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du christianisme, C’étaient ces hommes-là qui devaient en Irlande se montrer comme ses enfants, ils y devaient reconnaître sa suprématie, soutenir sa religion de toute l’énergie de leur pouvoir.
Ne suffit-il pas de faire mention de ces extravagantes assertions pour les réfuter amplement ? Ne vous appercevez.vous pas déjà combien vous avez été dupes ? On vous a promis des richesses, mais la pauvreté vous attend. Des hordes d’usurpateurs avides viendront-ils piller les richesses du pays pour vous enrichir ? Croyez-vous que ceux d’entre vous qui ont renoncé à tout principe, pour se livrer à cet esprit de rapine qui les a portés à vous enlever vos propriétés, auxquelles ils n’ont aucun droit, en jouiront tranquillement pour s’être réunis à vos ennemis? Quel droit auriez-vous à ce que vous posséderiez si injustement ? Votre voisin plus pauvre n’aurait-il pas le même droit à ce qu’il pourrait reprendre sur vous ? Si l’Irlande était partagée en portions égales entre des étrangers et les régnicoles, son étendue procurerait à chacun au plus un acre de terre, mais quand sa portion serait de cent, à quoi lui serviraient-ils, s’ils n’étaient point cultivés ? Et comment pourraïient-ils l'être; s’il ne se trouvait point de laboureurs ? Et où trouveriez-vous des laboureurs, si vous étiez tous devenus gentilshommes ? Le rang et la fortune doivent aller de concert, et l'inégalité dans les deux, dans tout pays civilisé, doit varier à proportion des talents des hommes. Si chaque individu dans le pays possédait aujourd’hui une égale portion de bien, nous verrions déjà au bout d’un an des gradations innombrables. L'homme industrieux, le ménager, l’homme honnête, et l’homme frugal surpasseraient bientôt le paresseux, le libertin, le dissipateur et le débauché. Das la balance générale de la dépravation des hommes, la dernière classe est
toujours la plus nombreuse, le pauvre sera toujours pauvre sous tout gouvernement quelconque ; tellement que dans quelque point de vue que vous placiez les raisons qu’on présente à vos imaginations, et par lesquelles on vous fait espérer que vous pourrez vous enrichir dans l’événement d’un changement, vous découvrirez bientôt qu’elles n’ont rien de réel, ni de solide. En outre, en vous saisissant injustement de ce qui n’était point à vous, vous avez perdu, ou vous êtes dans le cas de perdro ce qui était à vous sans contestation. Quand le jour de compter arrive, le compte à rendre devient beaucoup plus lourd à proportion du temps que les propriétaires, ou les créanciers lésitimes ont mis à former leurs demandes, Cependant cette industrie qui était votre ressource étant suspendue, ou tout à fait mise de côté, il n’y a point eu de provisions de faites, la dette s’est accumulée par des écrits, des congés forcés, des exécutions, et tout le poids de la loi tombe inexorablement sur vous; votre crédit est perdu, on ne s’en rapporte plus à votre parole, il ne vous reste plus d’autre alternative que d’obtenir
u’on vous laisse libres, ou périr en prison. Une ligue générale des tenanciers d’un royaume pour le paiement de leurs rentes, peut occasionner une confusion momentanée ; mais un tel système ne peut durer long-temps, et tout gouvernement régulier ne le sanctionnera jamais. Si les ennemis étaient dans ce moment-ci vos propriétaires, je vous demanderais s’ils ne pourraient pas requérir, et même exiger à la pointe de la baïonnette le paiement en entier de leurs rentes: je ne vous le demanderai point parce que vous êtes convaincus qu’ils le peuvent, mais je vous demanderai si vous croiriez avoir droit à leur indulsence, sur ce que vous seriez dans le cas de leur dire que vous êtes depuis long-temps grande-
jours telles plaions, pour- 4 DgCrien ssant vous o ce jour beauproà fore qui à fit ns de , des de la lit est ilne tenir Une ur le > cOnpeut ar ne dans andexiger ntier parce ais je leur as de ande-
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ment en arrière avec les premiers propriétaires ? N’insisteraient-ils point à vous demander davantage à proportion qu'ils verraient que vous avez plus à leur donner ? Si vous n’êtes point certains qu'ils le fassent, c’est parce que la peine où vous vous trouvez, ne vous permet point de vous en faire la question.
