AU PEUPLE BRÉSILIEN
niques qui se transmettent de génération en génération, éteint dans leurs sources les maladies épidémiques et contagieuses, prépare le corps del’enfant, par unehygiène positive, à résister à toutes les causes de destruction qui peuvent l’atteindre dans le cours de son existence, augmente la durée moyenne de la vie, et assurerait ainsi la prospérité des nations qui l’adopteraient sans réserve, en conservant la vie des individus, qui est leur capital le plus précieux et le premier élément de leur grandeur.
On admire le hardi chasseur courant sur les pointes aiguës des rochers et disputant à l’éder le duvet de ses enfants, le chercheur infatigable qui, à force de patience, rapporte le diamant longtemps enfoui dans les sables du torrent, le plongeur qui rapporte la perle du sein des mers : le peuple brésilien ne sympathiserait-il pas avec les patients et courageux expérimentateurs qui, sous les auspices de Hahnemann, découvrent tout un monde de merveilles dans les produits jusqu'ici négligés de cette terre?
Le livre que nous lui dédions aujourd’hui se distingue par un caractère tout spécial, chacune de ses paroles est un cri de souffrance, chacune de ses lignes raconte une douleur, et pendant que les autres livres ne sont qu’une brillante efflorescence de l'imagination, on peut dire que celui-ci est composé de l'essence même de la vie. Mais ces douleurs, mais ces souffrances, ennoblies, épurées par le dévouement volontaire de ceux qui les ont endurées, sont le plus pur reflet de la loi du sacritice que le Christ à introduite dans ce monde. Elles composent, sous ce rapport, le plus sublime poème; elles forment l'hymne le plus agréable que le génie de l’homme puisse adresser à la Divinité.
Recevez donc, Ô Brésiliens! ce fruit de veilles incessantes et de douleurs fécondes, et puisse le verbe régénérateur éteindre parmi vous les derniéres traces du mal et de la souffrance !!
‘ Gette dédicace a déjà été publiée en portugais à Rio-de-Janeiro. ll en est de même de la préface de Crotalus que nous lui adjoignons, quoique nous ayons publié les symptômes de ce médicament au lieu qui leur est marqué par notre elassification.
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CROTALUS CASCA VELLA.
Nous commençous la publication de nos expériences pures au Brésil par le Crotalus cascavella, moins encore par l'importance des symptômes que produit le venin de ce dangereux reptile sur l'homme sain, que parce que le malheureux essai tenté sur un malade, il y a peu d'années, nous offre une comparaison bien frappante entre l’expérimentation clinique et l’expérimentation pure, et fait ressortir tous les avantages offerts par la méthode de Hahnemann.
Une notion vague, comme toutes celles dont se compose et se grossit successivement la thérapeutique de lallopathie, attribuait au venin du Gascavelle pouvoir de guérir l’elephantiase des Grecs, connue en ce pays sous le nom de morphea, mal de Lazaro. Rien n’eût été aussi facile à un disciple de Hahnemann que de vérifier la réalité ou la fausseté de cette opinion populaire. L'expérience pure donnait le moyen de le faire sans danger pour le malade ni pour l'expérimentateur. Malheureusement l’ancienne médecine, dépourvue de cette connaissance précieuse et réduite à l'expérience clinique, restait dans un doute aussi pénible pour les médecins que cruel pour les malades. L’essai clinique, auquel on recourt si facilement dans les hôpitaux, effrayait dans un cas où ses conséquences pouvaient être immédiatement mortelles.
Cependant, par cette loi fatale qui déduit tôt ou tard nécessairement les conséquences d’un principe, il se trouva un jour un malade assez courageux, un médecin assez logique pour appliquer à un mal affreux un moyen plus affreux encore. Mariano José Machado fut victime de sa tentative héroïque, et dissipa par sa mort