‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 4)Chapitre 15 sur 211 · DE LA MANIÈRE DE PRÉPARER LES MÉDICAMENS ANTIPSORIQUES. } L · texte numérisé non relu

DE LA MANIÈRE DE PRÉPARER LES MÉDICAMENS ANTIPSORIQUES. } L

Le changement qu'une trituration prolongée avec une Route non médicamenteuse, ou une longue agitation avec un liquide qui ne l'est pas davantage ; produit dans les corps naturels, spécialement dans les substances médicinales, est tellement considérable, qu'il tient presque du miracle, et que l’homoæopathie peut tirer vanité d'en avoir fait la découverte.

Ce traitement ne développe pas seulement les ver-

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tus des substances médicamenteuses à un degré incalculable ; il change encore à tel point leur manière chimique de se comporter que, si dans leur état ordinaire ou grossier on n’a jamais vu l’eau ni l'alcool les dissoudre, elles deviennent entièrement so- Jubles par l’une et par l’autre, après avoir subi cette transformation particulière ; découverte dont, le premier, j'ai fait part au monde.

Le suc noir du mollusque marin appelé seiche, dont on se sert pour peindre, n’est soluble que dans l’eau, et non dans l'alcool, à l'état de crudité,

tandis que 4 frottement lui fait acquérir la propriété de se dissoudre dans ce dernier menstrue.

Le pétrole jaune n’abandonne quelque chose à l'alcool que quand il a été frelaté avec une huile essentielle végétale; mais à l'état de pureté il est insoluble dans ce réactif et dans l’éther avec lesquels on le mêle en masse, Au contraire, après avoir subi ce traitement par la trituration, il est complètement soluble dans l'un et dans Pa

La poudre de lycopode surnage l'alcool et l’eau, sans qu'aucun de ces liquides agisse sur elle; elle est insipide et n’exerce aucune action quand on lintroduit dans l'estomac; mais, après avoir été modifié par la trituration, outre qu’il est devenu complètement soluble dans les deux liquides le [ycopôde a acquis une vertu médicinale si énergique, qu on ne doit l'employer, à titre de médicament, qu'avec la plus grande circonspection.

Qui a jamais trouvé le marbre et les coquilies d'huîtres solubles dans l'eau pure ou dans lalcoo!l? Mais cette chaux si douce, le carbonate de baryte et la magnésie, qui ne le sont pas moins, deviennent

complètement soluble dans lune, et dans l’autre, après avoir subi ce mode dé préparation, et déploient alors une puissance de vertu médicinale, différente pour chacune d'elles, qui excite la surprise.

Le quarz, dont les cristaux emprisonnent quelquefois, depuis plusieurs milliers années, des gouttes d'eau qui n’y ont subi aucun changement, ou le sable blanc de rivière, est la substance laquelle on serait le moins tenté d'accorder, soit la solubilité dans l'eau et l'alcool, soit des propriétés médicinales. Cependant, par sa manière propre de développer les vertus des corps naturels au moyen du frottement, l’homoœopathie rend la silice, non seulement soluble dans l'eau et dans l'alcool, maïs encore susceptible de déployer une puissance médicinale immense.

Que puis-je dire des métaux natifs et des sulfures métalliques, sinon que tous, sans exception , deviennent solubles dans l’eau et l'alcool, après qu’on les a traités ainsi, et qu'en outre chacun d'eux manifeste alors à un degré incroyable, et de la manière la plus pure, la plus simple, la vertu médicinale dont il est doué.

Mais il est d'autres points de vue encore sous lesquels les substances médicamenteuses ainsi prépa rées se soustraient aux lois de la chimie. |

Une dose de phosphore, ainsi traité, peut être consérvée une année entière dans uné armoire, enveloppée de papier, sans qu'au bout de ce laps de temps elle ait acquis les propriétés de l'acide phosphorique ; elle jouit encore de celles qui appartiennentau phosphore pur et non changé de forme.

