‹ Doctrine de la scienceChapitre 15 sur 31 · Î18 • > DOCTRINE · texte numérisé non relu

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ne sont pas* posés en fj;énéral , s'ils ne sont posés en réciprocité. — 2. Par cela munie qu’entre eux, d’apré» la simple forme, une réciprocité est posée, en même temps la matière de cette réciprocité , c’est-à-dire son espèce, la quantité d’action et de passivité posée par elle, est déterminée complètement, sans aucune influence ultérieure. Ils sont en réciprocité nécessairement et d* une seule manière déterminée possible, absolument parce qu’ils sont en réciprocité. — S’ils sont posés, une réciprocité déterminée est posée; et si une réciprocité déterminée est posée, ils sont posés, ils ne forment avec la réciprocité qu’une seule et même chose.

1 . — L’activité indépendante , ( comme unité synthétique) détermine la réciprocité (comme unité synthétique ) et réciproquement, c’est-à-dire elles se déterminent réciproquement et sont synthétiquement conciliées.

L’activité, comme unité synthétique, est une transition (un au-</é/«) absolue. La réciprocité est une connexion absolue complètement déterminée par ellemême. Celle-là détermine celle-ci, cela signifie, ce n’est que par l’acte par lequel l’un des termes est dépassé que la connexion des termes réciproques est posée. La dernière détermine la première, cela signifierait, à mesure que les deux termes entrent en connexion l’activité doit passer de l’un à l’autre. Toutes deux se déterminent réciproquement, c’est-à-dire, à mesure que l’une est posée l’autre l’est aussi, et réciproquement. De chaque terme de la comparaison, on peut et l’on doit passer à l’autre. — Tous deux ne forment qu’une seule et même chose, et cet ensemble est po-

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sé absolument, il est à lui-même son propre fondement.

Pour rendre cette proposition plus claire et pour montrer son importance, appliquons-la aux propositions qu’elle renferme. .

L'activité déterminant la forme de la réciprocité détermine tout ce qui s’y présente, et réciproq’uement tout ce qui se présente dans la réciprocité la détermine, La simple réciprocité, quanta sa forme, c’est-à-dire, la connexion des termes l’un avec l’autre, n’est pas [K>ssible sans l’action de passer au-delà de l’un des termes; cette transition pose la connexion des termes réciproques. Réciproquement la connexion des termes réciproques pose la transition. A mesure que ces termes sont posés en connexion , il y a nécessairement transition. Pas de connexion pas de passage, pas de passage pas de connexion : tous deux sont une seule et même chose, la réflexion seule peut les distinguer. En outre la même activité détermine le matériel de la réciprocité; par la transition nécessaire les termes réciproques sont posés comme tels, et ce n’est que posés comme tels qu’ils sonj posés en général. Réciproquement à mesure que les termes réciproques sont posés comme tels, l’activité qui passe et doit passer de l’un à l autre, est posée. On peut donc partir de celui des deux moments que l’on veut ; puisque si l’un d’eux est posé, les trois autres sont posés également. L’activité déterminant la matière de la réciprocité détermine toute la réciprocité. Elle pose le but de la transition, but à cause duquel la transition doit avoir lieu, elle pose donc l’activité de la fi>rme<et par elle tout le reste.

Ainsi elle retourne en elle-même au moyen de la réciprocité, et la réciprocité retourne en elle-même, au

moyen de l’activité. Tout se reproduit soi-raéme, et quelque soit le terme d’où l'on se dirige vers les autres on ne peut rencontrer d’hiatus. L'activité détermine l’activité de la matière, celle-ci la matière de la réciprocité, celle-là sa forme, la forme de la réciprocité, l’activité de la forme, etc. Tous ces termes composent un seul et même être synthétique. L’action retourne en elle-même en décrivant une circonférence. Mais la circonférence tout entière est posée absolument, elle est parce qu’elle est, et on ne saurait en donner un principe plus élevé.

. On va voir dans ce qui suit l’application de cette proposition.

2.= La proposition : La réciprocité et l’activité considérée jusqu’à présent comme en étant indépendante, doivent SC déterminer réciproquement; cette proposition , dis-je , doit être appliquée maintenant aux cas particuliers qui sont contenus en elle; d'abord, — A — à la notion de la causalité, — Nous recherchons la synthèse demandée d’après le schéma qui vient d’être exposé, — « — dans la réciprocité de la causalité, l’activité de la forme détermine celle de la matière et réciproquement, — P — en elle, la forme de la réciprocité détermine sa matière et réciproquement. — t — L'activité synthétiquement conciliée détermine la réciprocité conciliée synthétiquement et réciproquement, c’est-à-dire qu’elles sont synthétiquement conciliées.

