‹ Doctrine de la scienceChapitre 16 sur 31 · I 6 DOCTRINE · texte numérisé non relu

I 6 DOCTRINE

Pour distinguer ces deux idéalismes, je nomme le premier, celui qui suppnme quelque chose de posé dans le moi, qualitatif, et le second qui pose primitivement une quantité limitée, quantitatif.

2. — L’essence des termes réciproques consistant dans la simple opposition, c’est par là qu’est déterminée la médiatité du poser, elle n’est possible qu'à cette condition. Si l'essence des termes réciproques consiste encore en quelque chose autre que la simple opposi* tion, il est d'une égaie évidence que par le twii~poser de l'un quant à toute son essence, l'autre n’est nullement posé quant à toute son essence, et réciproquement. Mais si leur essence ne consiste dans rien autre, s’ils doivent être posés , ils ne peuvent l’être que médiateinent, comme cela ressort de ce qui vient d'être dit.

Mais ici l’opposition essentielle l'opposition en soi, est établie comme fondement de la médiatité du poser. Elle est absolument, sans qu’on puisse en donner l'explication. La seconde est posée par la première.

De même que le premier mode de conséquence donne un idéalisme quantitatif, de même celle-ci fournit un réalisme quantitatif qui doit être bien distingué du réalisme qualitatif exposé plus haut. Celui-ci reconnaît l’impression sur le moi d’un non-moi, indépendant du moi, ayant par lui-même de la réalité, impression qui pénètre l'activité du moi. Le réaliste simplement quantitatif reconnaît à ce sujet son ignorance, il reconnaît que pour le moi la réalité n’est posée dans le nonmoi que par la loi du fondement; mais il soutient l’existence réelle d’une limitation du moi, sans que le moi y participe d’aucune manière, ni par l’activité ab-

DK. LA .sClKi^CE.

solue comme le veut l’idéaliste qualitatif, ni conformément à une loi spéciale de sa nature, comme le prétend l’idéaliste quantitatif. Le réaliste qualitatif aflirme la '

réalité indépendante du moi A' ua déterminant, lequantitatif, la réalité indépendante du moi d’une simple dé~ termiuation. D’après celui-ci , il y a dans le moi une détermination, dont le fondement ne peut être posé en lui, qui est pour lui un fait, sur le fondement même de laquelle toute recherche lui est interdite, c’est-à-dire qui est pour lui absolument et sans plus de fondement.

11 doit cependant, d’après la loi du fondement qu’il admet, la rapporter à quelque chose du non-moi, comme à son fondement réel. Mais il sait que cette loi ne se trouve qu’en lui-même et à cet égard il ne se trompe pas. Il est de la dernière évidence que ce réalisme n’est autre chose que l'idéalisme exposé plus haut sous le nom de critique. Kant n’en a pas exposé d’autre. Sur le degré de la réflexion où il s’était placé, il ne pouvait en exposer d’autre et ne le voulait pas non plus '.

‘ Kant déduit l’idéalité des objets , de l’idéalité posée d’avance du temps et de l’espace. Nous , à l’invorsc , nous tirerons la démonstration de l’idéalité do temps et de l’espace, de l’idéalité démontrée des objets.

Kant a besoin d’objets idéaux pour remplir le temps et l’espace; nous /

avons besoin dn temps et de l’espace, pour placer les objets idéanx. C’est |

pourquoi notre idéalisme qui n’est nullement dogmatique, mais qui est |

critique, fait quelques pas plus avant que le sien.

Ce n’est pas ici le lien de montrer, ce qui est du reste palpable, que V

Kant connaissait très-bien ce qu’il s’abstenait de dite, ni de donner let |

motifs pour lesquels il ne pouvait, ni ne voulait dire ce qu’il savait. Les i

principes exposés ici , et ceux qui seront présentés encore, se trouvent évidemment au fond des siens, comme peut s’en convaincre quiconque I •

se familiarisera avec l’esprit de sa philosophie. Il a dit plusieurs fois qu’il , ne voulait pas exposer dans ses critiques la science elle-méroe, mais

118 üociniNii.

Ce réalisme se distingue de l idéalismè quantitatif exposé plus haut, en ce que, quoiqu'ils admettent tous deux, il est vrai, que le moi soit fini, le fini est absolu pour le premier et accidentel pour le second, <sans pouvoir être pour cela expliqué davantage. Le réalisme quantitatif détruit l'idéalisme de même nom , comme étant sans fondement et inutile, parce qu'il éclaircit parfaitement sans lui, et avec les mêmes défauts, il est vrai, ce qu’il devait expliquer : L'existence d’un objet dans la conscience; avec les mêmes défauts, dis-je, car il lui est absolument impossible d’expliquçr comment une détermination réelle peut devenir idéale, comment une détermination qui existe en soi, peut devenir une détermination pour le moi posant. Il est maintenant bien démontré, comment par l'opposition essentielle, la médiatitédu/^o^er est déterminée et fondée ; mais sur quel fondement s'appuie le poser luimême en général? S’il doit être posé il ne peutrèlre que médiatement ; mais l'acte de poser, est cependant en soi une action absolue du moi indéterminé et qui dans cette fonction ne peut absolument pas être déterminé. Cejsystéme est donc caractérisé par l'impossibilité déjà signalée de passer du limité à l'illimité. L’idéalisme n'a pas vaincu cette difficulté, car il supprime le passage en général, il est détruit au contraire par la contradiction manifeste qu'il y a à poser absolument un fini. —

On doit s'attendre à voir notre recherche prendre à peu prés la même voie que plus haut , et de la conci-

qn’il n’en présentait qne la propédentique. Il est difHcilo de s’expliquer * pourquoi ceux qui ne font que répéter ce qu'il a dit, n’ont refusé de de croire que cctie parole parmi celles qu’il a prononcées.

O.j:'- by C.iiijgic

DK LA i'CienCB

lin

liation des deux tyollièses, à voir sortir un idéalisme quantitatif critique, comme intermédiaire entre ces deux modes d’explication.

3. — La médiatité du poser et l’opposition essentielle se déterminent réciproquement; elles remplissent toutes deux une seule et même sphère. La manière dont il faut se représenter ce fait, pour en concevoir la possibilité, est évidente, c’est-à-dire: être et être posé, le rapport idéal et le rapport réel, le posé et l’opposition doivent former une seule et même chose. La condition à laquelle cette simultanéité est possible est également évidente, ce qui est posé en rapport étant la même chose que ce qui pose , c’est-à-dire le posé en rapport étant le moi.

Le moi doit être en rapport avec une X quelconque qui doit, en ce cas, être nécessairement un nonmoi , de sorte qu’il ne doit être terme posé que l’autre n’étant pas posé et réciproquement. Or le moi, aussi certainement qu’il est moi, ne se trouve en ce cas, en un certain rapport qu’autanl qu’il se pose comme se trouvant en ce rapport : ainsi à l’égard du moi il est complètement indifférent de dire : il est posé dans tel rapport, ou il se pose dans tel rapport. Il ne peut y être posé (realiter) qu’en s’y posant (idealiter), et il ne peut s’y poser qu’en tant qu’il est posé, parce que le simple moi posé absolument contredit ce rapport plutôt que de le poser.