Il ne s'opère également plus de neutralisation dans cet état d’exaltation et en quelque sorte de

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transfiguration, Lorsqu'on prend une dose de soude, d’'ammoniaque, de baryte, de chaux ou de magnésie, qui y a été portée, ses effets médicinaux ne sont plus neutralisés, modifiés ou détruits par une goutte de vinaigre avalée ensuite , comme il arriverait à ces mêmes substances, si on les introduisait à l’état grossier dans l'estomac.

L’acide nitriqué, ainsi préparé, porté au degré de dilution que réclame l’homæopathie, et donné à Ja dose convenable, n'éprouve aucune modification, dans sa maniere spéciale d'agir, de la part d’un peu de chaux ou de soude crue, qu’on administre après Jui; et qui ne peut par conséquent point le ñneutraliser.

Pour mettre en pratique ce mode de préparation propre à l’'homæopathie, soit sur quelques unes des substances dont il est traité dans les six volumes de ma Matière médicale pure (1), soit sur un des médicamens antipsoriques suivans (2): carbonate de

(1) Si l’on voulait préparer par la même méthode de trituration

les substances végétales qu’on ne peut avoir que sèches, comme, par exemple, l’écorce de quinquina, l’ipécacuanha, etce., après avoir été atténuées jusqu’au millionnième degré, elles seraient , de même que toutes les substances dont je vais citer les noms, com— plètement solubles aussi dans l’eau gt l’alcool, sans perdre le moins du monde des propriétés qui leur sont propres, et ces dissolutions se conserveraient bien mieux que les teintures alcooliques ordivaires, qui s’altèrent si facilement. (2) Le phosphore lui-même, qui s’altère à l'air avec tant de facilité, est susceptible d'acquérir ce degré d’atténuation , etde se dissoudre alors dans les deux liquides, ee qui le rend apte à servir aux besoins de l’homæopathie. 11 faut cependant pour cela quelques précautions dont je parlerai plus loin. :

baryte, carbonate de chaux, silice, soude, sel ammoniac, carbonate de magnésie, charbon de bois, charbon animal, graphite, soufre, antimoine cru, or, platine, fer, zinc, cuivre, argent, étain (les métaux sokdes et non encore réduits en feuilles sont traités par la lévigation), on prend un grain de celles qui' sont solides (y compris le mercure), ou une goutte de celles qui sont liquides, et on met cette petite quantité sur environ le tiers de cent grains de sucre dé lait pulvérisé, dans une capsule en porcelaine non vernissée, ou dont on a dépoli le fond en le frottant avec du sable mouillé; on mêle le médicament et le sucre de lait ensemble, pendant un instant, avec une spatule en os (au en corne), et l'on broie le mélange avec quelque peu de force, durant six minutes; on détache alors, pendant quatre minutes, la masse du fond de la capsule et du pilon en pOlcdtie (qui doit également être dépoli et non vernissé) (1), afin qu’elle devienne bien homogène; puis on la broie de nouveau pendant six minutes avec la même force. Quatre autres minutes sont consacrées à réunir encore la poudre en tas, puis on y ajoute le second tiers du sucre de lait; on mêle le tout uninstant avec la spatule; on

(x) Après qu'on a terminé la trituration de chaque substance médicinale, qui dure trois heures , la capsule, le pilon et la spatule doivent être lavés à plusieurs reprises avec de l’eau bouillante, puis essuyés et séchés soigneusement. Cette précaution est indis- -.pensable pour qu’on ne puisse même pas soupconner qu’il reste la moindre parcelle de médicament susceptible de se mêler avec un autre qu'on viendrait ensuite à pulvériser, et d'altérer ainsi ce dernier.

le triture avec une égale force pendant six minutes. On le réunit en tas durant quatre minutes, et on le broye de nouveau avec force pendant six minutes. Alors, après l'avoir raclé encore pendant quatre minutes, on ajoute le dernier tiers du sucre de lait, qu’on mêle en remuant avec la spatule; on triture le tout avec force pendant six minutes; on le racle pendant quatre ; puis on termine en le broyant encore six minutes. La poudre, bien détachée de la capsule et du pilon, est mise dans un flacon bouché, portant le nom de la substance, avec le signe 100, qui indique que la substance s'y trouve contenue au centième degré de puissance (1).