On avait assuré les personnes timides qui se trouvaient parmi vous de la protection du secret. En cela, comme il arrive presque toujours, quand on se confie à la multitude, à des hommes sans principes, à des enfants, on est malheureusement trompé. On vous a souvent avertis, on vous a souvént répété que de vous embarquer dans cette diabolique association c'était mettre vos vies dans les mains de ceux qui vous la proposaient. On vous a dit que les désagréments accidentels, des demandes légitimes d’un argent qui vous serait dùü, l’avarice, la trahison, le ressentiment, ou d’autres mauvaises dispositions de vos associés, vous exposeraient indubitablement à être découverts. Le serment était votre sureté et votre égide—Vous y aviez mis votre confiance, mais il en a été comme de tons les autres conseils de ce plan détestable, vous avez été trahis et trompés. Les repaires des comités les plus secrets ont été découverts, ainsi que tout ce qui se passait dans ces comités, toutes les mesures qui y étaient adoptées, et les personnes qui y étaient les plus interressées et plusieurs qui avaient refusé de croire qu’ils pouvaient être trahis, sentent à présent à leurs dépens, ou ont déjà senti qu’ils l’ont été réellement. Ceux d'entre vous qui s'étaient mis le plus en avant, au moment qu’ils ont vu l’orage se répandre, et prêt à fondre sur leurs têtes, ont été les premiers à vendre sous main leurs complices; ceux qui étaient les plus actifs à faire de vous des prosélytes, les plus em-
pressés à vous pousser à des actes de violence ont été les plus disposés à trafiquer de votre sang par une trahisou vénale, ou des informations achetées, parce qu'ayant moins de principes, et étant plus scélérats que les autres, ils étaient des instrnments plus convenables pour ces hommes vils qui voulaient vous exciter à l'insurrection, pour vous faire servir à leurs ambitieux projets, et parvenir à leur agg'andissement, en foulant aux pied+ vos cadavres, après les avoir mis en pièces. Voilà ce que leurs protecteurs ont fait en France à ceux qui ont mis en eux leur confiance, voilà ce qu’ils ont fait dans tous les autres pays dans lesquells a pénétré leur maudite et destructive influence, Si donc vous n’êtes pressés de vous retirer de cette odieuse conjuration par aucun autre motif que la preuve que vous avez de la ruine qui vous attend, si ce n’est point votre conscience qui doit vous reprocher d’avoir manqué à ce que vous deviez à Dieu, à votre pays, à votre Roi, à un Roi qui a des droits si légitimes sur notre gratitude, notre zèle, et notre attachement, il suffit que cette conjuration vous soit imputée, comme à des instruments toujours prêts à toutes sortes de mesures infâmes, qu’elle vous expose et vous conduise à votre perte, pour que vous deviez l’abjurer avec indignation, et que vous deviez renoncer à ces sociétés pour jamais. Considérez la dévastation répandue dans tout ce pays, jetez les yeux sur tous ces districts qui gémissent sous la loi martiale, rappelez à votre esprit les campagnes désolées, les cahanes abandonnées, les fermes ruinées, les cris des orphelins, des veuves, étendez plus loin votre vue sur le carnage général de tous ceux qui ont été passés au fil de l’épée, sur les dégats occasionnés par la famine, et sur tous ceux qui seront infailliblement la suite de la peste qui ne peut manquer de se faire
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sentir après tant de massacres, s'ils sont plus longtemps continués ; réfléchissez sérieusement sur tout cela, et prévenez par un retowr immédiat les horreurs qui s'accumulent sur vos têtes, et qui finiront par vous écraser, Allez en corps rendre vos armes, déclarez que vous détestez tuut ce qui s’est passé, jetez-vous entre les bras de vos gouverneurs, nrouvez-leur votre sincérité par votre conduite plutôt que par vos paroles, ce n’est que là que vous pou. vez espérer le pardon. Mais si vous persévérez dans les mesures dont je vous prie avec instance de vous désister, le repentir auquel vous pourrez avoir recours par la suite sera accompagné de beaucoup d’amertume pour vous, il ne vous servira de rien, car il viendra trop tard. Sije puis cependant me flatter d’avoir quelque part dans votre estime, et quelque influence sur vos esprits, je vous conjure, au nom de Dieu, de faire sur-le-champ ce que je vous recommande, vous y êtes fortement intéressés pour votre bonheur temporelet éternel. L'affaire est trop importante pour vous, ne la laissez pas plus longtems en danger. Le moyen de rétablir le repos dans le pays, de consoler les afflivés, de secourir l’indigent, et d'arrêter un déluge de malheurs, dépend surtout du parti que vous allez prendre. Puisse le Tout- Puissant disposer vos cœurs à rentrer dans votre devoir, et puisse sa paix qui surpasse toute intelligence garder vos cœurs et vos esprits en J, ©, !
P. S. Après que quelques copies de ces remontrances ont été répandues, il m’a paru, sur une revision que j’en ai faite, que les vertus que j’ai cru devoir attriuer à certains Sénateurs, et les compliments qu’ils ont reçus en conséquence, peuvent être considérés par plusieurs personnes comme devant
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s'étendre à d’autres que ceux que j’ai pu avoir en
vue, Quoique le mot distingués et ces vertus caractéristiques les séparent des autres, suffisamment dans mon esprit, cela peut fort bien n'avoir pas été ainsi saisi par le lecteur. Pour éviter donc d’être mal compris, j’ai rayé ce pharagraphe, car c’est mon sentiment décidé et inaltérable, qu'être Sénateur sans un vertueux attachement à la constitution, c’est n'être point honnête homme.
eee ee LETTRE PasroRALE du très revérent Dr. Joux Tno- Mas Troy, archevêque catholique de Dublin, à son cher troupeau.
Paix et salut dans le Seigneur.
