‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 4)Chapitre 14 sur 211 · IT · texte numérisé non relu

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162 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

quantités considérables de soufre en poudre, ni par:

une multitude de bains dans des eaux minérales sulfureuses, ni par l'usage simultané en boisson de ces eaux et d’aytres semblables, en un mot par ladministration sans mesure et fréquemment répétée de ce moyen, qui est cependant par lui-même antipsorique (1). Il est vrai qu'un grand nombre de personnes ainsi atteintes dé maladies chroniques paraissent être débarrassées pour quelquè temps de leurs symptômes morbides primitifs, la première fois qu’elles font usage de ces bains; ce qui explique pourquoi les malades affluent en si grand nombre à Toœplitz, Bade, Aix-la- Chapelle, Nenndorf, Warmbrunn, etc. Mais ellés n’ont pas pour cela recouvré la santé ; au lieu de l'affection psorique qui les affligeait auparavant, une maladie sulfureuse, qui est d'une autre nature et peut-être plus supportable, est devenue pour quelque temps dominante en elles. Cette maladie s'éteint peu à peu, et alors la gale relève de nouveau

Ja tête, soit avec les mêmes symptômes que PAE je |

passé, soit avec des symptômes d’une autre espèce, mais graduellement de plus en plus graves, ou fixés

(1) Employé à faible dose, le soufre, en sa qualité de remède antipsorique, ne laisse pas que de procurer un léger gommencement de guérison des maladies chroniques non vénériennes. Je connais un médecin qui s’est fait une grande réputation uniquement parce que, sans savoir pourquoi il agit ainsi , il ajoute du soufre à toutes ses recettes, dans la plupart des maladies chroniques , ce qui, au début de pareils traitemens, a coutume de produite des effets salutaires bien prononcés; mais ce résultat favorable n’a lieu que dans les commencemens, et bientôt on n’en voit plus aucune trace.

sur des parties plus essentielles à l'existence. Dans ce dernier cas, lignorant se réjouit dé ce qu’au moins l'ancienne nialadiés c'est-à-dire la série primitive des symptômes psoriques, a disparu , et il espère que la nouvelle maladie cédera complètement à un second voyage aux eaux minérales. Mais il ne sait pas ji le changement survenu dans l’état du malade n’est que le Méeiet d'une modifigation de la même afiection psorique ; l'expérience vient lui apprendre qu'une seconde saison passée aux eaux-procure moins de soulagement que la premiére, et même que, quand le sujet a pris un plus crane nombre encore de bains sulfureux, sa santé s’en trouve bien plus détériorée qu elle ne Fa jamais été.

Ainsi, d’une part, | Pdmnts hésite à trop hautes doses du soufre sous toutes les formes, d'autre part, la répétition trop fréquente de son emploi tant à l'intérieur qW\'à l'extérieur, lui ont enlevé jusqu’à présent toute importance, toute utilité dans le traitement non seulement de la gale récente, mais encore de la cohorte entière des maladies chroniques ou des affections psoriques secondaires, et l'on peut affirmér que jusqu’à ce jour on n’a guère fait que nuire aux malades en le leur administrant. s |

Mais en supposant même qu’on voulüt, suivant les préceptes qui seront tracés plus loin, ne faire que usage convenable du soufre dans ces sortes.de maladies, il sera néanmoins rare qu'on arrive par là au résultat désiré, à moins que le médecin ne reñcontre à traiter une maladie psorique éclatée depuis peu et .-éhcore munie de son exanthème. Car si, en vertu de

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lincontestable propriété antipsorique dont il jouit par lui-même, il lui est possible de procurer un commencement de guérison, spit dans la gale encore cachée et sommeillante, soit dans celle qui s’est déjà plus ou moins prononcée sous la forme d’affections chroniques diverses, on peut rarement lemployer dans tous ces états, parce que d'ordinaire son efficacité à déjà été épuisée en pure perte, que.les médecins l'ont déjà prescrit aux malades dans une intention ou dans une autre, que souvent même ils y ont déjà eu recours à plusieurs reprises, tandis que ce médicament, semblable sous ce rapport à la plupart des autres remèdes antipsoriques, doit à peine être administré deux ou trois fois de suite, même après qu’on a fait usage d’autres moyens dans les intervalles, si l’on ne veut pas que la cure rétrograde au lieu d'avancer. |

Jamais la guérison d'une galé ancienne, privée de son exanthème, qu’elle soit encore récente, ou qu’elle ait déja éclaté en maladies chroniques, re peut étre accomplie avec du soufre seulement. On ne doit donc jamais l’attendre des bains sulfureux, naturels ou artificiels.”

Je tombe ici sur une circonstance remarquable : c'est que, si l’on excepte la gale encore accompagnée de son exanthéme primordial, et qu'il est si facile de guérir par l'intérieur, comme je l'ai déjà dit(r), toute

(1) La maladie psorique contractée récemment et encore pourvue de son exanthème cède la plupart du temps, sans nul remède externe, à une seule très-petite dose d’une préparation de soufre convenablement exécutée, et guérit ainsi dans l’espace de deux, trois où quatre semaines. Une fois, la dose d’un demi-grain de

antre constitution psorique, soit encore latente dans l'organisme, soit manifestée sous la forme de quelqu'une d’entre les nombreuses maladies chroniques dont elle est la source, ne peut Jamais être guérie par un seul. remède antipsorique, mais exige qu'on emploie contre elle plusieurs de ces moyens, et réclame même, dans les cas les plus fâcheux, qu’on les administre tous l’un après l’autre, si l’on veut obtenir une guérison complete.

Cette circonstance ne doit point surprendre, si on réfléchit que la gale est un miasme chronique d’un câractère tôut particulier, qui, après avoir depuis tant de siècles traversé plusieurs millions d’organismes humains, doit avoir fini par acquérir un immense cortége desymptômes, élémens de ces innombrables maladies chroniques non vénériennes sous le poids desquelles gémit lhumanité$ et par être susceptible de revêtir, quand elle se manifeste, des formes tellement diversifiées chez les différens individus, en raison de leur éducation, de leurs habitudes, de leurs occupations (1), de leur genre de vie, de leur

régime, et d'autres influences physiques et morales, qu'il n’y a pas lieu d'être étonné de ce qu un seul médicament ne suffise jamais pour la guérison de la gale entière et de toutes ses formes, mais qu'il soit

MT ns De RUN. CU PTS AR charbon de bois à la millionnième puissance suffit pour une fa— mille entière de sept personnes, et trois fois une pareille dose ‘de sepia amenée au même degré de pssAnEe se montra également suffisante.

(1} Occupations qui exercent davantage tél ou tel organe du corps, telle ou telle faculté de l'esprit ou du moral.

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nécessaire d’en administrer plusieurs afin de pouvoir agir d’une manière homoæopathique, et par cela même curative, au moyen des effets morbides que chacun d’eux a le pouvoir de produire chez les sujets bien portans, sur l'immense quantité des symptômes psoriques, c'est-à-dire sur toutes les maladies chroniques:non vénériennés (1).

Ce n’est donc, comme je viens de le dire, que pendant la durée de l’éruption psorique, et quand il ne s’est encore écoulé que peu de temps depuis Pinfection, qu’on peut guérir complètement la gale par le soufre seul, dont alors il suffit ordinairêment d’une seule dose. Je laisse de côté la question de savoir si cet effet aurait lieu d’une manière certaine dans tous “les cas d’exanthème encore existant à la peau, parce que l'ancienneté de cette éruption varie à l'infini; car si elle souille la peau depuis quelque temps déjà, et que, bien qu'on ne l'ait point attaquée par des répercussifs extérieurs, elle commence d'elle-même à abandonner cette membrane, il est clair qu'alors la gale interne a déjà commencé à devenir prédominante, que l’exanthème n’en tient plus lieu d’une manière complète, et que déjà paraissent des maux d’une autre espèce, qui sont ou des signes de la gale latente, ou des affections chroniques développées

CRDI DEEE ACIER ER ESPION

(1) Je m’abstiens de dire ici combien il m’a fallu d’observa- : üons, de recherches, de réflexions et d’expériences varices à Pinfini pour arriver enfin, dans l’espace de onze années , à pou voir combler ce vide immense dans l’édifice de la médecine homoœopathique , à compléter le traitement des innombrables maladtes chroniques , et à rendre ainsi get art aussi profitable que possible à l’humanité souffrante. |

par Ja gale interne. En pareil cas , le soufre ne suffit généralement pas plus qu'aucun autre remède anti- psorique employé seul, pour procurer une guérison absolue , et il faut avoir recours aux autres médicamens antipsoriques, parmi lesquels on choisit tantôt celui-ci, tantôt celui-là, d’après l’état des symptômes qu'on observe, et en suivant en cela les règles de l’homoæopathie. |

Mais lorsque le soufre, à en juger par ses symptômes propres, êst indiqué homoæopathiquement dans ün cas de gale, et que d’autres médecins n’en ont pas déjà abusé aupañaxant sur le malade, ce qui convient le mieux, c'est d’administrer la préparation dans laquelle il: est contenu en moindre proportion, et où ses facultés dynamiques sont le moins. développées.

Cette préparation, qu’on à peut appeler alcool sou- Jré, est la forme la plus douce du soufre considéré comme médicarñent, quoiqu elle possède encore une énergie incroyable. On l’obtient en lavant bién cinq grains de fleurs de soufre avec de l’alcool, les faisant sécher sur du papier joseph, les introduisant ensuite dans un petit flacon, et versant dessus cent gouttes de bon alcool. On bouche le flacon ; on Île retourne lentement, afin que le soufre se détache du fond et se mêle avec l'alcool ; pour cela, on lève le bras dont la main tient le flacon, et, en l’abaïissant brusquement, on imprime une seule secousse à ce dernier, après quoi on le laisse reposer au frais pendant vingt-quatre heures, pour que la poudre de soufre se dépose. Ce laps de temps écoulé, on décante le liquide clair, et la liqueur spiritueuse , conservée dans un flacon bien bouché, est la plus faible

dissolution de soufre (1), celle que j'appelle afcoo! soufré (2).

La dose qui suffit non-seulement pour la plus tendre enfance, mais même pour l’âge adulte, est la suivante. Après avoir retourné le petit'flacon, on prend le bouchon mouillé, et on le met en contact ‘avecdes globules de sucre (3) gros confme des graines de pavot, qu'on tient dans le creux de la main gauche ; aprés'quoi ces globules sont ou placés immédiatement sur la langue du malade, ôu mêélés avec deux ou trois grains de sucre de lait pulvérisé, que le malâde prend à l’état sec, si l’on veut que l’action soit douce, ou qu’il imbibe d'une ou deux gouttes d’eau, si l’on se propose de rendre cette action plus éner-

(1) La chimie, si perfectionnée de nos jours, ne connaît point la solubilité du soufre dans l’alcool mise en évidence avec si peu d’appareil ; elle ne sait rien non plus de la solubilité de tous les métaux et de toutes les terres dans ce liquide , après que’, par le broiement, ils ont été atténués jusqu’à la dix-millième ou à la millionnième puissance , comme on le verra plus loin.

