malade à été complétement guéri; les furoncles ayant disparu dés la deuxième dose, il ne restait plus que la plaie, la constipation, et les sueurs de la tête et du dos qui ont cédé au dernier mé-
dicament.
Nous prenons ceci pour exemple de la vérité du principe de la
théorie des doses, qui indique l'emploi des hautes dynamisations pour le iraitement des maladies chroniques. Et, en effet, quoique ce
cas présentât quelques symptômes ayant une forme un peu aiguë,
l’ensemble de la maladie est bien évidemment chronique (premier
aspect).
Nous avons donc dù, pendant les premiers temps où existait cette forme aiguë, employer des dilutions peu élevées ; mais aussitôt que ces symptômes ont disparu, nous avons élevé graduellement les dynamisations jusqu’à la guérison de la totalité des symptômes,
Mre B..., âgée de cinquante ans , couturière.
(Tempérament bilieux.)
(Est affectée , depuis dix ans, d’une douleur dans l'abdomen. )
T. Sensation de froid, puis de brülement par toute la tête, se manifestant par bouffées dans la journée.
%, Obscurcissement de la vue, comme ne un brouillard, quand elle a mal à a tête.
©. Bourdonnement dans les oreilles pendant le mal de tête.
&G. Sensation de grattement, comme si elle avait une excoriation dans la gorge en avalant sa salive.
F. La face est jaunâtre,
Arn., calc., laur., phos.,
val., calad., canth.
Amb.,ang., arn., ars., asar.,
aur., bell.,
bry., calc., lyc.,
puls., sil., squill., sulf.,stram.
Acon., arn., ars.,bell., bry., calc., cCarb.-an.,
caus., cham.,
carb.-v.,
chin., lyc.,
merc., natr., Op., petr., puls.,
sulf., verat.
Amb., arn., Caus., carb.-an.,
calc., graph.,.
puls., sabad.,
ieuc.
hep., phos., slann., sulf.,
Calc., canth., graph., lyc.,
magu. m., puls., sulf.
merc. ,
n.-vom.,
E. Nausées et haut-le-corps pendant les douleurs de l'abdomen.
Grand appétit.
A. Sensation de brülement dans l’abdomen avec points de côté.
Pression brülante dans les flancs.
Ballonnement et dureté de l'abdomen.
Coliques et frissons dans le ventre.
Sensibilité douloureuse de l'abdomen au toucher.
Douleur vive, lancinante, se manifestant dans la partie inférieure de l'abdomen lorsqu'elle fait un faux pas.
R.. Sensation de tortillement et de brülement sous le sternum.
XZ. Fatigue et frémissement dans les bras et dans les jambes aggravée par les douleurs abdominales.
Fatigue dans les jambes.
Frémissement dans les jambes.
TZ. Caractère maussäde.
Tout: lui déplait, elle n’a de goût à rien, ennui.
Répugnance pour le travail.
Elle pleure souvent.
Dort peu, elle rève qu'elle tombe dans
l’eau.
V. Frissons, alternant avec chaleurs, qui montent au visage lorsque les douleurs se manifestent au point de provoquer une syncope.
Acon., agar., ars., bar.-c., bell., bry., camph., carb.-an., carb.-v., chin., Cham., cocc., graph., hell., ign., ipec., kal., lach., led., lyc., mez., n.-vom,, op., puls.,sulf., \bui., verat.
Aloës, ars., comph., canth., lach., laur., ral., sass., sep., verat.,rhus, sabad.
Amb., bell., calc., cupho., chin., ]yc., merc., n.-vom., plat., samb., staph., su/f.,tart., terb., verat., zinc.
Calc., caus., graph., iod., mang., natr., puls.,sep.,staph., sulf.
4rs., bell., hæm., sulf.
Acon., aspar., bell., bism., canth., cham., cyc., hyos., n.vom., puls., stann., sulf., tab., verat.
Ang., bell., bry., calc., cham,, chin., cupr., dig., gins., gran., kal., kreos., mérc., mez., nitr,-ac., puls., sep., spig., sulf., verb.
Am.-c., ars., bry., calc., cauth., carb.-v., caet, , colch., crot., euph., kal., kreos., lach., lobel., lyc., merc., murex, n.-vom., sabad., sulf., tart., zinc.
ACON., am, , aga”., anac., calc., cham., chen., kal., 1yc., n.-yom., olean., pétr., sul].
