Originairement, il n’y a rien de posé que le moi
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Cl il n'est posé qu’absolument (§ 1). Donc — A ne peut ' être opposé absolument qu'au moi. Mais ce qui est opposé au moi «= non-moi.
10. — De même que l'on accorde inconditionnellement que la certitude absolue de la proposition : — A n’égale pas A, se trouve parmi les faits de la conscience empirique, de nidme on doit accorder qu un non-moi est absolument opposé au moi. Ce que nous venons de dire de l’opposition en général dérive de cette opposi- . tion primitive, et en emprunte originairement toute sa valeur. Elle est donc inconditionnelle quant à la forme, mais conditionnelle quant à la matière. Ainsi donc est découvert le second principe de toute la connaissance humaine.
1 1 — En vertu de la simple opposition du non-moi au moi, le contraire de tout ce qui appartient au moi, doit être la propriété du non-moi.
. — C’est une opinion reçue que la notion du non-moi est une notion discursive, née de l'abstraction de toutes les choses représentées ; mais il est facile de montrer combien cette explication est superficielle. On ne peut représenter une chose quelconque qu’en l’opposant au représentant. Or, il peut et sans doute il doit y avoir dans l’objet de la représentation, une X quelconque, par laquelle il se manifeste comme la chose à représenter et non comme le représentant ; mais je ne puis ap prendre d'aucun objet que tout ce en quçi cette X se trouve soit non le représentant mais la chose à représenter, ou plutôt il n’y a d’objet en général que par la supposition de cette loi.
De la proposition matérielle : Je suis y nous avons lait
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sortir, en faisant abstraction de son contenu, la proposition purement formelle et logique: A — A. De celle qui vient d’être exposée dans le présent §, nous tirons parla même abstraction , la proposition logique: — A n’égale pas A, que j’appellerais volontiers, la proposition de l’opposition. Le moment n’est pas venu encore de lui donner la détermination qui lui convient, ni de l’exprimer en une formule verbale, dont le principe se présentera dans le § suivant. Enfin, si l’on fait entièrement abstraction du jugement déterminé, et que l’on ne considère que la forme du rapport de l’état d’opposition au non-être, on a la catégorie de In négation, dont on ne pourra avoir non plus une vue claire que dans le § suivant.
§. 3. Troisième principe, conditionnel quant à sa
forme.
A chaque pas que nous faisons dans notre science, nous nous approchons de la sphère où tout peut être démontré. Rien ne devait ni ne pouvait être démontré dans le premier principe; il était inconditionnel quant à sa forme, aussi bien que quant à son contenu, et il n’avait pas d'autre fondement de certitude que luiméine. Dans le second, l’acte de l’opposition ne pouvait pas être déduit , il est vrai ; mais s’il était posé inconditionnel quant à la forme, on pouvait rigoureusement démonti'cr que V opposé devait être — non-moi. Le troisième est presque entièrement susceptible dedémonstralion, parce qu’il est déterminé non comme le
second, relativement à son contenu, mais plutôt quant à sa forme, et qu’il est déterminé, non comme celui-ci par une seule projK)silion, mais par deux propositions.
Déterminé quant à sa fornie, il est inconditionnel, seulement quant à son contenu, — c’est-à-dire ; les deux projK)sitions précédentes déterminent le problème de l’action qu’il expose; mais elles n’en définissent pas la solution. Celle-ci est inconditionnelle et absolue en vertu d’un arrêt de la raison.
Commençons donc par une déduction, et conduisonsla aussi loin que nous pourrons. Le point où il nous sera impossible de la poursuivre davantage, nous indiquera sans doute celui où nous devrons l’abandonner, et où nous devrons nous en remettre à cet arrêt souverain de la raison qui ressortira du problème.
a — 1 . =* En tant que le non-moi est posé, le moi ne l’est pas; car le non-moi supprime complètement le moi.
Or, le non-moi est posé dans le moi : car il est opposé; et toute opposition suppose l’identité du moi dans , lequel elle est posée et auquel elle est opposée.
Par conséquent le moi n’est pas posé dans le moi, en tant que le non-moi y est posé.
2. = Mais le non-moi ne peut être posé qu’en tant que dans le moi ( dans la conscience identique) un moi est posé auquel il puisse être opposé.
Or, le non-moi doit être posé dans la conscience identique.
Par conséquent le moi doit y être posé, en tant que le non-moi doit y être posé.
3. Les deux conclusions sont opposées l’une à l’autre : toutes deux sont tirées du second principe par voie d’analyse, et par conséquent elles s’y trouvertt
UOCTUIHE
toutes deux. Le second principe est donc opposé à luiméme et se détruit lui-même.
4. — Mais, il ne se détruit lui-même qu’en tant que le posé est supprimé par l'opposé, par conséquent qu’en tant qu’il a lui-même quelque valeur. Or il doit se détruire lui-même et n’avoir aucune valeur.
Par conséquent il ne se détruit pas.
Le second principe se détruit et en même temps ne se détruit pas.
.5. — Mais s il en est ainsi du second principe, il n’en • est pas autrement du premier. 11 se détruit et en même temps ne se détruit pas. En effet.
Si moi -> moi, tout ce qui est posé, est pose dans le moi.
Or, le second principe doit être posé dans le moi, et en même temps n’y être pas posé.
