S DOCTRINE DE LA CONNAISSANCE
certains attributs de Dieu par une triple voie ' : par la voie de causalité, par la voie d'exclusion et par la voie d'attribution suréminente. La première méthode établit simplement l'existence de la cause première ; la seconde, la voie d'exclusion, sépare de cette cause l'imperfection et la limite; la troisième attribue à Dieu, à un degré de suréminenee, vTCtpoXi^^Ç') comme s'exprime Denys l'Aréopagite ^ dans son traité des Noms divins, les perfections que nous découvrons dans les plus nobles créatures. En appliquant ces diverses méthodes, saint Thomas met en ligne cinq preuves solides de l'existence de Dieu *. Elles sont tirées : T des mouvements et changements qui tombent sous nos sens et supposent un premier moteur ; 2° de l'action des substances et des causes efficientes, qui suppose une cause première ; 30 de l'existence des êtres contingents qui ne seraient point sans un être nécessaire ; 4° de l'adaptation des moyens proportionnés à la réalisation de fins voulues et déterminées, qui suppose une cause intelligente; 5° des différentes perfections que nous apercevons dans les substances immatérielles, qui ont nécessairement leur source et leur modèle dans un être souverainement parfait.
Saint Ansehne avait donné cette autre preuve : Quand
Socrates est calceatus vel vestitus : si autem sit mensura ejus, cum mensura extrinseca sit vel tempus vel locus, sumitur praedicamentum vel ex parte temporis et sic erit quando, vel ex loco, et sic erit vM, non considerato ordine partium in loco, quo considerato erit sitiis. Alio modo, ut id a quo sumitur praedicamentum secundum aliqud sit in subjecto, de quo praedicatur : et si quidem secundum principium, sic prœdicatur ut agere, nam actionis principium in subjecto est; si vero secundum terminum, sic prsedicabitur ut ip pati, nam passio in subjectum patiens terminatur... Unde patèt quod, quot modis praedicatio fit, tôt modis ens dicitur. {Metaph., lib. V, lect. 9.)
1 Tripliciter proficit meus liumana in cognitione Dei : primo secundum quod cognoscitur ejus efficacia in producendo res...; et quod magis ac magis coguoscitur elongatus ab his omnibus quae in effectibus apparent...; et prout nobiliorum effectuum causa cognoscitur; quia cum ejus similitudinem altiori modo gérant, magis eminentiam ejus commandant. (In Boet., de Trinit., qu. 1, a. 2.)
2 De Divin, nomin, c. iv, § 7.
3 I p. qu. 2, a. 3.
nous concevons Dieu, nous ne pouvons plus le supposer non existant. Saint Thomas rapporte cette preuve et juge qu'elle n'est pas concluante. Ce jugement n'a jamais été cassé, bien que Descartes, Fénelon et Leibnitz aient essayé de reproduire la preuve de saint Anselme. Cet argument a un défaut qui est clairement mis en lumière par saint Thomas ; il appartient tout entier à l'ordre logique et de pure conception. En supposant que tous entendent par le mot « Dieu » un être tel qu'on n'en saurait concevoir de plus grand, il ne s'ensuit nullement que Dieu existe et que l'on ne puisse penser qu'il n'existe pas. De ce que l'existence entre dans cette conception, il n'est point établi que cette conception soit réalisée dans un être déterminé, et par conséquent que Dieu existe \
Les cinq preuves données par saint Thomas nous montrent en Dieu le premier Moteur, la Cause première, l'Être nécessaire, l'Etre souverainement intelligent, et enfin l'Être souverainement parfait. C'est de l'analyse de ces notions que saint Thomas tire la plupart des attributs divins : l'absolue simplicité, car étantla cause première. Dieu est par conséquent l'actualité pure, acius pur us ; V unité indivisible, et par conséquent l'absolue spiritualité, la sagesse, la bonté, la justice absolues *. Puisqu'il n'y a en lui aucune limite, soit de l'espace, soit du temps, il est immense, il est éternel'; puisqu'il a la souveraine perfection, il est immuable et unique ; puisqu'il est la cause première, souverainement intelligente, il est créateur des formes, des substances, de la matière des choses ; il connaît tout, le nécessaire et le contingent, le réel et le
* Dicendum quod ralio Auseliiii ita intelligeuda est : postquam iiitelligimus Deuru, non polest intelligi quod sit Deus^ et possit cogitari uou esse ; sed tamen ex hoc non sequitur quod aliquis non possit negare vel cogitare Deuui non esse; potest enini cogitare uihil hujusniodi esse quo majus cogitari non possit : et ideo ratio sua procedit ex hac suppositione, quod supponatur uliquid esse quo majus cogitari non potest. (In lih. l Sent., dist. 3, qu. 1, a. 2. ad. 4.)