Mosch., murex, puls., sulf.
Bov., caps., ol.-an., plat., rhod., sabad., sec., sulf.
Calc., lyc., puls., sulf.
Aur.,n.-vom., plomb., puls.
Agar., bell., chin., crot., evon., lach., n.-vom., oleand., phos., sulf.
Bell, bry., caus., cham., graph., lach., plat., puls., sep., staph., sulf., viol. tric.
Avac., con., hep., kal., ran,, sulf.
Acon., bell., n.-vom., puls., sec, -corn., sulf,
| Ordre dans lequel les princi- Classification des organes affectés d’après paux médicaments se sont
l'importance de leurs symptômes. présentés. | À | IL (17 TL Caractéristiq. Y,0,Z. Calc. II (4) Lyc. ML (°)
Bell. ME (7):
Médicament indiqué, ruzs. 10e dyn., À Dose 1er jour. : Six jours aprés, la malade revint ; elle était dans la même position et n’avait pas éprouvé d'amélioration. à Ce médicament couvrant parfaitement les symptômes les mieux caractérisés, nous jugeâmes que la dose seulement avait été mal
choisie et qu’il fallait recourir à une dynamisation plus élevée. En effet, nous lui donnâmes : |
puLS. Ade dyn., À DOSE.
Et la malade nous revint quelques jours après en nous annonçant une grande amélioration.
La tête allait mieux.
La poitrine aussi était améliorée.
Les nausées moindres.
Elle à pu marcher, quoiqu'il lui restât encore quelque faiblesse.
Les douleurs du ventre se sont calmées, mais il était encore douloureux au toucher.
Et il lui reste encore une pesanteur au bas-ventre.
Nous donnâmes saccharum ; il fallait laisser agir le médica-
ment; et six jours aprés la malade nous revint avec une amélioration encore plus sensible.
Les coliques étaient guéries complétement.
Le ventre est moins ballonné, mais il est encore un peu dur.
La malade peut marcher, les jambes se raffermissent.
La douleur de la tête à disparu.
Il lui reste encore quelques nausées le matin.
UNE Dose, Puzs. 50e, fut administrée.
La malade fut complétement guérie dans l’espace de six semaines, avec un seul médicament, administré à des dilutions différentes. Nous ne nous appesantissons pas davantage sur l'importance des
purs et simples; mais si elles n’ont lieu qu'après avoir mangé des œufs, de la viande de lièvre, de canard, du poisson, etc., etc., ces souffrances deviennent caractéristiques. Une douleur rhumatismale le devient également si elle alterne avec d’autres incommodités, ou si elle atteint une partie bien circonscrite, etc., etc. Dans ce cas, tous ces symptômes ont la plus grande importance pour le bon choix d’un médicament.
Ils ne constituent pas cependant ce qui est nécessaire en tout et partout pour le choix d’un médicament. Supposons, par exemple, qu'un homme soit atteint de symptômes très-ordinaires, comme de diarrhée, d’hémoptysie, d’affaiblissement de la vue, et que d’un autre côté il ait des symptômes trés-caractéristiques, comme sensation de térébration à la deuxième phalange du petit doigt de la main gauche, démangeaison circonscrite à la pommette droite, réveil en sursaut chaque nuit à une heure du matin, etc., etc.; supposons encore que les médicaments qui répondront au premier ordre desymptômes primitifs ne répondent pas à ces derniers ; devrons-nous pour celales mettre de côté? A cela nous répondons hardiment : non; le cas de l’exception entrevu par Hahnemann est arrivé, et nous ne pouvons nous occuper de la démangeaison de la face ou de la térébration du petit doigt, pendant qu’un crachement de sang, une diarrhée colliquative, ou une amaurose commençante jettent le malade dans le désespoir, ou mettent ses jours en danger. Si nous ne pouvons trouver dans le même médicament les symptômes les plus cruels ou les plus menaçants et le symptôme caractéristique, nous nous passerons, s’il le faut, de cette heureuse réunion de circonstances. + … Nous avons donc créé, en opposition aux symptômes caractéristiques, un ordre desymptômes, que nous nommons fondamentauc. Ce sont les plus dangereux , les plus douloureux, les plus constants, les plus anciens, ceux dont les autres paraissent dériver, et enfin, ceux que le malade intelligent accuse presque toujours les premiers. Ils doivent, avant tout, être compris dans le médicament que l’on choisit, et même de préférence, s’il le fallait, aux symptômes caractéristiques.