(2) Lorsque ces cent gouttes de dissolution spiritueuse de soufre sont consommées , on verse cent autres goutes d’alcool sur la poudre, on bouche le verre, on le renverse, on lui imprime une seule secousse en abaissant brusquement le bras, et au bout de vingt-quatre heures on décante le liquide clair pour s’en servir. On continue de même, et après s’être servi ainsi pendant nombre d'années de ces cinq. grains de soufre, on ne s'aperçoit pas que leur poids ait diminué-d’une manière sensible. C’est là un paradoxe criant, dont seront révoltés les allopathistes qui-de tout temps ont été accoutumés à ne manœuvrer contre les maladies qu'avec dix, vingt et trente grains de fleurs de soufre en masse, répétés plusieurs fois par jour.

(3) Les confiseurs font de ces fglobules , appelés nompareulle, avec du sucre et de l’amidon.

gique, mais, dans tous les cas, sans rien boire ensuite, nisans rien manger, pendant une demi-heure ou une heure entière (1 1). ° Lorsqu on a soin en même temps (ce qui s applique aussi à l'usage des autres remedes homæopathiques antipsoriques) d'éviter toute influence médicamenteuse étrangère, et de bien diriger le régime et Je genre de vie du malade, au bout de seize, dix-huit, vingt, vingt-quatre ou trente jours (laps de Ris nécessaire pour quelle remède, quand il a été choisi bien homœopathiquement, épuise son action), le résultat favorable est tellement prononcé, que jamais une nouvelle dose de soufre, administrée dans Île cours du traitement, ne fera faire un aussi grand pas à la guérison. Nous supposons, comme il à été dit plus haut , que des médecins allopathistes n’ont point déjà usé ni surtout abusé du soufre : cas dans lequel-l'homæopathiste devrait commencer le traitement de la gale non päs par cette dernière substance, mais par fun des autres moyens antipsoriques, en choisissant alors celui qui $erait le plus homæopathique:à l'état présent. | S'il arrivait que, dans le cours du traitement de la gale er avoir fait succéder à l emploi du soufre celui de plusieurs autres remèdes antipsoriques, une seconde dose de ce mênfe médicament fût encore indiquée et devint nécessaire, alors on prendrait la poudre étendue au millionnième. On la porterait, dans la dissolution, jusqu'à la billionième

(1) On administre de même les autres remèdes homæopathiques, notamment les médicamens antipsoriques.

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puissance (en suivant le procédé ‘qui sera indiqué dans l’exposition de la méthode d'après laquelle on doit préparer les remèdes antipsoriques }), et on en inbiberait un ou deux globules de sucre, qu'on ferait prendresau malade. Cependant il serait presque toujours nécessaire, six ou sept jours avant de donner cette sèconde dose de soufre , d’ administrer une dose de noix vomique, afin d'apaiser l'irritation des nerfs qui pourrait exister, et qui serait capable de mettre obstacle aux bons effets du soufre; un ou tout au plus deux globules de sucre imbibés d’une teinture de noix vomique au décillionnième seraient indiqués en pareil cas, surtout si le malade éprouvait des incommodités au grand air, s’il avait trop de propension à rester assis og couché, et s’il témoignait de la mauvaise humeur qui résistât opiniâtrement aux désirs d’autres personnes.

Lorsque le soufre, ainsi administré pour la seconde fois, a été choisi d’une manière bien homæopathique, il faut en attendre les bons effets pendant trente-six ou quarante jours, avant de prescrire un autre antipsorique au malade.

L'usage du soufre, employé à titre d'antipsorique et donné à la dose qui vient d’être préscrite, se montrera surtout fort avantageux dans celles des maladies chroniques non vénéfiennes, et, par conséquent, psoriques , où le sujet offre habituellement le symptôme si pénible d’une constipation durant plusieurs jours de suite, avec des selles dures, en boulettes, etde fréquentes, mais inutiles, envies de s’en débarrasser.

Le charbon de bois et le charbon antmal n’appartiennent pas moins à la catégorie des médicamens antipsoriques , quoiqu’ils ne soient point du nombre

| de ceux dont l'emploi convient dans un grand nom: bre de circonstances. Le premier surtout a cela de particulier que , quand il n’a point été choisi d'une

manière exactement homæopathique, n’agit presque que comme palliatif durant les huit ou neuf premiérs jours, au bout desquels les symptômes recommencent à s’aggraver. Si ce cas a lieu, on cherche -à éteindre le reste de l’action du charbon, en faisant

respirer au malade une dissolution de camphre, où

en lui donnant un globule de sucre imbibé d’une teinture de café non torréfié au billionnième degré de dilution; et l'on continue à procéder au traitement de la gale, en choisissant un antipsorique mieux approprié à la circonstance. | L'administration homæopathique du charbon de bois s’est principalement montrée efficace dans les cas où l’un ou plusieurs des états morbides suivans dominaient chez le sujet : pesanteur de tête, pression dans les yeux, suppuration de ces organes pendant la nuit, bordonnement d'oreilles, défaut de cérumen, gerçure des lèvres, odontalgie ayant le caractère d’une sensation de constriction, sécheresse de la bouche, ou afflux de liquide dans cette cavité, abondance de mucosités dans la gorge , sentiment de râclage dans la gorge, got salé des alimens, acidité dans la bouche après le repas, sueur en mangeant, faim ou soif exagérée, rapports ayant le goût de corps gras qu’on à mangés, nausées le matin, tension du bas-véntre selles liquides , pâles, douleurs dans les gonflemens hémorrhoidaux de l'anus , urine trop foncée en couleur, envies d'uriner pressantes etfréquentes pendant lejour et la nuit, pollutions fréquentes, préoccupation

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continuelle de Pesprit par des idées lascives, émis siôn trop prompte de la semence dans le coït, retour. trop précoce des règles, flueurs blanches par le vagin, enrouement le matin, obstruction du nez, oppression de poitrine, brièveté de la respiration en marchant, sensation douloureuse comme produite par Une plaie dans l’intérieur de la poitrine, taches brunâtres sur la poitrine, engpurdissement des membres, chaleur dans les mains, sueur des pieds, gonflement des orteils avec élancemens , comme s'ils avaient été gelés, crampes nocturnes dans les mains, somnolence dans la journée, rêévasserie la nuit, réveil la nuit par des songes effrayäns, sueurs nocturnes, crainte des revenans.

*Le charbon animal, au contraire, a surtout été utile dans les cireonstances où prédominaient les accidens suivans : vertiges le matin, bourdonnemens d'oreilles, écoulement par les oreilles, goût amer dans la bouche, faiblesse d'estomac telle que presque tout ce qu'on prend cause du malaise, rapports incomplets, avec douleur, nausées nocturnes, pesanteur et déchiremens dans la région du foie, déplacement de flatuosités, leucorrhée, coryza sec, raideur goutteuse des articulations des doigts, facilité à se disioquer les jointures, sueurs accablantes, surtout aux cuisses.

Pour les employer à titre d’antipsoriques dans Jes maladies chroniques non vénériennes et par conséquent psoriques, on prend la poudre de l’un et de l’autre au millionnième degré d'atténuation , et on en porte la dissolution jusqu’au dntlillinbi et degré de dilution. Cette liqueur sert alors à imbiber un ou deux globules de sucre gros comme des graines de pavot, qui sont la dose qu’on doit prescrire. Dans

certains cas où les nerfs sont par trop excités, on est obligé de recourir à une dissolution plus étendue encore. La durée de l’action , qui se déduit üniquement du temps pendant lequel le remède continue à produire debons effets, est de vingt ou trente jours et au delà. à

Le traitement des innombrables maladiés chronïiques non vénériennes ressemble, quant aux points essentiels, au traitement homæopathique des maladies en général, tel qu'il est tracé dans mon Organon de l’art de guérir. Je vais seulement signaler ici les précautions spéciales qu’il importe d'observer dans les affections chroniques.

Je n’ai rien à dire que de général relativement au

genre de vie et au régime du malade. C’est au méde- |

cin homæopathiste qu’il appartient de prescrire la marche qu'on doit suivre, sous ce rapport, dans chaque cas particulier. Je me contenterai de faire remarquer qu'en général il faut également écarter tout ce qui pourrait mettre obstacle à la cure. Cependant comme il s’agit surtout iei du traitement de maladies souvent fort anciennes, qu'on ne saurait en conséquence guérir d'une manière rapide, qui fréquemment pèsent sur des personnes avancées en âge et placées dans des conditions sociales diverses auxquelles il est rarement possible de faire subir des modifications, soit chez les riches, soit chez les nécessiteux, soit mème chez les pauvres, on est souvent obligé d'apporter des restrictions et des modifications au genre de vie sévère dont l’homæopathie fait un précepte: car sans cela on ne parviendrait point à guérir des affections si invétérées chez des individus qui diffèrent tant les uns des autres.

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Ce n’est pas, comme les adversaires de homoæo- . pathie le disent afin d'en diminuer le mérite, par la,

. sévérité du régime et du genre de vie dont elle impose la loi, que cette pire guérit les maladies

chroniques: sa principale efficacité repose sur le traitement médicinal qu’elle leur fait subir. C’est ce dont

on peut se convaincre chez une fouie de malades, qui, ajoutant foi à ces illusions, se sont astreints pendant longues années au régime homæopathique le plus rigoureux, sans pouvoir diminuer laffection chronique qui les tourmentait. Bien loin de là: cette affection allait peu à peu en croissant, comme le font, d’après leur nature, toutes les maladies qui doivent leur origine à un miasme chronique.

Par ces né donc, et afin de rendre la cure pos-

sible et praticable, le médecin homoæopathiste doitaccommoder leyégime et le genre de vie aux circonstances. En agissant ainsi il atteint au but du traitement d'une manière bien plus certaine, et par conséquent aussi beaucoup plus complète, que s’il s'en tenait obstinément à toute la rigueur des préceptes, qui sont inapplicables dans une multitude de. cas.

Le journalier, quand il en a la force, doit continuer de se livrer à ses travaux; le manufacturier, de remplir ses occupations ; le FR de oies à la

culture des champs; la femme, de soigner son ménage. Il faudra seulement interdire ce qui compromettrait lasanté d’une personne même bien portante, point qui doit être abandonné à la sagacité du médecin.