(x) La préparation du phosphore est la seule qui offre quelques modifications en ce qui concerne la première poudre, celle dont l’at- .ténuation est portée au centième degré. Ici on met les cent grains de sucre de lait à la fois dans la capsule, avec environ quinze gouttes d’eau; on en fait une bouillie épaisse, à l’aide du pilon humecté, et après avoir coupé un grain de phosphore en un grand nombre de petits morceaux (douze à peu près) ; on le pétrit avec celte pâte, en ayant soin de piler plutôt que de triturer, et de rejeter dans la capsule les portions de la masse qui restent souvent adhérentes au pilon. De cette manière, les pelits morceaux de phosphore se réduisent , dans la pâte épaisse du sucre de lai®, en une poussière tellement fine, qu’elle est invisible , et dont la formation s'opère dans l’espace des deux premiers intervalles de six minutes, sans que la moindre étincelle se produise. Pendant les six minutes qui viennent ensuite, au lieu de piler, on peut broyer, parce qué la masse approche déjà de la forme pulvérulente. Sur la fin, on ne triture plus qu'avec une force modérée, et toutes les six minutes , on racle pendant deux minutes la spatule et le pilon, ce qui est très-facile, parce la poudre ne s'attache pas. Après avoir été broyée ainsi six fois de suite , la poudre ne luit que faiblement dans l'obscurité, et n’a que fort peu d’odeur. On l’en-

Pour élever alors la substance à 10000 de puissance, on prend un grain de la poudre 100 préparée comme il vient d’être dit, on l’ajoute au tiers de cent grains de sucre de lait frais et pulvérisé, on le remue bien days la capsule, avec la spatule, et on agit de telle sorte qu'après avoir trituré chaque tiers avec force pendant six minutes, on racle ensuite chaque fois le tout pendant environ quatre minutes. La poudre achevée, on l’enferme dans un flacon, qu’on bouche, et qui porte son nom, avec le signe 10000, indiquant qu’elle s’y trouve à la dix-millième puissance (r).

On procède de même avec cette seconde poudre 10000, pour la porter à], c’est-à-dire à la millionnième latténuation. |

Afin de mettre quelque uniformité dans la préparation des remèdes homoæopathiques et notamment des moyens antipsoriques, au moins sous la forme de poudre, je conseille, ce que J'ai moi-même cou-tume de faire, de n’élever aucune substance au delà du millionnième degré d'atténuation, dont on peut ensuite se servir pour préparer les dissolutions et les dilutions nécessaires de celles-ci.

La trituration doit être faite avec assez de force, en ayant soin : cependant de la proportionner à x

ferme dans un petit flacon bien bouché, qu’on marque du signe 100. Les deux autres atténuations ( ro000 ét I) se PrÉPRREntesne cellés des autres substances médicinales sèches. ”

(1) Ainsi, chaque atténuation , tant celle jusqu’à 100, que celle . jusqu’à 10000 , et celle jusqu’à T, se prépare au moyen d’une trituration répétée six fois, pendant six minutes à chaque fois, et à chaque fois aussi suivie d’un raclage de quatre minutes, en sorte qu’elle exige au delà d’une heure.

ht

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point que.la poudre du sucre de lait ne s'attache pas trop au fond de la capsule, et qu’on puisse la racler pendant quatre minutes.

Pour obtenir maintenant une dissolution (1) avec cette poudre portée à la millionnième puissance ; et la réduire à l’état liquide , qui permet de développer encore davantage sa vertu médicinale, il suffit de la notion inconnue à la chimie que toutes les substances médicamenteuses dont la poudre a été ainsi atténuée jusqu’au millionnième degré, se dissolvent dans l'eau et dans lalcoo!l.

