I.Æ moi doit être identique à soi-même, et pour
nocrni>R
tant être opposé à soi-mêmo. Il est identique à soi, à l’égard de la conscience, et la conscience est une; mais le moi absolu est posé dans cette conscience comme indivisible : au contraire le moi auquel le non-moi est opposé, est posé comme divisible. Par conséquent, le moi, en tant qu’un non-moi lui est opposé, est luiméme opposé au moi absolu.
Ainsi sont conciliées toutes les contradictions, sans préjudice pour l’unité de la conscience; et c’est une preuve de plus de la justesse de la notion exposé**.
d. — Nos principes, dont l’un est absolument inconditionnel, l'autre conditionnel quant au contenu, et le troisième conditionnel quant à la forme, ne pouvant être démontrés, d’après notre supposition, que par l’acbèvement d’une science de la connaissance , nous ne pouvons aller plus loin que ce que nous venons d’ex poser. Nous avons épuisé maintenant la spbère de tout ce qui est certain inconditionnellement et absolument, et nous pouvons résumer cet ensemble sous la formule suivante : J’oppose dans le moi au moi divisible un nonmoi divisible.
Aucune philosophie ne peut aller plus loin que cette formule, mais toute philosophie fondamentale doit remonter jusqu’à elle: et suivant la voie par laquelle elle y arrive, elle est science de la connaissance. Tout ce qui se présentera désormais dans le système de l’esprit humain doit pouvoir se déduire de ce qui vient d’être exposé.
\ . — Nous avons concilié le moi et le non-moi par la notion de la divisibilité. Si nous faisons abstraction du
DK LA SCIEl^CE.
conHqau déterminé, du moi et du non-moi, pour ne considérer que la simple forme de la conciliation des opposés par la notion de la divisibilité, nous avons la proposition logique appelée jusqu’à présent proposition
Au fondement A en partie A, et réciproquement.
Chaque ppposé est identique à son opposé en un certain caractère =• ’k.j et tout identique est opposé à* son identique en un certain caractère ■=- X. Ce caractère ■=• X est appelé fondement, dans le premier cas fondement de relation, dans le second cas fondement de distinction. Car poser des identiques ou comparer des opposés, c’est les poser en relation : opposer des posés identiques, c'est les distinguer. Cette proposition est démontrée et définie par le principe matériel que nous avons exposé.
Elle est démontrée, car
a. — Tout opposé =- — A est opposé à un A, et cet A est posé.
Par l’acte de poser un — A , A est supprimé, et cependant aussi il n’est pas supprimé.
Par conséquent il n'est supprimé qu’en partie, et au lieu de l’X dans A , qui n’est pas supprimée, — X, n’est pas posée dans — A : c’est X elle-même, et ainsi A — — A est dans X. >
b. — Tout posé identique ( A = B) est identique à soi-mème, parce qu’il est posé dans le moi. A=-A,B-=B.
Or, il est posé A “ B, donc B n’est pas posé par A, car s’il était posé par A, il y aurait ■= A et non — B ( il n’y aurait pas deux posés, il n’y en aurait qu’un seul ).
Mais si B n’est pas posé par l’acte de poser A, il y a, en ce cas,—. — A, et comme ils ont été posés égaux tous
DOt/rUIÎSE'
deux, ce n'esl ni A ni B qui sont posés, c’est une X quelconque qui est *= X =■ A «= B.
On voit par là comment la proposition A «= B peut être légitime, quoique contredisant en soi la profjosition A^A, X —X , A -=» X, B =* X; donc A «= B, chacun des deux étant X ; mais A — B, si chacun «=» . — X.
Les identiques ne sont'opposés, et les opposés ne sont identiques, qu’en une partie, car s'ils étaient opposés les uns aux autres en plusieurs f)arlies, c’est-à-dire s’il y avait dans les opposés des caractères opposés les uns aux autres, Tun des deux appartiendrait à celui dans lequel les comparés sont identiques, et par conséquent ils ne seraient pas opposés, et réciproquement. Tout jugement fondé n’a donc qu’un seul fondement de relation et un seul de distinction ; s’il a plusieurs fondements, il n’est pas un seul jugement, il est la réunion de plusieurs jugements.
2. La proposition logique du fondement est déterminée par le principe matériel ci-dessus, c’est-à-dire sa valeur est limitée; elle n’a de valeur que pour une partie de notre connaissance.