<x — L’activité à supposer pour que la réciprocité demandée dans la notion de la causalité soit po^ible, est quant à la simple forme, un transport {un poser par

un non-poter), de telle sorte que par elle ce qui n’est pas posé sous un certain rapport, est posé sous un autre, cette activité de Xn forme doit déterminer l’activité de la matière de la réciprocité. Celte dernière activité était une activité indépendante du non-moi qui seule rendait possible ce terme d’où part la réciprocité, une passivité dans le moi. Cette passivité est déterminée, fondée, posée par l’activité, voici évidemment ce que cela signifie : c'est cette activité du non-moi luimême qui est posée par la première au moyen de sa faculté de poser; et elle n'est posée qu’aulant que quelque chose n’est pas posé. (Nous n’avons pas à rechercher ici ce que peut être ce quelque chose). — Une sphère bornée est prescrite par là à l’activité du non-moi, et l’activité de la forme est celle sphère. Le non-moi n’est actif qu’en tant qu’il est posé comme actif par le moi (auquel appartient l’activité de la forme), en vertu d’un non-poser. S’il n’y a rien de po.sé par une soustraction, il n’y a pas d’activité du nonmoi. Réciproquement l’activité de la matière, par conséquent l’activité indépendante du non-moi, doit déterminer et fonder l’activité de la forme, et par conséquent le transport (le poser par un non-[>oser). Or, d’après tout ce qui précède, cela signifie, qu’elle doit déterminer la transition comme un transport, elle doit poser celle X qui explique ce qu’il y a d’incomplet dans l’un des termes et par là oblige de le poser comme terme réciproque, et conséquemment d’en poser un second encore avec lequel il puisse être en réciprocité. Ce terme est la passivité en tant que passivité. Donc le non-moi est le fondement du «o«-poser, et par là détermine l'activité de la forme et en donne les condi-

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lions. Celle-ci pose par un non-poser et absolument non autrement, mais le non-poser est soumis à la condition d’une activité du non-moi, et par conséquent aussi, toute l’action demandée. Le poser par un nonposer est circonscrit dans la sphère d’une activité du non-moi. Point d’activité du non-moi point de poser par un non-poser,

— Nous voici donc encore en présence du conflit soulevé plus haut. Seulement il est ici un peu adouci, et le rapprochement n’est pas éloigné. La conséquence du premier mode de réflexion fonde un idéalisme dogmatique ; Toute réalité du non-moi n est purement qu une réalité transportée du moi. La conséquence du second mode de réflexion donne un réalisme dogmatique : Il ne peut rien être transporté s 'il n 'existe déjà une réalité indépendante du non-moi, une chose en soi. La synthèse que nous avons à exposer maintenant ne se propose rien moins que de résoudre le conflit et de montrer la voie intermédiaire entre l’idéalisme et le réalisme.

Les deux propositions doivent être synthétiquement conciliées , c’est-à-dire , elles doivent être considérées comme une seule et même proposition. Voici comment cela a lieu : ce qui est activité dans le non-moi est passivité dans le moi (en vertu de la proposition de l’opposition), nous pouvons donc poser la passivité du moi à la place de l’activité du non-moi. Ainsi, en vertu de la synthèse demandée, dans la notion de la causalité sont réunies la passivité du moi et son activité, le non-poser et le poser, lohnant complètement une seule et même chose. Dans cette notion , les propositions : Le moi ne • pose pas quelque chose en soi, et : Le moi pose quelque chose dans le non-moi, disent une seule et inéiiie chu-

se. Elles désignent non des actions différentes, mais une seule et même action ; aucune des deux n’est le fondement de l’autre, car toutes deux n’en font qu’une.