La première dissolution ne. peut point être faite avec de l'alcool pur, parce que le sucre de lait ne se dissout pas dans ce menstrue. On la prépare, en conséquence, avec de l'alcool aqueux , que lon obtient d'une manière toujours uniforme, en mêlant ensemble cent gouttes d’eau et cent gouttes d’alcool anhydre (2), tous deux à la température des caves, et

(1) Je donnais d’abord une petite portion d’un grain de la poudre portée à roovo ou à I par la trituration. Mais comme une petite portion d’un grain est une quantité indéterminable , et que l’homæopathiste doit éviter le plus possible tout ce qui porte le caractère de vague et de défaut de précision , il fut d’une haute importance pour moi de pouvoir parvenir à fluidifier les poudres, afin de prescrire à chaque dose un nombre déterminé de globules de sucre qui en fussent imbibés. Ces dissolutions servent ensuite à préparer des liqueurs où le médicament se trouve porté à d’autres degrés supérieurs de dilution,

(2) On se procure des petits verres propres à mesurer cent gouttes de toutes les liqueurs, afin de n’avoir pas à compter chaque fois ce nombre de gouttes, ce qui présente d’ailleurs des difficultés pour l’eau, ER ne se détachant pas par gouttelettes parfaites de l’orifice dt flacons usés à l’émeri,

imprimant au mélange deux segoussesdu bras , pour le rendre parfait.

On prend un grain de la poudre Ron.

teuse (T) portée au millionnième degré d'atténuation, et l’on verse dessus cent gouttes de cet alcool aqueux; puis on tourne lentement le flacon bouché sur luimême, pendant quelques minutes, jusqu’à ce que la poudre soit dissoute, et on Jui imprime alors deux secousses du bras. Cela fait, à la suite du nom de la substance, on inscrit le signe 100 I (1). Une goutte de cetteliqueur est ajoutée à quatre-vingt-dix-neufou cent gouttes d'alcool pur ; on bouchele flacon, on lui donne deux secousses du bras, et on le désigne par le signe 10000 I. Une goutte de cette autre liqueur est mise avec quatre-vingt-dix-neuf ou cent gouttes d’alcool pur, dans un troisième verre, qu'on bouche bien, auquel on donne deux secousses du bras, et qu’on marque ensuite de II. On continue de même pour les autres dilutions subséquentes, en secouant toujours le flacon deux fois (2), jusqu’à 100 IT, 10000 11

(1) On fait bien aussi de marquer sur l’étiquette que la liqueur a été secouée deux fois, en ajoutant la date.

(2) Une longue expérience et des obser yations rmultipliiées sur les malades me font préférer, depuis plusieurs années, de n’imprimer que deux secousses aux liquides médicamenteux, tandis qu’autrefois je leur en donnais dix. Je me suis convaincu que ce dernier procédé exaltait la force du remède bien au delà du degré de dilution auquel il avait été porté , tandis que le but des secousses est de ne l’exalter qu’au degré nécessaire pour qu’elles remplissent l’objet de la dilution , qui est en même temps de l’adoucir un peu. A la vérité, deux secousses augmentent autant que dix la quantité de l’énergie médicamenteuse mise en évidence, mais elles ne € font pas à un si haut degré.

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et au-delà. Cependant pour mettre de l’uniformité et de la simplicité dans Îa pratique, on ne se sert que des verres marqués de nombresentiers, If, HI, IV, V, etc.; les verres intermédiaires sont tenus dans des boites étiquetées, où ils demeurent à l'abri de l'influence de la lumicre.

Comme la secousse ne doit être donnée que par un effort moyen du brasdontontient lespetitsflacons, le mieux est de choisir ceux-ci d’une capacité telle que cent gouttes de la liqueur médicamenteuse les remplissent jusqu'aux deux tiers.

Des flacons qui ont déjà contenu un médicament ne doivent jamais servir pour en mettre un autre, quelque soin qu’on ait de les laver; il faut chaque fois en prendre de nouveaux.

Les globules de sucre qu'on humecte avec la liqueur médicamenteuse, au moyen du bouchon mouillé du flacon, doivent également avoir un volume égal, celui d’une graine de pavot à peu près, tant afin que la dose puisse être donnée au degré convenable d’exiguité (1), que pour permettre à l’homoœæopathiste de récédu à cet égard avec la même uniformité que dans la préparation des remèdes, et de le mettre à portée de comparer en toute assurance ce qu'il fait avec ce qu’exécutent d’autres médecins de son école.