Lors donc que vous avez rédigé une histoire de malade, il vous faut d’abord la relire avec soin, pour y reconnaître le symptôme
ou les symptômes fondamentaux, et au bas de la colonne gauche, inscrire les lettres symptomatographiques qui leur répondent. Après cela, vous cherchez les caractéristiques, en mettant en tête les plus saillants, et enfin, vous mettez les symptômes les moins significatifs à la suite. Le médicament à choisir est nécessairement un de ceux qui répondent au symptôme fondamental. Il faut done examiner successivement tous ceux qui sont inscrits à sa gauche, et voir lequel d’entre eux se reproduit le plus souvent parmi les autres groupes inscrits à la gauche des autres symptômes, et surtout s’il répond aussi aux symptômes caractéristiques. Il est bien entendu que les médicaments indiqués par le dépouillement du répertoire doivent être lus et étudiés dans la matière médicale, qui reproduit l'ensemble de leur physionomie. Ainsi, on aura un moyen vraiment homéopathique, et s’il reste quelque hésitation entre deux ou trois substances différentes, il suffira, pour se décider, de faire une lecture plus attentive de la pathogénésie.
Ce n’est donc pas le nombre des symptômes reproduits, ni même le caractéristique, qui suffisent pour déterminer le choix du médicament; il faut la réunion de ces deux éléments à celui du symptôme fondamental, pour avoir le remède vraiment homéopathique. Notre œuvre n’est ni une addition, ni une divination, ni un empirisme ; elle est un travail intelligent, basé sur des règles claires et spéciales. Elle peut s’enseigner; mais pour être bien pratiquée, elle exige, avant tout, de la conscience.
Nous reproduisons ici les deux histoires publiées par Hahnemann ui-même, et nous y joignons trois histoires extraites des registres de nos dispensaires, et étudiées d’après les principes méthodiques que nous imposons aux élèves qui étudient sous notre direction. Il serait impossible, sans doute, dans la pratique ordinaire, de consacrer un travail semblable à chaque cas morbide ; mais nous pouvons affirmer que, pour faire vite par la suite, il faut avoir commencé à faire lentement, et que quiconque n’aura pas voulu se soumettre d’abord à ces recherches pénibles du vrai médicament, ne pourra jamais faire de l’homéopathie qu'au hasard, et compromettre la vie de ses malades et la réputation d’un art qui lui est étranger,
Cas de guérison rapportés par Hahnemann.
«Chaque cas de maladie qui a été guéri ne montre que la manière dont ce cas à été traité. La marche même du traitement repose sur les principes que l’on connaît déjà, et que j'ai développés dans l’Organon. On ne peut pas lui donner des formes réelles pour chaque cas particulier qui se présente, et la relation d’une guérison isolée ne la rendrait pas plus claire qu'elle ne l'était déjà par la seule exposition des principes qui lui servent de base. Chaque cas de maladie non miasmatique étant individuel et spécial, ce qui le distingue de tout autre cas lui est également propre, n’appartient qu’à lui, et ne peut servir de modéle au traitement à suivre dans d’autres cas. S'il fallait décrire un cas complexe de maladie, comprenant des symptômes nombreux, et le faire d'une manière assez pragmatique pour que les motifs qui ont déterminé dans le choix du reméde fussent d'une clarté parfaite, cette discussion fatiguerait autant l'historien que le lecteur.
Cependant, pour complaire aussi en cela à mes amis, je vais rapporter deux des plus petits cas de guérison homéopathique.
S..., femme forte, âgée de quarante et quelques années, blanchisseuse de son métier, était déjà depuis trois semaines hors d'état de gagner sa vie, lorsqu'elle vint me demander conseil.
4o À chaque mouvement, mais surtout quand elle se levait et plus particuliérement encore quand elle faisait un faux pas, elle éprouvait au creux de l'estomac des élancements qu’elle disait provenir du côté gauche.
2 Elle se trouvait très-bien quand elle était couchée ; alors elle n’éprouvait plus de douleurs nulle part, ni dans le côté, ni au creux de l'estomac.
3° Elle ne pouvait dormir que jusqu’à trois heures du matin.
4° Elle mangeait avec plaisir, mais aussitôt qu’elle avait pris quelque peu d'aliments, elle éprouvait des maux de cœur.