Les hommes qui : ne se livrent pas à des travaux

exigeant un grand déploiement de forces, mais à des:

occupations qui les retiennent dans la chambre et les

obligent ordinairement à rester assis, doivent, pen- | dant le traitement, prendre Fair de temps en temps, sans pour cela mettre tout-à-fait de côté le genre d’industrie auquel ils se livrent. ; On doit également faire un devoir aux gens riches d'aller plus souvent à pied Le ils n’en ont Thbitids Le médecin peut leur permêttre les distractions innocentes d’une danse modérée, les plaisirs de la campagne qui ne dérangent point le régime, ou plutôt les réunions dont le büt est de se livrer à des conversations familières ; il ne les privera pas de la musique, qui ne saurait leur être nuisible; il ne leur interdira pas de suivre des: leçons qui ne fatiguent pas trop l'esprit. Mais il leur permettra rarement le spectacle, et jamais le ; Eu de cartes. Il éxigera qu ils gillent moins souvent à cheval ou en voiture; il écartera d’eux toute société qui pourr ait exercer une influence nuisible sur leur moral, parce que le physique ne manquerait pas de s’en ressentir aussi. Les agaceries sans but sérieux des deux sexes l’un envers l'autre, la lecture des romans graveleux ét des poésies érotiques seront totalement interdites (1). L'homme de cabinet recevra également le conseil de prendre davantage d'exercice au grand air, et,

(1) Certains médecins cherchent souvent à se donner un air d’ importance en interdisant tout-à-fait l’acte vénérien aux per— sonnes mariées qui sont atteintes de maladies chroniques. Mais si les deux parties y sont aptes et cnclines, cette défense cst au moins ridicule, puisqu'elle n’est ni observable ni observée. Un législateur ne doit jamais ordonner ce qui ne peut être ni observé ni contrôlé , et moins encore ce qui entraïnerait de graves incon—

véniens si l’on si conformait. Quand l’un des deux époux est

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quand le temps ne é lui permet pas, de se livrer chez | lui à de petits travaux mécaniques. Mais pendant la

durée du traitement, il ne lui sera permis d'occuper son esprit qu'à des travaux de tête, parce que, toutes les fois qu'il s'agit de guérir une maladie chronique grave, la lecture ne doit presque ji être accordée, ou du moins elle ne doit l'être qu'avec de gran-

des restrictions, portant et sur Ja nature des livres :

sur lesquels elle peut s'exercer, et sur le temps qu'il est licite d'y consacrer. |

À quelque classe qu'appartiennent les malades at-

teints d’affections chroniques, il leur sera défendu d’ employ er aucun remède domestique, de prendre aucun médicament dans les intervalles qu'on sera obligé de:laisser entre les prescriptions des moyens homcæo-

pathiques. Les parfumeries, les eaux de senteur et les.

poudr es dentifrices serontégalem ment interdites ? à ceux des classes élevées. Si le sujet est habitué depuis long-temps à porter de la flanelle sur la peau, il ne faudra pas lui faire perdre brusquement cet usage; mais, à mesure que la maladies ’amendera, et lors la saison deviendra chaude, on lui fera prendre d'abord des vêtemens de coton, jusqu’à ce qu’il puisse

finir par s'accoutumer‘à la toile, D'anciens cautères ne

inapte au coït, l’union des sexes s’interdit d'elle-même. Mais de

Fe

toutes les fonctions d’un couple uni par Îles liens du mariagé, cet.

acte est celui qu’on peut le moins prescrire oujintérdire. Eu pareil cas, l'homæopathie se borne à recourir aux médicamens soit pour roi l'aptitude à l’une des deux parties par l’ usage d’antipsoriques ou d’antisyphilitiques , soit pour ramener des désirs trop impérieux au degré de vivacité qu’ils doivent naturellement avoir.

peuvent être supprimés, dans des maladies chroniques graves, que quand le traitement interne a déjà fait faire des progrès notables vers la guérison, surtout s'il s’agit de personnes avancées en âge.

* Le médecin ne doit pas céder aux vœux du malade pour qu'on lui permette de continuer l'usage des bains domestiques dont il avait contracté l'habitude; il ne permettra que des lotions rapides, dont l’entretien de la propreté rend l'usage nécessaire de temps en temps. Il n’accordera point non plus la saignée, quelque accoutumé que le malade lui assure être à la fréquente répétition des émissions sanguines.

Quant à ce qui concerne le régime, les hommes de toutes les classes qui veulent se débarrasser d’une maladie chronique doivent s'imposer la loi d'éviter, autant que possible. les épices; d’user rarement, et toujours en petite quantité à la fois, du vinaigre,

du jus de citron, des viandes excitantes, du cochon,

de l’oie et du canard; de ne manger presque jamais du veau et des légumes venteux dans les maladies du bas-ventre ; d'éviter le fromage fait, ainsi que les alimens trop gras et trop salés, et de ne manger des fruits ou du melon qu'en petite quantité. Si, au contraire, la maladie chronique ne consiste pas en affections du bas-ventre, il n’est pas nécessaire d’observer des restrictions si sévéres sous ce dernier rapport, principalement lorsque le malade peut conti-

nuer à exercer sa profession et à se livrer aux occu- .

pations qui mettent son corps en mouvement. Le pauvre peut aussi guérir par les médicamens, en mangeant du sel et du pain; et l'usage modéré ‘des pommes de terre, des bouillies, du fromage frais, ne met

point obstacle à la guérison, pourvu qu'il soit plus I. 12

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avare d'oignons et de poivre pour relever ses tristes alimens.

Celui qui est jaloux de sa santé peut trouver jusque sur la table des princes des alimens qui répondent à toutes les exigences d’un régime conforme aux lois de la nature. |

Les personnes avancées en âge fumeront moins et prendront moins de tabac; il faudra que les jeunes gens renoncent tout-à-fait à ces deux habitudes.

Ce qu’il y a de plus difficile pour le médecin homoœopathiste, c'est de régler les boissons. Le café exerce, sur la santé du corps et de l'âme, la plupart des fâcheux effets que j'ai énoncés dans ma petite brochure sur l'usage de cette liqueur; mais il est tellement passé en habitude, il est devenu un besoin si cs LR chez la plupart di nations dites civilisées, qu'on ne parviendrait pas plus à le supprimer qu’à extirper les préjugés et la superstition. Le médecin homœæopathiste ne peut donc point songer à l’interdire d’une manière générale et absolue dans le traitement des maladies chroniques. Les jeunes gens jusqu’à vingt ans ou tout au plus Jusqu'à trente, sont les seuls auxquels il puisse le défendre brusquement sans inconvéniens notables; mais les personnes qui.ont passé la trentaine ou la quarantaine ne sau-

raient s’en déshabitüer que peu à peu : il faut donc que celles-là en prennentun peu moins de semaine en semaine; et si finalement on ne parvient pas à les y faire renoncer complètement, si elles exigent qu'on leur laisse prendre au moins quelques tasses d’un café léger mêlé avec moitié de lait, on devra leur accorder cette licence, pourvu que leur maladie chronique ne consiste pas en une affection du bas-ventre, et que

d’ailleurs elles observent un genre de vie salubre. La longue habitude de cette boisson l'a rendue presque incapable de nuire, quand on en diminue la quantité des quatre cinquièmes ou des cinq sixièmes. L'expérience m’a démontré que la guérison des maladies chroniques les plus graves n était ni entravée ni retardée par là.

On peut en dire autant des thés choisis, qui agissent si violemment sur les nerfs. Un thé très-léger, et dont on ne boit que peu, une seule fois par jour, ne nuit presque pas au traitement des maladies chroniques chez les personnes âgées qui, depuis leur enfance, ont l'habitude d’abuser de cette liqueur et de la prendre tres-forte. “

Le médecin homæopathisteagira de mêmeà l'égard . du vin. Il pourra le permettre aux personnes atteintes de maladies chroniques qui ont dépassé l’âge de quarante ans, ont contracté dès leur jeunesse l'habitude d'en Les tous les jours, et. ne présentent aucun symptôme d’affections du bas-ventre. Pourvu qu'elles se restreignent à n’en boire que le quart ou la sixième partie de la quantité qu’elle consomment ordinairement, le vin n'apporte pas d’obstacle à leur guérison. Mais si l’on peut les déterminer à étendre cette petite quantité de vin d'une proportion égale d’eau, en supposant que leurs forces ne souffrent pas trop de là, on a fait tout ce qui était nécessaire. Les sujets fort âgés, qui ont l'habitude du vin depuis l'enfance, peuvent boire leur ration diminuée sans eau; il n’en résulte aucun inconvénient. L'interdiction absolue du vin aurait pour effet chez eux de faire fléchir les forces sur-le-champ, d'empêcher la cure, et même de mettre la vie en danger. Du vin

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trempé de beaucoup d’eau, environ dans la proportion d’un à cinq ou six, peut être permis pour boisson ordinaire à toutes les personnes qui sont atteintes de maladies chroniques.

Il est indispensable, dans le traitement des maladies chroniques, de renoncer à l'habitude de l’eaude-vie. Mais le médecin a besoin d'autant de circonspection pour affaiblir cette habitude que de persévérance pour y réussir. Lorsque la suppression totale de l’eau-de-vie nuit sensiblement aux forces, on la rem place par une petite quantité de bon vin pendant un laps de temps plus ou moins long, suivant les circonstances.

Le médecin ne doit pas s’exposer, par une pédanterie déplacée, à faire tourner en ridicule le plus grand avantage que le traitement homoœæopathique des maladies en général et des affections chroniques en particulier ait sur tous les autres modes possibles de curation: celui de zrénager les forces du malade, afin qu'elles puissent se relever d’elles-mémes pendant chaque traitement qui diminue la maladie.

L'usage de la bière est une chose qui mérite de graves réflexions. Les raffinemens que les brassèurs ont apporté dans ces derniers temps à leur art en ajoutant diverses substances végétales à la décoction de malt, ont pour but non de préserver la bière de l'acidification, mais principalement de la rendre plus agréable au goût et plus enivrante, sans égard à l’influence fâcheuse qu'exercent sur là santé ces funestes additions, dont la police chercherait en vain les traces. Le médecin consciencieux ne peut donc pas permettre à son malade de boire tout ce qui porte le nom de bière, d'autant plus qu’à celles même qui

sont dépourvues d’amertume, on ajoute fort souvent des substances narcotiques, pour leur procurer la faculté inébriante que tant de gens y recherchent. s

Je passe à l'indication des circonstances qui mettent obstacle à la guérison des maladies chroniques.

Tous les événemens de la vie qui sont capables de déterminer la gale encore latente , et reconnaissable seulement à quelques unes des incommodités qui ont été signalées plus haut, à se manifester sous la forme de AE : tdi ont aussi le pouvoir, quand ils tombent sur une personne atteinte d’une pareille affection, non-seulement de l’exalter et de la rendre plus difficile à guérir, mais encore, lorsqu'ils . sont portés à un haut degré, de faire qu'elle devienne absolument incurable, à moins que la fâcheuse po-

sition du sujet ne change d’une manière subite à son avantage.