Dans les fonctions de mon humble ministère, je vous ai souvent instruits, mes très-chers frères, de vos devoirs de sujets chrétiens. Dès que le systême anarchique, (*) qui vient de se répandre dans une partie considérable de l’Europe, a commencé à
se montrer, j’ai fait tous mes efforts pour vous préserver de la séduction et du danger, par des avertis. sements donnés à temps, et par des explications de la doctrine pacifique de notre Divin Rédempteur, si clairement démontrée, et confirmée, par la conduite uniforme de tous les bons chrétiens dans tous les siècles jusqu’à nos jours. (*)
(*) Voyez l’excommunication du malheureux Robert M. Evoy, prêtre de l’archidiaconé de Dublin pour avoir soutenu et publié des principes français, annoncée au pied de l’autel dans toutes les chapelles de l’archidiaconé le 29 septembre 1792; réimprimée depuis peu par J. P. Coghlan.
(*) Voyez une instruction pastorale sur les devoirs des citoyens chrétiens, seconde édition, Dublin, 1793. Plu. üsieurs instructions sur le même sujet dont quelques unes ‘ont paru dans les papiers publics, imprimés par P Wogan, 914 Bridge, Dublin, et par J, P. Coghlan, à Londres.
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Je dois vous renvoyer, mes très-chers frères, a ces différentes instructions qui vous ont été adressées dans des circonstances semblables, pour diriger votr: conduite présente et future ; car les principes de religion des catholiques romains étant 2mmuables, ils peuvent s'appliquer dans toutes les circonstances ; mais comme St. Paul recommande à tous les pasteurs d’être, d’après son propre exemple, tout à tous afin de les gagner tous à G. C. ilest de mon devoir d'élever la voix, et toutes les fois que des circonstances particulières le requièrent, d’exhorter dans une saine doctrine, ceux qui aiment à contredire, a se laisser convaincre.
Dans le moment actuel que ces royaumes sont sérieusement menacés d’une irvasion, par un ennemi formidable et implacable, qu’un trop grand nombre a été séduit au point d’être persuadé que les républicains français sont nos amis et alliés, qu’ils ne désirent que de fraterniser avec nous, qu’ils n’ont d’autre but que de nous délivrer d’un esclavage prétendu, et d’assurer notre religion et notre liberté, je ne puis garder le silence, et ne point employer tous les efforts d’un pasteur pour avertir les gens inconsidérés de se tenir sur leurs gardes, et rappeler au sentiment de leur devoir ceux qui malheureusement sont devenus les prosélytes de cette dangereuse illusion.
Pour détruire, ou diminuer l'influence salutaire de notre clergé dans ce royanme, quelques ignorants ou des personnes de bonne foi de notre eommunion ont été induits à considérer les prélats catholiques romains comme leurs ennemis, ca comme autant de mercenaires qui prostituent leur plame vénale pour des pensions ou des présents. Les fnnestes effets que cette dangereuse calomnie répand dans toutes les parties du royaume, n’oblisent à dé-
clarer, (et je le déclare très-solennellement) qu’en publiant différentes instructions pastorales, je n’y ai été porté par aucun autre motif que par le sentiment intime de mon devoir, et le plus sincère attachement pour mou cher troupeau. ‘“ Non seulement je n’ai ‘“ reçu aucune pension, ni aucun autre émolument ‘ temporel, maïs je n’ai pas même l’espérance ni le “ désir de m’en procurer : je n’ai non plus jamais ‘publié ni prèché aucune doctrine à la sollicitation “ ou à l’insinuation du gouvernement, Je vous dé- “ clare en conscience la même chose dans la plus ‘* exacte vérité par rapport à tous et à chacun de ‘“ mes vénérables frères dans ce roysume.”
Nous avons été également accusés de nous expliquer sur la politique, lorsque nous vous recommandions le respect pour vos gouverneurs, et l’obéissance aux lois. (Cette accusation absurde n’a ni fondement, ni réalité ; je désavoue toute commupication avec la politique temporelle, et toutes mes instructions pastorales ne portent invariablement que sur la politique de l'Evangile. Elle est simple et consiste en peu de mots; “ Faites comme vous # voudriez qu’il vous füt fait Donnez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient ‘à Dieu ; craignez Dieu, et honorez le Roi; sup- ‘ portez patiemment les injures: pardonnez à vos ‘ennemis : rendez le bien pour le mal : priez pour ‘ ceux qui vous haïssent, on qui vous persécutent : ‘ ne Jurez que pour la vérité et la justice, et jamais “ qu’en jugement : évitez la calomnie, la médisance ‘et le mensonge, si vous voulez entrer dans le roy- “ aume des Cieux.” Ce sont là les maximes de la politique chrétienne que j'ai fait tous mes efforts, dans l’occasion, de vous expliquer. Il est de mon devoir de vous les recommander, et de vous les inculquer avectoute l’énersie de mon ministère, J'ai aussi
amis dres
ar ce rtient SUPà vos pour tent :
amais sance e royla po- , dans devoir 1lquer aussi
peu de loisir que d’inclination pour étudier, ou poué me mêler de toute autre politique.
Les progrès des républicains français, ces champions des droits de l’homme et de la liberté, i eurs fatals progrès, je peux le dire, dans tousles pays, sé font uniformément remarquer par une aversion décidée pour la loi de Dieu et pour les ministres de la religion révélée.