5° L'eau lui venait à la bouche et en ruisselait.
6° Chaque fois qu'elle mangeait, elle éprouvait ensuite des soulévements de cœur, mais sans résultat.
7° Cette femme était d’un caractère violent, enclin à la eolere.
Une sueur abondante la baignait quand elle éprouvait de fortes douleurs. Quinze jours auparavant, ses règles avaient coulé d’une manière régulière.
Tout le reste était dans l'état naturel.
A l'égard du symptôme 1, la belladone, le quinquina et le sumac vénéneux occasionnent bien des picotements au creux de l'estomac ; mais ni l’un ni l’autre ne les excite seulement pendant que le sujet agit, comme ici. La pulsatille en produit bien lorsqu'on fait des faux pas, mais rarement ; et elle ne détermine ni le même trouble de la digestion que signalent les symptômes, 4, 5 et 6, ni la même disposition morale.
La bryone seule occasionne pendant le mouvement des douleurs, surtout lancinantes, Elle cause aussi des picotements sous le sternum quand on lève le bras; mais elle en provoque également sur d’autres points à chaque faux pas.
Le symptôme 3 est fourni par plusieurs médicaments et aussi par la bryone.
Le symptôme 4, quant à ce qui concerne le mal de cœur après avoir mangé, appartient à plusieurs médicaments, la féve de Saint- Ignace, la noix vomique, le mercure, le fer, la belladone, la pulsatille, les cantharides; mais, il est peu ordinaire, inconstant et rarement accompagné de plaisir à prendre des aliments, ce qui arrive pour la bryone.
À l’égard du symptôme B, plusieurs médicaments font bien venir l'eau à la bouche, de même que la bryone, mais ils ne produisent pas les autres symptômes qui s’offraient chez la malade. La bryone leur était donc préférable sous ce rapport.
Les soulèvements de cœur sans yomissement, aprés avoir mangé (symptôme 6), sont produits par peu de médicaments; nul ne les détermine plus fréquemment et à un plus haut degré que la bryone.
L'état du moral est un des principaux symptômes dans les maladies, et comme la bryone produit sous ce rapport des phénomênes semblables à ceux qui existaient chez la malade, ce médicament, d’après cette circonstance et les précédentes réunies, était préférable à tout autre comme remède homéopathique.
Or, attendu que la femme était très-robuste, que par conséquent la force de la maladie devait être très-considérable, puisqu'elle
GUIDE DU MALADE ET DE L'EXPÉRIMENTATEUR. 6ù
causait des douleurs empêchant tout travail, mais que d’ailleurs les forces vitales n'avaient pas reçu d’autre atteinte, je fis prendre une des plus fortes doses homéopathiques, une goutte entière du ‘suc de bryone non étendu, et je dis à la malade de revenir me voir au bout de quarante-huit heures. J’annonçai à un de mes amis, qui était présent, qu'elle renaîtrait à une santé parfaite durant ce laps de temps, ce qui lui parut douteux. Au bout de deux jours, cet ami revint pour connaître l'événement; mais la femme ne se présenta pas. Je ne pus le tranquilliser qu’en lui donnant l’adresse de cette malade, dont il alla sur-le-champ s'informer. Elle lui apprit que, dès le lendemain, elle avait recouvré la santé et pu reprendre ses occupations.
… Un homme débile et pâle, âgé. de quarante-deux ans, qui passait sa vie à écrire, vint me trouver le cinquième jour de sa maladie.
4° Le premier soir, sans cause appréciable, il avait eu des maux de cœur, des vertiges tournoyants, et de fréquents soulèvements de cœur. 2° La nuit suivante, vers deux heures, vomissement de matières aigres. 3° Les nuits d’ensuite, violents soulévements de cœur. 4° Le jour de la visite, rapports d’une saveur fétide et désagréable. 5° 11 lui semblait que les aliments fussent crus et indigérés dans son estomac. 60 Il avait la tête embarrassée ; elle lui semblait vide et sensible en dedans. 7° Le moindre bruit l’importunait. 8° Caractère doux, calme et patient.