Approfondissons davantage cette proposition, elle renferme en soi les propositions suivantes : a — le moi ne pose pas quelque chose en soi, c’est-à-dire il pose quelque chose dans le non-moi, b — c’est cela, ce qui vient d'être posé dans le non -moi, que ce qui n’est pas posé dans le moi , ne pose pas ou nie. L’action retourne en elle-même. Le moi «edoit poser quelque chose en soi, il est lui-même non-moi, mais devant être le non-moi, il doit le poser, et comme Une doit pas le poser dans le moi, il doit le poser dans le nonmoi. Mais avec quelque rigueur que celte proposition soit maintenant démontrée, le sens commun de l'humanité continue néanmoins à se .soulever contre elle. Recherchons le fondement de cette résistance, afin de satisfaire réellement les prétentions du sens commun, ou du moins pour qu’il demeure tranquille jusqu’à ce que nous puissions lui montrer le domaine où son autorité est légitime. 4

Evidemment dans les deux propositions que nous venons d’énoncer, le mot poser offre un double sens. Le sens commun le comprend et de là sa résistance. — Le non-moi ne pose pas quelque chose dans le moi, ou le nie, c’est-à-dire : le non-moi est euigénéral pour le moi non-posant , mA\s W supprime simplement, il est donc, en ce cas, opposé au moi quant à -la qualité et il est le fondement réel de celle-ci. Mais le moi ne pose pas quelque chose dans le moi, cela ne signifie pas que le moi en général ne pose pas. Certes il pose bien ptiisqu’il ne pose pas quelque chose, il le pose comme né-

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galion ; cela signifie , ce n’esl qu’en partie qu’il ne pose pas. Le moi est donc opposé à lui-méme non quant à la qualité mais quant à la quantité. Il n’est donc que le fondement idéal d'une détermination en lui-méme, — Wne pose pas quelque chose en soi ; et il le pose dans le non-moi ; c’est une seule et même opération : le moi n’est donc pas autrement le fondement de la réalité du non -moi, qu'en étant le fondement en luiméme de sa passivité,' il n’est que fondement idéal.

Or ce fondement, qui n'est posé qu’idéalement dans le non-moi, doit devenir réellement le fondement d’une passivité dans le moi. Le fondement idéal doit devenir le fondement réel. C’est ce dont le sens commun ne peut pas se laisser convainci'e. — Nous pouvons l’embarrasser beaucoup , si acceptant le non-moi dans le sens dans lequel il veut qu’il soit fondement réel, qu’il influe sur le moi sans participation aucune de celui-ci ^ comme une matière qui doit d'abord éU‘c créée, nous demandons ensuite, comment donc le fondement réel doit-il devenir idéal? — 11 doit en effet le devenir si une passivité doit être posée dans le moi et doit arriver par la représentation à la conscience, — question dont la solution à peu prés comme la précédente suppose la rencontre immédilate du moi et du non-rmoi : le sens commuq et tous ses défenseurs ne nous' donneront jamais à cet égard de réponse fbndamentale. Les deux questions sont résolbes par notre synthèse, et ne peuvent être résojues que par une synthèse, c’est-à-dire l’une par l’au tre.

Voici donc la signification la plus profonde de la synthèse précédente : les fondements idéal et réel sont dans la notion de causalité (partout donc, car il ne

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se présente de fondement réel que dsos' la notion de la causalité ) une seule et même chose. Cette proposition y fondement de l'idéalisme critique , et qui, concilie par ce système l’idéalisme et le réalisme , ne trouvera pas accès auprès des hommes, et elle n’y trouvera* pas accès , faute de leur part d’une force d’abstractioQ suffisante.

Car si l»notion de la causalité tire de nous des choses différentes et les. unit les unes aux autres, — légitimement ou non, on le verra eu temps voulu, — on la distingOe en relativité avec le fondement réel et le fondement idéaU II doit y avoir dans les choses en soi quelque chose d’indépendant de notre représcntatu^n en vertu de quoi elles se pénètrent les unes les autres sans notre intervention; mais que nous les rapportions les unes aux autres, le principe doit s’en trouver en nous, dans notre sensation. Ainsi nous posons xtotremoi hors de nouscomme une chose qui existe sans notre participation, une chose quelconque doit agir aur lui, de même que l’aimant snr un morceau de fer.'