• Cont. Gent., lih. I, c. xvi.; c. Qi>. dis/)., de Put., qu. 7, a. 1. 8 In lib. I Sent., dist. 37. qu. 1. a. I.
possible, les choses futures qui dépendent des causes libres; il connaît aussi le mal, non pas en lui-même, car le mal n'a point d'être et par conséquent n'est point connaissable, mais comme privation du bien \ Mais s'il est l'intelligence absolue, il est aussi l'absolue volonté, l'absolue activité; il agit par son essence; et la raison suprême de son activité, c'est le bien, ou plutôt sa propre bonté ^ Toujours incliné à décharger ses créatures du poids de leurs imperfections, il est miséricordieux; éternellement intelligent et éternellement actif, il est l'éternelle vie ; et dans la connaissance et dans l'amour de son essence, il est souverainement heureux ^
Mais si toutes choses ont leurs idées en Dieu, y aurait-il en Dieu une pluralité d'idées et par suite une absence de simplicité et d'unité? Saint Thomas résout cette difficulté en disant que Dieu ne connaît pas par une pluralité de formes ou d'espèces intelligibles déterminant une pluralité d'actes de connaissance. Dieu connaît tout par une seule intention, par son Yerbe, dans lequel il se connaît lui-même et toutes les autres choses. La pluralité ne tombe donc pas sur l'essence divine qui est une, ni sur l'acte de connaître qui est un, mais sur les objets connus par cet acte souverainement parfait de la connaissance \
Toutefois aucune image créée, aucune « espèce » ne peut représenter l'essence divine dans notre faculté de connaître. La vue de cette essence est le terme ou la fin surnaturelle de l'homme. La théologie révélée établit cette vérité capitale, et montre que c'est par cette essence divine elle-même que nous verrons Dieu dans la vie future. Saint Thomas prouve par les meilleures raisons que nous ne saurions avoir, par le moyen d'aucune « espèce » ou image créée, la vue de l'es-
' I p. qu. 14, a. 5 et seq.
2 I p. qu. 19, a. 5 et seq. ; qu. 20, a. 1 et 2 ; qu. 21, a. 2.
3 I p. qu. 26, a. 1 et 2.
4] p. qu. 15, a. 2, ad. 1; Cf. de Verit. qu. 3, a. 3; Cont. Gent. lib. I,
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sence divine '. Aucune image corporelle, dit-il, ne peut nous donner la vue d'une essence spirituelle. Aucune créature n'étant égale à sa propre essence et ne la représentant complètement, ne peut, à plus forte raison, représenter l'essence divine qui est seule identique à l'être de Dieu. D'ailleurs, cette essence de Dieu est infinie ; elle contient d'une manière suréminente tout ce que peut concevoir et exprimer un entendement créé. Il n'y a donc point de signe, point d'image créée qui puisse représenter l'essence divine dans notre faculté naturelle de connaître.
Mais alors comment la vue de Dieu sera-t-elle possible à notre entendement?