Il est à remarquer ici :
4° Que quelques médicaments occasionnent des vertiges,: avéc des maux de cœur, comme Ja pulsatille, qui détermine aussi les vertiges le soir, particularité propre à un petit nombre seulement d’autres substances, |
2° Que la pomme épineuseet la noix vomique excitent des vomissements aigres et une sécrétion muqueuse d’odeur acide, mais non pendant la nuit. La valériane et la coque du Levant font vomir la nuit, mais non des matières aigres. Le fer seul cause des vomissements la nuit, et peut aussi en occasionner d’acides ; mais il ne produit pas les autres symptômes qui devaient être pris ici en considération. La pulsatille, non-seulement excite des vomissements aigres le soir, et des vomissements en général pendant la nuit, mais encore les autres symptômes offerts par le malade.
3° Les soulévements de cœur pendant la nuit sont propres à ce médicament.
4° Les rapports fétides, putrides, aigres, lui appartiennent également. À
5° Bien des médicaments font naître un sentiment semblable à celui que produirait la présence de matiéres indigestes dans l’estomac ; mais aucun ne le fait d’une manière aussi complète et aussi frappante que la pulsatille.
6° Ce symptôme est produit par la pulsatille, ainsi que par la fève de Saint-Ignace; maïs celle-ci ne détermine point les autres.
7° La pulsatille occasionne quelque chose de semblable au symptôme 7, de même qu’un excès de sensibilité des autres organes sensoriels, par exemple de la vue. Quoique la difficulté de supporter le bruit résulte aussi de la noix vomique et de la fève de Saint- Ignace, ces substances la produisent à un moindre degré, et n’excitent pas les autres symptômes.
8° La pulsatille offre un état semblable du moral.
Le malade ne pouvait donc être guéri plus facilement, plus certanement et d’une maniere plus durable par aucune substance autre que la pulsatille. Je la lui prescrivis sur-le-champ ; mais, à cause de sa faiblesse, je n’en donnai qu’une trés-petite dose, c’està-dire une demi-goutte de la quadrillionième partie d’une forte goutte de suc exprimé. Le remède fut pris dans la soirée.
Le lendemain, l’homme n'’éprouvait plus aucune incommodité, sa digestion était rétablie, et huit jours aprés, quand je le revis, rien n'avait encore reparu chez lui. -
La recherche d’un si petit cas de maladie et le choix du moyen homéopathique qui y convient sont bientôt faits. Il ne ‘faut pour cela qu’un peu de pratique, et posséder les symptômes des médicaments dans sa mémoire, ou savoir les trouver aisément dans le livre. Mais en écrire le narré, avec tous les motifs pour et contre que l'esprit aperçoit et juge en un instant, c’est, comme l’on vait, un travail long et fatigant.
M, T..., âgé de quarante-trois ans , scieur de long. (Tempérament bilieux.)
Maladies antécédentes.
(Paralysie du bras et de la jambe du côte gauche, depuis huit ans.
Furoncles à la région dorsale et au menton, au nombre de sept à huit à la fois.
Constipation chronique.)
T. Céphalalgie frontale, avec sensation ae ne s Lane ra, | He .-C. . ry:, Caus.
comme d'une oscillation de pendule coce., éroc., dros. dule., hell: dans la tête. se: mere, airs n.-vom.,
oteand. plal., sil., spong., sulf.
Etourdissements, tournoiïements en Acon., asa., bell. ,euphorb., se levant du lit lematin; il faut !yc-:n--vom.,oleand., phos., ps ue s rhod., verat., viola.-od, qu’il saisisse quelque chose à sa portée pour ne pas tomber.
F. Face pâle et jaune. Aspect maladif. Anac., ars., cale., camph., canth., carb.-v., chin.-sulf., dig., fer., graph., ipec., /ye.,
LT Rae n.-vom. , fe, phos., spig., sulf.
B. Langue fendillée, chargée d’un en- 4rs., bell., cham., cic.,
duit blanchätre. Jach,, n.-vom., plumb., puls., alum., arn., bell, merc., n.-
vom., puls., sulf. , tar.
x. Appétit faible. Acon., ant., arn., bar.-c.. bry., calc., chin., iod., lach., lyc., n.-vom., puls., sulf.
A: Constipation opiniâtre. Bry., caus., chin.-sulf.,
Il reste RUSTO huit jours sans graph. lach. /yc., natr.m., na
aller à la selle. Dmates plumb., sass., sulf.,
Besoin inutile d’aller à la garde-robe. Anac., carb.-an., caus., lye., merc., nalr., 7.-vom., rhab.
sulf.
Sensation de brûlement à l'anus après 4rs., bry., calc., euphorb., les selles. n.-vom.,nilr., ac., Op. oleand.,
j puls., sep., sulf., thui, verat.