Par conséquent moi n’est pas » moi ; mais moi — non-moi, et non-moi moi.
h. — Toutes cesconséquences sont déduites des deux principes exposés d’après les lois de la réflexion supposées légitimes; elles doivent donc être exactes; mais si elles sont exactes, l'identité de la conscience, le seul fondement absolu de notre connaissance, est détruite. Ainsi notre problème est déflni : nous avons à chercher une X quelconque, au moyen de laquelle toutes ces conséquences puissent être justes sans détruire l’identité de la conscience. •
1 . = Les contradictions qui doivent être conciliées sont dans le moi comme conscience ; donc X doit être aussi dans la conscience.
2. = Le moi et le non-moi sont tous deux également des produits des actions primitives du moi, et la con-
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UE LA SCIE^CE
science elle-même est un produit semblable d« la première action originaire du moi, l’acte par lequel le moi se pose lui-même.
3. =. Mais d’après les conclusions précédentes, l’action dont le produit est le non-moi, est l’opposition, qui n'est pas possible sansX. Par conséquent X ellemême doit être un produit et même le produit d’une action primitive du moi. Il y a donc une action de l’esprit humain -= Y, dont le produit est •= X.
4. ■= La forme de cette action est complètement déterminée par le problème dont nous avons parlé. Par elle le moi opposé et le non-moi doivent être conciliés, posés identiques, sans se détriiire réciproquement. Ces contraires doivent être réunis dans l’identité de la conscience.
5. = Mais comment cela est-il possible, de quelle manière cela pourra- t-il avoir lieu? c’est ce qui n’est pas encore déterminé, ce qui n’est pas contenu dans l’énoncé du problème et ne peut, en aucune façon, en être tiré. Nous devons donc essayer une expérience comme ci-dessus, et nous demander : Comment A et — A, être et non-être, réalité et négation, peuvent-ils être conçus ensemble, sans qu’ils se détruisent et s’anéantissent?
6. — On ne peut s’attendre à recevoir sur cette question, aucune autre réponse que celle-ci ; ils se /imitent réciproquement. Par conséquent, si cette réponse est juste, l’action Y serait la limitation des deux opposés l’un par l’autre, et X désignerait les limites.
— On ne me comprendrait pas, si l’on croyait que je prétends que la notion des limites est une notion analytique qui SC trouve dans la conciliation de la réalité
DocrniPiK
et de la négation, et peut en être déduite. Il est vrai que les notions opposées sont fournies par les deux premiers principes. Le premier en exige implicitement la conciliation. Mais de quelle manière cette conciliation doit-elle avoir lieu? c’est ce qui nVst pas compris dans ces principes, et ce qui est déterminé par une loi particulière de notre esprit, dont notre expérience devait provoquer l’apparition dans la conscience.
7. Mais dans la notion des limites, il y a plus que l'X cl^erchée, car les notions de la réalité et de la négation y son,t conciliées. Nous devons donc, pour obtenir rX pure, faire encore une abstraction.
8. — f^imiterxme chose, c'est en supprimer la réalité par la négation, mais seulement en partie. 11 y a donc dans la notion des limites, entre les notions de la réalité et de la négation, celle de la dU'isibililé (de la faculté de la quantité en général, mais non d'une quantité déterminée)-, cette notion est l’X cherchée, et par l'actioti Y, le nu>i et le Hon-moi sont poses absolument divisibles.
9. =■ moi et le mm-moi sont posés divisibles : car l’action Y ne peut être la conséquence de l’acte de l'opposition, c’est-à-dire ne peut être regardée comme seulement rendue possible par celle-ci; puisque, conforméntent à la démonstration précédente, sans elle l’opposition se détruit elle-même et par conséquent est impossible. De plus, elle ne peut précéder l’opposition ; car elle n'est admise que pour la rendre possible, et la divisibilité n’est rien s'il n’y a quelque chose de divisible. Ainsi elle se produit immédiatement dans et avec l’acte de l’cpposifion. Elles sont toutes deux une seule
même chose, et ne peuvent être distingui'-es (pin
UK LA SCIENCE.
par la réflexion. Par cela mêmu qu’un non-inoi est opposé au moi, le moi auquel quelque chose Csl opposé et le non-moi qui lui est opposé sont divisibles.
c. — Nous n’avoDS plus maintenant qu’à rechercher si l'action indiquée résout réellement le problème, et concilie toutes les contradictions.
1 . — La première conclusion est maintenant déterminée de la manière suivante. Le moi n’est pas posé dans le moi, c'est-à-dire : U n’est pas posé quant aux parties de réalité avec lesquelles le non-moi est posé. Une partie de la réalité, celle qui est attribuée au non-moi, est supprimée dan.s le moi. Cette proposition n'est pas contredite par la seconde. En tant que le non-moi est posé, le moi doit aussi être posé, c’est-àdire : ils sont tous deux posés en général comme sç partageant la réalité.
Maintenant seulement, en vertu de la notion indiquée, on peut dire d’eux qu’ils sont quelque chose. Le moi absolu du premier principe n’est pas quelque chose (il n’a pas de prédicat et ne peut en avoir), il est absolument ce qu’il est, et on ne peut en dire davantage. Maintenant, par le qioyen de cette notion, la réalité est dans la conscience; de cette réalité ce qui n’appartient pas au mot devient la propriété du non-moi, et réciproquement : ils sont tous deux quelque chose; le moi est ce que n’est pas le non-moi , et celuici ce que n’est pas celui-là. Au moi absolu (auquel il ne peut être opposé quelque chose qu’en tant qu’il est représenté, comme cela sera démontré en son temps) est opposé le non-moi, absolument rien : au moi limitable, est opposée une quantité négative.