Cependant ces événemens sont de nature trèsdiversifiée, et par conséquent aussi l'influence fàcheuse qu'ils exercent présente des degrés fort différens. |

Des fatigues excessives, des travaux dans les endroits marécageux, des lésions et blessures considérables du corps, l'excès du froid ou de la chaleur, le défaut d’alimens suffisans pour apaiser la faim, ou leur insalubrité, etc., n’ont pas à beaucoup près autant de pouvoir que quelques mois d’une union mal assortie ou d’une conscience bourrelée, au milieu des superfluités de la vie, pour tirer le redoutable fléau de la gale du sheet profond dans lequel elle était ensevelie , et la faire manifester sous la forme de maladies chroniques , ou agraver celles qui exis-

182 DOCTRINE HOMOEOPATIMIQUE.

tent déjà ; la santé d’un innocent souffrirait même moins d'un séjour de dix années dans une prison ou au bagne. La gale, jusqu alors endormie au fond de l'organisme, et dont le sommeil donnait au favori du prince l'apparence d’une santé presque florissante, se déploie rapidement en affections chroniques du corps, ou dérange ses facultés intellectueiles, et le conduit à la folie, lorsqu'un caprice de la fortune le précipite du rang brillant qu'il occupait, pour le faire tomber dans le mépris et l’indigence. La mort subite d'un fils unique provoque, chez une mère délicate et déjà malade de la gale, une suppuration incurable du poumon ou un cancer du sein. Un amour dédaigné plonge dans la mélancolie la vierge sensible déjà tourmentée par des accès d’hystérie psorique.

-Combien n'est-il pas difficile, combien n'est-il pas rare, que le traitement homoœæopathique le mieux conduit améliore la situation de ces infortunés!

Cependant ce sont les chagrins et les soucis qui contribuent le plus fréquemment à faire apparaître la gale latente sous la forme d’affections chroniques, et à rendre plus graves les maux chroniques déjà existans. |

Une tristesse continuelle ne tarde pas à exaspérer les traces même les plus faibles d’une gale encore latente, à faire qu’elle s'épanouisse rapidement en symptômes plus graves, et qu’elle donne lieu inopinément à l'apparition de maladies chroniques. Elle produit ce résultat d’une manière plus certaine et plus fréquente qu'aucune autre influence pernicieuse agissant sur l'organisme. Il n’est pas moins certain ni moins commun que cette cause aggrave les maux déjà existans. |

TRAITEMENT DES MALADIES CHRONIQUES. 183 Comme un bon médecin , lorsqu'il s’agit d’un traitement qui ne commence pas sous des auspices si défavorables , se fait un plaisir d’égayer autant que possible l'esprit de son malade et de le garantir de l'ennui, de même ici, et à plus forte raison encore, son devoir est de faire tout ce qui dépend de lui, tout ce que son influence peut produire, sur le sujet même ou sur ceux qui l'entourent, pour éloigner les sujets d'affliction et de chagrin. C’est là, ce doit être là le but principal de ses soins et de sa philantropie. ,

Mais si la situation du malade sous ce rapport est sans remède, s’il n’a‘pas assez de philosophie, de re: ligion @u d’empire sur soi-même pour se soumettre avec résignation aux décrets de la providence, sil: s'abandonne sans frein à la tristesse, au chagrin, sans qu'il soit au pouvoir du médecin d’écarter d’une manière durable cette cause destructive de la vie, la plus énergique de toutes, on agit avec prudence en s’abstenant de traiter la maladie chronique(r) etabandonnant le malade à son sort, parcé que le traitement le mieux dirigé, avec les remèdes les plus appropriés aux souffrances physiques, ne peut absolument rien chez un malade en proie à des chagrins continuels , dont les ressorts de la vie sont à chaque instant détruits par les atteintes profondes que son

(1) faudrait alors que le malade eût des causes bien’ légères de chagrin ou de tristesse , qu'on pût par conséquent se borner à le traiter d’une affection morale par 18 remèdes antipsoriques appropriés au reste de sa maladie chronique : circonstance dans laquelle la guérison est non-seulement possible , mais même assez souvent facile à obtenir,

184 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

moral reçoit. Il est absurde de continuer la plus belle de toutes les constructions , lorsque les fondemens sont minés chaque jour, quoique peu à peu et graduellement, par le choc des vagues.

Les maladies chroniques sont presque aussi incurables chez les grands et les riches qui, sans compter les eaux bals dont ils ont fait usage à Per reprises (1), se sont déjà trouvés pendant quelques années entre les mains de médecins allopathistes divers, et souvent très-nombreux, qui ont essayé sur eux tous les remèdes préconisés par la mode, en Angleterre, en France ou en Italie, et qui les ont accablés d’une multitude de - drogues mélangées, jouissant d’une action très-violente. Tant defimédicamens inconvenans, qui sont déjà nuisibles par le seul fait de leur énergie et de leur fréquente répétition à hautes doses, rendent la gale de laquelle dépend toujours leur affection, même lorsqu'elle n'est point combinée avec la syphilis, plus difficile à guérir d'année en année , et finit même par la mettre absolument au defsus des ressources de l’art, après que l'organisme a été pendant un grand nombre d'années en butte à de pareilles atteintes, si contraires au but qu'on se propose. Que ces puissances héroiques non .homæopathiques aient ajouté, comme il est présumable, à la maladie primitive des maux nou-

(1) Chaque traitement aux eaux, même lorsque ces dernières ne sont pas contraires au mal, doit être considéré comme emploi de doses considérables et souvent répétées d’un même médicament violent, dont l’action perturbatrice réussit rarement à procurer la guérison , mais contribue souvent à aggraver l’état du malade , et porte même atteinte aux sources de la vie,

veaux, devenus fixes et en quelque sorte chroniques par l’énormité et la fréquente répétition des doses, ou qu'un traitement si mal conduit n’ait fait qu’attaquer les diverses facultés de la vie organique, l'irritabilité, la sensibilité, la nutrition, et que, probablement par la réunion de ces ds Causes, la fusion de tant de maux divers ait produit le monstre dans lequel nulle personne sensée ne saurait plus voir un mal naturel simple, cette dégénérescence des parties et des forces les plus indispensables à la vie offre un chaos que le médecin homoæopathiste doit hésiter à regarder comme susceptible de guérison. Il n’a pas sous les yeux une maladie psorique naturelle et simple ; et lors même que les forces ne sont pas trop épuisées , ce qui arrive souvent, pour qu'au premier aspect même il ne se voie pas obligé de renoncer au traitement, ce n’est qu'après un très-long espace de temps qu'il peut se flatter de procurer quelque soulagement, et jamais il ne doit promettre une guérison parfaite. Il faut que l'amélioration du genre de vie et la régularisation du régime fassent d’abord disparaître en quelque sorte d'eux-mêmes les nombreux maux chroniques engendrés par les médicamens, que cette cure préliminaire, objet de plusieurs mois, s'opère presque sans remède, à la campagne, avant qu’il retrouve une affection pure, semblable à la maladie primitive, et qu'il soit capable de la com-

battre (1). | :

(1) Au contraire, les maladies chroniques les plus redoutables , qui n’ont point été dénaturées par l’imprudence des médecins, guérissent souvent comme par miracle, en très-peu de temps, et

186 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

Malheur au jeune homoæopathiste qui voudrait fonder sa réputation sur la guérison de pareiïlles maladies, dégénérées en véritables monstruosités par une multitude de mauvais PURE allopathiques ! De quelque soin qu'il soit capable, il échouera.

Un autre gr and obstacle à la guérison de maladies chroniques avancées dépend de la constitution faible et énervée que les jeunes gens, mal élevés par des parens riches, se font au milieu des superfluités et des désordres d’une mauvaise société, par l'influence des passions destructives , des excès de toute espèce, de l'abus des femmes, des jeux de hasard, etc. On voit des êtres, souvent doués d’une complexion robuste dans l'origine, que les vices, frappant également sur le physique et sur le EVA , ont réduits à n'être plus que des ombres d'hommes, et qui, par des traitemens mal dirigés de leurs maladies vénériennes, ont ordinairement miné à tel point les sources de la vie en eux, que la gale , si fréquemment inhérente à leur organisme, se déploie en affections chroniques des plus déplorables , auxquelles même, lorsque les malades sont revenus de leur immoralité, les reproches qu’ils se font et le peu d’énergie des forces vitales qui leur restent encore, ne permettent qu'avec une peine extrême d'appliquer quelques remèdes antipsoriques. Le médecin homœæopathiste doit n'entreprendre le traitement de pareils malades qu'avec hésitation, et mettre

d’une manière durable, chez de pauvres artisans , dans l’humble demeure desquels on concoit bien que n’afflue pas la foule des praticiens,

beaucoup de réserve dans ses promesses de oh son.

Mais alors même que l'on ne rencontre pas ces obstacles, souvent presque insurmontables, à la guérison des innombrables maladies chroniques, il se présente cependant quelquefois, surtout dans les basses classes de la société, une difficulté qui tient à la source même de l'affection. C'est quand , à la suite de plusieurs infections successives, suivies chacune de la suppression de l’exanthème, la gale s’est peu à peu déployée, dans l’intérieur, en une ou plusieurs maladies chroniqnes graves. En pareille circonstance, la guérison est certaine, à la vérité, au moyen d’un emploi bien dirigé des remèdes homoeopathiques; maïs elle exige beaucoup de temps, une grande patience , et, de la part du malade, une exactitude scrupuleuse à suivre les prescriptions , pourvu encore qu’il ne soit pas trop avancé en àge et qu'il n'ait pas trop perdu de ses forces. |

Cependant il n’est pas jusqu’à ces cas difficiles dans lesquels on ne reconnaisése les sages dispositions de la nature pour nous soulager, lorsque nous savons saisir le moment favorable. En effet, l'expérience prononce que, dans une gale récemment produite par contagion, lors méme’qu’après plusieurs infections et répercussions successives la maladie psorique interne a déjà fait des progrès considérables vers la production d’affections chroniques d' espèces, diverses, la gale survenue en dernier lieu , si on ne l'a point encore privée de son exanthème primitif, est presque aussi facile à guérir que si elle était la première et unique; qu'en conséquence , elle cède ordinairement à une seule dose des préparations sul-

188 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

fureuses indiquées plus haut, etque, de cette manière, la gale due à toutes les infections précédentes se trouve elle-même guérie, ainsi que les maladies chroniques dont elle avait provoqué la manifestation (1).

Il n’est cependant pas toujours possible de recourir, pour faire naître ces circonstances favorables à la guérison d'anciennes gales plusieurs fois renouve- Jées, à des moyens artificiels qui consistent à inoculer la maladie, en supposant qu'ils n’inspirent pas de répugnance au sujet, comme il arrive fréquemment. En effet, lorsque la constitution est en proie à des maladies chroniques graves , d’origine non vénérienne et par conséquent psorique, par exemple à une suppuration déjà fort ancienne des poumons, à une paralysie complète d’une ou plusieurs parties du corps, etc., le miasme de la gale prend rarement, et même, à ce qu'il paraît, moins souvent, après l’inoculation qu'à la suite d’une infection due au pur hasard.