* La remarqué suivante s’adresse moins à mes auditeurs, qn'&'mes antres lecteurs, les savants et les philosophes, entre 1rs mains desquels ce livre peut tomber. — La plupart des hommes seraient plus aisément portés II se tegarder comme un morceau de lave dans la Innu, qu’l se tenir pour un moi. C’est pour cela que l'ôu n’a pas compris Kaut et que l’on n’a pas pressenti son génie ; c’est pour cela que l'on ne comprendra pas cette exposition, quoiqu’elle porte en tête la condition de toute philosophie. Celui qui , snr cette question n’est pas encdre d’accord avec lui-même, ae comprend pas la philosophie fondamentale et n’en a pas besoin. La nature , dont il est une machine, le conduira sans sa participation à tout ce qu’il doit accomplir. L’indépendance o’appartienl qu’l) la philosophie , et on ne sc la donne qu’à soi-méme. Nous ne pouvons nous passer d’yeux pour voir ; nuis doit-uu prétendre que les yeux voient ?

OOCTRIRB

Or le moi n’est rien hors du moi, il est lui-méme le moi. Son essence consiste simplement et uniquement en ce qu’il se pôse soi-mème : pour lui donc, se poser et être, sont une seule et même chose. En lui le fondement i*éel et le fondement idéal ne font qu’un. Réciproquement ne pas se poser et ne pas être c’esf la même chose pour’le moi ; le fondement réel et le fondement idéal de la n^ation ne font qu'un également. Ces principes exposés séparément nous donnent les propositions suivantes : Le moi ne pose pas une chose quelconque en' soi, et : Le moi n'est pas une chose quelconque, il est un et identique.

Quelque chose n’est pas posé {realiter) dans le moi, cela signifie évidemment ; Le moi ne pose pas en soi {idealiler) ce quelque chose, et réciproquement par cette formule : Le moi ne pose pas quelque chose en'soi, il faut entendre que ce quelque chose n’est pas posé dans le moi.

Le non-moi doit agir sur le moi, il doit supprimer dans le moi quelque chose; c’est-à-dire évidemment : il doit supprimer en lui -un acte rfe/jojer, il doit faire que le moi ne pose pas quelque chose en soi. Si ce sur quoi il est agi doit être réellement un moi, il n’y a pas à son égard d’autre effet possible qu’un non poser en soi.

Réciproquement cette proposition : Il doit y avoir un non-moi pour le moi, ne peut avoir d’autre signification que celle-ci :|Le moi doit poser la réalité dans le non-moi ; car il n’y a de réalité pour le moi et il ne peut en exister d’antre qu’une réalité posée par lui-même.

L’activité du moi et du non-moi sont une seule cl même chose, c'est-à-dire, il n’est possible au moi de ne pas poser en soi quelque chose qu’en posant cette chose

DE LA SCIKRCE.

dans le non-moi ; el il ne peut poser une choie en soi, qu’en ne la posant pas dans le non-moi. Mais aussi certainement qu’il est moi, le moi doit poser, mais non précisément poser en soi. — La passivité du moi et la passivité du non-moi sont aussi une seule et même chose. Car en tant qu’il ne pose pas une chose en soi, il la pose dans le non-moi. L’activité et la passivité du non-moi sont une seuleet même chose. En tant que le non-moi doit agir sur le mor, en supprimer quelque chose, ce quelque chose est posé en lui par le moi. Ainsi donc est clairement et complètement exposée la conciliation synthétique. De tous les moments signalés aucun n’est le Fondement des autres : ils forment tom une seule et même chose. ’ V *

Donc à la question : Quel est le Fondement de la passivité dans le moi ? Il n’y en a aucun faut-il répondre ; il n’y en a point du moins qui doive être supposé comme une activité du non-moi én tant que chose en soi ; car il n’y a pas dans le moi de passivité simple. Mais il reste une autre question : Quel est donc le fondement de la réciprocité entière qui vient d’être exposée? Il n’est pas permis de dire qu’elle est posée absolument', sans aucun fondement, et que le jugement qui la pose comme existant est un jugement ihétique; car il n’y a que le moi qui soit posé absolument, et il n’y a pas dans le moi cette réciprocité. Mais il est évident en même temps que dans la science de la connaissance théorique un fondement pareil est inconcevable, parce qu’il n’est pas compris dans le principe fondamental de cette connaissance. Le moi se pose comme déterminé par le nonmoi, mais auparavant il est posé par lui même; donc ce fondement, s’il doit être indiqué quelque part, doit se

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trouver hors des limites delà science de la connaissance

théorique.