TR D PR de

(1) En général, on ne court aucun risque, dans le traitement des maladies chroniques, de donner une dose trop faible du médicament approprié d'ailleurs à l’état du malade, tant parce qu’on ne saurait presque pas le préparer trop doux, si l’on veut qu’il porte réellement secours, que parce que s’il ne produit pas de prime-abord tout ce qu’il pourrait accomplir dans ce cas donné, 1] vaut mieux revenir à son emploi, après avoir administré un où

Partout où Je parle de globules de sucre à prendre, j'entends par là ces petits grains, du volume d’une semence de pavot, dont il faut ordinairement deux cents environ pour peser un grain. M

Avant de passer à la description des symptômes produits par les remèdes qui sont réellement antipsoriques, je dois dire quelques mots d’un faux anüpsorique, le mercure.

On pourrait aisément se laisser entrainer à mettre le mercure au nombre des remèdes antipsoriques. Souvent il lui arrive, même dans les maladies chroniques les plus graves, de produire une amélioration pour ainsi dire instantanée, durant les premiers momens qui suivent son administration, de sorte que les médecins allopathistes traitent peu d’affections de ce genre sans y avoir recours au calomélas. Cet effet, d’abord si flatteur, de sa part, dépend souvent de laction purgative qu’exerce le calomélas donné à la dose de quelques grains, action qui, même quand elle est due à toute autre substance, semble soulager en effet dans les commencemens. Mais l’oxidule pur de mercure, donné à trés-faible dose, et par conséquent incapable alors de purger, produit également ce prompt résultat satisfaisant, à cause du grand nombre de ses-symptômes, dont certainssemblentétre homæopathiques à ceux dediverses

deux autres antipsoriques, afin de lui fournir l’occasion de faire tout lé bien qu'on est en droit d’attendre de lui; tandis qu’une dose trop forte, loin d'avancer jamais la cure, détermine toujours des effets nuisibles, auxquels on ne peut ensuite remédier qu’avec beaucoup de peine et de temps. C’est là une grande vérité que je ne saurais trop recommander à lattention du médecin homæopathiste. |

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maladies chroniques. Cependant le mercure est si éloigné de convenir, dans l’ensemble deses symptômes primitifs, à la totalité des maladies chroniques non vénériennes , ou, en d’autres termes, psoriques, que je n'hésite pas, fondé sur une longue expérience , à le déclarer un des palliatifs qui sont le plus capables d’induire en erreur dans ces affections. Les symptômes qu'il efface rapidement, non-seulement reparaissent pendant la réaction de l'organisme, mais même renaissent à un plus haut degré, à moins, ce qui n'est pas rare, cs la maladie ne prenne une autre direction, et qu'à sa place il n’en survienne une autre , différente sous le rapport de la forme, ou même aussi du siége , qui est au moins plus fâcheuse que l’affection primitive, et qu’au total on peut toujours regarder comme un accroissement de la maladie entière.

Si cependant le mercure rend des services plus essentiels dans les cas particuliers où, à l'insu du médecin, la syphilis était compliquée avec l'affection chronique d'origine psorique, cet effet appartient à la guérison de la complication de la syphitis avec la gale, dont ÿ ai parlé précédemment, et n’a rien à faire ici, où il est question des nédinans antipsoriques, c’est-à-dire des vrais remèdes du nombre incalculable d’affections chroniques qui tirent leur source de la gale et non de la maladie vénérienne. Je ne saurais trop sérieusement recommander de ne point faire usage du mercure dans ces maladies chroniques, les plus ordinaires de toutes, qui ne sont point compliques avec la syphilis, parce qu'il a plus encore qu'aucun autre médicament non antipsorique , la propriété de les rendre plus difficiles à guérir, et