Il me reste peu de choses encore à dire au médecin déjà versé dans la médecine homæopathique , afin de Jui faire connaître la manière dont il doit s’y prendre

(r) Ce cas est celui de la syphilis, lorsqu’après la destruction locale d’un chancre ou d’un bubon, suivie de la manifestation d’une vérole constitutionnelle , il survient une nouvelle infection. Tant que le nouveau chancre subsiste , la maladie produite par la nouvelle infection et l’ancienne cèdent ordinairement à une seule dose de la meilleure préparation mercurielle, et sont aussi faciles à guérir de cette manière que si l’on avait le premier chancre sous les yeux , en supposant qu’il n’y ait point de complication avec l’un des deux autres miasnies chroniques, notamment avec le psorique; car alors il faudrait commencer par détruire ce dernier, comme je l’ai enseigné précédemment.

pour traiter les maladies chroniques, et je n’ai plus qu'à le renvoyer aux médicamens antipsoriques, à la fin de cet ouvrage : car cest lui qui doit savoir s'en servir pour remplir le but qu'il se propose. Je n'ai plus qu’à parler de quelques précautions qu’il est indispensable d'observer.

D'abord il reste bien établi que toutes les affections chroniques, mêmes les plus graves , si l’on en excepte un petit nombre qui sont vénériennes, procédent uniquement de la gale, et ne peuvent disparaitre que par la guérison de cette dernière, en sorte que c’est exclusivement au moyen des remèdes antipsoriques qu’on doit les traiter. |

En conséquence, il est de regle pour le médecin homœæopathiste, quand il traite soit une maladie chronique non vénérienne, soit un des symptômes ou accidens de cette affection, quelque nom qu’il puisse per dans le vulgaire ou dans la pathologie, de s’en tenir à l'emploi de médicamens antipsoriques, choisis exactement homoœæopathiques; c’est là le seul moyen pour lui d'arriver sûrement à son but.

Si, pendant l’action d'un reméde antipsorique, il vient à se manifester, un Jour ou l’autre, par exemple, une céphalalgie modérée, qu'on ne se laisse point aller à donner de suite un autre médicament, soit antipsorique, soit non antipsorique; qu’on n’a gisse pas de même s'ilsurvient un mai de gorge, puis s’il se déclare de la diarrhée, ou des douleurs dans telle ou telle partie du corps; ete.

Ce n’est point ainsi qu'on doit agir. Il faut, dans la règle, après avoir choisi, aussi bien que possible, le médicament antipsorique, au degré con-

j90 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

venable de dilution, et lavoir donné à la dose nécessaire, lui laisser le temps d’épuiser son action, sans faire prendre un'autre remède qui soit capable de le troubler.

En effet , si les accidens qui se déclarent pendant l'action de ce médicament ont déjà existé de‘la même manière chez le malade, sinon dans les derniers quinze jours, du moins plusieurs semaines ou même quelques mois auparavant, on peut ne voir en eux que le résultat d’une simple excitation homœopathique, produite par le remède, d’un symptôme aui n’est point ordinaire dans la RE ou qui jadis s'est montré plus fréquemment. C'est alors un signe certain que le médicament a pénetré profondément dans l'essence de cette maladie, qu’en conséquence il sera d'autant plus efficace par la suite. Il n’en faut donc pas moins laisser à ce remède tout le temps nécessaire pour épuiser son action, sans se permettre jusque là d'en administrer aucun autre au malade.

Mais s'il s’agit de symptômes qui n’aient encore jamais existé, du moins sous cette forme, qui, d’après cela, n’appartiennent qu’au remède, auxquels on ne ini point s'attendre dans le cours de la maladie , et qui cependant aient peu de gravité, ce n’est point encore là un motif suffisant pour interrompre sur-le-champ l’action du médicament. Ces symptômes æ dissipent souvent, sans porter aucun préjudice à la vertu curative du remède bien choisi. Mais lorsqu'ils ont une intensité qui les rend à charge, on ne doit pas les souffrir : car ils annoncent que le médicament antipsorique a été mal choisi, qu’il n'était pas exactement homæopathique. Il faut alors ou supprimer l'action de ce remède par un antidote, ou,

si l'on ne connait pas d’antidote qui puisse le combattre, lui opposer un autre moyen antipsorique plus en harmonie avec l’état maladif. En agissant ainsi, ces faux symptômes persévèrent on renaissent encore pendant quelques jours, mais ils finissent par disparaitre d’une manière durable et faire place à un meilleur état de choses.

Ce dont on. doit le moins s'inquiéter, c'est lorsque les symptômes ordinaires s’exaspèrent sous l’action des remèdes antipsoriques, reparaissent surtout pendant les prenniers jours, se montrent encore dans quelques uns des jours suivans, mais finissent ensuite peu à peu par apparaître de moins en mroins. Cette aggravation, qu’on peut appeler homæopathique, est une preuve d’un commencement.de guérison, et annonce peut-être qu'on peut compter à coup sûr, pour le moment actuel, sur celle des symptômes qui sont portés à un tel degré d’exaltation.,

Mais si cette exaltation des symptômes primitifs est autant ou même plus considérable au bout de quelques jours que dans les premiers momens, c'est une preuve que le remède antipsorique, quoique parfaitement homæopathique, a été donné en trop grande proportion. Il est à craindre alors que la guérison ne soit pas effectuée par lui,.attendu qu'administré à trop forte dose, il détermine bien des symptômes semblables à ceux de la maladie, mais qu’à raison de la violence avec laquelle son action s'exerce, il. en provoque d’autres encore, destructeurs de cette ressemblance, qui à la maladie chronique naturelle én Libétfierit une autre analogue, plus considérable et plus grave même, sans que l'affection an- Cienne et primitive soit éteinte pour cela.

102 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

Cet effet se décide déjà dans les seize, dix-huit ou vingt premiers jours de l’action du remède donné à trop forte dose, et dont on doit alors arrêter l’impression sur l’économie, soit en prescrivant son antidote, soit, si ce dernier n’est pas encore connu , en administrait à dose très-faible un autre kcditat te antipsorique approprié le mieux possible à l’état des symptômes actuels, et, si ce dernigr ne suffit pas encore pour détruire la maladie médicinale intercurrente, en ayant recours à à un second moyen qui soit, autant que possible, homoœæopathique au reste des accidens (1).

Lôrsque, par l'emploi consécutif de quelques autres antipsoriques, on est parvenu à paralyser l'agression perturbatrice qu’un remède, parfaitement homæopathique d’ailleurs, mais donné à trop forte dose, avait exercée sur l’économie, ce même remède, qui n'avait nui que par son excès d'énergie, peut être remis en usage aussitôt qu'il redevient homæopathique, et le succès n'en couronne pas moins alors son administration. Seulement il faut le donner à dose beaucoup moins forte et infiniment plus étendu, c'est-à-dire doué de propriétés fort adoucies. *

Généralement parlant, après un choix non homæo-

(x) J'ai éprouvé moi-même ce revers , qui nuit tant à la guérison , et qu’on ne saurait par conséquent éviter avec trop de soin, lorsque je donnais à trop haute dose la sépia, dont l’énergie m'était encore inconnue, Mais je l’ai éprouvé d’une manière bien plus sensible encore en faisant prendre la dissolution au billionième du lycopode et de la silice, à la dose de quatre ou six globules de sucre gros comme des graines de pavot.

pathique du remède qu’il emploie, le médecin ne

peut commettre aucune faute plus grave, en premier lieu, que de croire trop faibles les doses auxquelles l'expérience, appuyée sur de nombreux essais, m'a contraint à recourir pour chaque médicament antipsorique, et, en second lieu, de ne pas laisser à chaque dose le temps nécessaire pour qu’elle épuise son action.

Il vient d’être question de la première faute; et j'ajouterai seulement qu’on ne courrait aucun risque en prescrivant des doses plus faibles encore, sil était possible, que celles qui ont été indiquées par moi-même. Ces. doses n’en produiraient pas moins tout ce qu'on peut attendre de bon du médicament, pourvu que celui-ci eût été bien choisi, et que le malade ne fit rien qui füt capable d’en troubler laction; et si le remède n'avait pas été parfaitement choisi, au moins resterait-il par là ce grand avantage, qu'alors on aurait moins de peine à faire cesser son action, ce qui permettrait de recourir sans délai à un antipsorique mieux approprié au traitement. Ac

La seconde grande faute dont le médecin homæopathiste ne saurait apporter trop de soin et de persévérance à se garantir dans le traitement des maladies chroniqu consiste, apres avoir administré aux doses con able un remède antipsorique bien choisi et qui. s'est montré utile pendant quelques jours, à en prescrire de suite un autre, dans la supposition qu’ une si petite dose ne peut pas agir plus de huit ou dix jours ; erreur dans laquelle on cherche à se confirmer par le fait qu’effectivement , lorsqu'on permet au premier remède d'exercer en liberté

194 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

son action tout entière, les symptômes morbides qu'il est destiné à éteindre reparaissent un jour ou l'autre et de temps en temps.

Mais une fois qu'un médicament dont le choix homœæopathique a été bien fait, agit d’une manière efficace et avantageuse, ce dont on est déjà convaincu du huitième au dixième jour, quoiqu'il puisse bien arriver soit un moment, soit même une demijournée, où les symptômes s’aggravent homæopathiquement, les résultats favorables ne sont cependant pas détruits par là, et ce n’est parfois, dans les maladies tres-chroniques, qu'au bout de vingt-quatre ou trente jours qu'ils apparaissent dans toute leur évidence. En pareil cas, la dose n’a complètement exercé son action salutaire que vers le quarantième ou le cinquantième jour, laps de temps avant lequel il serait absurde et contraire aux intérêts du malade d’'administrer un nouveau médicament.

Qü'on ne s’imagine pas qu'il faille à peine attendre l'écoulement du temps fixé approximativement à la durée d'action d’un remède antipsorique, pour recourir à un autre, et que par conséquent on doive s’empresser de faire choix d’un nouveau moyen, afin de rendre la guérison plus rapide. L'expérience parle hautement contre cette opinion. Elle témoigne qu’au contraire il n’y a pas de méthode plus certaine, pour hâter la guérison , que de laisser N ee antipsorique bien choisi le temps d’épuiser entièrement son action, de rester spectateur oisif tant que l'amélioration produite par lui continue, dût-elle même se prolonger bien au delà du terme assigné par conjecture à son efficacité, et de n’en prescrire alors un autre que le plus tard possible. Celui qui

TRAITEMENT DES MALADIES CHRONIQUES. 19h

peut, sous ce rapport, modérer son impatience, n'en arrive que plus certainement et plus rapidement au but. C'est seulement lorsque les anciens symptômes, déjà éteints ou très-diminués par le dernier remède, commencent depuis quelques jours à reparaitre de nouveau ou à s’exaspérer d’une manière un peu notable, que le moment est arrivé enfin de recourir au médicament le plus homæopathique à l'ensemble des accidens actuels. Il n'y a que l'expérience qui puisse prononcer à à cet égard, et sa réponse a déjà été si claire dans mes ps Last observations, qu'elle ne permet plus d'élever le moindre doute. FREE Lorsqu'on réfléchit aux grands changemens que le médicament est obligé de produire, dans les parties nombreuses et diversement organisées du corps , avant d’anéantir le miasme de la gale, qui est si profondément enraciné et en quelque sorte devenu parasite dans l'économie, avant de pouvoir ainsi rétablir la santé, on conçoit sans peine combien il est naturel que, l'action d'une dose de remède antipso-

rique durant si long-temps, elle porte plus d'une

foisatteinte à l'organisme dans une maladie chronique à un si haut point, et qu apres quelques j jours d'un amendement bien prononcé, il survienne des instans plus ou moins longs ou le traitement semble faire des

pas rétrogrades. Cependant, lorsque les accidens

primitifs ne se renouvellent point, et qu’il n’éclate pas de nouveaux symptômes graves, on doit voir dans cette exaspération momentanée un éffet homœopathique, qui favorise la guérison, bien loin d'y mettre obstacle, c'est-à-dire un simple renouvel. lement des attaques que le remède dirige contre le

196 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

mal lui-même (1), quoiqu'il s'écoule parfois seize, vingt ou vingt-quatre jours depuis la prise du médicament antipsorique, avant qu'elle éclate.