Je vous ai fait observer quelques exemples de leur fanatisme infidèle dans mes premières instructions. Chaque jour nous en fournit de nouvelles preuves également déplorables, je me contenterai de vous parler de l'injustice sacrilége qu’ils viennent de commettre tout récemment à Rome. L'âge avancé, les vertus reconnues, le caractère sacré de sa Sainteté, n’ont pu la préserver de l’insulte, de l’outrage, de l'exil. Ajoutez à ces excès le pillage et la profana. tion des églises de la métropole du monde chrétien les particuliers dépouillés de leurs propriétés, l’'emprisonnement ou la dispersion des cardinaux, des prélats, du clergé—le bannissement de tous les ecclésiastiques qui ne sont point nés sur le territoire romain, parmi lesquels sont un grand nombre de nos concitoyens (*)—la confiscat:on des biens de toutes les églises—la suppression des institutions religieuses, et particulièrement de six maisons établies dans cette ville et dans son voisinage, pour l’éducation de la jeunesse Irlandaise disposée à embrasser l’état ecclésiastique: (Ï) c’est ainsi qu’ils
(*) Les Anglais, les Ecossais, et les Irlandais avaient d’abord été privés de leurs habitations et de leurs biens et ont été ensuite exilés.
(T) Treize autres établissements semblables avaient été auparavant supprimés par ces prétendus anis des catholiques Irlandais, en France, en Elandres et en Lorraine,
out donné la dernière preuve ct la plus convaincante de leur haine pour le christianisme, particulièrement pour la foi catholique romaine, et qu’ils ont manifesté leur intention impie de la détruire, et de ne rien épargner pour en venir à leurs fins. (||)
En contraignant lé Souverain Pontife de sortir du lieu de sa résidence, en le dégradant autant qu’il a été en leur pouvoir ; c’est en vain qu’ils ont espéré que la dispersion du troupeu en serait la suite, mais ïl n'appartient point à la malice des hommes de détruire l’ouvrage de Dieu. Les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l’église bâtie sur un rocher solide et inébranlable, les promesses de son divin fondateur la préserveront à Jamais des attaques qu’on pourrait lui porter, et les successeurs de St. Pierre continueront jusqu’à la fin des siècles à exerles pouvoirs communiqués à ce premier évêque de Rome par J, C. lui-même. Ainsi donc, soit que notre St. Père Pie VI, et ses successeurs, résident dans le palais du Vatican, ou partoutailleurs, fût-ce même dans une chaumière, en liberté ou dans les chaînes, investis de la Souveraineté temporelle de Rome, ou alimentés des aumônes des fidèles, leur autorité spirituelle demeurera inaltérable et inébranlable.
La religion de Rome chrétienne a été constamment annoncée aux nations infidèles par des hommes apostoliques envoyés par le St. Siège. Dans ce moment-ci, un nombre infini de missionnaires, jusqu’à présent soutenus par les pieuses largesses de Sa Nainteté,s’occupent avec un zèleinfatigable à dissiper les ténèbres du paganisme et les superstitions mahométanes, par la splendeur des lumières de l'Evan-
(||) Voyez les mémoires du Jacobinisme de Barrucl,
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gile, Plusieurs nations très-éloignées possédaient des établissements à Rome, où leurs jeunes gens étaient élevés pour le sacré ministère. Le zèle ardent des successeurs de St. Pierre, pour la propagation de la foi, ne s’est jamais ralenti, et s’est étendu par toute la terre. “ Pouvez-vous encore avoir de la considération pour les républicains français qui ont privé lo souverain pontife des moyens de continuer les effets d’un zèle si bienfaisant, qui l’ont réduit à l’état de dépendance et de captivité?” Pouvez-vous, disje, les regarder comme des frères, et les croirezvous encore amis de. la religion catholique? Non, mes très-chers frères, vous ne le voulez, ni ne le pouvez. Fuyez donc ces incendiaires irréligieux qui insidieusement cherchent à vous persuader qu’ils sont animés des mêmes sentiments que vous ; n’écoutez point, je vous conjure, leurs suggestions pernicieuses.
Vous ne pouvez espérer ni liberté, ni sûreté, de la part des usurpateurs français, si par hazard les projets hostiles qu’ils ont sur ces royaumes avaient un heureux succès. Demandez, informez-vous, observez de quelle espèce de liberté et de sûreté les français jouissent en France, si même on peut dire qu’ils en jouissent : vous apprendrez, hélas ! que ce malheureux pays est soumis au despotisme militaire le plus tyrannique, qu’il est en proie à l’infidélité, à la licence et à l’anarchie, sous l’empire de la terreur, exercée par des factions qui se succèdent les unes aux autres, et qui satisfont le désir insatiable qu’ils ont du pouvoir, par l’oppression, et leur avidité pour se procurer de l'argent, par les exactions les plus illicites ; partout le peuple en général est réduit à l'esclavage et à la mendicité, Je passe sous silence les massacres les
assassinats, les migrations, les proscriptions, et tant d’autres maux innombrables, occasionnés par les maximes révolutionnaires qui ont gagné toute la France, qui ont rendu barbare un peuple civilisé, qui ont en grande partie banni la littérature avec la religion de cette nation autrefois savante et chrétienne. Ses chefs désirant conserver le pouvoir qu’ils ont usurpé par toutes sortes de moyens, semblent avoir l'intention de subjuguer toute l'Europe. L’espérance du pillage, qui estla paye la plus sûre sur laquelle leurs armées peuvent compter, excite les soldats à employer toutes sortes de violences pour s’emparer des propriétés publiques et particulières, sacrées et profanes. Avec des preuves aussi incontestables et aussi tristes de l’irréligion française, de la tyrannie et de la rapacité qui les devancent partout où ils portent leurs pas, pourriez-vous espérer que dans le cas que leur invasion réussit, nous serions le seul peuple privilégié, le seul exempt du sort malheureux qu'ont éprouvé tous ces pays qui ont forcément ou imprudemment fraternisé avec eux ? Jetez les yeux sur le Brabant et la Hollande, sur Avignon et Rome, la Savoie et la Lombardie, le Rhin et la Suisse, en un motsur tous les différents pays ou états qu’ils ont con-
uis ou républicanisés sous le masque de l'amitié.