Il faut développer plus nettement encore le contenu de notre synthèse. — En admettant toujours la proposition principale énoncée au commencement de ce § sur l'ensemble de la méthode théorique, proposition d’où nous avons tiré jusqu’à présent tous

Digilized by Googli

DocrniNE

|M)S développements, — mais aussi en écariant tout autre principe, — c’est une loi pour le moi de ne poser que médiatement le moi aussi bien que le nonmoi ; c’est-à-dire de ne poser le moi que par le non-poser Au non-mo\, et le non-moi que par le poser du moi. (Dans ce cas, par conséquent, le moi est absolument le posant , mais dans la recherebe actuelle nous en faisons abstraction. Il n’est le pose qu’à condition que le non-moi soit posé comme non-posé, ou en d’autres termes soit nié.) Si nous noiis exprimons dans le langage ordinaire, le moi, tel qu’il est considéré ici, n’est simplement que le contraire du non moi et rien de plus; et le non-moi n’est simplement que le contraire du moi et rien do plus. Point de moi, point de loi; point de toi, point de moi. Désormais, pour plus de clarté , nous nommerons à cet égard et à aucun autre, le non-moi objet, et le moi sujet, quoique nous ne puissions montrer encore la convenance de cette dénomination. Le non-mot indépendant de celte réciprocité ne doit pas être nommé objet, ni le moi indépendant de cette réciprocité, être nommé sujet. — Ainsi le sujet est ce qui n’est pas objet, il n’a aucun prédicat de plus jusqu’à présent; l’objet est ce qui n’est pas sujet et il est jusqu’à présent sans autre prédicat.

Si l’on pose cette loi sans demander d’autre principe pour fondement de l’exjilication de la représentation, on n'a aucun besoin de l’influence du non-moi, admise par le réaliste qualitatif pour donner un fondement à la passivité du moi ; et l’on n’a pas besoin non plus de cette passivité (affection, détermination) que le réaliste quantitatif admet pour son explication. — Qu’il soit

DigilîzèS

DE LA, SCIENCE. I '2 I

, admis que le q^ doil poser crf général, en vertu de son essence,, pfx^sition que nous démontrerons dans la synthèse capitale suivante. Or il ne peut poser que * le sujet ou l’objet, et tous deux qué' médiatement. S’il pose l’objet il supprime nécessairement alors le sujet, et une passivité est produite en lui. Cette passivité est nécessairement corrélative à un fondement réel dans le non-moi et ainsi nait la représentation d’une réalité du non-moi, indépendante du moi. — Ou bien s’il pose le sujet, il supprime nécessairement l'objet posé, et alors se produit une passivité corrélative d’une activité du sujet qui donne naissance à la repi^jlsenlalion d’upe réalité du moi, indépendante du non-^6i^(la représentation d’une liberté du moi qui n’est dans la discussion actuelle, qu’une liberté purement représentée). Ainsi au moyen des termes intermédiaires, comme . le veulent les' lois de la synthèse, sont parfaitement expliquées et fondées, la passivité et l’activité (idéales) du moi, indépendantes, aussi bien que celles du nonmoi.

Mais la loi établie étant évidemment une détermination de l’activité du moi comme telle, elle doit avoir un fonde'mcnt et il faut que la science de la connaissance montre ce fondement. Or, si l’on n’insère pas, comme ‘on le doit pourtant, un terme moyen par une nouvelle .synthèse, il faut chercher ce principe uniquement dans les moments qui limitent immédiatement cette détermination, dans le poser du moi ou dans la passivité. La première voie est adoptée comme principe de détermination par l’idéaliste quantitatif, qui fait de cette loi, la loi du poser en général, la seconde par le réaliste quantitatif qui la déduit de la passivité du moi. D’après

Digili^ " h, GoogU

DocminK

le premier, cette loi est une loi subjective et idéale qui n’a son principe que dans le moi. D'après le second, c’est une loi objective et réelle qui n’a pas son fonde- ' ment dans le moi. Où peut-elle l’avoir, a-t-elle même, un fondement? à cet égard l’investigation est coupée.*

11 est vrai que l’alTection du moi, posée, établie comme inexplicable, doit se rapporter à une réalité dans le non-moi qui la mette en action; mais cela n’arrive qu’en conséquence d’une loi explicable et même d’une loi expliquée dans le moi par raffection.

11 résulte de la synthèse que nous venons d'établir, qu’ils ont tort tous deux; que cette loi n’est ni purement subjective et idéale, ni purement objective et réelle; mais que son fondement doit se trouver en même temps dans l’objet et dans le sujet, or, comment se trouve-t-elle'ainsi dans les deux termes? Ici s’arrête notre recherche, et nous avouons notre incapacité et notre ignorance. Nous sommes alors dans l’idéalisme quantitatif critique dont nous combattions tout-àl’heure l'établissement. Néanmoins le problème proposé plus haut n’étant pas encore complètement résolu, et ayant par devers nous plusieurs synthè.ses encore, il faudrait bien avancer quelque chose de plus précis sur ce système de fondation.

B. — Nous allons faire maintenant pour la notion desubstance,|ce qu» nous avons fait pour celle de causalité ; nous concilierons synthétiquement l'activité de la forme et celle de la matière, ensuite la forme de la pure réciprocité avec sa matière et enfin les unités synthétiques ainsi produites, les unes avec les autres.

— D’abord l’activité de la forme et celle de la matière, (on suppose que les développements qui pré-

-r^Ti?ÿ^e'

DB LA SCILNCB.

cèdent ont fait connaitre le sens dans lequel ces expressions sont employées ici. Le point capital, en ce moment et dans la suite, est de saisir avec rectitude et'précision les caractères de la substantialité).

D’après ce qui précède, l’activité formelle est dans cette réciprocité particuliéreun/io«-/>t)je/’par un poser absolu, le poser de quelque chose comme non-posé^ comme posé par le poser d’une autre, en un mot la négation par l’airirmation.

Le non-posé doit donc être posé et doit être posé comme non-posé. Il doit, en conséquence, n’être pas anéanti d’une manière générale, comme dans la réciprocité de la causalité; mais seulement être exclu d'une sphère déterminée. 11 est donc nié non par le poser en général, mais seulement par un poser déterminé. Ce qui détermine en cette fonction, qui détermine par conséquent comme activité objective, doit déterminer le posé, c’est-à-dire il doit le poser en une sphère déterminée comme la remplissant. On peut voir comment poser, un autre pe'ut être posé comme nonposé. Il est posé flans celte sphère comme non-posé, il n’est donc pas posé en elle, il en est exclu, parce que ce qui y est posé doit le remplir. — Par cette action l’exclu n’est nullement posé en une sphère déterminée ; sa sphère né reçoit par là absolument aucun autre prédicat qu’un prédicat négatif : elle n’est pas telle sphère. Quelle sphère peut-elle être? est-elle une sphère déterminée? cela demeure entièrement indécis. Z)r7/z.r la détermination réciproque par la substantialité, le caractère précis de V activité formelle est l’exclusion d’une sphère déterminée, remplie et ayant . à cet égard la lotolilc ( de ce qui y est contenu ).

DocrninE

La difficul^, ^en ceci, réside évidemment en ce que l’exclu ™ B est posé — B, et seulement n’est pas posé par A dans sa sphère. Mais la sphère de A doit être posée comme totalité absolue, d'où il doit suivre que B ne peut pas être posé. La sphère de A doit donc être posée en même temps comme totalité et non-totalité; elle est posée comme totalité à l’égard deÂ; elle est posée comme non-tptalilé à l’égard de B, exclu. Mais la sphère de B n’est pas déterminée; elle est déterminée d’une manière purement négative, comme n’étant pas la sphère A. A par conséquent, étant admis à tout égard, serait posé comme partie déterminée, et à cet égard totale et complète, d’un tout non déterminé et à cet égard incomplet. Le poser de cette sphère supérieure, embrassant les deux autres, la- déterminée et l’indéterminée, serait cette activité, par laquelle l’activité formelle que nous venons d’établir serait possible, elle serait par conséquent l’activité matérielle que nous cherchons.