Ainsi, en général, l’action des médicamens antipsoriques dans les maladies chroniques se prolonge d'autant plus que celles-ci ont un caractère de chronicité plus décidé. Mais, d’un autre côté aussi, les remèdes dont l’action dure long-temps chez des sujets sains, par exemple la belladonne, n'agissent que peu de temps dans les maladies aiguës et d’une courte durée, ou leur action s’épuise d’autant plus rapidement que ces dernières sont elles-mêmes'plus aiguës. Le médecin doit donc laisser chaque remède antipsorique agir seul pendant trente, quarante ou même cinquante jours, c'est-à-dire aussi long-temps que la maladie continue à s'amender, quoique d’une maniere lente : car, tant que cette amélioration fait des progrès, son action salutaire s'exerce encore, et il ne faut ni la troubler ni la suspendre par l’administration d’un autre médicament quelconque (2).

SE x es à Pt à

(1) Lorsque le remède a été choisi parfaitement homæopathique, et qu’on l’a fait prendre à dose assez faible, ces attaques deviennent chaque jour de plus en plus rares et de plus en plus faibles par les progrès de son action ; tandis que, si la dose a été trop forte, elles vont toujours en augmentant de fréquence et d'intensité, au grand détriment du malade.

(2) La nécessité d'éviter ces deux fautes trouvera difficilement accès parmi les médecins. Ces grandes vérités ont été révoquées en doute pendant des années entières, par la plupart même des homæopathistes , qui ne s’y sont point conformés rigoureusement dans la pratique, par suite de l'opinion purement théorique qu’il faut déjà se faire trop de violence pour croire qu’une si faible dose de médicament soit capable de produire le moindre effet dans

Avec quelque soin que lon ait choisi les médicamens antipsoriques, si on ne leur laisse pas le temps d'épuiser leur action, le traitement entier n’aboutit à rien. Le nouvel antipsorique auquel on a recours avant le temps opportun, quelque excellent qu'il soit par lui-même, ne peut dans aucun cas réparer le dommage qu'a causé l'interruption de l'action salutaire qu'exerçait le remède administré avant lui. Je

l'organisme, notamment contre des maladies chroniques souvent énormes, et que ce serait exiger du médecin qu'il renonçît à l'usage de sa raison , si l’on voulait qu’il admît que l’action de ces

infiniment petites doses dure , non pas seulement deux, trois jours,

mais vingt, trente, quarante jours et plus , et détermine jusqu’au dernier moment des effets importans, des résultats incontestable ment salutaires. Cependant ce principe n’est pas de ceux qu’on

doit concevoir, ni de ceux non plus pour lesquels je réclame une foi aveugle. Moi-même je ne le conçois point ; mais il me suffit que le fait existe, et qu’il ne soit pas autrement. C'est l’ex-

périence qui le proclame, et je crois plutôt à ses décisions

qu'aux conceptions de mon intelligence. Qui prétendrait s’arroger le droit de peser les forces invisibles, cachées jusqu’à présent

dans le sein de la nature , ou de les révoquer en doute lorsque, dans une substance réputée inerte, elles sont mises en évidence par un procédé nouveau, inconnu jusqu’à ce jour, comme par le frottement prolongé et les secousses dont l’homæopathie démontre l’efficacité pour exalter l’énergie des médicamens? Mais qu’en résulte-t-il pour célui qui ne veut pas faire ce que j’en— seigne d’après une longue pratique et des expériences multipliées ? Il résulte de là que le plus grand problème’de l’art est insoluble pour lui, c’est-à-dire qu’il ne peut pas guérir les maladies chro— niques, dont le traitement exact et rigoureux est demeuré inconnu jusqu'au moment où j'ai proélamé ma doctrine. Je n'ai rien de plus à dire sur ce sujet. [1 m’a semblé que mon devoir était de faire connaître une grande vérité, sans m’inquiéter si l’on pourrait obtenir des hommes qu’ils s’y conformassent ponctuelle

1 08 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

ne connais pas de méthode qui puisse parer le moins du monde aux inconvéniens inséparables d’une pareille erreur de conduite.

La prémière faute, celle qui consiste à donner une dose un peu trop forte du remède antipsorique, se répare quelquefois mieux en ayant plusieurs fois, l’une après l’autre, recours à un antidote incapable de nuire, Comme, par exemple, en faisant respirer du

ment ou non. Si l’on ne suit pas exactement la marche tracée par moi, qu'on ne se vante pas de m'avoir imité, et qu’on ne s’attende point à de’ bons résultats.

Ou bien ne voudrait-on imiter une pratique que quand les forces admirables de la nature sur lesquelles elle se fondé seraient dévoilées clairement à nos yeux, et faciles à saisir pour l’intelligence même d’un enfant? Ne seraitil point absurde de ne pas vouloir battre le briquet, parce qu’on ne pourrait concevoir comment il y à tant de calorique latent dans l'acier et la pierre à fusil, où comment le frottement brusque de ces deux corps l’ün contre l’autre peut produire assez de chaleur pour fondre les

particules que le choc détache du métal, et les précipiter en glo-

bules rouges sur l’amadou, qui prend feu par là? Cependant nous battons le briquet sans comprendre cette merveille d’un feu inépuisable caché dans de l’acier froid , sans concevoir la possibilité que ce feu soit mis en évidence par l’effet du choc et du frottement. Ne serait-il pas tout aussi absurde de ne point vouloir apprendre à écrire, parce qu’on ne concevrait pas comment un homme peut communiquer ses pensées à un autre avec une plume, de l’encre et du papier? Cependant nous faisons part de nos idées à un ami sans pouvoir, sans même chercher à comprendre ce miracle physico-psychique! Pourquoi done hésiterions-nous à employer contre les plus cruels ennemis de nos frères, contre les maladies chroniques, une méthode qui, ponctuellement suivie, les détruit de la maniere la plus certaine, et cela uniquement parce que nous n’apercevons pas de suite comment les guérisons peuvent s’opérer de cette manière ? |

camphre, si cette substance se trouve indiquée : il résulte de là qu’une partie du remède est enlevée, et qu'il en reste une moins grande quantité, gui l'action peut continuer à Etbduit e des résultats favorables, ce qui a lieu effectivement dans certains Cas.

Lorsqu'un médecin homoæopathiste, scrupuleux hors de propos, m’interroge sur ce qu'il doit faire pendant tout le temps qui s'écoule depuis l'administration d’une dose de médicament jusqu'à ce que l'action de celui-ci soit épuisée sans que rien la trouble, et sur la manière dont il doit sy prendre afin, sans nuire au malade, de satisfaire ‘aux demandes siRaMerEe qui lui sont faites (1) de médica-

(1) Il n’y a pas d’ancien préjugé popukuire, quelque perni= cieux qu’il soit, qu’on puisse extirper tout d’un coup. Le médecin Hsae lise ne doit done pas balancer, lorsqu'il traite un nouveau malade atteint d'affection chronique, à lui faire prendre au moins une petite poudre chaque jour ; il y a loin encore de là à l’abus que beaucoup d’allopathistes font de leurs drogues. En observant cette précaution , c’est un grand bonheur pour le pauvre malade, qu’aveuglent souvent les calomniateurs de la meilleure des médecines , de ne pas savoir s’il y a une dose de médicament dans chaque poudre, et d'ignorer dans laquelle :l s’en trouve une. S'il était instruit de cette dernière circonstance , s’il savait que la poudre dé tel j jour contient le médicament dont il attend de si grands effets, son imagination lui jauerait souvent de mauvais tours, et lui ferait croire qu’il éprouve des sens:tions, des changemens qui n’auraient aucune réalité; il tierdrait note de ces symptômes imaginaires, et serait dans une agitation d'esprit continuelle. Au lieu que, prenant chaque jour quelque chose, et chaque jour ne ressentant aucune atteinte fâcheuse à sa santé, il devient plus calme, ne s'attend plus à rien d’affligeant , observe avec plus de sang-froid les changemens réels qui surviennent en lui, et ne rapporte ainsi que la vérité à son mé-

200 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

mens, je réponds en deux mots, qu’en pareil cas on peut donner tous les jours trois grains environ de sucre de lait. Je saisis l’occasion de dire que, sous ce rapport, je considère le sucre de lait comme un don inappréciable de la Providence (1).

Il ne faut pas se flatter que le remède antipsorique ait été bien choisi ou qu'il puisse contribuer à la guérison de la maladie chronique, si, des les premiers jours, les plus graves symptômes, comme douleurs anciennes violentes et continuelles, spasmes toniques ou cloniques, etc., disparaissent, comme par enchantement, sous son influence, de manière que, presque aussitôt l'avoir pris, le malade se croie déjà guéri et délivré de tous ses maux. Cette illusion de la part du malade annonce que le médicament agit alors d’une maniére énantiopathique, à titre seulement de palliatif, et qu’on doit s'attendre les jours suivans à voir la maladie primitive augmenter beaucoup; ce que j'ai vu arriver quelquefois, ainsi que jen ai fait la remarque précédemment, après avoir prescrit entre autres le charbon de bois. Aussitôt que

decin. C’est pour cela qu’il y a beaucoup d’avantage à lui donner une poudre chaque jour, sans lui dire si toutes contiennent du médicament , ou s’il n’y en a que dans une seule : car alors, en prenant celle d’aujourd’hui, il ne s’attend pas de sa part à un effet plus prononcé que celui qu'a produit la poudre de la veille ou de la surveille.

(1) Des malades atteints d’affections chroniques, qui croient à la probité et au savoir de leur médecin, se laissent aisément persuader de prendre ainsi une dose de sucre de lait pendant deux, quatre, sept jours, plus ou moins, selon le caprice de chacup, sans pour cela perdre la confiance qu’ils ont mise en lui,

cette fausse amélioration commence à être remplacée par une exaspération sensible des accidens, il faut de suite recourir à l’antidote du médicament, ou, si l'on n’en connaît pas, substituer à cette substance un autre remède Bomœæopathique qui soit plus approprié au cas présent. En effet, il est extrêmement rare qu’elle continue à agir d’une manière favorable. Cependant si le médicament qui, des le principe, avait exercé une action antipathique, c’est-à-dire avait paru procurer un soulagement manifeste, a déterminé des réactions, il se pourrait, dans le cas où la première dose viendrait ensuite à aggraver l’état du malade, qu'une seconde dose du même moyen donnût lieu à un résultat inverse, c’est-à-dire produisit une amélioration soutenue. C’est du moins ce que j'ai observé pour la fève de saint Ignace.