Des choses distinctes ne sont opposées ou posées identiques en un caractère quelconque qu’à la condition qu’en général elles soient ou identiques ou op|>osées; ce n’ost pas à dire pour cela, qu’absolument et sans aucune condition, tout ce qui pourrait se présenter dans notre conscience doive être identique à une chose quelconque ou opposé à une troisième; sous la proposition du fondement, aucun jugement n’est porté sur ce à quoi rien ne peut être opposé ou identique, car sa valeur ne dépend pas d’uii jugement de ce genre. Ce quelque chose n’a |>as de fondement, mais il est lui-
DE LA SCIEIICE.
même le fondement de tous les jugements possibles. 11 n’a pas de fondement, mais il est celui de tout ce qui est fondé ; le sujet de tels jugements est le moi absolu, et tous les jugements dont il est le sujet ont une valeur absolue et sans autre fondement.
3, — L'actoin par laquelle on cberche dans les choses comparées le caractère dans lequel elles sont opposées, est le procédé antithétique', on le nomme ordinairement analytique, mais cette expression est moins convenable que la première, ])arce qu’elle indique que l’on peut développer de celle-ci quelque chose qui y a été placé auparavant par une synthèse, et aussi parce qu elle exprime plus clairement que ce procédé est le contraire du synthétique. En effet, le procédé synthétique consiste à rechercher dans les opposés le caractère par lequel ils sont identiques. A l'égard de la simple forme iogique, qui fait complètement abstraction de tout le contenu de la connaissance, aussi bien que de la manière par laquelle on y arrive, les jugements produits par le premier procédé sont nommés antithétiques ou négatifs, et ceux qui sont produits d’après le second, jugements synthétiques ou affirmatifs.
4. — Si les régies logiques auxquelles sont soumises toute antithèse et toute synthèse, sont déduites du troisième principe de la doctrine de la science, l’autorité de toute antithèse et de toute synthèse en est déduite en général. Mais nous avons vu dans rex]X)sition de ce principe que l’acte primitif qu’il exprime, la réunion des opposés, n’est pas possible sans l’acte de l’opposiibn , et de même, que celui-ci n’est pas possible sans l'acte de conciliation. Toutes deux soiitdonc unies dans le fait inséparablement, et ne peuvent être dislinguéea
ÜOCTIUISE
que dans la réflexion. 11 suit de là, que, de même, les actions logiques qui ont ces actes primitifs pour fondement et n'en sont à proprement parler que des déterminations plus rigoureuses, ne seront pas possibles par
l’un de ces actes sans l’autre. Aucune antithèse n'est
possible sans une synthèse ; car l’antithèse consiste à chercher dans les identiques le caractère d’opposition. Mais les identiques ne seraient pas identiques, s'ils n’étaient d’abord posés comme tels par une action synthétique. Dans la simple antithèse, on fait abstraction de leur identité : posés d’abord identiques par cette action, ils sont admis absolument et sans examen comme identiques; la réflexion n’est dirigée, en eux, que sur Topposition, et Ton en a parla unte conscience claire et nette.’ Réciproquement il n’y a pas de synthèse possible sans une antithèse. Les opposés doivent être conciliés ; mais ils ne seraient pas opposés, si ce n'était par une action du moi dont on fait abstraction dans la synthèse, pour n’appeler à la conscience par la réflexion que le fondement de relation. Il n’y a donc en général, quant au contenu, aucun jugement purement analytique. £tpar des jugements analytiques, non-seulement, comme dit Kant, on ne peut aller en avant, mais même on ne peut sortir du poinfoù Ton est.
5. ■== La question célèbre que Kant a posée au début de la critique de la raison pure : Comment les jugements syntéthiques sont-ils possibles « priori ? — est maintenant résolue de la manière la plus universelle et la plus satisfaisante. Nous avons accompli, dans le troisième principe, une synthèse entre le moi opposé et le non-moi au moyen de la divisibilité quenousavons posée dans les deux; on ne peut plus mettre en question
DE LA SCtCNCE.
la possibilité de cette synthèse, ni lui apporter un fondement; elle est possible absolument, et l’on est autorisé à l'admettre sans autre fondement. Toutes les autres synthèses qui doivent avoir de la valeur, doivent se trouver en elle ; elles doivent être accomplies en elle et avec elle; et ainsi, comme cela sera démontré, nous est fournie la preuve qu’elles ont la même valeur qu’elle.