Soit donné le morceau de fer déterminé «= C , en mouvement. Vous posez le fer absolument-^ A, tel qu’il est posé, d’après sa simple notion ( en vertu de la propos! lion A A, § 1 . )• comme totalité absolue, et vous ne trouvez pas dans sa sphère le mouvement = B. En posant  vous excluez B par conséquent de sa sphère. Pourtant vous ne supprimez pas le mouvement du morceau de fer — G. Vous ne voulez pas nier absolument sa possibilité. Vous le posez donc hors de la sphère de A, dans une sphère indéterminée, parce que vous ne savez pas sous quelle condition et d’après quel principe le morceau de fer G peut se mouvoir. La sphère A est la totalité du fer et pourtant elle ne l’est pas, car le

mouvement de C qui est aussi le fer, n’y est pas com- . pris. Donc, pour réunir. les deux sphères, vous devez ' poser une sphère supérieure qui comprenne le fer mu et le fer non mu. En tant qu’il remplit cetle sphère supérieure, le fer est substance (non en tant qu'il remplit la sphère A, telle quelle, comme on le tient généralement, à tort; à cet égard il est chose en soi ). Le mouvement et le non-mouvement sont ses accidents. Que le non-mouvement survienne au fer en un autre sens que le mouvement et, quel en est le fondement, nous le verrons en temps voulu.

L’activité formelle détermine l’activité matérielle, cela signifierait: ce n’est qu’autant que quelque chose est exclu de la totalité absolue, et est posé comme non compris en elle, que peut être posée une sphère compréhensive mais indéterminée. Ce n’est que sous la condition de l’exclusion réelle (|ii’une sphère supérieure est possible: point d’exclusion, point de sphère compréhensive, c’est-à-dire aucun accident dans le moi, aucun non-moi. Le sens de cette proposition est clair. Nous allons ajouter quelques mots sur son application.

Le moi est posé primitivement comme se posant. Et la fonction de se poser remplit à cet égard la sphère de de sa réalité absolue. Si l’on pose un objet, ce poser objectif doit être exclu.de cette sphère et doit être posé dans la sphère opposée du non-^poser du moi. Poser un objet et ne pas poser signifient la même chose. De cette action découle le raisonnement suivant : On prétend que le moi pose un objet et exclut quelque chose de soi absolument parce qu’il exclut, et sans aucun autre fondement. C’est cette exclusion qui rend possible la sphère

supérieure du yoscr en général (où l’on fait abslraclion, si le moi ou le non-moi sont posés). Il est clair que cette déduction est idéalistique et concorde avec l’idéalisme quantitatif, exposé plus haut, d’après lequel le moi pose quelque chose comme un non-moi absolument parce qu’il le pose. Dans ce système la notion de la substantialité devait donc être expliquée absolument comme elle l’a été. — Il est clair ici que le poser du moi se présente sous un double rapport de quantité, une fois comme totalité absolue, une autre fois comme partie déterminée d’une quantité indéterminée. Cette proposition peut avoir dans l’avenir des conséquences très-importantes. — Il est clair ensuite que le mot substance désigne non ce qui est permanent^ mais ce qui comprend tout. Le caractère de permanence ne s’aj>plique à la substance qu’en prenant ce mot dans une acception très-dérivée.

L’activité matérielle détermine l’activité formelle et en est la condition, cela signifierait : la sphère compréhensive est posée comme sphère compréhensive (par conséquent avec les sphères du moi et du non-moi qui lui sont subordonnées ), et c’est ce qui rend possible l’exclusion comme action réelle du moi (à une condition encore à venir ). — Il est clair que cette déduction conduit à un réalisme et même à un réalisme qualitatif. Moi et non-moi sont posés comme opposés. Le moi est posant en général; de sorte qu’à une certaine condition, s’il ne pose pas le non-moi, il est accidentel qu’il se [K)se et détermine par le principe du poser en général ce qui ne se trouve pas dans le moi. — Le moi est dans celte déduction une essence représentante qui doit se diriger vers la manière d’être des choses en soi.

DR L\ SCIERCE.

Mais parmi ces déductions aucune ne peut avoir de la valeur, elles doivent être modifiées toutes deux l’une par l’autre. Le moi devant exclure de soi quelque chose, il doit y avoir une sphère supérieure, et parce qu’il y a une sphère supérieure et qu'elle est posée, le moi doit exclure de soi quelque chose. En un mot, il y a un non-moi parce que le moi s’oppose quelque chose, et le moi s’oppose quelque chose parce qu’il y a un non-moi et qu’il est posé. Aucune de ces deux actions n'est le fondement de l’autre; elles sont toutes deux une seule et même action du moi, qui ne peut être distingué que dans la réflexion. Il est également clair, également évident que ce résultat est identique à celui de la proposition énoncée plus haut : le fondement idéal et le fondement réel sont une seule et même chose et Ton peut en conclure que le résultat actuel expose, aussi bien que la proposition énoncée, un idéalisme critique.

P. — La forme de la réciprocité, dans la substantialilé, cl sa iiuilière doivent se déterminer réciproquement.

I.a forme de la réciprocité consiste dans l’exclusion mutuelle des termes réciproques s’excluant l’un l’autre. Si A est posé comme totalité absolue, B est exclu de sa sphère et est posé dans la sphère B indéterminée mais déterminable. Réciproquement, B étant posé, A est exclu de sa totalité absolue, car la sphère A n’est plus la totalité absolue, elle est,de même que B,partie d’une sphère indéterminée, mais déterminable. Il faut bien remarquer ce dernier point , car tout y aboutit dans la forme de la réciprocité et l’exclusion mutuelle des termes réciproques de la totalité absolue.

OOCTBIHE

— Si l’on pose le fer en général et en soi, on a une notion déterminée et complète qui en remplit la sphère, si l’on pose le fer en mouvement, on a un caractère qui ne se trouve pas dans cette notion et q*ui par conséquent en est exclu. Mais eu attribuant cc mouvement au fer, la notion du fer auparavant déterminée n’est plus déterminée, elle est déterminable, il lui manque une détermination, qui sera définie en son temps, comme la faculté d'être attiré par l’aimant.

Quant à ce qui concerne la matière de la réciprocité il est clair que dans sa forme, comme il vient d’étre exposé, ce qui est proprement la totalité demeure indéterminée. Si B doit |être exclu , la sphère de A remplit la totalité. Si au contraire B doit être posé, les deux sphèrés, celle de B et celle de A remplissent la totalité indéterminée, mais déterminable ( on fait complètement abstraction ici que la spli^e qui comprend A et B soit encore à déterminer^. Cette indëterminahilité doit cesser. La totalité dans ces deux rapports est totalité. Si elles n’ont pas chacune un autre caractère qui puisse les faire distinguer l’une de l'autre, la réciprocité demandée est impossible, car alors la totalité est unique, il n'y a qu’un seul terme et par conséquent point de réciprocité. (Expliquons-nous d’une manière plus frappante quoique moins rigoureuse. Imaginezvous cette exclusion réciproque comme si vous en étiez spectateurs. Si vous ne pouvez distinguer les deux totalités entre lesquelles la réciprocité a lieu, il n'y a pour vous aucune réciprocité. Mais vous ne pouvez la distinguer, si hors des deux en tant qu’elles ne sont que totalités ne se trouve une X quelconque sur laquelle

VOUS VOUS orientez ). Par conséquent, |K)ur que la réciprocité demandée soit possible, on suppose la déterminabilité de la totalité dans le sens propre. On suppose que l’on peut distinguer les deux totalités en quelque chose, et cette déterminabilité est la matière de la réciprocité, ce en quoi la réciprocité se poursuit, ce par quoi elle est uniquement Gxée.

