DE RIO DE JANEIRO, XHL
Heureusement que les tribunaux ont en général fait justice de ces prétentions gothiques, et que nos'élèves ont presque tous été acquittés. M. Alexandre Rouen, l’un d’eux, chargé par l’Institut homéopathique d’une mission à Bahia, s'étant présenté pour passer ses examens devant la Faculté de cette ville, ne fut pas admis à le faire, quoiqu'il remplit les conditions exigées habituellement pour subir cette formalité. Sans tenir compte de cet incident, il continua de traiter une clientèle nombreuse. Ponrsuivi pour ce fait par le Conseil municipal, il fut condamné en première instance, mais en appel il fut acquitté, le 17 décembre 1847, par le juge de droit, M. Araujo Goes, et le Conseil municipal fut condamné aux frais du pro-. cès. Puisse le nom de ce juge intègre et intelligent être consacré par la reconnaissance des amis de lhoméopathie, et être transmis à la postérité comme celui d’un des rares bienfaiteurs de cette belle doctrine de Hahnemanp, qui plus tard sera reine du monde, mais qui a bien des mauvais jours encore à passer avant qu’un peuple ingrat s'incline devant la majesté suprême de sa royauté méconnue ! |
Le 27 mars 1846, après une enquête consciencieuse , M. Paulino Limpo de Abreu, ministre secrétaire d'Etat de la justice, nous adressa un avis autorisant l'Ecole à délivrer des certificats d'étude constatant la capacité de nos élèves, et destinés à être soumis au visa de la Faculté allopathique. Cette dernière clause fut modifiée plus tard par un autre avis du 30 juillet de la même année et fort heureusement, car nos élèves ne se seraient pas soumis à comparaître devant une autorité totalement incompétente en fait d'homéopathie.
Enfin, après mille péripéties dont le détail serait peu intéressant pour ceux qui écoutent à distance l’histoire de ces luttes où, chaque jour, nous arrosions l’arène du combat de la sueur de nos angoisses ef du sang brülant de nos fiévreuses ardeurs ; enfin le 2 juillet 4847, quatre ans, jour pour jour, après la mort de notre maître, nous célébrâmes ce grave anniversaire en conférantnos premiers certificats d'étude, L'ombre de Samuel Habnemann dut se réjouir et s'émouvoir au feu de notre enthousiasme. Ah! ce jour-là, celui que tant d’autres