Saint Thomas résout le problème de la manière suivante, et cette solution est l'une des plus admirables qu'ait données ce grand docteur. L'entendement humain est une espèce de matière, par rapport à l'espèce intelligible qui est sa forme dans l'acte de connaître. De l'entendement et de cette espèce résulte une sorte de composé connaissant, bien qu'il demeure une distinction réelle entre l'entendement et cette espèce intelligible. Une preuve évidente de cette distinction, c'est que
• Manifestum est quod Deus est auctor intellectivae virtutis et ab intellectu videri potest... sed ex parte visse rei quam necesse est aliquo modo uniri videnti, per nuUam simililudinem creatam Dei esseutia videri potest. Primo quidem, quia per similitudines inferioris ordiuis reriun nullo modo superiora possunt cognosci ; sicut per speciem corporis non potest cognosoi esseutia rei incorporese. Secundo quia essentia Dei est ipsum esse ejus, quod nuUi formae creatse competere potest... Tertio quia diviua essentia est aliquod incircumscriptum contiuens in se supereminentcr quidquid potest significari vel intelligi ali intellectu creato. Et hoc nullo modo per aliquam speciem creatam repnesentari potest; quia omnis forma creata est determinata secundum aliquam rationem vel sapientiae, vel virtutis, vel ipsius esse, vel alicujus luijusmodi. (I p. qu. 12. a. 2.) — Dans un autre endroit de ses œuvres saint Thomas exprime encore d'une manière très-claire cette importante doctrine : « Intellectus noster secundum statum viœ. . . non potest ipsum Deum cognoscere per formam quœ est essentia sua : sed sic cognoscitur in patria a bcalis. Similitude etiam quiscumquc impressa ab ipso in iutellectum humanum non sufficit ad hoc ut facial ejus essentiam cognosci, cum in infinitum excédât quamlibet formam creatam... Nec etiam in statu viœ hujus cognoscitur Deus a nobis per spccies pure iulelligibiles qupn sint aliqua simililudo ipsius, propter connaturali^atem intellectus nostri nd phnntasinala. nt dicluni est. » [In Boct. do. Trinit., qu. 1. a. 2.)
l'entendement peut être privé de cette espèce sans rien perdre de son être propre. Donc l'entendement uni avec l'espèce intelligible, produit l'acte propre de la vie intellectuelle, la formation de la parole intérieure qui est le terme de son action.
Mais comme entre l'entendement et l'espèce intelligible, il y a une distinction réelle, l'espèce intelligible qui est tirée de la puissance de l'entendement peut être suppléée par une substance immatérielle, acte pur, forme pure, par l'essence divine. Dieu uni à l'entendement n'y produit point une unité de nature ou de personne, mais bien une unité de principe intellectuel complet. Son essence qui est l'exemplaire de toutes choses peut suppléer à une espèce quelconque et l'entendement peut produire la parole intérieure sans avoir besoin d'une autre espèce intelligible, mais seulement par l'essence divine qui devient ainsi comme le principe formel de la vision béatifique. Et c'est ainsi que le Maître des sentences a pu dire que l'union de l'âme avec le corps est une espèce de modèle de cette union bienheureuse par laquelle notre esprit sera uni à Dieu \
L'âme séparée du corps ne connaîtra ni par des espèces innées qui lui seraient données après la mort, ni par des espèces abstraites dans son état de séparation du corps, ni même uniquement par des espèces intelligibles conservées dans l'entendement. Elle aura pleinement conscience d'ellemême, se connaîtra directement, sans une opération des
1 In intellectu autein oportet accipere ipsum intellectum in potentia quasi materiam et speciem intelligibilem quasi formam ; et intellectus in actu intelligens erit quasi compositum ex utroque. Unde si sit res aiiqua, per se subsistens, quae non habeat aliquid in se preeter id quod est iutelligibile in ipsa, talis res per se poterit esse forma qua intelligitur. Res autem quaelibet est intelligibilis secundum id quod babet de potentia, ut patet in IX Metaph. : hujus signum est quod oportet formam intelligibilem abstrahere a materia, et omnibus proprietatibus materiœ ; et ideo cum essentia divina sit actus purus, poterit esse forma, qua intellectus intelligit; et hoc erit visio beatificans; et ideo Magister dicit {In II Se7ît., Dist. 1. qu. 2. a. 4.) : « Quod nnio animse ad corpus est quodclam exemplum illius beatse unionis qua spiritus unietur Deo. » (hi IV Sent., Dist. 49. qu. 2. a. 1.)