ans chacun d’eux, vous pouvez remarquer que laparchie a succédé à un gouvernement régulier, la pauvreté et la détresse aux richessee et à l’aisance, l’infidélité et la licence à la morale. Que le sort de ces nations soit pour vous aujourd’hui un avertissement salutaire, sinon vous déplorerez peut-être, mais trop tard, votre aveuglement, et gémirez amèrement sur le peu de cas que vous aurez fait de mes conseils paternels. Comme chrétiens et membres d’une société civilisée, soyez prudents, tandis qu'il
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en est temps encore; qu’un fol entètement n’attire pas imperceptiblement le danger sur vous, sur vos familles et sur tout ce qui vous est cher.
Dans mes premières instructions, je vous ai fortement'exhortés à ne point faire prêter ni prêter de serments illégitimes et sans nécessité, et je vous ai exposé les conditions requises pour que tout serment puisse vous lier, et être accepté par le Seigueur. Rappelez-vous, je vous prie, mes très-chers frères, souvenez-vous de ce que vous avez lu ou entendu de la souche de vos pasteurs, qui sont vos véritables amis. Ils vous ont souvent dit: “ qu’un ‘“ serment est un appel au Dieu de vérité qui ne peut ‘ être trompé. Il n’est point nécessaire de baiser un ‘ livre, ni de prononcer l'expression Je jure, pour “ constituer un serment. Toutes les fois que nous “ prenons Dieu, le ciel, ou sa présence, ou toute “autre chose sacrée à témoin, pour attester la vérité “ de nos résolutions, ou de nos déclarations, nous “prêtons serment. Nous ne devons jamais, s’il est “ possible, faire ce terrible appel. Que vos paroles, “ dit notre divin Rédempteur, soient oui, oui, non, “non, car tout ce que vous ajoutez est criminel. “ Tous les serments téméraires, profanes et inuiiles “sont défendus par ce commandement ; mais.il n’est “ point défendu de jurer pour la vérité, la justice, et “ en jugement, à l'honneur de Dieu, pour une juste. “ défense de nous-mêmes, et de notre prochain “ Aflirmer un mensonge connu, sur serment, est un “ parjure abominable contre la vérité. Jurer sans “ une connaissance parfaite du sujet qui en fait la ‘matière, ou pour toute autre chose équivoque, ‘ douteuse, obscure ou mystérieuse ; promettre le se-
““cret sur serment, sans connaître à quoi il nous
‘oblige ; jurer à tout propos, sans considérer si le
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“ pre; promettre sur serment quelque chose qui “tend à encourager l'invasion d’une Puissance ‘‘ étrangère, à exciter, favoriser, aider la rebellion, ‘ la sédition, l'insurrection, le trouble du repos pub- “Jic, ou a faire tort à la communauté, à une famille, “ou à un individu dans sa personne, ses biens, ou ‘ sa réputation, tous ces serments sort contraires à “la justice. Des serments forcés, même quand la “ vérité et la justice ne sont point blessées, sent cri- “ minels, parce qu’ils sont pris sans une délibération “libre, on contre son propre jugement. Ceux qui ‘““gouvernent les Etats ont le droit de proposer à ‘‘ Jeurs sujets de prêter serment de fidélité, et d’au- “tres serments aux individus chargés par eux de “ différents offices, afin de s’assurer de la pureté de “ leurs principes civils, et les obliger à remplir fi- ‘“ dèlement leurs devoirs respectifs. Les serments “ de ces deux espèces ne sont point forcés. Pour “ rendre donc un serment légitime et agréable à “ Dieu comme un acte de Religion, honorant la vé- “ racité divine, il faut qu’il soit prêté pour la véri- “té, la justice, et que la raison nous dise que nous ‘“ pouvons le prêter. Quand il l’est sans toutes et “ chacune de ses conditions, il est criminel, et s’il est “ prêté injustement, il est nul et invalide, hautement “ criminel quand il est prêté, mais doublement cri- ‘ minel s’il a son effet. La certitude, et beaucoup. ‘ moins l’espérance d'obtenir, par des serments illé- “ gitimes, la réparation des griefs dont on croit avoir “à se plaindre, ne peuvent jamais les excuser, ni “les justifier, eux ou aucun acte illégitime. Nous “devons abandonner l’objet ou le but le plus rai- “ sonnable et l plus désirable, plutôt que de nous “ le procurer par des moyens illicites: il est par ‘ conséquent criminel de commettre le mal moral le “plus léger, même dans la vue de procurer un plus “ grand bien.”