Si vous posez le fer tel qu’il est donné par l’expérience conunune, sans aucune connaissance de l’histoire naturelle, en soi, c’est-à-dire isolé et en dehors de toute liaison avec quelques-unes des choses que vous remarfjuez hors de lui, enfin comme persistant en un lieu, comme en repos, le mouvement n’appartient pas à sa notion; et s’il vous est donné dans l’apparence, comme se mouvant, vous avez entièrement raison, de rapporter le mouvement à quelque chose d’existant hors du fer. Mais si vous attribuez ce mouvement au . fer, et en ceci vous avez également raison, cette notion n’est plus complète et vous avez à la déterminer davantage à cet égard, par exemple, à poser dans sa sphère la propriété d’être attiré par l’aimant. — Cela fait une différence. — Si vous partez de la première notion, la persistance en un lieu est essentielle au fer et le mouvement ne lui est qu'accidentel. — Si vous partez de la seconde notion, le repos lui est aussi accidentel que le mouvement; carie repos se trouve précisément soumis à la condition de l’absence, de même que le mouvement l’esta la condition de la présence de l’aimant; vous êtes donc désorientés, si vous ne pouvez donner une raison pour partir de la première notion et non de la seconde et réciproquement; c’est-à-dire, en termes généraux , si l’on ne peut préciser d’aucune

DocrniNE

manière laquelle des deux lotalilés on doit prendre en considération ; si c'est celle qui est absolument ]K>sée et déterminée, ou la déterminable produite par celle-ci et le terme exclu, ou bien toutes les deux ensemble.

La forme de la réciprocité en détermine la matière, c’est-à-<lire, c’est l’exclusion réciproque qui détermine la totalité dans le sens indiqué plus haut, qui précise donc la(|uelle des deux totalités possibles est absolue et doit servir de point de départ. Ce qui exclut autre chose de la totalité, est, en tant qu’il exclut, la totalité, et réciproquement, il n’y a aucun autre principe de détermination. Si par l’A posé absolument, B est exclu, A est à cet égard la totalité ; et si l’on considère B et que par conséquent A ne soit pas regardé comme totalité, à cet égard A -j- B qui est indéterminé en soi est la totalité déterminable. La totalité telle qu’on l'admet est quelque chose de déterminé ou de déterminable. Ce résultat, il est vrai, ne paraitrien apporter de nouveau; il nous donne précisément ce que nous avions avant la synthèse. Mais avant nous espérions trouver un principe de détermination. Le résultat actuel nous enlève tou t-à- fa il cette espérance. Sa signification est négative il n’y a, nous dit-il, aucun principe de détermination possible que par la relation.

— Dans l’exemple précédemment cité, on peut partir de la notion absolument posée du fer. Alors le repos est essentiel au fer ; — ou de la notion déterminable et alors le repos est accidentel. I^e point de départ admis , les deux conséquences sont justes, et on ne peut donner sur le choix du point de départ aucune règle de détermination. La différence est purement relative. —

La matière de la réciprocité en détermine la forme.

c'est-à-dirc, la déterminabilité de la totalité dans le sens expliqué, qui est posée par là, comme devant déterminer quelque autre chose ( la détermination est réellement possible, et elle a lieu d’après une X que nous n’avons pas à nous occuper ici de rechercher), détermine l’exclusion mutuelle. Du déterminé, ou du déterminable, l’un est la totalité absolue et l’autre n’est donc pas : il y a donc un exclu absolu, celui qui est exclupar la totalité. Si, par exemple, le déterminé est la totalité absolue, celui qui est exclu paria est l’exclu absolu. Donc, et ceci est le résultat de la synthèse actuelle, il y a un principe absolu de la totalité et celleci n’est pas seulement relative.

— Dans l’exemple précédent, il n’est pas indifférent que l’on parte de la notion déterminée du fer ou de sa notion déterminable, et de tenir le repos pour une ehose essentielle ou accidentelle au fer. Si l’on pose que d’après. un principe quelconque, il fallait partir de la notion déterminée du fer, l’accident absolu est alors le mouvement et non le repos. —

Nul des deux termes ne doit déterminer l’autre : ils doivent se déterminer tous deux mutuellement; cela signifie, pour arriver au fait sans détour,*que le principe absolu et le principe relatif de la détermination de la totalité doivent être une seule et même chose, la relation doit être absolue, et l’absolu ne doit rien être de plus qu’une relation.

Cherchons à éclaircir davantage ce résultat très-important. La détermination de la totalité détermine l’excluant et réciproquement. C’est aussi une relation, mais ce n’est pas de celle-ci qu’il est question. La que.stion e.st de savoir laquelle des deux sortes de détermination pos-

ÜOCÏRIKE

sible, il faut prendre? Aucune, répond à ce sujet le premier membre ; il n’y a d’autre règle déterminée que celle-ci : Si l’on adopte l’une, on ne peut prendre l’autre ; mais sur la question de savoir laquelle il faut prendre, on ne peut rien prononcer d’assuré. 11 faut prendre l’une des deux, répond le second membre, et il doit y avoir sur ce point une règle. Mais cjuelle est cette règle? Cela devait naturellement demeurer indécis, parce que le principe de détermination du terme à exclure devait être la déterminabilité et non la détermination.

Les deux propositions sont conciliées par la proposition présente qui soutient qu’il existe une règle, mais non une règle qui établisse l’une des deux sortes de détermination comme déterminant l’autre. La totalité cherchée n’est dans aucune de celles que nous avons jusqu'à présent considérées comme telles, cette totalité est formée des deux déterminées mutuellement l’une par l’autre. Il s’agit donc ici d’une relation des deux sortes de détermination, la relative et l’absolue, et cette relation constitue la totalité cherchée. Ce n’est pas A qui doit être la totalité absolue. Ce n’est pas davantage ^ B, c’est A déterminé par A -j- B. Le déterminable doit être déterminé par le déterminé, le déterminé par le déterminable et l’unité qui en résulte est la totalité que nous cherchons. 11 est évident que tel devait être le résultat de notre synthèse. Mais il y a quelque chose de plusdilBcile à entendre, je veux parler de la signification de ce résultat.

Le déterminé et le déterminable doivent se déterminer mutuellement, cela signifie évidemment que la détermination de ce qui est à déterminer consiste en ce

qu’il est délerminable. Il est déterminable et rien de plus. En cela consiste toute son essence. Cette déterminabilité est la totalité cherchée, c’est-à-dire la déterminabilité est une quantité déterminée ; elle a ses bornes au-delà desquelles il n’y a plus de détermination, etau-dedans desquelles se trouve toute déterminabilité possible. Appliquons ce résultat au cas présent et tout sera clair. Le moi se pose, c’est en cela que consiste la réalité absolument posée du moi. La sphère de cette réalité est remplie et contient la totalité absolue (de la réalité absolument posée du moi). Le moi pose un objet ; nécessairement ce poser objectif doit être hors de la sphère dans laquelle le moi se pose. Il doit pourtant être attribué au moi et nous obtenons par là la sphère A-|-B comme totalité (jusqu’à présent illimitée) des actions du moi. D’après la synthèse actuelle, les deux sphères doivent se déterminer réciproquement. A donne ce qu’il a , des bornes absolues; A -|-B, un contenu; et le moi pose un objet et non le sujet, ou bien le sujet et alors non un objet, en tant qu’il se pose comme posant d’après cette règle; et ainsi ces deux sphères coïncident et remplissent réunies une .seule sphère limitée. A cet égard, la détermination du moi consiste dans la déterminabilité par le sujet et l’objet.