On se trouve souvent trés-bien, en pareil cas, de combattre les accidens qui succèdent à l’administration d’un remède agissant ainsi d’une manière antipathique ,.en leur opposant pendant quelques j Jours un des autres médicamens (1) fournis par la matière médicale pure, jusqu’à ce que la maladie psorique soit rentrée dans sa voie ordinaire, époque à laquelle

(1) Parmi les médicamens non- antipsoriques susceptibles d’être employés ainsi dans l’intervalle de temps qui sépare l” administra= tion de deux remèdes anlipsoriques, je me suis souvent servi avec succés , pendant quelques jours, de l’arsenic , de l’antimoine cru, de l’or, de la noix vomique, de la pulsatille, de l’aconit, . de la bryone, du café cru, et du pôle nord de l’aimant, suivant la nature des accidens que j'avais à éteindre pour l’instant. Mais je n’entends pas pour cela exclure aucun des autres médicamens.

202 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

on continue le traitement en ayant recours à un nouveau moyen choisi homœæopathiquement.

Généralement parlant, quelque progrès qu’ait pu faire l'amélioration de l’état du malade, il ne faut jamais, immédiatement après la première dose d’un remède antipsorique quelconque, en administrer une seconde, füt-elle même empruntée à une préparation modifiée d’une autre maniere. Presque toujours, quand on n'observe pas cette règle de conduite, l'amendement qui s'était d'abord prononcé s'arrête au bout de quelque temps, et lon voit apparaitre des accidens inaccoutumés, ce qui trouble là guérison, et lui imprime une marche rétrograde. Or il faut souvent des mois entiers pour rémédier à un trouble pareil, et encore même n'y parvient-on pas toujours. Si cependant l’action du remède homoœæopathique avait été interrompue ou détruite par une circonstance particulière, soit par un grand écart de régime, soit par l'attaque d’une maladie régnante, dans ce cas seulément on peut, après avoir écarté l'obstacle, prescrire au malade une nouvelle dose du même médicament.

Il arrive quelquefois que le traitement antipsorique d'une maladie chronique est troublé où même assez souvent érterrompu pendant quelque temps, soit par un accident inopiné, soit par une maladie régnante, sporadique ou épidémique.

Parmi les accidens qui ne troublent le traitement que d’une manière transitoire, je range : la surcharge de l'estomac (à laquelle on peut remédier par labstinence, Cest-à-dire en ne mangeant qu’une soupe lé= gère à sôn repas, et prenant un peu de café), lirritation de ce viscère causee par des alimens gras (on

la combat par l’abstinence et la pulsatille), une lésion de l'estomac qui s'annonce par des rapports après avoir mangé, et surtout par des nausées et des envies de vomir (un ou deux globules de sucre imbibés d'une dissolution au billionnième d’antimoine cru), Ja frayeur (à laquelle on remédie, quand on est appelé sur-le-champ, par l'opium, mais qui, à une époque plus éloignée, ou lorsque la frayeur est accompagnée de chagrin, exige l’aconit, et qui, lorsque la tristesse en a été la suite, cède à la fève de saint Ignace) ; la tristesse qui résulte de soucis intérieurs, d’un chagrin concentré ou d’une honte secrète (on la traite par la fève de saint Ignace ); celle qui dépend de la colère, d’un caractère violent, emporté ét morose (elle réclame là camomille, et, s’il y a en même temps froid par tout le corps, la bryone }; celle à laquelle se joint lindignation (elle exige la staphysaigre ), un téhSi Set Reed (on y oppose le séjour dans la chambre ou le lit, avec la noix vomique; ou, si des douleurs en ont été la suite, le café cru; et s'il en est résulté la fièvre et de la chaleur, laconit}), une dislocation ou une luxation (qui réclame dans certains cas l’arnica, mais qui cède bien plus sûrement au sumac vénéneux), des contusions (on leur oppose l'arnica), des brülures de la peau ( qu'on traite en laissant la partie plongée pendant une heure dans de l’alcooi échauffé par l'immersion dans l’eau très-chaude ).

Si, en pareil cas, l’un des médicamens qui viennent d’être indiqués était donné'en substance au malade, füt-ce même à la plus faible dose, l’action du remède antipsorique dont il avait fait usage en dernier lieu serait totalement détruite, ou du moins le traitement

principal éprouverait un grand trouble; ce qui serait d'autant plus à regretter que le médicament antipsorique aurait déjà déployé contre la maladie chronique primitive une efficacité plus prononcée, dont il ne serait pas facile de compenser la perte , le même remède ne pouvant guère être administré immédiatement après une première dose, sans qu'il en résulte des inconvéniens, comme je viens de le faire voir tout à l'heure.

Dans ce cas difficile, on se tire d’embarras par un expédient dont je n'ai pointencore fait part au public, quoique je l’aie communiqué à mes élèves immédiats, parce que la médecine homoæopathique ne trouve déjà que trop d'incrédules disposés à la tourner en ridicule aux yeux d'un public incompétent pour la juger. Mais au moment où j'écris cet ouvrage, qui sera probablement ma dernière production, car je ne crois pas avoir long-temps encore à rester parmi les habitans de ce monde, je pense avoir établi assez solidement mes principes pour pouvoir accueillir avec indifférence des plaisanteries qui, en dernière analyse, retombent toujours sur la conscience du rail- Jeur injuste, et pour ne pas me laisser détourner par elles de donner la plus grande publicité possible à tout ce qui me parait devoir servir l'humanité souffrante.

Lors donc qu'il s’agit de parer aux obstacles que ces troubles subits du physique et du moral mettent au traitement antipsorique des maladies chroniques, en provoquant souvent des accidens fort graves au moment où le sujet était en pleine voie de guérison, et surtout afin d'y remédier, de telle sorte que les médicamens antipsoriques auxquels il faut alors avoir

recours n'aient pas besoin d’être administrés sous forme substantielle, on prend un globule de sucre de Ja grosseur d’un grain de moutarde environ, on l'imbibe de la solution médicamenteuse portée au même degré de dilution qu’elle doit avoir quand il s’agit de ladministrer homœæopathiquement à l’intérieur, et on l’enferme dans un petit flacon de la capacité d’un gros, qu'on fait respirer au malade une seule fois et un seul instant ; après quoi on le recouvre de son bouchon, et en le met en réserve pour l'utiliser à l’avenir dans des cas semblables. Je dis a l'avenir; car ce globule médicamenteux, destiné seulement à être flairé, conserve sa propriété pendant des années entières, sans en rien perdre, même après que le flacon a été ouvert un grand nombre de fois, et lorsque toute odeur d’alcool s’est dissipée depuis long-temps déjà (1). L'impression que l'olfaction instantanée de ce petit globule produit sur les nerfs est incomparablement plus rapide, dans les effets médicinaux qui en résultent, que ne le serait celle du médicament luimême administré en substance; elle a de plus lavanttage de durer si peu, d’être si passagère, qu'il n'en résulte rien au delà de ce qui est nécessaire pour obvier aux suites fàcheuses de l'événement imprévu, et qu’elle n’a point le pouvoir d’agir assez long-temps pour entraver beaucoup ou suspendre tout-à-fait

(1) Des personnes qui étaient nées sans odorat, ou qui l'avaient perdu par maladie, se sont aussi bien trouvées de ce moyen, que d’autres chez lesquelles le sens de l'olfaction était parfaitement développé. IL suit de là que les nerfs tactiles suffisent déja pour admettre l'impression salutaire et la propager au reste du système nerveux,

200 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

l'action exercée jusqu'alors par le médicament antipsorique. Cette dernière circonstance e8l inappréciable.

Cependant il n’est pas rare, dans le traitement des maladies chroniques par des remèdes antipsoriques, que nous ayons besoin aussi des autres médicamens appartenant à cette classe, Ce cas arrive lorsque des maladies intercurrentes , épidémiques ou même seulement sporadiques, qui sont provoquées par des causes météoriques ou telluriques, agissent sur laffection chronique dont on s'occupe, et non-seulement troublent le traitement antipsorique, mais encore l’interrompent souvent pendant un laps de ‘temps assez long. En pareille circonstance, il faut avoir recours aux autres pratiqués homæopathiques dont j'ai déjà eu l’occasion de parler: c’est pourquoi je n’en dirai rien ici, sinon que le traitement antipsorique doit être suspendu jusqu’aprés la guérison de la maladie intercurrente dont le sujet a été frappé, fallüt-il même pour cela quelques semaines dans les cas les plus ficheux. Cependant, même alors, lorsque la nouvelle maladie n’est pas trop grave, il suffit quelquefois de faire flairer un globule de sucre imbibé du médicament qu'elle RP et de cette manière on abrège singulièrement le traitement de l’affection aiguë.

Le médecin homæopathiste doué d'intelligence saura bientôt reconnaitre l'époque à laquelle les moyens mis en usage par lui auront achevé la guérison de la maladie intercurrente (1), et où la maladie

me

(1) Les maladies intercurrentes apparaissent ordinairement sous la forme d’une fièvre qui (lorsqu’elles-mêmes ne sout pas dues. à

chronique aura repris la marche qui lui est propre.

Cependant, apres la guérison d’une semblable maladie intercurrente, il arrivera toujours que l'affection chronique primitive offrira quelques modifications; que, par exemple, elle portera davantage sur une partie du corps autre que celle sur laquelle elle était fixée auparavant. Le médecin homæopathiste doit alors régler exactement son choix d’un remède anti-

psorique sur l’état des symptômes qui existent en-

core, et non se borner à prescrire celui qu'il était dans l'intention d’administrer avant la manifestation de la maladie intercurrente. | S'il est appelé à traiter d’une de ces maladies intercurrentes un sujet atteint d’une affection chronique pour laquelle il ne l'ait point traité auparavant, il lui arrivera fréquemment, surtout si la fièvre était grave, de s'apercevoir qu'après en avoir triomphé par les médiçamens reconnus spécifiques chez d’autres malades de la même espece, la guérison parfaite ne peut cependant point être obtenue, malgré toute

des miasmes fixes , variole, rougeole, dysenterie rouge, coquelache, ete.) sont toujours d’une autre espèce, parce que les causes occasionelles appartiennent à une autre catégorie, ou se présentent au moins dans un autre ordre de combinaison. Depuis que j'ai appris à guérir les maladies chroniques par l’anéantissement de leur source psorique ; j'ai trouvé une fièvre intercurrente susceptible d’être guérie par l’arsenie , une autre par le belladone, d’autres par l’antimoine cru , l’aconit, l’arnica , la noix vomique, l’opium ,. le semen-contra me ou employé AR En avec le piment, le trèfle d’eau , ete. Cependant ; je ne prétends exclure aucun des autres médicamens antipsoriques , pourvu qu'ils soient homœopathiques à tout l’ensemble des sympiômes de la fièvre régnanle.