Selles dures et d’un moule trop volu- Agar., am.-c., am.-m., bry.,
 cocc., grat. hep., n.-vom.
mineux. péutièe sil, stront., sulf. , ui.
Gonflement de l'abdomen par des fla- Acon., ars., aur.-m., cupr., tuosités lorsqu'il ne va pas à la selle. 7447-72: vom, verat.
U. Urines trés-épaisses, de couleur jaune Camph., carb.-v., con., n.fonce. vom., plumb., sabad., sulf.-ac.
Déposant un sédiment rouge brique. Acon., camph., chin., graph,
: £ ; ipec., lyc. n.-vom., phos., sulf.
Urines brülantes. ACOn., Cann., Carb.-an.,
; k à 6 dulc., kros., lyc., merc.
R. Sensation d’une grande chaleur à la Acon, bell, long, asa.,
région diaphragmatique et aux hypo- bry., lach., merc., stann,, terb. condres.
Sensibilité douloureuse des hypocon-. Bell, merc., n.-vom., lach.
dres à la moindre pression de ses
habits par suite du gonflement de
Pabdomen.
Z. Faiblesse paralytique de la jambe Anac., bell, cocc.,lyc., n.gauche aggravée par la constipation. 0: oleand., op., plumb., Fo) do MS ik sec., sil., stann., sulf., zinc. Caractère vif, emporté. , ACon., anac., aur., bry., (La maladie dont il est affecté lui est croc., n.-vom., caus., kal.,
survenue à la suite d’un grand cha- 7°:
grin.) Q- Transpiration abondante de la tête Am.-c., bry., calc., carb.et du dos le matin. v., lach., merc., n.-vom.,
par., phos., puls.,rhus, sep., sil.
Grand ulcère d’un rouge pâle, sur Bor., merc., plumb., puls. lequel il se lève des pellicules jaunâ- sil, sulf.
tres, et qui sécrête un pus sanieux, il
est placé au milieu du dos.
Furoncies tout autour de la plaie.et :Ant., bell, euph., n.-vom., sur les épaules ; les uns se ferment, Phos., sil., sulf,, thui, les autres suppurent.
La plaie du dos suppure aussitôt qu’il transpire, et il en sort une humeur aqueuse et Jaunâtre.
Démangeaison lorsque les furoncles et la plaie se sèchent.
Quand la plaie sèche les furoncles suppurent, et quand les furoncles se ferment la plaie se rouvre.
Ordre dans lequel les principaux médicaments se sont
présentés.
| N, vom, / MIN (7) Classification des organes affectés d'après Sulf, Des (#7 DO >. A 9 l'importance de leurs symptômes. SR Lu ss Fondamentaux. . . A,Q, 2, T. Sa que (s) picti umb, à Caractéristiques. . T, AV. Se IN () Oleand. | JL (:)
Le médicament indiqué est noix vomique, 15° dyn., non pas seulement parce qu'il se représente un plus grand nombre de fois que tous les autres, mais aussi parce qu’il concorde mieux qu'aucun autre avec toutes les nuances des symptômes de la maladie. Par exemple, la céphalalgie que nous avons indiquée. comme symptôme fondamental, est produite par un grand nombre de médicaments, mais elle est ici nettement caractérisée par la sensation d’oscillation interne, qui appartient à nux-vomica. Pour,la consti-
pation opiniâtre, à laquelle répondent lycopode et plumbum, nous avions encore besoin de trouver un symptôme caractéristique qui indiquât sûrement le médicament à choisir parmi tous ceux qui se présentaient ; cette spécialisation nous est donnée par le gonflement de l’abdomen par des flatuosités, hors le temps des selles ; symptôme qui chez nux vomica est bien évidemment caractéristique. Les sueurs de la tête et de dos se montrant exclusivement le matin sont encore de ce médicament. Outre ces symptômes fondamentaux, accompagnés de caractéristiques, nous avions encore d’autres traits importants de la maladie qui ne nous permettaient pas d’hésiter sur le choix du médicament : les furoncles, la sensibilité douloureuse des hypocondres à tout contact, la faiblesse paralytique de la Jambe gauche, sont des symptômes spéciaux à la noix vomique.
Nous avons commencé par une 45e dynamisation, quoique l’aspect de la maladie soit en général chronique, mais nous avions à traiter des ulcères et des furoncles qui n'auraient pas disparu si nous avions employé une plus haute dynamisation.