6. -= Elles doivent toutes être comprises en elle : cela nous indique de la manière la plus précise la voie que nous aurons à suivre dans notre science. — Telles doivent être toutes nos synthèses ; désormais par conséquent nous procéderons synthétiquement (du moins dans la partie théorique de notre science, car dans la |>artie pratique c’est l’inverse) : toute proposition renfermera une synthèse. — Mais aucune synthèse n’est possible sans une antithèse qui la précède, et dont nous faisons abstraction, en tant qu’elle est action, ne cherchant que son produit, l’opposé. Nous devons dans chaque proposition commencer par découvrir les opposés qui doivent être conciliés. — Toutes les synthèses exposées doivent se trouver dans la synthèse suprême, que nous avons accomplie plus haut, et pouvoir en être tirées. Nous avons à rechercher dans le moi et le non-moi réunis par elle, en tant qu’elle les unit, les caractères d’opposition qui restent, et à les lier par un nouveau fondement de relation, qui doit être aussi contenu dans le principe suprême de toute relation. Nous avons à chercher dans les opposés réunis par cette première synthèse, de nouveaux opposés, à les réunir par un nouveau fondement de relation contenu dans celui quia été déduit le premier, et à continuer ainsi nous
ÜOCrilINK
aussi, long-temps que nous pourrons, jusqu*à cc que nous arrivions aux opposés qui ne peuvent plus être réunis, et que nous passions par là dans la partie pratique de notre science. Notre marche nous est fermement et sûrement tracée par les choses elles-mêmes, et nous pouvons prévoir que nous n'errerons pas dans notre route, si nous marchons avec une attention convenable.
7. = L'antithèse n'est pas plus possible sans la synthèse, ou la synthèse sans l'antithèse qu'elles ne le sont toutes deux sans thèse, je veux dire sans un acte absolu de poser , par lequel un A (le moi) n'est posé identique ou opposé à rien autre, mais est simplement posé absolument. La tbèse donne de la consistance à l'ensemble de notre système et l'achève. 11 faut que ce soit un système, et un système ayant de l'unité; tant qu'il y aura des opposés, ils devront être réunis^ jusqu'à ce que l'unité absolue soit produite, laquelle, comme on le verra en temps et lieu, n'est possible qüe par une approximation inünie, c'est-à-dire impossible en elle-même. — La nécessité d'opposer et de concilier d'une manière déterminée repose immédiatement sur le troisième principe. La nécessité de concilier en général est fondée sur le preihier principe, le plus élevé, absolument inconditionnel. La forme du système a pour fondement la synthèse la plus élevée; de sorte qu'en général un système doit être fondé sur la thèse absolue.
On peut en dire autant de l'application de la remarque que nous avons faite à notre système en général; mais il y en a encore une application plus importante à faire sur la forme des jugements, et plusieurs motifs
DE LA SClE^Ce.
nous engagent à ne pas la passer sous silence. De même qu’il y a des jugements antithétiques et synthétiques, il pourrait bien y en avoir aussi de thétiques, qui seraient opposés en quelque sorte à ceux-là en une certaine détermination. Car la justesse des deux premières sortes de jugements suppose un fondement et même deux fondements, l'un de relation et l’autre de distinction, qui peuvent et qui doivent être indiqués, si le jugement doit être démontré. (Par exemple : l’oiseau est un animal. Dans ce cas le fondement de relation sur lequel on réfléchit, est la notion déterminée de l’animal, par laquelle on le considère comme composé de matière, de matière organisée, de matière animale. Mais le fondement de distinction dont on fait abstraction est la différence spéciGque des diverses espèces d’animaux (animaux à deux ou quatre pieds, ayant plumes ou écailles, ou poils etc.), et celui-ci encore : une plante n’est pas un animal. Dans cet exemple, le fondement de distinction sur lequel on réfléchit, est la diiférence S{K‘ciGque entre la plante et l’animal; mais le fondement de relation dont on fait abstraction e.st l’organisation en général.) Or un jugement thétique serait celui dans lequel une chose ne serait posée identique ou opposée à aucune autre, ne serait posée identique qu'à elle-même ; ce jugement ne supposerait donc aucun fondement de relation, ni de distinction. Pourtant, il devrait .supposer quant à la forme logique, un thème pour fondement. Le jugement primitif et le plus élevé de cette nature est celui-ci : Je suis, où l’on n’alGrme rien du moi, et où la place du prédicat pour la détermination du moi possible à l’infini, est laissée vide. Tous les jugements compris dans celui-ci, c’est-à-dire
ÜOCTRIKE
