‹ Doctrine de l'Eglise catholique d'Irlande et de celle du Canada, sur la révolte [microforme]Chapitre 10 sur 23 · DRE · texte numérisé non relu

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tandis que, dans une lâche sécurité, ils se tenaient à l'écart jusqu’à ce qu’ils eussent rempli leur objet.

Pour renverser le gouvernement qui existe, ou plutôt la constitution de ce pays, afin de substituer à sa place un système étranger, ou peut-être dans d’autres intentions mieux connues de ceux qui les ont conçues, il était nécessaire d’engager la grande masse du peuple, il leur importait peu que ce fût par la vérité ou par le mensonge. Soulever le peuple était le mot, la manière de l’exécuter était indifférente, argument spécieux dont ils se servaient était que la partie de la communauté condamnée au travail n’avait rien à perdre à un changement, qu’au contraire sa condition pouvait être aisément améliorée, qu’ils avaient assez travaillé pour enrichir les autres, que le temps était venu de s’enrichir à leur tour, que les français étaient les patrons et les protecteurs du peuple, qu’ils récempenseraient largement ceux qui se rangeraient de leur parti, que les monopoleurs des propriétés étaient autant de capitalistes sur lesquels l’ennemi tirerait à discrétion en faveur du pauvre, que les fermiers deviendraient des hommes d’état, que les artisans et les laboureurs se trouveraient riches, et qu’en un motils jouiraient du plus parfait bonheur.

Un très-grand nombre, comme on peut le supposer, s’est laissé prendre à de pareilles amorces. Plusieurs se sont tenus tranquilles, les uns par la crainte du danger, les autres par un sentiment de religion, et d’autres retenus par ces deux motifs : on promettait à ceux que la timidité retenait que le secret leur serait fidèlement gardé, qu’il serait scellé par un serment, et que le lien quiles unirait entr’eux serait isrtifié par celui de l’union fraternelle. Les personnes prudentes auraient malgré cela hésité, dans

la crainte de la rigueur de la loi, de l’encouragement qu’on donnait aux dénonciateurs, et du peu de confiance qu’on devait avoir à un troupeau d’associés de toute espèce, si on ne s'était servi des menaces les plus fortes pour les déterminer, comme d’égorger Jeurs troupeaux, ou de les mutiler, de se voir enxmêmes proscrits, et à chaque instant en darier de mort. De pareilles appréhensions étaient bien faites pour en repousser d’autres qui paraissaient moins à craindre. Ces menaces n’ont eu que trop souvent leur effet, et en ont déterminé un grand nombre à adopter ce qui depuis, pour bien des raisons, les a fait frémir. Siune grande portion de la multitude qu’un sentiment de religion retenait dans le devoir se tenait éloignée, ils avaient bien soin de faire répandre parmi elle que cette religion serait plus brillante que jamaïs sous ces français évangélistes, qu’ils en étaient les gardiens naturels, les chefs, ou qu’ils formaient le premier rang des vrais fidèles. Quoique la religion catholique ait été baignée dans le sang de leur propre pays, quoiqu’ils aient massacré, ou exporté sans pitié tous ses ministres dont un grand nombre est aujourd’hui secouru des bienfaits de la Grande-Bretagne, quoiqu’ils aient même rayé de leur calendrier le jour du Seigneur, afin qu’il pe restât pas même parmi eux ce vestige du christianisme, on les assurait impudemment, et ils avaient la stupidité de croire, qu’ils aimaient leur ancienne religion, et qu’ils combattraient pour elle avec eux, quoiqu'ils aient assiégé le souverain pontife dans le sein de la catholicité, qu’ils l’aient dépouillé non seulement de ses domaines, mais des choses de première nécessité, qu’ils l’aient réduit à l’état dégradé d’un exilé mendiant, sans égard pour son âge respectable, et pour cette vénération générale qu’il s'était conciliée do la part de toutes les puissances

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