À la consultation suivante la maladie présentait une grande amélioration.
Le lendemain de la prise du médicament, une transpiration considérable est survenue comme jamais le malade n’en avait eu.
Le médicament a produit un effet si salutaire, que des furoncles, qui étaient sur le point d'aboutir, ont disparu.
Le malade se sent comme dans un nouveau monde,
Le ventre est bien moins douloureux, et il peut supporter la pression de ses habits,
Il se sent plus libre et mange mieux.
La constipation existe toujours un peu, cependant il va mieux à la garde-robe.
L'amélioration se soutenant, saccharum fut administré pendant trois semaines, jusqu’à ce que les symptômes suivants, se représentant de nouveau, nécessitèrent une nouvelle dose du médicament.
La constipation persiste, il reste quelquefois cinq. jours sans aller à la selle.
Les selles toujours aussi dures.
Les jambes vont mieux ; il peut travailler.
Plus de furoncles.
La pluie du dos à suppuré un pus épais pendant trois jours.
Médicament indiqué, nux vom. 30e.
La maladie. étant éminemment chronique, nous avons continué le même médicament, à une dynamisation plus élevée.
Le succès a confirmé notre opinion, car, une semaine aprés, le malade nous est revenu avec une grande amélioration.
La douleur de poitrine a disparu ; le ventre n’est plus douloureux, et il peut se serrer dans ses vêtements.
Les jambes sont de plus en plus fortes ; les selles sont un peu
Moins difficiles à expulser; elles sortent maintenant enveloppées de mucosités.
La plaie du dos a moins suppuré.
Nous avons administré une dose de nux voxica à la 400° dyn.
Le malade a été complétement guéri; les furoncles ayant disparu dés la deuxième dose, il ne restait plus que la plaie, la constipation, et les sueurs de la tête et du dos qui ont cédé au dernier médicament.
Nous prenons ceci pour exemple de la vérité du principe de la théorie des doses, qui indique l'emploi des hautes dynamisations pour le traitement des maladies chroniques. Et, en effet, quoique ce cas présentât quelques symptômes ayant une forme un peu aiguë, l'ensemble de la maladie est bien évidemment chronique (premier aspect).
Nous avons donc dù, pendant les premiers temps où existait cette forme aiguë, employer des dilutions peu élevées ; mais aussitôt que ces symptômes ont disparu, nous avons élevé graduellement les dynamisations jusqu'à la guérison de la totalité des symptômes.
Mme B..., âgée de cinquante ans , couturiére.
(Tempérament bilieux.)
( Est affectée , depuis dix ans, d’une douleur dans l'abdomen. ) T. Sensation de froid, puis de brüle- Rae À Fo phos. , ment par toute la tête, se manifes- YA (4a0:, cantn. tant par bouffées dans la journée.
Z. Obscurcissement de la vue, comme Amb.,ang:, arn., ars., a$ar.,
: . .., bell., bry., calc., lyc.
Dr brouillard, quand elle a mal à us, sil. équill, sulf. stram
a tête.
À \ H Acon., arn., ars., bell., bry o. Bourdonnement dans les oreilles so AE A SON EL. ! pendant le mal de tête. caus., Cham., Chin., lyc.,
. merc., natr., Op., petr., puis.
sulf., verat.
@. Sensation de grattement, comme si se Se pat elle avait une excoriation dansla gorge 64% SP OP Pare
; puls., sabad., stann., sulf., en avalant sa salive. teuc.
; y tr Calc., canth., graph., dyc., F. La face est jaunûtre. me que 2 + 1 "Qi puls., sulf.
Æ. Nausées ethaut-le-corps pendant les
douleurs de l'abdomen.
Grand appétit.
A. Sensation de brülement dans l’abdomen avec points de côté.
Pression brülante dans les flancs.
Ballonnement et dureté de l'abdomen.
Coliques et frissons dans le ventre.
Sensibilité douloureuse de l'abdomen
au toucher.
Douleur vive, lancinante, se manifestant dans la partie inférieure de l'abdomen lorsqu'elle fait un faux
pas.
R. Sensation de tortillement et de brü-
lement sous le sternum.
XZ. Fatigue et frémissement dans les bras et dans les jambes aggravée par les douleurs abdominales.
Fatigue dans les jambes.
Frémissement dans les jambes.