qu'elles finissent même par n'être plus curables quand on le leur a opposé pendant long-temps. Parmi les médicamens qui ne guérissent pas essentiellement les maux produits par la gale développée, et qui, par conséquent, ne sont point antipsoriques, la noix vomique est celui qui se distingue de Ja maniere la plus avantageuse. Au nombre de ses effets primitifs, s’en trouvent plusieurs qui permettent de l’employer homæopathiquement dans beaucoup de cas de gale non encore très-développée , c'est-à-dire dans des maladies chroniques modérées. Aussi cette substance a-t-elle eu des résultats trésfavorables, sans occasioner les suites fâcheuses qu’entraine toujours le mercure, entre les mains des médecins homœæopathistes, qui, jusqu’à ce jour, avaient ignoré la nature psorique des affections chroniques. Il ya même, et assez souvent, des circonstances, dans les traitemens antipsoriques, où, comme je l'ai dit précédemment du soufre, la noix vomique esttrès-convenable, sinon même indispensable, àtitre de remede intercüurrent. C’est ce qui arrive surtout lorsque des causes variées, notamment des impressions fàcheuses sur le moral, exaltent à tel point lirritabilité du système entier et de tous les organes des sens, que la moindre parole inoffensive révolte le malade, que le moindre bruit l’effraye, que l’événement le plus insignifiant le plonge dans l'anxiété, le met hors de lui, et aggrave sur-le- -champ ses souffrances, en un mot qu'il ne peut même pas | supporter * médicament le plus doux et le plus approprié à l'ensemble de ses autres symptômes. Dans: cet état ficheux et intolérable, la noix vomique est un des meilleurs moyens pour calmer 1# sensibilité

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exagérée, l’irritabilité excessive, qui s’oppose à ce que lon continue Île traitement. Elle jouit surtout d’une efficacité bien prononcée quand il y a disposition à rester couché, répugnance pour aller au grand air, opiniatreté dans les résolutions, ou quand les règles tantôt avancent de plusieurs jours, tantôt coulent irrégulièrement pendant quelques jours. Il suffitalors de faire flairer au malade un globule de sucre gros comme une graine de moutarde, imbibé d’une dissolution de noix vomique au décilionnième, et renfermé dans un petit flacon, pour apaiser durant plusieurs jours ces désordres nerveux, sans que l'action du remède antipsorique dont le mere a fait usage auparavant soit interrompue ou suspendue (E Hi

Mais s’il y a endolorissement par trop considérable des parties malades, morosité du caractere, disposition à verser des ne et insomnie, cet état, qui met également obstacle au traitement antipsorique, exige plutôt qu'on fasse flairer au malade un globule de sucre du même volume, imbibé d’une dissolution de café cru au millionnieme.

Dans d’autres cas de surexcitation, où ne conviennent ni la noix vomique ni le café cru, où du tremblement, une agitation continuelle dans les membres, un ballonnement considérable du bas-ventre, et une disposition extrêine à la tristesse, à l'inquiétude, mettent obstacle à l’action des médicamens antipsoriques, on se trouve bien de mettre en contact avec

(1) I y a des cas où l’on est obligé de faire respirer alternativement , à des intervalles convenables, une dissolution très-étendue de Sutille et une de noix vomique, pour calmer l'excès d’irritabilité.+

le malade, pendant une minute, ou, si la faiblesse nerveuse est extrême, pendant une demi-minute seulement, le pôle boréal tourné vers le nord d’un aimant portant à ses pôles environ deux onces de fer.

Mais, dans la plupart des cas de l’état appelé faiblesse nerveuse, qui met obstacle au traitement antipsorique des maladies chroniques, le mesmérisme, ou la communication de la force vitale d’une autre personne jouissant d’une bonne santé, est un moyen fort efficace. Il suffit même que cette personne tienne les mains du malade dans les siennes, pendant deux minutes, ayec la ferme volonté de lui procurer du soulagement. Je ne connais presque aucune contrindication à l'emploi de ce moyen, si ce n’est qu'on doit s'en abstenir lorsque l’aimant a été appliqué peu de temps auparavant, parce qu’il ne ferait alors qu’exaspérer l’état d’irritation du sujet.

La surexcitation particulière, et tout-à-fait différente de celle-là, qui résulte de l'abus du mercure, se calme par de petites doses de sulfure de chaux, dont on fait alterner l’usage avec celui de faibles doses d'acide nitrique porté à un haut degré dedilution.

En passant maintenant à l’histoire de$ médicamens que j'ai reconnus être propres à guérir les maladies chroniques non vénériennes, je suis bien loin de prétendre avoir épuisé le cercle entier des remèdes antipsoriques. Il se peut fort bien que la nature tienne caché quelque puissant moyen qui me soit encore inconnu. Ainsi il n’est pas hors de vraisemblance qu’un jour on devra rapporter ici l'asa fœtida, peutêtre même la salsepareille, etc.