La déterminabilité déterminée est la totalité que nous cherchons, et que l’on nomme substance. Aucune substance n’est possible, si l’absolument posé ne sort pas du moi qui se pose uniquement ; c’est-à-dire, si quelque chose n’en est pas exclu, ici un non-moi posé ou un objet. Mais la substance qui ne doit être rien de plus qu’une déterminabilité, mais pourtant une déterminabilité déterminée, solidement fixée, demeure in-.

nOCTRITIE

déterminée, et il n’y a pas de substance, ( rien qui embrasse tout) si elle n’est pas déterminée par le posé ab-

solument, ici parle poser du moi. Le moi se pose comme se posant par cela même qu’il exclut le non-moi, ou comme posant le non-moi par cela même qu’il s’exclut. — Ce poser se présente ici deux fois , mais en des rapports différents. Dans le premier il est inconditionnel, dans le dernier il est conditionnel, et poser déterminable par une exclusion du non-moi. — Si la détermination du fer est le rejx)8 en un lieu, le changement de lieu est exclu par là, et le fer n’est pas subs.^nce, car il n’est pas déterminable. Mais le changeipent de lieu doit être attribué au fer, cela n’est pas possible, parla suppression de la persistance en un lieu. Car alors le fer lui-même tel qu’il est serait annihilé. Par conséquent le changement de lieu n’est pas attribué au fer, ce qui contredit le postulat ; la persistance ne peut donc être supprimée qu’en partie et le changement de lieu est déterminé et limité parla persistance; c’est-à-dire, le changement de lieu n’arrive que dans la sphère d’une certaine condition, par exemple, la présence d’un aimant, et n’existe plus hors de cette sphère, hors de laquelle la persistance se représente. On voit donc que la persistance en un lieu se présente ici sous deux signiGcations bien différentes, la première fois inconditionnelle, et la seconde fois conditionnelle à l’absence d’un aimant. —

Pour continuer l’application de la proposition fondamentale établie plus haut, en même temps que A -|- B est déterminé par A , B est déterminé. 11 appartient en effet au cercle du déterminable, maintenant déterminé, et A, comme on vient de l’indiquer,

DK LA SCIENCE.

est déterminable. En tant que B est déterminé,

A -f- B peut l’être par lui et comme une relation absolue a lieu/ — relatiôn qui seule doit donner la totalité cherchée, il doit être déterminé ; ainsi, par consécpient, si A est posé dans la sphère du déterminable, A + B est déterminé par B. .

^ Celte proposition deviendra claire, si nous l’appliquons au cas actuel, le moi doit exclure quelque chose de ^ soi. Telle est raclion considérée jusqu’à présent comme le premier moment, dans la recherche de la réciprocité. — Je vais plus loin et étant ici dans le domaine du fondement, j’ai le droit d’aller plus loin. —

Si le moi doit exclure de soi quelque chose, cette même chose doit être posée en lui avant l’exclusion, c’est-àdire indépendamment de l’exclusion. Donc , comme nous ne pouvons apporter un principe supérieur, elle est posée absolument. En partant de ce point, l’exclusion

- du moi est quelque chose de non posé dans le posé ab- .-r. solument, et doit être exclue de sa sphère, elle ne lui est pas essentielle ; elle est accidentelle à l’objet, s’il est |K)8é dans le moi ( pour la possibilité de l’exclusion ) d’une manière tout-à-fait incompréhensible pour nous, et en tant qu’il doit être un objet , de sorte qu’elle est exclue, et, comme on le verra plus tard', représentée en conséquence de cette exclusion. Elle existerait en soi,^s-' non hors du moi , mais dans le moi lui-même, si cette exclnsion n’avait lieu ; l’objet en général (qui est ici B) est le déterminé. L’exclusion par le sujet ( ici B -j- A) est le déterminable. L’objet peut être‘Ou non exclu, et demeure toujours objet dans le sens de ci-dessus. L’objet est posé ici deux fois, mais, on le voit, dans des acceptions différentes 3 une fois inconditionnel

et absolu, l'autre fois sous la condition d’étre exclu du moi.

— Le mouvement doit être exclu du fer jwsé comme persistant en un lieu. D’abord le mouvement n’était pas posé dans le fer en vertu de sa notion. Maintenant, il doit en être exclu, et même à un certain égard, n’étant pas posé par lui, être posé absolument. — - ( Pour i^us exprimer d'une manière plus aisée à comprendre, mais moins rigoureuse, cela signifie que pour que le naouvement soit opposé au fer, il faut qu’il soit déjà connu. Mais il ne doit pas être connu en vertu du fer. C’est donc d’ailleurs qu’on le connaît, et comme nous ne considérons ici que le fer et le mouvement, il est connu absolument.) — Si nous partons de la notion du mouvement, c’est accidentellement qu’elle s’applique au fer, entre autres objets. Elle est l'essentiel, le fer est pour elle l’accidentel. Le mouvement est posé absolument. Le fer, à l’état de repos, est exclu de sa spbére. Maintenant le repos est supprimé dans le fer et le mouvement lui est attribué. La notion du mouvement se présente ici de deux manières; une fois inconditionnelle, et la seconde fois conditionnelle à la suppression du repos dans l’état du fer. —

Donc, et c’était la proposition synthétique exposée plus haut, la totalité n’existe que dans la relation complète, et il n’y a rien de solide en soi que ce qu’elle détermine. La totalité consiste dans un rapport complet et non dans une réalité.

— Considérés isolément, les termes du rapport sont

les accidents'; la totalité , comme on Ta déjà dit plus haut, substance. Ici , seulement pour les per-

sonnes qui ne sont pas capables de tirer d'clles-inèmes

une déduction si facile, il faut exprimer formellement que dans la substance ou ne doit concevoir qu’une simple réciprocité et non quelque chose de fixé. Pour qu’une substance soit déterminée, ou pour que quelque chose de déterminé soit considéré comme substance, il faut que la réciprocité parte d’un terme quelconque, qui n’est fixé qu’autant que la réciprocité doit être déterminée, mais qui n’est pas fixé absolument, car on peut partir aussi bien du terme qui lui est opposé, et alors ce terme qui auparavant était essentiel, solide, fixé, n’est plus qu’accidentel , comme l’expliquent les exemples que nous avons donnés. Les accidents réunis, synthétiquement conciliés, donnent la substance; et celle-ci ne comprend rien de plus que les accidents. La substance analysée donne les accidents, et il ne reste rien que les accidents d’une analyse complète de la substance. Il ne faut pas se faire l’idée d’un subslract |iernianent, d’un support quelconque des accidents. Chaque accident est à lui-même son propre support et celui de l’accident opposé, sans avoir besoin pour cela d’un soutien |)articulier. — Le moi posant, par la plus admirable de ses qualités que nous définirons plus rigoureusement dans la suite, retient l’accident qui disparait pour le comparer à celui qui lui est corrélatif. C’est cette faculté presque toujours mécon-* nue, qui relie ensemble deux propositions différentes, et en com[)ose une unité, qui , se plaçant entre les moments qui devaient mutuellement se détruire, les conserve, et ainsi rend seule possibles la vie et la conscience, la conscience particuliérement comme une série de temps continu. Cette faculté n’accomplit toutes ces choses que parce qu’elle appelle à soi et en soi-

DOCTRIHE

même, les accidents qui n'ont ^aucun support commun et ne pourraient en avoir sans s’entre-détruire;

7. — L’activité comme unité synthétique et la réciprocité comme unité synthétique doivent se déterminer réciproquement et former une unité synthétique.

Comme unité synthétique, l’activité sera caractérisée en peu de mots, comme reliant absolument et maintenant ensemble des termes opposés, un subjectif et un objectif, dans la notion de la déterminabilité dans laquelle ils sont néanmoins opposés. ( Ponr se placer à un point de vue plus élevé et l’expliquer, que l’on compare la synthèse, indiquée ici avec la conciliation exposée plus haut ( S 3) entre le moi et le non-moi par la quantité. De même qu’alors le moi était posé absolument, quanta la qualité, comme réalité absolue, de même ici quelque chose, c’est-à-dire une détermination par la quantité, est posé dans le moi, ou en d’autres termes, le moi est posé absolument comme quantité déterminée. Quelque chose de subjectif est posé comme absolument subjectif, c’est là une thèse, et même, pour ta distinguer de la thèse qualitative précédente , il faut l’appeler quantitative. Tous les modes d’actions du moi doivent sortir d’un procédé thétique. — Dans la partie théorique de la science de la connaissance , dans les limites que nous nous sommes tracées par notre proposition fondamentale, il y a une thèse, parce que ces limites nous empêchent d’aller plus avant; quoiqu’en renver^ijt ces bornes , nous pussions démorttrer qu’il exUl^^une synthèse qui peut Se ramener à la thèse suprême. ) De même que ci-dessus un non-n^it^i était opposé au moi, comme qualité opposée, de même ici au subjectif est.

opposé un objectif, par la simple exclusion Je ce dernier de la sphère du subjectif, seulement donc par la quantité ( la détermination , la limitation) et ce procédé est une antithèse quantitative, de même que le procédé de ci-dessus était une antithèse qualitative.

