‹ Doctrine de la scienceChapitre 23 sur 31 · TROISIÈME THÉORÈME · texte numérisé non relu

TROISIÈME THÉORÈME

Dans l’effort du moi, est posé en même temps un effort du non-mai, qui lui fait équilibre.

Disons d’abord quelques mots sur notre méthode. Dans la partie théorique de la science de la connaissance, nous n’avons eu à nous occuper que de la connaissanee en elle-même {du connaître) ; ici, nous nous occiqions de ce qui est connu. Là, nous demandions : Comment quelque chose est- il posé, aperçu, conçu, etc.? ici, nous demandons : (Jw’y a-t-il de posé? Si donc la science de la connaissance devait avoir une métaphysique , science prétendue des choses en soi , si l’on exigeait d’elle une science de cette nature, elle renverrait à sa partie pratique. Celle-ci seule, comme on le montrera plus exactement, parle d’une réalité primitive; et si l’on demandait à la science de la connaissance : Comment sont faites les choses en soi? Elle n’aurait d’autre réponse que celle-ci : Comme nous devons les faire. Ainsi la science de la connaissance n’est nullement transcendante ; car tout ce que nous montrons ici , nous le trouvons en nousmêmes, nous le tirons de nous, parce qu’il y a en nous

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quelque chose qui ne peut être expliqué complètement que par quelque chose hors de nous. Nous savons que nous le pensons , que nous le pensons d’après les lois de notre esprit; que, par conséquent, nous ne pouvons jamais sortir de nous-mêmes, jamais parler de l’existence d’un objet sans sujet.

L’effort du moi doit être inffni, et ne jamais avoir de causalité. Cela ne peut se concevoir que par un effort opposé qui lui fasse équilibre, c’est-à-dire, qui ait une quantité égale de force intérieure. La notion de cet effort opposé et de cet équilibre est déjà contenue dans la notion de l’effort , et peut en être développée par une analyse. Sans cette double notion, celle-ci est en contradiction avec elle-même.

1 . <=> La notion de l’effort est la notion d’une cause qui n’est pas cause. Mais toute cause suppose une activité; tout ce qui s’efforce a une force; s’il n’avait pas une force, il ne serait pas cause, ce qui contredirait ce qui précède.

2. “ L’effort, en tant qu’il est tel, a nécessairement sa quantité déterminée d’activité. 11 arrive par là à être cause; s’il ne devient pas cause, il n’atteint pas son but, il est limité. S’il n’était pas limité, il serait cause et ne serait pas un effort ; ce qui contredit ce qui précède.

3. = Ce qui s’efforce n’est pas limité par soi-même ; il y a dans la notion de l’effort quUl se termine par la causalité; s’il se limitait lui-même, il ne serait pas un effort. Tout effort doit donc être limité par une force opposée à celle de celui qui s’efforce.

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