Ainsi, par conséquent, est exposé d’une manière pré* cise l’idéalisme critique qui domine dans notre théi>» lie. 11 est dogmatique contre l’idéalisme et le réalisme dogmatique puisqu’il montre que ni la simple activité du moi n’estle fondement de la réalité du non-moi, ni la simple activité non-moi n’est le fondement dé la passivité dans le moi. Quant à la question sur laquelle on exige de lui une réponse : quel est Je fondement delà réciprocité admise entre le moi et le non-moi, il allègue son iocàpaciié,d' y répondre et montre quel’exa- * men.de ce sujet est en dehors des limites de la théorie. Dans son explication de la représentation, il ne part

ni d’une activité absolue du moi, ni d’une activité

absolue du non-moi, mais d’un état déterminé qui

est en même temps une détermination, parce que l’état

déterminé ne contient immédiatement et ne peut conte^ -

nir rien autre. La théorie laisse tout-à-fait indécise la

question de savoir ce qui peut déterminer cette détermination. Ce qu’elle présente ainsi d’incomplet est ce qui nous pousse au-delà de la théorie vers la partie pratique de la science de la connaissance^

Les expressions si souvent employées, d'activité

bornée du moi sont en même temps p»rfEdi^^K&}aircies. Elles désignent une activité qui se dirige sur un non-moi, sur un objet et par cooséqu€3it une activité objective. L’activité du moi en elle-même, ou l’activité par laquelle il pose n'est nullement limitée et ne peut l’être; mais c’est l’activité par laquelle il doit |ioser un non-moi qui est limitée,

— La forme de la simple réciprocité dans la

notion de causalité, et sa matière se déterminent réciproquement.

Nous avons vu plus haut que l'on ne peut distinguer la simple réciprocité de l’activité qui en est indépendante qu’au moyen de la réflexion. Sil’actionrécrproque est posée dans les termes de la réciprocité elle-même, on fait complètement abstraction de l’aetNité, et la réciprocité n’est considérée qu'en elle-même, en tant que réciprocité. On verra en temps et lien laquelle de ces deux manières de considérer est juste, ou peutêtre qu’aucune des deux ne l’est, appliquée exclusivement. . . •

Dans la réciprocité comme telle on’peut distinguer la forme de la matière. La forme de la réciprocité est la simple connexion mutuelle des termes réciproques. La matière est ce qui, dans les deux termes, fait qu’ils doivent être en cx>nnexion réciproque. — > La forme caractéristique de la réciprocité dans la causalité est une production par une soustraction ( une transformation ( un devenir ) par une suppression).

On doit bien observer, qu’il faut faire tout-à-fait abstraction ici de la substance sur laquelle l’action est dirigée, du substract de la transition et par conséquent de toutes les conditions de temps. Si cette substance et ce substract sont posés , le produit est posé dans le temps en relation avec la substance et le substract. Mais quelque difficile que cela puisse être à l’imagination, il faut en faire abstraction ; car la substance ne paraît pas dans la réciprocité. 11 n’y parait que ce qui s’introduit en elle, et ce qui est atteint et supprimé par ce qui s’introduit, et il ne s’agit ici que de ce qui parait dans la réciprocité. Par exemple : X nie — X :■

— X était déjà avant d'être niée» Si elle doit être considérée comme existant elle doit être posée dans letemps antérieur et X en opposition dans le temps postérieur. Mais ce n’est pas comme existant, c’est comme n’existant pas qu’il faut considérer X, Or l’existence de X et la nonrexislence de — X ne sont pas absolument dans des temps dilTérents, elles sont dans le même moment. Elles sont donc, s’il ne s’y trouve pas autre chose, ce qui nous oblige à poser le moment dans une série de moments, mais nullement dans le temps. La matière de la réciprocité qu’il faut examiner est un état d’opposilionessenticUe{A'üi^vé% l’incompatibilité dequalité.)

La forme de cette réciprocité doit en déterminer la matière, c’est-à-dire, parce que et en tant qu’ils se suppriment mutuellement, les termes de la réciprocité sont opposés essentiell^ent. La suppression (réelle) essentielle détermine le cercle de l’état d'opposition mutuelle. S’ils ne se suppriment pas, ils ne sont pas essentiellement opposés/* essenliaUleropposita ). — fleci est un paradoxe contre lequel s’élève la méprise que nous avons indiquée plus haut. Car, à la première apparence, on croira qu’il est conclu ici de l’accidentel à l’essentiel; on pourrait conclure, il est vrai, delà suppression actuelle, à l’état d’opposition essentielle; mais non réciproquement de l’état d’op|>osilioD essentielle à la suppression présente. Pour que cela fût possible, il faudrait une condition de plus, je veux dire : l’influence immédiate de ces deux termes l’un sur l’autre (jiar ex. : dans les corps la> présence dans le même espace). — Tous deux essentiellement pourraient être opposés même isolément, et être hors de toute condition, alors ils ne seraient pas opposés, et par conséquent ne

DE tA SCIENCE. Itl

pas se supprimer. — L’origine de ce désaccord et le moyen de le ièire disparaître seront indiqués en même temps.” ■ ■ .

