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vous faire illusion, que vous êtes attirés sur le bord d’un précipice où la destruction semble presque être votre sort inévitable.
Plusieurs comtés de ce royaume se sont déjà rendus à ces dures leçons de l’expérience ; vous êtes intéressés comme eux à en agir de même ; vous n’avez pas un moment à perdre, il n’y a plus lieu à délibérer ; c’est pour accélérer cette résolution urgente que je m'adresse à vous aujourd'hui, dans l'espérance que profitant des misères des autres, vous écouterez enfin ce que vous n’avez pas voulu entendre jusqu’à présent ; vous accorderez au sentiment de votre danger personnel ce à quoi de purs motifs de devoirs religieux et civils n’ont pu vous déterminer. Le plus ignorant d’entre vous est sans doute à présent convaincu que les serments subversifs de tout ordre, incomptatibles avec les premiers principes de la société, avec les droits reconnus des individus sous tous les gouvernements réguliers,sont autant d’outrages blasphématoires contre le Dieu de vérité, que, comme maîlre souverain, il est d’une manière spéciale obligé de punir. Vous étiez donc pleinement convaincus que tant que vous persisteriez dars un tel crime, et qu’il ne serait point effacé par le repentir et une sincère conversion de cœur, il n’y avait point d’espérance de salut pour vous. Votre conscience a souvent condamné ces énormités ; elle vous a souvent importunés pour vous en désister; sa voix a été rejetée ; mais ce à quoi la conscience ne pouvait vous déterminer, le sens commun seul, si vous vous étiez donné le temps de le consulter, l’aurait certainement obtenu de vous. Vous auriez bientôt découvert que tous ces projets, quoique présentés d’une manière ergagéante, étaient vains et impraticables; que les avantages proposés, eussentils été la récompense de vos efforts pour lesobtenir,
“’auraient jamais été compeusés par les horreurs pat lesquelles il vous aurait fallu passer pour les atteindre.
Ïl ne m’appartient pas de rechercher où cet égarement a puprendre son origine, il semble enveloppé des voiles du mystère ; pour y pénétrer, il faut avoir une connaissance plus étendue des vues humaines, ou des intérêts respectifs de ces royaumes, que celle que je possède, ou celle à laquelle j’aspire. Je considère la matière purement par rapport à vous-mêmes qui n’êtes pas plus en état de comprendre, que je le suis de discuter une matière d’une politique aussi compliquée. D’après cela, je me bornerai à exposer à vos yeux, de la manière la plus claire et la plus succinte qu’il me sera possible, qu’on vous a indignement trompés dans les motifs qu’on a employés pour vous engager à vous révolter, que vous avez été insensiblement dupés par des agitateurs qui voyaient plus loin que vous dans le but qu’ils se proposaient ; vous n’avez été que des instruments dont ils se servaient pour venir à bout de leurs projets intéressés ; ils ont employé des émissairesgagés pour vousexciter à des actes de cruauté et de violence, afin qu'après avoir jeté le trouble dans le pays, ils pussent plus aisément accomplir le désir qu’ils avaient, ou de faciliter l'invasion, ou d’affaiblir nos moyens de défonse, Quoiqu’ils eussent raison de supposer qu’un grand nombre d’entre vous pourrait être forcé de faire le sacrifice de sa liberté et même de sa vie, dans les suites d’une conjuration dont les ressorts étaient entre leurs mains; et quoique le bonheur domestique de plusieurs milliers de personnes dût dans tous ces événements être sacrifié à leurs perfides projets, cela ne les a pas empêchés de se réjouir de votre destruction. Ils vous ont placés en avant, comme des animaux brutes, dans toutes leurs entreprises,sans s’embarrasser des dangers auxquels ils vous exposaient,