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Telle est, mes très-chers frères, la doctrine qui regarde les serments, qui nous est enseignée par la religion dont vous faites profession, et déclarée par Dieu lui-même qui vous demande de ne point prendre son nom en vain, et menace des plus terribles châtiments, même dès cette vie, ceux qui font des jurements téméraires.
‘ Un homme qui jure beaucoup, sera rempli d’iniquités, et la verge ne quittera pas sa maison, ets’il jufe en vain, il ne sera pas justifié; car sa maison sera remplie d’iniquités.” (Ecclésiast. XXIIT. 12, 14.) “Je détruirai les hommes de dessus la face de la terre, dit le Seigneur, et j’étendrai ma main sur ceux qui jurent par le Seigneur.” (Soph. 13. 5,) ‘ Mais-par dessus toutes choses, mes très-chers frères, ne jurez ni par le Ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment; mais que vos paroles soient oui, oui, non, non: afin que vons ne tombiez point sous le ugement.” (St. Jacques, v. 12.)
Serait-il possible que quelques-uns de mon cher troupeau, avec ces preuves évidentes de la vengeance du Ciel prononcée contre les jureurs faux et téméraires, puisseut mépriser les avis de leur pasteur dictés par son attachement pour eux, ou se croire liés par des serments ou des engagements qui ne tendent qu'à encourager ou favoriser le trouble et l’injustice, et deshonorer par-là cette religion paisible dont ils font profession ? Est-il possible que des Irlandais catholiques-romains, jusqu’à présent si attachés à leurs principes, qui durant des siècles ont résisté à toutes les tentations, et à toutes les épreuves les plus dures, plutôt que d’abjurer la religion que leur dicte leur conscience, ou de négliger les devoirs qu’elle leur prescrit--qu’un peuple si justement recommandable par sa loyauté et sa conduite pacitiqne, tandis qu'il est sous la juste et heureuse
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influence de cette religion et de ses ministres, eût pû misérablement s’écarter d’une conduite aussi méritoire, et se laisser égarer et séduire par des guides trompeurs, jusqu’à approuver les principes et les vues des ennemis du christianisme ?
Voulez-vous, mes très-chersfrères, vous soumettre au joug d’une nation sans religion, sans sentiments et saus honneur ? d’un peuple qui dans tous les pays s’est fait précéder de l’impiété, du pillage et de la dévastation ? tels sont les républicains français. Je pe puis concevoir un soupçon aussi deshonorunt pour mes frères qui, par principes, ont toujours aimé la paix, et qui ont toujours désiré conserver leur caractère honnête pur et sans tache.
Comparez votre situation présente avec ce qu’elle était par le passé. Il y a vingt ans que la loi vous défendait l’exercice de votre religion ; ses ministres étaient proscrits ; il y avait des peines portées contre ceux qui élevaient la jeunesse dans la religion catholique au dedans et au dehors. Vos propriétés n'étaient point en sûreté, elles étaient à la merci d’un dénouciateur; vous n’aviez point l’exercice de votre industrie, faute de moyens pour en retirer les fruits. A présent vous êtes délivrés de toutes ces peines pécuniaires et de cette impuissance qui comprimait votre industrie, sous lesquelles gémissaient vos grands-pères, et sous lesquelles ont gémi même plusieurs d’entre vous. Vous êtes à présent en liberté de professer votre religion ouvertement, et d’en pratiquer les devoirs. Ses ministres en exercent les fonctions sacrées sous la sanction de la loi qui autorise les prédicateurs catholiques. Un collége pour l'éducation de votre clergé catholique a été construit à la recommandation de S, M. ilest soutenu et doté par la munificence du parlement : vous pouvez à présent exercer votre industrie Sans
aucun empèchement, et en recueillir les fruits que vous pourrez faire passer à votre postérité. Qui est-ce qui nous à procuré, me demanderez-vous, un changement si favorable, cette grande différence entre votre ancienne situation et la présente ? Je réponds : votre loyauté, votre soumission aux autorités constituées, votre conduite paisible, votre patience dans vos longues souffrances. (‘est cette conduite exemplaire et méritoire, invariablement dictée par les principes de votre religion, qui a fait valoir la justice de votre cause, et déterminé un gracieux souverain et un parlement sage à la récompenser en vous rétablissant dans la jouissance des bienfaits de la constitution.
Vous me direz peut-être que par la loi les catholiques romains les plus loyaux et les plus paisibles sont déclarés incapables de siéger ou de voter en parlement, d’assister au conseil privé, et sont exclus des départements de confiance, civils et militaires. Je vous l'accorde ; maisest-ce par larebellion, l’insurrection, le trouble, les clameurs séditieuses de votre part que vous obtiendrez de jouir de ces avantages ? Est-ce en adoptant et appuyant les principes mudernes des français, d’une liberté licentieuse et d’uae égalité anarchique, que vous vous rendez recommandables à vos gouverneurs? Est-ce en encourageant les républicains français à s'emparer dece pays que vous devez attendre la continuation des faveurs et de la protection de S. M? ‘“ Est-ce de la “ part des ennemis et de ceux qui tournent en ridi- “ cule la religion révélée, et en particulier la foi ‘ catholique, ou de la part des philosophes français ‘ qui entreprennent d’en détruire jusqu’au souvenir ‘en abolissant l’observance du jour consacré au “ Seigneur, et en substituant un calenüreir infidèle “au calendrier chrétien, que vous serez protégés
“ dans le libre exercice dela foi catholique’ Est-ce ‘ par les dévastateurs du Brabant, de la Hollande, ‘“de Venise, de Rome, &c., &c., que vos propriétés “ seront assurées ?”