Or, le subjectif ne doit pas être anéanti par l’objectif, ni celui-ci par celui-là , pas plus que ci-dessus, le moi ne devait être supprimé par le non-moi ou réciproquement. Ils doivent donc être unis synthétiquement, et ils le seront par le troisième terme, dans lequel ils sont tous deux égaux en vertu de la déterminabilité. Tous deux, non pas le sujet et l’objet en soi, mais le subjectif et l’objectif posés {lar la thèse et l’antithèse sont , réciproquement déterminables l’un par l’autre; et ce n’est qu’autant qu’ils le sont, qu’ils peuvent être réunis, fixés et maintenus par la faculté du moi qui se déploie dans la synthèse (l’imagination). Mais de même que ci-dessus l’antithèse n’est pas possible sans thèse, parce qu’elle ne peut être opposée qu au/w^é, de même la thèse ici demandée n’est pas possible, quant à la matière, sans la matière de l’aniithése; car avant qu une chose puisse être déterminée absolument, c est-à-dire, avant que la notion de la quantité ne puisse y être appliquée, elle doit exister quant à la qualité. Il doit donc y avoir ici quelque chose en quoi le moi actif , traçant une limite au subjecüf , abandonne le reste à l’objectif. Mais quant à la forme, précisément comme ci-dessus, Tantilhèse n’est pas possible sans la synthèse, parce que, sans la synthèse, le poser serait supprimé ; par conséquent 1 antithèse ne serait pas une antithèse mais une thèse; donc ces trois actions ne sont qu’une seule et même action , ei te n est que lorsque

Oigitized b*/ GoogU

la réflexion se dirige sur celte action que l’on peut en distinguer les moments particuliers.

Quanta la simple réciprocité, si sa forme, l’exclusion mutuelle des termes réciproques, et la matière, la' sphère compréhensive ( qui contient en soi les deux termes qui s’excluent) sont réunies synthétiquement, l’exclusion mutuelle est la sphère compréhensive; la sphère compréhensive est l’exclusion mutuelle, c’est-àdire, la réciprocité consiste dans la simple relation ; et il n'y a rien de plus que l'exclusion mutuelle, la déterminabilité que nous venons d’indiquer. On voit sans peine que tel doit être le terme moyen synthétique; mais ce qu’il est plus difficile de s’imaginer c’est une simple déterminabilité, une simple relation, sans quelque chose qui soit en relation. (Ici, et dans toute la partie théorique de la science de la connaissance, il faut faire abstraction de ce quelque chose ). — Guidons l’imagination autant que nous le pouvons. — AetB( on sait déjà que nous désignons proprement par là A -{- B déterminé par A, et A -f B déterminé par B, mais pour notre but nous pouvons en faire abstraction et les nommer A et B), A et B sont donc opposés, et si l’un est posé l’autre ne peut l’être. Cependant ils doivent coexister, sans se supprimer mutuellement, non pas seulement en partie comme on l’a demandé jusqu’à présent , mais entièremenL e^ comme opposés. Concevoir cela c’est le problème. Mais> ils ne peuvent être conçus ensemble, d’aucune autre manière, et sous aucun autre prédicat possible que comme se détruisant mutuellement. A ne peut pas être conçu, ni B non plus. Or, il faut concevoir la rencontre, la ccdiésion des deux, et là seulement est leur point de réunion.

ÜE LA SCIEKCE.

— Si au point X, on pose dans le moment A de la lumière, et dans le moment B, suivant immédiatement, *de l’obscurité, la lumière et l’obscurité se distinguent vivement l’une de l’autre comme cela doit être. Mais les moments A et B se limitent immédiatement et il n’y a entre eux aucun intervalle. Soit Z l’extrême limite entre ces deux moments. Qu’y a-t-il dans Z ? pas de lumière, car il n’y a lumière que dans le moment A et Z n’est pas A; pas d’obscurité non plus, car celle-ci se trouve dans le moment B. 11 n’y a donc en Z ni lumière ni obscurité. Maiÿ j*ai aussi bien le droit de dire qu’elles y sont l’une et l’autre. Eif'efFet, si entre A et B, il n’y a pas intervalle, il n’y en a pas non plus entre la^ lumière et l’obscurité ; par conséquent {elles sont toutes deux immédiatement en contact en Z. On pourrait dire et cela est, que dans la seconde déduction, j’étends par l’imagination jusqu’à un moment Z qui ne devait être qu'une limite (les moments A et B n’ont pas été produits autrement que par une telle extension au moyen de l’imagination.) Je puis donc étendre Z par la simple imagination, et je le dpis, si je veux concevoir la limitation immédiate des moments A et B. C’est en même temps ici une expérience de la merveilleuse faculté de l'imagination productive qui sera bientôt expliquée, sans laquelle rien ne peut être expliqué dans l’esprit humain, et sur laquelle tout le mécanisme de l’esprit humain doit aisément s'édifier.

a. — L’activité qui vient d’être expliquée détermine la réciprocité que nous avons expliquée, c’est-à-dire la rencontre des termes réciproques et sous la condition d’une activité absolue du moi, au moyen de laquelle

DOCTBrHE

celui-ci oppose le subjectif et l’objectif et les réunit. Ce n’est que dans le moi et qu’en vertu de cette action du moi qu’ils sont des termes réciproques ; ce n’est que dans le moi et en vertu de cette action du moi qu’ils se rencontrent.

11 est évident que la proposition établie est idéalistique. Si l’activité, attribuée ici à l’essence du moi en tant qu’il est une intelligence, est admise comme absorbante, comme elle doit l’être, elle ne doit l’être, que sous quelques limitations : la faculté de représenter consiste pour le moi à poser un subjectif, et à opposer un objecüf à ce subjectif, etc.; et nous voyons commencer une série de représentations dans la conscience empirique. Nous avons établi plus haut la loi de la médiatité du poser, d’après laquelle (elle conserve ici sa valeur ) aucun objectif ne peut être posé sans qu’un subjectif ne soit supprimé, et aucun subjectif également sanslasuppression d’un objectif. C’est par là que l’on peut expliquer la réciprocité des représentations : il y a de plus ici la détermination qu’ils doivent être réunis tous deux synthétiquement, qu’ils doivent être posés tous deux par un seul et même acte du moi, et de là on pourrait expliquer l’unité de ce en quoi est la réciprocité, et du terme réciproque dans l’opposition, ce qui n’était pas possible avec les lois de la pure médiatité. On aurait alors une intelligence avec toutes ses déterminations possibles, purement et simplement par la spontanéité absolue. Le moi serait ainsi qualifié, comme posant, se posant et se posantqualiûé. Mais si l’on remonte la série aussi loin que l’on voudra, on doit enfin arrivera quelque chose d'existant dans le moi, en quoi une chose est déterminée comme subjectif, et une autre chose lui est

OE LA SCIENCE

opposée comme objectif. L’existence de ce qui doit être ' subjectif, peut s’expliquer absolument de soi-même, par le poser Au moi; mais non l’existence de ce qui doit être objectif, car cela n’est pas posé absolument par le poser du moi. La proposition énoncée n’explique donc pas complètement ce qui doit être expliqué.

h. — La réciprocité détermine l’activité, c’est-à-dire non P s l’existence réelle des termes opposés, mais par leur simple rencontre, ou leur contact dans la conscience, comme il a été exposé plus haut. L’opposition et la réunion sont possibles par l’activité du moi : cette rencontre est la condition de cette activité. Il ne faut plus que la bien entendre.