La matière de celte réciprocité doit en déterminer la forme, c'est-à-dire l’état d’opposition essentielle détermine la suppression réciproque. Ce'n’est que sous la condition que les termes soient essentiellement opposés et en tant qu’ils le sont, qu’ils peuvent se supprimer mutuellement. — Il est vrai que la suppression actuelle est posée en général dans la sphère de l’opposition, mais celle-ci ne doit pas remplir seulement, elle doit en elle en remplir une plus étroite dont la limite détermine la condition de l’influence réelle qui se présente, chacun accordera spontanément cette proposition, et le paradoxe pourrait être celui quel nous signalions d’abord expressément. Mais —

La matière et la forme de la réciprocité doivent se déterminer -réciproquement, c’est-à-dire du simple état d’opposition doit découler la suppression réciproque et ainsi la connexion, l’influence immédiate, et de la suppression réciproque doit sortir l’état d’opposi- . tion. Ces deux choses n’en formeront qu’une; elles sont opposées en soi , ou — elles se suppriment récipro- ’ quement. Leur influence et leur opposition essentielle sont une seule et même chose. *

Approfondissons davantage encore cette conséquence. Ce qui est posé par la synthèse tentée proprement entre des termes réciproques, c’est la nécessité de leur conciliation ; c’est celle X qui signale l’incomplet de chacun des termes isolés et ne peut être contenue que dans les deux. On nie qu'il soit possible de séparer un être

FKKTrjlINi:

en soi d’un être eu réciprodté. Us sont tous deux posés comme termes réciproques et ne sont nullement posés hors de la réciprocité. — On conclut de l’opposition à la contre-opposition ou à l’opposition idéale, et réciproquement. Les oppositions réelle et idéale sont une seule* et même chose. — Le sens commun cesse de se choquer de cette conclusion, dés qu’on se souvient que l’un des termes de la récij>rocité est le moi, à l’encontre duquel il n’y a que ce qu’il s’oppose : ce à quoi il ne s’oppose pas n’est posé à l’encontre de rien. Le résultat actuel est presque le même que le précédent sous une autre forme.

V. Dans la causalité, l’activité considérée comme unité synthétique et la réciprocité considérée comme unité synthétique se déterminent réciproquement, et déterminent elles-mêmes une unité synthétique.

L’activité comme unité synthétique, nous pouvons la nommer un poser médiat (le premier mot pris dans un sens aflirmatif, — un poser de la réalité). La réciprocité,, comme unité synthétique, consiste dans l’kleulité de l'opposition essentielle et de la suppression .réelle.

1. — Par l’activité la réciprocité est déterminée, c’est-à-dire la mcdialité du youjer (auquelle elle appartient proprement ici), la condition essentielle et la suppression réelle sont une seule et même chose. Le jwser étant médiat, l’opposition et la suppression sont identiques, a — Si les termes qui doivent être en réciprocité étaient posés immédiatement, l’opposition et la suppression seraient différentes. Soient A et B les termes réciproques. Supposons d’abord que A — A et B — B, mais que, quanta unequantité déterminée, A soit aussi