compris sous l'acte absolu par lequel le moi est posé, sont de cette nature (lors même qu’ils n’ont pas toujours le moi pour sujet logique) ; par exemple : l’homme est libre. Si l’on considère ce jugement comme positif (il signifierait dans ce cas : l'homme appartient à la classe des êtres libres), un fondement de relation devrait être donné entre lui et les êtres libres, lequel serait compris, comme fondement de la liberté, dans la notion des êtres libres en général, et de l’homme en particulier. Mais loin de pouvoir donner ce fondement, on ne saurait désigner une classe d’êtres libres. Si on le considère comme négatif, on opj)Ose rhomme à tous les êtres qui se trouvent sous la loi de la nécessité naturelle; mais il doit y avoir alors un fondement de distinction entre ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas, et il faut montrer que la notion de la nécessité est comprise non dans la notion de l'homme, mais dans celle des êtres 0|)posés : il faut indiquer en même temps un caractère dans lequel le libre et le nécessaire soient tous deux en rapport. Mais riiomme, en tant que l’on peut lui appliquer le prédicat de la liberté, c’est-à-dire en tant qu’il est sujet absolu, n’a rien de commun avec les êtres naturels, et par conséquent ne leur est pas opposé. Pourtant à l'égard de la forme logique du jugement qui est positif, les deux notions doivent être conciliées : or, elles ne peuvent l’être dans aucune notion, sinon dans celle d’un moi, dont la conscience ne serait déterminée par rien en dehors de lui, mais qui plutôt par sa seule conscience déterminerait tout hors de lui : mais cette idée ne peut être conçue, puisqu’elle renferme pour nous une contradiction. Néanmoins elle nous est désignée comme le but pratique le plus élevé.
OE KCIEKCE.
' L’homme doit toujours et de plus en plus s’approcher indéfiniment de la liberté, qu’il ne peut jamais atteindre en elle-même. — Le jugement du goût : A est beau (autant que A est un caractère qui se trouve dans l’idéal du beau) est un jugement tbélique; car je ne puis comparer ce caractère avec l’idéal , puisque je ne connais pas l’idéal. Le découvrir est pour mon esprit un problème qui sort de l’acte absolu par lequel il est posé, mais qui ne peut être résolu que par une approximation indéfinie devenant toujours plus complète. C’est donc avec raison que Kant et ses disciples ont nommé ces jugements, infinis, bien que nul d’entre eux, que je sache, ne les ait expliqués d’une manière claire et précise.
8.*-=- On ne peut donc donner un fondement à un jugement tbétique déterminé quel qu’il soit; mais le procédé de l’esprit humain dans les jugements tbétiques en général est fondé sur l’acte absolu par lequel le moi se pose lui-même. Il importe, pour rendre plus claire et plus précise l’intelligence du caractère propre du système critique, de comparer cette base des jugements tbétiques avec celles des jugements antithétiques et synthétiques.
Dans toute notion qui exprime le fondement de leur distinction, les op|josés correspondent en une notion plus élevée (plus universelle, plus compréhensive) que l’on appelle la notion d’espèce ; c’est-à-dire que l’on suppose une synthèse où les deux opposés sont compris, comme identiques. (L’or et l’argent, par exemple, sont compris comme identiques dans la notion des mér taux, qui ne renferme pas celle dans laquelle ils sont opposés, celle de la couleur entre autres). C’est pour-
DOCTRIHE
^ quoi la règle logique de la définition indique qu'elle doit renfermer la notion d’espèce qui contient le fondement de relation, et la différence spécifique, qui contient le fondement de distinction.
De plus, tous les posés identiques sont opposés en une notion inférieure, qui exprime une détermination particulière quelconque, dont on fait abstraction dans le jugement de relation, c’est-à-dire que toute synthèse suppose une antithèse qui l’a précédée. Dans la notion des corps, par exemple, on fait abstraction de la diversité des couleurs, de la pesanteuf déterminée, du goût, de l’odeur, etc. Or, si toutes les choses qui remplissent l’espace, tout ce qui est doué d’impénétrabilité et de pesanteur,' peuvent être des corps, toutes ces choses peuvent être opposées aussi relativemeni'à ces caractères.
La science de la cdnnaissance précise, parmi les déterminations, celle qui est la plus générale ou la plus particulière, et par suite, parmi les notions, celles qui • sont les plus élevées ou les plus inférieures. Une notion est d’autant plus élevée qu’elle dérive par moins de notions médiates de la notion la plus élevée, celle de la réalité; elle est d’autant plus inférieure, qu’elle en est dérivée par un plus grand nombre ; Y est une notion inférieure àX, si X se présente dans lecours de sa déduction de la notion la plus élevée, et réciproquement.