On vient d’objecter contre le système d’explication idéalistique avancé, que, pourque quelque chose soit déterminé dans le moi commesubjectif, etquel(|u’autre chose en soit exclu comme objectif, il faut expliquer comment ce dernier terme qui doit être exclu peut exister dans le moi, ce que n’expliquerait pas ce système. La réponse à ce reproche est dans la proposition présente, l’ohjectifqui doit être exclu, n’a pas besoin d’exister; il sufllt, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, qu’il y ait un choc pour le moi; c’est-à-dire, l’objectif, par un principe quelconque, n’existant qu’en dehors de l’activité du moi, ne doit pas pouvoir être étendu davantage. Cette impossibilité d'être étendu davantage, décidait donc la simple réciprocité détruite, ou la simple cohésion ; elle ne limitait pas le moi comme activité, elle lui donnait la tâche dese limiter. Or, toute limitation a lieu, par opposition ; par conséquent le moi, pour satisfaire à celte lâche, devait opposer quelque chose d'objectif au subjectif à limiter, et ensuite réunir les deux

synthétiquement comme il a été démontré plus haut. C’est ainsi qu’on déduirait toute la représentation. Ce mode d’explication, cela saute aux yeux, est réalistique : seulement il y a en lui un réalisme bien plus abstrait que tous ceux qui ont été précédemment exposés, car il donne non un non- moi existant hors du moi, ni même une détermination existant dans le moi, mais seulement l’obligation pour le moi d’une détermination à prendre par lui-même en soi-même, en d’autres termes la simple déterminabilité du moi.

On pourrait croire au premier abord que cette obli- gation de se déterminer est une détermination et que le système actuel ne diffère en rien du réalisme quantitatif exposé plus haut, qui admettait l’existence d’une détermination. Mais la différence est trés-aisée à montrer. Plus haut la détermination était donnée, ici elle doit être accomplie par la spontanéité du moi actif.

( S’il est permis de jeter quelques regards en avant, on peut indiquer la différence d’une manière encore plus précise. En effet, il sera démontré dans la partie pratique que la déterminabilité dont il est ici question est une sensation. Or, une sensation est une détermination du moi, mais non du moi en tant qu’intelligence, c'està-dire de ce moi qui se pose comme déterminé par le non-moi, le seul dont il soit ici question. Cette obligation d’être déterminé n'est donc pas une détermination. )

Comme tout réalisme, le système actuel a le défaut de ne considérer le moi que comme un non-moi, et ainsi de ne pas expliquer le passage du non-moi au moi qui devait être expliqué. Si nous accordons ce qui est demandé, la déterminabilité du moi, ou l’obligation

DigilKcd fc‘.

DE LA SCLEMLE.

pour le moi d’étre détermine, est posée, mais sans que le moi y prenne part. Par là on peut bien expliquer comment le nioi pébt être déterminable par et pour quelque chose hors du moi, mais non comment il peut être déterminable par et pour le moi, et c’est là pourtant ce qui était demandé. Le moi, en vertu de son essence, n'est déterminable qu’en tant qu’il se pose' déterminable et seulement en tant qu’il peut se déterminer, et le mode de déduction présenté n’explique pas comment cela est possible.

c. — Les deux modes de déduction doivent être synthétiquement conciliés. L’activité et la réciprocité doivent se déterminer mutuellement.

11 n’était pas admissible que la réciprocité, qu’un simple choc ayant lieu sans aucune participation du moi posant, donne au moi l’obligation de se limiter parce que ce qui doit être expliqué ne se trouve pas dans ce principe d’explication. 11 faut donc admettre que ce choc n’existera pas sans la participation du moi, mais qu’il aura lieu sur l’activité du moi dans le poser de soi-même; que son activité, dont l’effort est expansif et tend au loin, sera repoussée en soi-même (réfléchie ). De là, la liqiitation du moi de laquelle découlerait naturellement tout le reste.

Par là donc la réciprocité et l’activité ont été déterminées et synthétiquement réunies, comme l’exigeait la méthode de notre recherche. Le choc (non-posé par le moi posant ) se produit sur le moi, en tant qu’il est actif, et il n’y a choc qu’autant que le moi est actif. La possibilité du choc est conditionnelle à l’activité du moi. Pas d’activité du moi, pas de choc. En sens contraire, l’activité de la détermination du moi par lui-même se-

1 4G r>oi;T^if(K

rait déterminée par le choc. Pas de choc, pas de détermination du moi ; et par suite; pas de détermination du moi, pas d’objectif.

Cherchons à bien connaître le résultat final et le pins imporlantde tous, que nous avons trouvé ici. L’activité *(du moi) dans la compréhension des opposés, et la rencontre (en elle-même, abstraction faite de l’activité du moi) de ces opposés doivent être réunies et he^ former qu'une seule et même chose. La rencontre et la compréhension, voilà où se trouve la différence capitale. En réfléchissant sur le moyen de concilier ces extrêmes, nous irons donc le plus loin possible dans l'esprit de la proposition énoncée.

Il est facile de concevoir comment la rencontre en elle-même est et doit être soumise à la condition d’une compréhension. Les opposés en eux-ùnémes sont complètement opposés ; ils n’ont rien de commun. Si l’un est posé, l’autre ne peut l’étre; ils ne se rencontrent' qu’en tant que la limite qui les sépare est posée, et cette limite n’est posée ni par le poser de l’un, ni par le poser de l’autre. Elle doit être posée particulièrement; mais alors la limite n’est rien de plus que ce qui est commun aux deux. Par conséquent poser la limite, c’est les embrasser; mais ils ne peuvent être embrassés que si leurs limites sont posées. Us ne se rencontrent que sous la condition d’une compréhension qui a lieu par et pour celui qui les embrasse.

La compréhension, ou, comme nous pouvpns le dire maintenant avec plus de précision, la position de la limite est soumise maintenant à la condition d’une rencontre, ou comme l’activité qui agit dans la limitation, en vertu de ce qui a été dit ci-dessus, est elle-même

^ 'de la science.

et meme doit étrc, j*n tant qu’activité, l’un des termes de la rencontre, cela n’est possible qu'a la condilion que cette activité s'échappe dans l’illimité, l’indéterminé et l’indéterminable, c’est-à-dire, dans l’infini* Sans cette tendance vers l’in&ni, il ne résulterait pas de cette limitation de l’activité, qu’elle eut reçu un choc; ce ne pourrait être qu’une limitation posée par sa simple notion (comme on devrait l’admettre dans un système où un moi fini serait établi absolument). Il pourrait alors y avoir, au-dedans des limites posées par sa no- ' lion, une autrelimitation qui permettrait de conclure à unchoc du dehors et qui devrait être déterminée d’une autre manière: mais de la limitation en général, telle qu’elle est suivie ici, on ne peut tirer une conclusion semblable.

— Les opposés dont il est ici question doivent être opposés absolument; il ne doit y avoir en eux aucun point de réunion. Mais les choses finies ne sont pas opposées entre elles absolument, elles sont égales entre elles dans la notion de la déterminabilité; de même tous les infinis, s’il peut y avoir plusieurs infinis, sont égaux entre eux dans la notion de l’indcterminabilité. Parmi les opposés, il n’y a donc que le fini et l’infini qui ne puissent être égaux entre eux ; tels doivent donc être les opposés dont il est question ici. —

Les deux opposés doivent être une seule et même chose ; cela signifie en peu de mots : Pas d’infini, pas de limitation; pas de limitation, pas d’infini. L’infini et la limitation sont unis dans un seul et même terme.