sens. Mais elle n'aura qu'une connaissance vague et confuse des choses sensibles et naturelles. Quanta la science acquise précédemment, elle demeure dans l'entendement et ne saurait être altérée ni par l'oubli ni par l'illusion d'un faux raisonnement \
§ 8. De la connaissance des scie?ices.
Mais si la raison démontre que Dieu est l'intelligence infinie, l'absolue vérité, l'absolue véracité, il est évident que nous devons croire à l'existence de vérités qui dépassent la portée de notre entendement. Comme notre entendement n'est pas la mesure de tout ce qui est vrai, il peut y avoir des vérités supérieures à notre raison, mais que l'autorité de Dieu impose à notre foi '. Cependant il y a un utile emploi de la raison dans les choses de la foi, d'abord, pour établir les préambules de la foi, ou les vérités que la foi présuppose; ensuite pour discuter les motifs de crédibilité et les raisons persuasives de la foi, enfin pour faire mieux saisir les choses de la foi dans des analogies et des exemples tirés des choses naturelles, et ainsi dissoudre les objections ^ Cependant, malgré tous nos efforts pour connaître, il y a une limite à notre connaissance, et nous demeurons toujours, même relativement aux principes des choses les plus manifestes, comme la chauve-souris devant la clarté du jour *.
» I p. qu. 89. a. 1-5.
* Sicut igitur maximse ameutiae esset idiôta, qui ea quae a Philosophe proponuntur, falsa esse assereret propler hoc quod ea capere uou potest : ita et, multo amplius nimiae stultilise esset homo, si ea quae diviaitus angelorum ministerio revelautur, falsa esse suspicatur ex hoc quod ratione investigari non possunt. (Cont. Gent., lib. I, c. m.)
^ In Boet. de Trinit., qu. 2. a. 3.
^ Rerum euim sensibilium plurimasproprietates ignoramus, earumque proprietatum quas sensu apprehendimus rationem perfecte in pluribus invenire non possumus... intellectus nosler sic se habet ad prima entiura, qua» sunt naanifestissima in natura, sicut oculus vespertilionis ad solem. {Conf. Gent., lib. I, c. m.)
Quand notre connaissance est certaine, elle s'appelle science, et la science est la forme la plus immuable de la vérité connue ^ La vérité c'est la réalité, on ne saurait donc pas plus nier la vérité et la science que la réalité ^
On a divisé les sciences en sciences spéculatives et en sciences pratiques. Les sciences spéculatives ont été distribuées en trois groupes selon le degré d'abstraction de leurs objets. Dans le premier groupe sont placées les sciences naturelles, dont l'objet est engagé dans la matière. Les sciences mathématiques qui s'occupent de la quantité abstraite de toute matière composent le deuxième goupe. Enfin, il y a un troisième groupe comprenant les sciences métaphysiques dont les objets n'ont aucune relation spécifiquement matérielle, bien que certains de ces objets puissent être dans la quantité et le mouvement, comme les substances séparées. Dieu comme objet de l'une de ces sciences exclut tout mouvement et toute quantité ^
Toutefois aucun de ces trois groupes de sciences ne domine à proprement parler sur les autres, si l'on considère les principes qui leur sont propres. Leur subalternité commence dès qu'elles empruntent à une autre science les principes dont elles ont besoin pour mieux saisir leur objet. Soiis ce rapport, la métaphysique qui donne des principes à toutes les autres sciences et qui n'en emprunte à aucune, est évidemment la première. Elle comprend d'ailleurs les objets les plus nobles : Dieu et l'âme raisonnable. Cependant la métaphysique est elle-même subalternisée par la théologie révélée, car cette dernière science la domine par son principe, l'autorité immédiate de Dieu; par son objet, qui comprend
1 Scientia est certa cognitio rei; quod autem coutigit aliter se habere, non potest aliquis per certitudinem cognoscere; ideo oportet ut id quod scitur, non possit aliter se habere. (Analyt. post. lib. I, lect. 4.)
