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PRINCIPES DE LA SCIENCE DE LA CONNAISSANCE

§ 1 . Premier principe, absolument inconditionnel.

Nous nous proposons de rechercher le principe le plus absolu, le principe absolument inconditionnel de toute la connaissance humaine. Si ce principe est véritablement le plus absolu, il ne pourra être ni défini, ni démontré.

11 devra exprimer l'acte, qui ne se présente pas et ne peut se présenter parmi les déterminations empiriques de notre conscience, mais sur lequel, au contraire, repose toute conscience, et qui seul rend toute conscience possible. Dans l’exposition de cet acte, ce qui est à craindre, ce n’est pas tant que l’on ne s’imagine pas ce qu’il faudrait se représenter, — la nature de notre esprit y a pourvu, — c’est plutôt que l’on considère ce que l’on ne devrait pas se représenter. De là la nécessité de réfléchir sur ce que l’on pourrait regarder d’abord comme ce qu’il faut s’imaginer, et d’en abstraire tout ce qui ne lui appartient pas réellement.

Par cette réflexion abstractive un fait de la conscience ne peut devenir ce qu’il n’était pas en soi. Mais

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elle fait reconnaître que l’on doit concevoir nécessairement l’acte cherché comme fondement de toute conscience.

Les lois d’après lesquelles on doit se représenter absolument cet acte comme le principe de la connaissance humaine , ou ce qui revient au même , — les régies auxquelles cette réflexion est soumise, ne sont pas encore démontrées valables : on les suppose tacitement connues et admises. Elles dérivent, dans leur origine la plus reculée, du principe dont la légitimité ne peut être établie que sous la condition de leur justesse. C’est un cercle, mais un cercle inévitable. (Voyez sur la notion de la doctrine de la science, § 7.) Or, puisqu’il est inévitable, et que l’on en convient franchement, il est permis, pour poser le principe le plus élevé, de se confier à toutes les lois de la logique générale.

Sur la voie où la réflexion va s’engager, nous devons partir d’une proposition quelconque, qui nous soit accordée par tout le monde, sans contradiction aucune. Il peut bien y avoir un grand nombre de propositions de ce genre ; mais la réflexion est libre, et peu importe celle d’où elle partira. Nous choisissons la plus voisine de notre but.

En nous accordant cette proposition, on doit nous accorder en même temps comme acte, ce que nous voulons poser comme le principe de la science de la connaissance , et le résultat de la réflexion doit être que cet acte nous soit accordé comme principe, conjointement avec la proposition. Nous posons un fait quelconque de la conscience empirique, et nous en retranchons l’une après l'autre toutes les déterminations empiriques, jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans sa pureté que ce que la

pensée ne peut pas absolument exclure, que ce dont on ne peut plus rien retrancher.

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