Si son activité ne tendait pas à l’infini, le moi ne pourrait pas limiter son activité, ni lui poser des bor-

148 noCTAINE

nés comme il le doit. L’activité du moi consiste dans un poser Avl moi illimité; elle rencontre une résistance, si elle surmontait, cette résistance, l’activité qui se trouve au-delà de la limite de la résistance serait entièrement anéantie et supprimée, le moi alors ne poserait pas; mais il doit poser sur cette ligne, il doit se limiter, c’est-à-dire, il doit se poser à cet égard comme ne se posant pas; il doit poser dans cette circonférence la limite indéterminée, illimitée, infinie (plus haut B) et pour faire cela, il faut qu’il soit infini.

En outre, s’il ne se limitait pas, le moi ne serait pas infini. Le moi n’est que ce qu’il se pose, il est infini ; c’est-à-dire, il se pose infini : il se détermine par le prédicat de l’activité, donc il se limite comme substract de l’infini; il se distingue de son activité infinie (quoiqu’ils ne soient tous deux qu’une seule et même chose), et ainsi doit procéder le moi pour être infini. — L’activité s’échappant dans l’infini, qu'il distingue de lui-méme, doit être son activité; elle doit lui être attribuée; par conséquent, dans une seule et même action, indivise, indécomposable, il doit admettre de nouveau en soi cette activité (déterminer A -fB par A); mais s’il l’admee en soi, elle est déterminée, elle n’est donc plus infiuie : pourtant elle doit être infinie, et ainsi elle doit être posée hors du moi.

Cette réciprocité du moi en soi et avec soi-mênae en tant qu’elle se pose en même temps finie et infinie, réciprocité qui n’est qu’une lutte du moi avec lutmême, se reproduisant elle-même, tandis que le moi veut réunir ce qui ne peut être réuni, qu’il cherche tantôt à admettre l'infini sous la forme du fini, et tantôt repoussé pose cet infini hors de lui-méme et tente, dans

le

1>E LA kClKMCL.

If même moment, de le ramener en lui sous la forme du fini, — cette réciprocité est la faculté de l'imaginatiou.

Ainsi sont complètement réunies la rencontre et la compréliension; la rencontre ou la limite est un produit du concevant dans et pour la conception (thèse absolue de rirbngination,qui est à cet égard absolument ’ productive). En tant qtie le moi et ce produit de son

activité sont opposés, les termes de la rencontre sont

opposés, et aucun des deux n’est posé dans la limite (antithèse de l’imagination). Mais en tant que tous deux sont de nouveau réunis, — cette activité productive doit être attrihuée au moi, — les termes qui se limitent ‘ sont perçus dans la limite (synthèse de l’imagination,

I qui est en cela antithétique et synthétique, comme

I nous le verrons en son temps).

■ Les termes opposés doivent être compris dans la

' notion de la déterminabilité (et non celle de la déter- ' ■ mination). C’est un moment capital de la réunion

I demandée, et nous avons encore à y réfléchir, afin de I définir et d’éclaircir complètement ce qui vient d’ètre dit. Si la limite posée entre les opposés (dont l’un est I l’opposant, mais l’autre, quant à son existence, est I complètement hors de la conscience, et n’est posé que pour la limitation nécessaire), est posée comme une I limite solide , fixée, immuable, les opposés sont réunis

I par la détermination, mais non par la déterminabilité;

i mais alors la totalité demandée dans la réciprocité de

I substance ne serait pas remplie (A + B ne serait dé-

I terminé que par le déterminé A, mais non en même

t temps par l’indéterminé B). Cette limite ne doit donc

I pas être regardée comme une limite fixe, et cela est

150 * jx>CTBin£

ainsi toutefois, eu vertu de la décision donnée plus haut sur la faculté de l’imaginalion, qui agit dans cette limita{ion. Elle pose pour qu’il y ait détermination du sujet, une limite infinie, coq|(tne produit de son activité qui se dirige sur l’infini; elle cherche à s’attribuer cette activité (a déterminer A-f- B par^A); si elle le ■ faisait, elle ne serait plus cette activité; elle serait comme posée en un sujet déterminé, elle serait déterminée elle-ménie, et non par conséquent infinie. L’imagination est ramenée' de nouveau par là dans l’infini (elle est obligée de déterminer A par B).

D’après cela la simple déterminabilité est l’idée de la détermination qu’il est impossible d’atteindre sur cette voie, et non la détermination elle-même qui existe. L’imagination ne pose aucune limite solide, car elle n’a pas de terrain solide. La raison seule pose quelque chose de solide, parce qu’elle fixe elle-même l'imagination. L’imagination est une faculté qui flotte entre la détermination et l’indétermination, entre le fini et l’infini ; et par conséquent elle détermine à la fois A -f- B j)ar le déterminé A et par le déterminé B, ce qui réalise ces hypothèses (|ue nous avons exposées plus haut relativement à elle. L'imagination manifeste cette fluctuation dans son produit; elle le produit, tandis qu’elle flotte et parce qu’elle flotte.

Cette fluctuation de' l’imagination entre des termes inconciliables, c’est cette lutte qu’elle soutient avec elle-même, comme on le verra plus tard, qui étant l’état du moi en elle, a un moment de durée (de temps); pour la raison pure tout est en même temps, le temps n’existe que pour l’imagination. L’imagination ne conserve pas cet état long-temps, c’est-à-dire plus long-

SCIKn'cSf * . '"• lil'

tuinps iju’ün ins^ot ■( exçépté dans le sentiment du * sublime qui produiîjüne surprise, ttne durée de la ré^ ^ ciprociié danéle temps^. La raison intervient, et données naissance à une réflcxio^ui détermine l’imagination à admettre B dans le déterminé mais TA posé comme • détermiùé doit êtjejimité par un B infini, à l’égard , duquel l’miagination se conduit conime il a été dit ci-^ dessus et ainsi de suite, jusqu’à la détermination complète de la raison (ici théorique} par elle-même, où il ► n'est'plu’s besoin dans^’imagination d’aucun B limt^ » tant, hors de la raison’, p’est-à-dire Jusqu'à la ré^ * présentation *âii sujet rèprésentant. Dans le champ ^ , pratiqué, rimagmation poursuit dans l’infini Jusfju’à ^ l’idée absolument indéterminable de l’unité suprême, qui ne serait possible que par l’achèvement d’un infini accompli, lequel est lui-même impossible.

isf/’f

ÜOCTHUIE

^ 1 . = Sans l’infinité du moi, sans une faculté produo tive dont la tendance soit illimitée et inimitable, on ne saurait expliquer la possibilité de la représentation. Cette faculté de production est déduite et synthétiquement démontrée du postulat qu’il doit y avoir une re- . présentation, postulat contenu dans la proposition : ie moi se pose comme déterminé par le non-moi. Mais on peut prévoir que dans la partie pratique de notre science, cette faculté sera ramenée à une faculté supérieure.

2. ’^ Toutes les difficultés soulevées sur notre route ont été renversées d'une manière satisfaisante; le problème était d’unir les opposés, le moi et le non-moi: par l’imagination qui concilie les contraires ils peuvent être parfaitement conciliés. — Le non-moi est un produit du moi se déterminant soi-même; il n'est rien d'absolu et de posé hors du moi. Un moi qui se pose, en tant que se posant soi-même, ou un sujet n’est pas possible sans un objet produit de la manière décrite ( la détermination du moi, sa réflexion sur soi-même comme déterminé, n’est possible qu’à la condition qu’il se limite par un opposé). Seulement la question : Comment et par quoi est produit le choc sur le moi, qu’il faut admettre pour l’explication de la représentation? ne doit pas recevoir ici de réponse; car elle est en dehors des limites de la science de la ‘connaissance.

Page 1