Est-ce en resistant au pouvoir de l’état, en désobéissant aux lois par des associations illégales, en fesant prêter ou prêtant desserments de conjuration, également offensant Dieu et vos gouverneurs temporels, que vous conserverez et entretiendrez Ja bienviellance du souveraiu le plus bienfaisant? Estce en vous emparant des armes qui vous tombent sous la main, que vous concilierez l’estime de vos voisins? En un mot pouvez-vous espérer faveur et affection en retour de l’outrage et de l’insulte ? Non très-certainement. Le sens commu, la plus légère réflexion vous feront sentir la nécessité absolue d’adopter une conduite opposée. Lareligion et la prudence de concert vous en imposent la loi; et c’est la seule qui puisse contribuer à votre bonheur temporel et éternel. Ne vous laissez donc point, mes trèschers frères, je vous en conjure comme votre pasteur et votre ami le plusaffectionné, ne vous laissez point détourner de ce sentier par de faux guides qui ne cherchent qu’à vous entraîner dans le désordre et le libertinage. Ecoutez vos pasteurs quine veulent que la paix, et qui vous aiment tendrement, suivez leurs instructions salutaires, vous vous assurerez la faveur du ciel, et vous mériterez par là attention et une protection plus étendue de la part de S. M. et du Parlement; vous verrez se manifester à votre égard la bonne volonté d’un chacun, et vous éloignerez tout soupçon deshonorant d’irréligion et de déloyauté, si vous en aviez été l’objet, de l’esprit de vos ennemis et de vos compatriotes.
Quand St. Pierre, le premier évêque de Rome, et vicaire de Jésus-Christ sur la terre, fut mis en
prison par ordre d’'Hérode, l'église pria pour sa délivrance sans intermission, Notre St. Père Pie VI, successeur de St. Pierre, et le centre de l’unité catholique, est maintenant exilé de Rome, réduit à un état de dépendance, et traité en captif par les ennemis de Ja religion. Avec quelle sensibilité tout bon catholique et tout vrai chrétien doit sentir ces attaques sacrilèges sur la personne et la dignité de Sa Sainteté !
Il est impossible de se faire une idée de l’étendue des calamités auxquelles le père des fidèles est exposé. L’église catholique est fortement intéressée à tout ce qui concerne son chef visible. Quand Saint Pierre fut miraculeusement délivré de sa captivité, “il vint à la maison de Marie, la mère de Jean, qui fut “ surnommée Marthe, où plusieurs étaient assemblés “ pour prier. (Act. XII, 5.)” Les prières d’un grand nombre continuaient nuit et jour pour sa délivrance. Suivons cet exemple, mes très-chers frères, et supplions avec ardeur le trône de la miséricorde de délivrer notre St. Père de ses ennemis, et de le rétablir dans le plein exercice de son autorité.
En remplissant ce devoir dicté par notre religion, nous devons nous ressouvenir que non seulement nous sommes catholiques, mais encore sujets et membres d’une société qui partage les bienfaits d’une excellente constitution dont la destruction serait la suite d’une invasion. Nous devons être reconnaissants de ces bienfaits, et tâcher de les conserver par une conduite méritoire. Rendons tout le monde témoin de notre loyauté inspirée par la religion, de notre fidélité à un souverain bienfaisant, confirmée par un serment solemnel de la maintenir inviolable. Dans la crise actuelle il serait honteux, pour ne pas dire criminel, de rester neutre, on in: différent ;:—nous devons confirmer et répéter nos
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déclarations d’attachement à S. M. et à la constitution par des faits qui ne soient point équivoques. Autrement nous perdrons toute prétention à la récompense, et mériterons la censure de tous les honnêtes gens. Il s’agit maintenant pour les catholiques romains de tout ce qu’ils ont de plus cher, de leur vie, de leurs propriétés, de leur réputation et de leur honneur. Faites donc tous vos efforts, mes très-chers frères, pour les conserver par un sacrifice magnanime de tout intérêt particulier au salut public.
Résistez donc, oui, résistez courageusement à toutes les entreprises des rebelles ou des mal-intentionnés pour vous aliéner de vos dispositions loyales, et de l’obéissance dûe à l’autorité constituée. Remettez vos armes de toute espèce, aux personnes nommées pour les recevoir. Renoncez pour jamais à toute connexion avec toute association défendue. sai.vez, mes très-chers frères, suivez, je vous en conjure ardemiment, cet avis que je ne puis vous donner plus à propos, il coule d’un cœur embrûsé du zèle le plus pur pour vos intérêts temporels et éternels. Il est dicté par cette charité dont je suis pénétré pour vous, comme votre père spirituel et votre plus sincère ami. Pour l’amour de Jésus-Christ, ne méprisez point mes conseils, et par là ne vous exposez point au danger et à la misère dans cette vie, et à des tourments éternels dans l’autre.