Relativement à ce qui. est posé absolument, au moi, il en est tout autrement. Un non-moi est posé . identique au moi, en meme temps qu’il lui est opposé, .mais non dans une notion plus élevée ( qui renferme à peu prés les deux -en soi et supposerait une synthèse . * plus haute ou du moins une thèse ) comme cela a lieu
UE LA SCIENCE
p4.)ur toutes les autres comparaisons, mais dans une notion inférieure. Le moi est abaissé luî-méme dans une notion inférieure, celle de la divisibilité, afin de pouvoir être posé identique au non-inoi, et c’est aussi dans cette notion qu’il lui est opposé. Ici donc la marche n’est pas ascendanté domine dans toutes les synthèses ;
descendante. Moi et non-moi, en tant qu’ils sont posés identiques et opposés par la notion de la limitation réciproque, sont eux-mémesquelque chose dans le moi (des accidents), comme substances divisibles posées par le moi, sujet absolu, inimitable, auquel rienfn’est identique et rien n’est opposé. — C’est pourquoi tous les jugements dont le sujet logique est le moi limilable, ou déterminable, ou quelque chose qui définisse le moi, doivent être limités ou définis par quelque chose de plus élevé ; mais tous les jugements, dont le sujet logique est le moi absolument inimitable, ne peuvent être déterminés par rien de plus élevé, parce que le moi absolu n’est déterminé par rien qui lui soit supérieur: ils sont fondés et définis absolument par eux-mémes.
L’essence de la philosophie critique consiste dans l’ex[)Osition d’un moi absolu, absolument inconditionnel, et qui ne peut être défini par aucun principe plus élevé. En poursuivant les conséquences de ce principe, cette philosophie devient science de la connaissance. Au contraire, cette philosophie est dogmatique, qui au moi en soi pose quelque chose d’identique et d’opposé, c’est ce qui arrive par la notion de la chose (Ens) la plus élevée dans ce système, et qui est donnée en même temps comme la plus élevée tout-à-fait arbitrairement. Dans le système critique, cette chose est ce qui est posé dans le moi, dans le dogmati.sme, elle est ce en quoi le
moi lui-QQêihe criticisme est donc
tœnl parce qu*il pose Q^^J^^scendant'^Tck' duit le plus logique c|pl sdquent, est lé spindzM tisme et," comme on lé
dans le nioi ;*lc dc^maiisme ' va^àü-delà du moi. Le Ltisme, s’il peut être conf ^ro^ant avec le dogmait toujours, avec ses propret prinî^i{ié8, on Juî démiSe pourquoi il admet sa chose 'éh 's^, sans fondemem plus élevé, tandis qu'il en exigeait un dans le moi ; si on lui demande pourquoi, sans ^principe plus éloigné, cette chose a néannii^ÿ à ses . yeux une valeur absolue, tandis que le moi levait point avoir, irne peut alléguer aucune autorités #épODse, et nous exigeons en conséquence qtl^jiBSl^!] propres principes qui lui commandent de n^iën; ter sans fondement, il ne présente ni une hotibhtl^espéce supérieure j^ur la de la chose ën soi ,{40^
chose elle-mémë j^iir la ^Çon la^plus élevée. Lei^ matisme poussé jusqü'à ses dernières coiiséqu bien donc nie qüe' notre cShhsiissance en générÉiSit un fondement, qu’il y ait système dans l’esprit ou bien se contredit lui-même. Le dogmatisme est un scepticisme qui met en doùte^qu’il doule;F^ilr
il doit détruire l’unité delà conscience et avec elle toifte
* logique Il n’est donc pas dogmatisme, et se conti'edit
lui-même lorsqu’il se donne pour tel ♦ * ■
* Il n’y a que deux systèmes ; le criticisme et le dogmatisme. Tel qu’il est défini plus haut, le scepticisme n*est pas un système ; car il nie môme la possibilité d’un système en général. Mais, comme il ne peut le nier que syslémairqnemenl , il se contredit lui-môme, cl est enlière- . ment contraire h la raison.* La nature de l’esprit humain a eu soin de le rendre impossible, il n’y a jamais eu de partisan sérieux d’un scepticisme semblable. Le scepticisme critique est tout dilTérent. C’est celui de Hume, de Maimon , d’KnésidOmc : il met à jour l’insuflisancc des fonde-
Ainsi Spinozil pose le fondcmcnl de l’unilé de la conscience, en une substance dans laquelle la con- ' science est nécessairement déterminée, aussi bien quant à la matière (la seVie déterminée de la représentationj que quant à lu forme de l’unité. Mais je lui demande : Qu’est donc la chose qui contient encore le fondement de la nécessité de cette substance, aussi bien quanta sa matière (les diverses séries de la représentation contenues en elle) que quant à sa forme (d’après laquelle toutes les séries possibles de la représentation doivent être créées et former un tout complet) ? Or il ne me donne de cette nécessité aucun fondement plus éloigné.