238 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

DES MÉDICAMENS ANTIPSORIQUES.

1, Carbonate d’ammoniaque, (Ammonium carbonicum. ) .

On prendun grain de ce sel(r),eton le traite comme il a été dit dans le chapitre consacré à la préparation des médicamens antipsoriques, c’est-à-dire qu’en le broyant pendant une heure avec cent grains de sucre de lait, on le porte au centième degré d'atténuation ou de puissance (100), qu'en broyant un grain de cette poudre avec cent autres grains de sucre de lait, on le porte à 10000, et qu'enfin, par une semblable trituration de cette seconde poudre avec cent nouveaux grains de sucre de lait,on la porte au millionnième degré (T). Un grain de cette dernière poudre est dissous alors dans cent gouttes d'alcool aqueux, et la liqueur, secouée deux fois (1001), est traitée de même dans dix-sept flacons successifs, de manière qu’elle arrive au sextillionnième degré de dilution (VI), qu'on secoue aussi deux fois. On humecte de cette dilution deux à trois globules de sucre, dont

Li 2

(1) Au lieu d’acheter ce sel dans les fabriques de produits” chimiques , comme font nos apothicaires modernes, et de le su blimer, pour enlever le plomb qui pourrait s’y trouver contenu, | on prend parties égales de sel ammoniac et de carbonate de soude. .veristallisé, on réduit ces deux sels en poudre, on les mêle .ensemble , on introduit une once du mélange dans une fiôle à mé— decine un peu haute et incomplètement bouchée, on plonge la fiole dans un bain de sable, jusqu’au niveau du mélange, et on chauffe modérément ; lorsque le carbonate d’ammoniaque est sublimé au sommet de la fiole, on casse éelle-ci pour en retirer le | contenu.

AMMONIAQUE. 239 l'action se prolonge au delà de trente-six jours, quand le choix a été parfaitement homæopathique.

Sous cette forme, le carbonate d’ammoniaque est parfaitement approprié au traitement antipsorique des maladies chroniques, surtout dans les cas où prédominent les symptômes suivans : trouble vacillant de la vue; dureté de l’ouie, avec suppuration et démangeaisons dans l'oreille; gonflement des glandes du cou, avec éruption pruriteuse à la face et au corps; douleur à la nuque; ébranlement chronique des dents ; gonflement de l’intérieur de la bouche; goût amer dans la bouche, surtout après. avoir mangé; défaut d’appétit le matin; mal d estomac ; constipation; sortie de sang par l'anus (hémotrhidides fluentes); écoulement menstruel trop peu abondant et durant trop peu; fleurs blanches; coryza sec; respiration courte ; asthme; toux; douleur dans un poignet foulé long-tempsauparavant; crampes à la plante des pieds; grande faiblesse dans les jambes; somnolence pendant le jour; agitation le soir; cauchemar en s'endormant; frissons le soir; sueur; anxiétés.

Une étude plus approfondie des symptômes morbides particuliers qu'il excite dans le corps d’un homme bien portant, précisera davantage encore les cas demaladies chroniques (psoriques), dans lesquels il est indispensable. On doit attendre beacuoup de ces recherches. |

Quand l'actionde ce remède est par trop forte, on la calme en faisant flairer une dissolution de camphre.

Cerveau presque entièrement vide de pensées:

Mal de tête, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, dans le cerveau; pression avec un élancement au-dessus d’un sourcil.

240 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

Céphalalgie gravative.

Pression sur le sommet de la tête, pendant une demi-heure (au bout de six jours).

5. Pression sur la tête entière, après s’être échauffé (au bout de dix jours).

Mal de tête, par élancemens, pendant toute la journée,

Mal de tète; sensation au front, comme s’il allait s'ouvrir (au bon de vingt-et-un jours).

Mal de tête, le matin, dans le lit, avec nausées qui remontent jusqu’à la gorge, comme si on allait vomir, Ce qui se Us au bout de deux ou trois heures.

Constriction de la peau du front et du visage.

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