Car à moins que le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veille celui qui la garde. (Ps. 120. 2.) Prosternons-nous donc devant le Seigneur, et prions-le de tout notre cœur d’étendre son bras tout-puissant en notre faveur, de conserver notre très-gracieux Souverain, de le diriger dans ses conseils, et de jeter la confusion dans les desseins de ses ennemis! Le Seigneur écoutera dans sa miséri-
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corde nos prières, quand elles lui seront présentées avec humilité et un sincère repentir de uos fautes ; car il ne rejette point un cœur contrit et humilié. (Ps. 50.)
Pour rendre nos supplications plus solennelles et plus agréables au Père des miséricordes, le:clergé récitera à chaque messe des collectes convenables aux circonstances. La prière pour le roi et la famille royale continuera d’être récitée à chaque messe les dimanches et fètes ; on y ajoutera les psaumes et les prières acroutumées en pareilles occasions. On a eu soin de publier séparément pour votre instruction la forme entière qui sera à observer, jusqu’à ce qu’on vous donne avis du contraire.
Puisse le Dieu de paix vous sanctifier, mes trèschers frères, en toutes choses, afin que vos âmes et vos corps soient conservés sans tache pour la venue du Seigneur. Amen! (I. Thess. 2. 3.)
Dublin, 25 mai, 1798.
J. T. Troy.
La REMONTRANCE suivante a été lue à chacune des Messes dans toutes les chapelles de l’archdiaconé de Dublin par ordre du Très-Rev. Dr, JEAN THo- MAS TROY,
Mes très-chers Frères,
Dans ces circoustances effrayantes et alarmantes dans lesquelles tout bon sujet et tout bon Chrétien vuit avec douleur et effroi les efforts furieux et criminels des agitateurs rebelles et impies pour renverser et détruire la Constitution, nous devrions nous regarder comme coupables aux yeux de Dieu, si de la manière la plus soleenelle et la plus expressive, nous ne témoiguions l’horreur dont nous somme
pénétré de la violation des lois de notre pays, et de voir qu’on ose entreprendre, par l'insurrection et le meurtre, la subversion du Gouvernement de notre gracieux Souverain, auquel la fidélité que nous lui devons en conscience, en commun avec tous ses autres sujets, a été par rapport au plus grand nombre d’entre nous solemnellenent promise en présence de Dieu par le lien religieux du “ serment.”
Ne vous laissez point tromper par ces misérables et impraticables spéculations des droits de l’homme de la majesté du peuple, de la dignité et de l’indépendance de l’esprit humain, des devoirs positifs des supérieurs et des abus exagérés de l'autorité. Fatales spéculations ! théories désastreuses ! qui ne tendent à rien moins qu’à renverser l’ordre social et le bonheur et à détruire tous les principes de la religion Chrétienne. Jetez un coup d’œil sur l’origine et les progrès de ces détestables doctrines. Des athées qui en sont les auteurs, s’appercevant de la connection intime qui existe entre les principes religieux et civils, ont vu avec la malignité envieuse des Démons le soutien mutuel qu’ils se prêtent les uns aux autres pour l’avantage spirituel et temporel de l’homme, ils ont en conséquence ouvert une route à l'anarchie, par la propagation (qui n’a hélas ! que trop réussi) de l’impiété et de la licence.
Nous déplorons amèrement les conséquences fatales de cette conspiration anti-chrétinne. Mais sûrement , mes très-chers Frères, votre attachement connu aux principes de votre religion doit vous avoir préservé de l'influence pernicieuse d’une scélératesse aussi compliquée. Oui, mes très chers Catholiques, c’est aux principes humains de la religion Chrétienne que nous rappellons toute votre attention dans ce moment important de crise où nous nous trouvons. Ïls seront pour vous un bouclier à opposer à tous les
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maux qui nous environuent. La soumission aux autorités constituées et l’obéissance aux lois sont au rang des devoirs prescrits par la religion. Chaque violation de ces devoirs est grandement criminelle. :Si donc quelques-uns d’entre.vous ont été malheureusement engagés par séduction à entrer dans une iconjuration :contre l'Etat, ils,sont tenus en conscience à s’en retirer dans l'instant, et par un sincère repentir, une conduite loyale à l'avenir, d’expier leur coupable témérité. Sans ce repentir sincère et une promesse positive d’amendement, vous ne pouvez espérer “ l’absolution dans le Tribunal de la Pénitence,” ni votre pardon du Gouvernement, et ce, serait une profanation et une injustice de les étendre jusques sur des pécheurs impénitents et sur des malfaiteurs,
Déterminez-vous fonc, nous vous conjurons, à livrer vos armes d: : ‘2 espèce sans délai ni résistance aux personne: :ommées pour les recevoir. Réunissez-vous à vos compatriotes Joyaux et paisibles pour renverser et. écraser cet esprit perfide d’insurrection si honteux au caractère d’Irlandais ? Il a déjà produit les plus terribles effets ; des assassinats, des meurtres, des atrocités de toute espèce ont été commises. Ne perdez pas un moment pour faire voir combien vous détestez ces principes et les causes qui conduisent à de telles conséquences. Le plus court délai à remplir ce devoir religieux sera regardé comme une preuve de déloyauté, vous serez considérés comme ennemis de l’état, et sur le champ puni de mort, sous l’opération de la loi martiale déjà proclamée. Vos propriétés, votre existence sont en danger par une conduite suspecte et équivoque. Elle doit être franche, sincère et décidée à défendre la religion ct la constitution.