Il dit : Cela.estainsi, et il le dit parce qu’il est poussé à admettre une chose qui soit la plus absolue, une unité suprême. Mais puisque c’est là ce qu’il veut avoir, il aurait dû demeurer identiquement dans l'unité qui lui était donnée dans la conscience, et il ne lui eût pas été nécessaire d’inventer une unité plus élevée encore à laquelle rien ne le conduisait.
On ne saurait expliquer d’une manière précise, comment un penseur a jamais pu dépasser le moi, ou comment, après l’avoir franchi, il a pu se tenir quelque part avec sécurité, si l’on ne découvrait dans une donnée pratique l’explication complète de ce phénomène. C’était une donnée pratique, et non une donnée théorique, comme on a paru le croire, qui poussait les dogmatiques au-delà du moi ; c'était le sentiment de la
menu établis jusqn'A l’époqae où il est exposé, et indique par là où l’on en pent trouver de plus solides. Il fait toujours gagner à la science, sinon quant au contenu, dn moins quant à la forme ; et c’est méconnaître les intérêts de la science que de refuser an sceptique ingénieux l'estime gui lui est duc.
38 • DOCTlilM- ,
dépendance du moi, en. tant qu’il est pratique, d’un ' non^moi qui ne se trouve pas absolument sous notre • pouvoir législatif, et qui, à cet égard, est libre. Mais une autre donnée les obligeait à prendre un point d’appui quelque part : c’était le sentiment de la subordination nécessaire et de l’unité de tout le non-moi sous les lois pratiques du moi. Cette donnée n’est nullement quelque chose en tantqu’objet d’une notion qui s’y trouve, mais en tant qu’objet d’une idée qui doit être produite par nous, comme on le montrera en temps et lieu.
D’après cela, il est évident en définitive que le dogmatisme n'est nullement ce qu’il prétend, que nous n’avons pas été injustes envers lui en déduisant les conséquences précédentes, et qu'il faillit contre lui-méme, si luimême il ne les tire. Son unité la plus haute n’est et ne peut être autre que la conscience, et sa chose est le substract de la divisibilité en général, ou la substance suprême dans laquelle sont posés le moi et le non-moi (l’intelligence et l'étendue de Spinoza). Loin de dépasser le moi absolu, il ne s’élève pas jusqu’à lui : là où il va le plus loin, comme dans le système de Spinoza, il arrive jusqu’à notre second et à notre troisième principes, mais il n’atteint pas le premier, absolu et inconditionnel ; d’ordinaire il s’en faut de beaucoup qu’il s’élève aussi haut. 11 était réservé à la philosophie critique de faire ce dernier pas et d’achever ainsi la science. La partie théorique de notre doctrine de la science , qui n’est développée que des deux derniers principes, puisque le premier n’a ici qu’une valeur régulative, est réellement, comme on le prouvera en temps voulu , le spinozisme systématique. Seulement le moi individuel y est l’unique substance suprême. Mais
DE LA'SCIEMCE. . * 39
notre système ajoute une partie pratique qui base et détermine la première; achève par là la science toute entière, épuise tout ce qui est trouvé dans Tesprit humain , et par là réconcilie avec la philosophie le sens commun de Thomme, qui, choqué par toutes les philosophies antérieures à Kant, est mis en scission avec la philosophie, par notre système théorique, sans jamais espérer une solution.
9.=> Si nous taisons abstraction de la forme déterminée du jugement , — que soit qu'il oppose, soit qu’il compare, il est établi sous un fondement de distinction ou de relation, pour ne considérer que le mode de l'action en général, par laquelle Tun est.limité par l'autre, — nous avons la catégorie de la détermination (chez Kant, limitation), c’est-à-dire que l’acte de poser la quantité en général, que ce soit quantité de la réalité ou de la négation, est appelé détermina-* tien.
DOCritlMK