2 Unumquodque quantum habet de entitate tantum habet de veritate et certitudine. [Opvscul. 56.)
3 Oportet speculativas scientlas dividi per differentias speculabilium, in quantum sunt speculabilia... [hiBoet. de Trinit. qu. 5, a. 1.)
les vérités de Tordre surnaturel, et enfin par sa certitude, car dans les opérations des sciences, la raison est faillible, tandis que la vérité divine nous est communiquée d'une manière infaillible '.
La science sacrée est donc la plus élevée et la plus profonde des sciences. Si elle contient des énigmes et des obscurités, cela ne vient pas de l'infirmité de ses principes, mais de la hauteur de son objet. Quand pour dégager cet objet de ses obscurités, la science sacrée fait appel aux sciences inventées par les hommes, ce n'est point pour que ces sciences ajoutent quelque nouvel élément à ce qu'elle contient comme si elle était insuffisante, mais afin que les vérités de la science sacrée brillent d'un plus grand éclat. Les sciences philosophiques sont donc très-utiles, d'abord pour nous introduire dans la science sacrée, ensuite pour apporter leurs résultats en témoignage de la vérité de cette science, et voilà pourquoi elles ont été si bien nommées les coadjutrices de la science sacrée ■.
Telle est. esquissée dans ses hgnes principales, la doctrine de la connaissance d'après saint Thomas d'Aquiu. Elle débute en s'appuyant tout d'abord sur une méthode irréprochable; elle présente des résultats certains acquis par le légitime exercice des sens ; ces résultats sont contrôlés par les principes infaiUibles de l'entendement. Ces principes reposent sur la nature des choses et gouvernent le domaine entier de la connaissance et de la science. Ainsi une juste part est faite au sujet et à l'objet, dans la solution du pro-
' Sacra doctriaa maxime sapientia est inter oiunes sapieutias humauas uou quîdem aliquo génère tantum sed sirapliciter. (I p. qu. 1, a. 6.)
■•î Dubitatio quaj accidit in aliquibus circa articules fidei non est propter incerlitudiuem rei, sed propter debilitatem intellectus humani... Sacra scientia potest accipere aliquid a pliilosophicis discipliuis, non quod ex necessitate eis indigeat, sed ad majorem manifestationem eoruni qua? in hac scientia traduutur. Non enim accipit sua principia ab aliis scieutiis, sed immédiate a Deo per revelationem. Et ideo non accipit ab aliis scientiis tauquam a superioribus, sed utitur eis tanquam iuferioribus et ancillis; sicut architectouicœ utuntur subministrantibus, et civilis militari. (I p. qu. 1, a. 5.)
blême. Ainsi sont évités ces excès de la spéculation philosophique qui aboutissent d'un côté aux erreurs subjectivistes, soit au nominalisme, soit au scepticisme, et d'autre part aux erreurs objectivistes, au réalisme excessif, au panthéisme, au mysticisme, au matérialisme et au positivisme. La méthode et les principes sur lesquels repose la doctrine de la connaissance nous paraissent inattaquables ; l'édifice élevé par saint Thomas est debout et intact, après six siècles de durée. Yoilà pourquoi nous soutenons qu'il n'est point à reconstruire, qu'il n'est point ruiné, comme quelques-uns le prétendent, et que les tentatives anti-scolastiques, en tant qu'elles ont eu pour objet de remplacer et de ruiner la métaphysique de saint Thomas, ont été, et seront à tout jamais vaines et impuissantes.
C'est là ce qu'il nous reste à exposer brièvement, et ce sera la conclusion de notre travail.