DE L\ SCIENCE

« — BetB=- — A. Les deux termes pouvaient trèsbien èire posés dans leur première signiiication sans se supprimer; on avait fait abstraction de ce en quoi ils étaient opposés ; ils n’étaient donc pas posés comme essentiellement opposés et se supprimant réciproquement, parce qu'ils étaient posés immédiatement, indépendants l’un de l'autre. En outre, ils n’étaient pas * posés comme simples termes réciproques, mais comme réalités en soi ( A =• A. § 1 ). Les ternies réciproques ne peuvent être posés que médiatement ; A est égal à — B et absolument rien de plus ; et B est égal à — A et absolument rien déplus. De cette média ti té de/^u.j7/fo/i, résulte V opposition essentielle , la suppression réciproque et l’identité de ces deux derniers faits, — Z». — car si A est posé simplement comme le contraire de B, et n’est susceptible d’aucun autre prédicat ( non plus celui à' une chose que l’imagination encore iiiaccouliimée à une rigoureuse abstraction est toujours prête à appliquer), A ne pourrait être posé réel si B n’était pas poséy et B non plus si A n’était pas posé. Leur essence commune cousiste évidemment en ce que chacun. est posé par le non-poser àe l’autie, comme en opposition ; et — si faisant abstraction d’une intelligence active qui pose on ne considère que les termes réciproques, — en ce que ils se suppriment réciproquement. Leur opposition essentielle et leur suppression réciproque sont donc identiques en tant que chaque terme est posé simplement par le non-poser de l’autre, et d’aucune autre manière.

Ce qui précède s’applique au moi et au non-moi. Le moi (considéré ici comme absolument actif) peut transférer la réalité au non-moi, seulement par cela même

DOCTAinB

qu’il ne la pose pas en soi ; et réciproquement il ne peut transporter en soi la réalité que par cela même qu'il ne la pose pas dans le non-moi. (On verra dans une détermination plus rigoureuse du moi que ce dernier point ne contredit pas sa réalité absolue ; déjà même cela est évident ici en partie : il s'agit d’une réalité transportée et non d’une réalité absolue.) Leur essence en tant qu’ils doivent être en réciprocité consiste donc purement en ce qu’ils sont opposés et se suppriment réciproquement l’un l’autre. Donc —

La médiatité du poser ( comme le montrera plus tard la loi de la conscience : Point de sujet point d'objet, point d’objet point de sujet) et cette médiatité seule est le fondement de l’opposition essentielle du moi et du non-moi. Parcela même, elle est aussi le fondement de la réalité du non-moi aussi bien que de celle du moi — en tant que la dernière est posée, elle doit être idéale ; car l’absolu ne peut s’y perdre ; elle est dans le posant. Au point où nous en sommes dans notre synthèse, elle ne doit pas être fondée par ce qui est fondé par elle ; elle ne le peut non plus d’après l’autorité du procédé de la proposition du fondement. Suivant ce qui a été exposé, le fondement de cette identité ne se trouve pas dans la réalité du non-moi et la médiatité du moi. il doit donc se trouver dans le moi absolu, et cetté médiatité doit être elle-même absolue, c’est-à-dire fondée en soi et par soi-même.

Cette conséquence, entièrement juste ici , conduit à un nouvel idéalisme, encore plus abstrait que le précédent. Dans le précédent , le moi {lar sa nature et son essence supprimait une activité posée en lui. Cette aetivité , à laquelle était ouvert le champ entier de la

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DS LA SCISnCE.

possibilité, était supprimée absolument et sans aucun autre fondement, et par là un objet et un sujet devenaient possibles. Dans cet idéalisme, les propositions se développaient du moi d’une manière qui nous était tout-à-fait inconnue et inaccessible, à peu près comme dans une harmonie préétablie conséquente, c’est-àdire purement idéalistique.

Dans l’idéalisme actuel, l’activité a sa loi immédiatement en elle-même ; elle est médiate, elle n’est absolument rien autre chose, absolument parce qu’elle est médiate. 11 n’est donc pas supprimé d'activité dans le moi ; l’activité médiate y existe, et une activité immédiate ne doit pas donner le moi. Mais avec la médiatité de cette activité, on peut éclaircir parfaitement tout le reste, — la réalité du non-moi et dans ce cas la négation du moi, la négation du non-moi et la réalité du moi. Ici les représentations du moi se développent, d’après une loi déterminée et que' l’on peut connaître naturellement, on peut donner un fondement à ces représentations, mais non à la loi.

Ce dernier idéalisme détruit nécessairement le premier, parce qu’il explique réellement et par un fondement supérieur, ce que le premier ne pouvait expliquer. Le premier idéalisme peut êü e réfuté idéalistiquement. Le principe fondamental de ce système serait : Le moi est fini absolument parce (ju il est fini.

Quoique cet idéalisme s’élève fort haut, il n'arrive pas néanmoins à la hauteur qu’il faut atteindre, au posé absolument et inconditionnel. Il est vrai qu’un fini doit être posé absolument. Mais, en vertu de sa notion, tout Gai est limité par son opposé et le Gni absolu est une idée qui se contredit elle-même.

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