208 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

la régularité imaginable ldans le genre de vie et le régime, mais qué des accidens d’une autre nature (ordinairement appelés maladies consécutives) éclatent, s’aggravent peu à peu et menacent de devenir chroniques. En pareil état de choses, il a presque toujours sous les yeux une gale qui est sur le point de prendre les dehors d’une maladie chronique, et il doit savoir la guérir antipsoriquement d’après les préceptes consignés dans cet ouvrage.

C’est ici le lieu d'appeler l'attention sur un phénomène remarquable, savoir que les grandes maladies épidémiques, la variole, la rougeole, le pourpre, la fièvre scarlatine, la coqueluche, la dysenterie rouge automnale, et autres espèces de typhus, lorsqu'elles atteignent leur terme, principalement sans avoir été soumises à un traitement homæopathique convenable, laissent l'organisme dans un tel état d’ébranlement et d'excitation que, chez beaucoup de ceux qui viennent d’en être débarrassés, la gale, précédemment latente dans l’intérieur du corps, s’éveille tout à coup et se prononce rapidement en exanthèmes analogues à l'éruption psorique (1), ou en d'autres affections chroniques qui, lorsqu'on ne les soumet pas à un traitement antipsorique rationnel, ne tardent point, l'organisme étant encore épuisé, à acquérir. un haut

(1) Lorsque ces exanthèmes sont un peu abondans, les auteurs leur donnent le nom de gales spontanées. Véritable être de rai son; car, l’histoire à la main, on ne trouve jamais de gale qui soit survenue autrement que par infection, et cetie maladie ne peut plus maintenant se reproduire d’elle-même sans le concours du miasme psorique. Quant au phénomène dont parle le texte, ce n’est autre chose que l’exanthème secondaire, dont j'ai déjà fait

degré d'intensité. En pareil cas, quand le malade succombe, ce qui arrive souvent, le médecin allopathiste ordinaire dit qu’il est mort des suites de la coqueluche, de la rougeole, etc. Mais ces suites ne sont autre chose que la gale développée sous la forme d'innombrables maladies chroniques, dont jusqu’à ce jour la cause fondamentale a été ignorée, et qui, par conséquent , sont demeurées incurables.

Les fièvres épidémiques et sporadiques exigent donc souvent, comme les maladies miasmatiques aiguës, même lorsqu'on a trouvé et convenablement emplégé un spécifique homoæspathique contre elles, qu’ on ait ensuite recours à un traitement aptipaOt que, pour lequel il m'est fréquemment arrivé de trouver-le soufre fort utile quand le malade n’avait pas été peu de temps auparavant soumis à l’action d’un remède dans la composition duquel entrât cette substance; car, dans ce cas, il faudrait aller chercher l'antipsorique parmi les autres médicamens appartenant à la classe.

L'opiniätreté si manifeste des maladies sntiéinis ques tient presque uniquement à une complication psorique, ou à un état voisin de la gale, engendré par le caractere particulier des circonstances de localité et du genre de vie des habitans; en sorte que , par exemple, les fièvres intermittentes nées dans les

mention si souvent , qui doit naissance à la gale demeurée latente dans l’intérieur du corps apres la suppression , ou, ce qui est rare, après la disparition spontanée de son éruption. Cet exanthème quitte fréquemment la peau de lui-même avec une grande rapidité , et rien ne prouve encore qu’il soit capable de communiquer la gale à d’autres personnes.

[Be

210 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

contrées marécageuses, ne cèdent souvent pas, malgré l'emploi du quinquina, chez les malades même ps ont été transportés dans des lieux secs, à moins Lo "on n'administre le traitement antipsorique et qu’ onn ‘insiste même d'une manière spéciale sur cette dernière méthode. Les effluves des marais paraissent être. une des causes physiques qui exercent l'influence la plus puissante, principalement dans les pays chauds, sur le développement de la gale latente chez un si grand nombre d'hommes. Si l’on n'a recours, dans presque tous les cas, à un traitement antipsorique aussi sagement dirigé que possible, on ne parviendra ‘jamais à combattre ce qu'il y a de meurtrier dans les climats humides, et à les éonvertiren régions où il soit PARA jouir d’une santé supportable. L’ homme s'accoutume aux extrêmes du chaud et du froid , et peut ivre bien portant dans lun et l'autre cas ; pourquoi ne pourrait-il pas s’accoutumer aux contrées marécageuseés, comme aux pays les plus secs, si là ne se cachait souvent un redoutable ennemi de sa santé, la gale, à laquelle, pour peu qu'elle existe à l’état latenit dans le corps, les eaux stagnantes, et lés effluves fournis par un sol humide, surtout lorque la température est habituel- D sus élevée ; éommiuniquent plus certainement qu'aucune autre influence physique pernicieuse la propension à se déployer sous Ja forme d’affections chroniques de toute espèce, notamment parmi celles dans lesquelles le foie souffre de préférence aux autres organes"? é

Les symptômes qui ont apparu les dansigis dans une maladie chronique abandonnée à elle-même sont ceux qui cèdent les premiers au traitement antipso-

rique ; les plus anciens, qui sont aussi les plus constans, les moins sujets à changer de forme ou d’aspect, et qui comprennent les affections locales fixes, ne Seffacent que vers Ja fin, après la disparition seulement des autres icddee lorsque la santé est déjà presque entièrement rétablie sous tous les autres rapports. Un antipsoriqué bien thoisi peut souventarrêter d’une manière rapide les accès d’une maladie périodique, telle que l'hystérie, l'épilepsie, étc.; mais, pour que cette suppression soit durable, et qu’on puisse compter sur elle, il faut un traitement complet de la gale entière qui est cachée dans le corps.

Les malades témoignent sonvent le désir dé voir - disparaitre avant tous les autres un symptôme qui leur est plus particulièrement à charge; il n’y a pas moyen de les satifaire sous ce rapport, mais il faut excuser un pareil vœu de leur part, en raison de leur ignorance.

Dans le compte rendu qu’un malade éloigné de son médecin écrit jour par jour, pendant qu'il fait usage des médicamens antipsoriques, il doit avoir soin de souligner, parmi les sy mptômes de chaque jour, ceux qui reparaissent apres avoir été longtemps sans se manifester; mais ceux qu il n’a point encore éprouvés, et qu 3 remarque pour la premiére | fois ce jour-là, doivent être marqués de deux barres. Les premiers annoncent que l'antipsorique a pris le mal par la racine, etqu'il avancera beaucoup la guérison radicale; les autres indiquent, quand ils renaissent fréquemment, et toujours de plus en plus prononcés, que le remède n'a pas été choisi parfaitement homœopathique, et qu'il faut le suspendre pendant

; si FA

212 DOCTRINE HOMOEOPATIIQUE.

quelque temps, le remplacer par un autre qui soit plus en harmonie avec l’ensemble des symptômes.

Vers le milieu du traitement, la maladie diminuée commence à repasser insensibiement à l'état de gale latente; les symptômes deviennent de moins en, moins saillans, et le médecin attentif finit par n’en plus apercevoir que def traces, qu ‘il doit cependant poursuivre jusqu'à leur entière disparition : car le moindre reste pourrait être un germe dont le développement reproduirait un jour l’ancienne maladie. Celui qui croirait alors la guérison achevée, comme ont coutume de le faire és personnes de toutes classes étrangères à l'art de guérir, se tromperait beaucoup. Avec le temps, et surtout sous l'influence d'événemens graves et désagréables , le faible résidu d'une gale ainsi réduite seulement à de plus pelites proportions, redonnerait naissance à une nouvelle maladie chronique, qui peu à peu saggraverait d’ellemême sans relâche, suivant l'usage des affections entretenues par un miasme chsobiiue qui n’a point été éteint.

Le malade est fondé à exiger du médecin le «10, tuto et jucundè de Celse; mais il doit avee raison l'attendre de lhomæopathiste dans les maladies aigués provenant de causes accidentelles, ainsi que dans les maladies intercurrentes.

Quant à ce qui concerne particulièrement le’ cito, c'est-à dire laccélération de la guérison; la nature même des choses y met pes du moins dans les maladies chroniques anciennes (1).

9 . * L2 (1) Il n’y a qu’un médicastre qui puisse promettre légèrement

TRATÉEMENT DES MALADIES CHRONIQUES. 213 On peut dire que la guérison de grandes maladies chroniques qui datent ‘de dix, vinet, trente ans et plus, est rapide quand on l'obtéente “Han le cours d’une ou deux années. Si la moitié de ce temps suffit pour l’accomplir chez des sujets jeunes et robustes, il faut, quand on traite une personne avancée en âge, accorder tous les délais nécessaires pour qu’elle puisse avoir lieu, même en supposant que ni le mé- decin, ni le malade, ni ceux qui entourent ce dernier ne commettent aucune faute. On n'aura pas de peine à comprendre qu’une si ancienne affection chronique, dont le miasme primitif a eu tout le temps nécessaire pour introduire ses racines parasites jusque dans les replis les plus cachés de l'organisme, finit par être tellement identifiée avec la constitution, qu'il ne suffit pas d’un traitement médical rari. d'un genre de vie régulier, et d’une grande soumission de la part du malade, mais qu'il But encore beaucoup de temps et de patience, pour extirper toutes les parties de cet immense polype dynamique, sans compromettre l'organisme lui-même et ses facultés. | Il faut que, dans un traitement antipsorique, même long, même trés-prolongé, les forces du ma- Jade aillent toujours en augmentant, depuis le début jusqu’à la guérison et au rétablissement de l'état

dé guérir une grave maladie chronique en un mois ou six semaines. Que lui importe de tenir parole où non? Que hasarde--il, si, comme on doit s’y attendre , le sujet sort de ses mains plus malade qu’il n’y est entré? Ge n’est point l'honneur! car.ses confrères ne font pas mieux que lui. Mais la conscience ? Aurait-1l done encore quelque chose à perdre sous ce rapport ?

214 DOCTRINE HOMOFOPATHIQUE.

normal. Elles croissent pendant tout ce temps, sans qu'on administre le moindre d’entre les remèdes désignés sous le nom de fortifians, et font d’elles-mèmes des progrès, à mesure que l'économie se débarrasse de l'ennemi qui la rongeait (1).

Le moment le plus favorable pour prendre une dose de médicament antipsorique parait être le matin, à jeun. Lorsqu'on n'attend de sa part que l'action la plus faible qu'il puisse exercer, on en prend la poudre (2), qu'on applique sur la langue, soit sèche, soit humectée avec deux ou trois gouttes d'eau. Dans J'un et l'autre cas, on reste une demiheure ou une heure entière sans rien boirenimanger.

Après avoir avalé le médicament, le ace doit rester au moins une bonne heure bien tranquille, mais cependant sans dormir, parce que le somineil recule l'époque à laquelle commence l'effet du remède. Pendant cette heure, il doit éviter toutes les secousses morales désagréables , et tout ce qui pourrait lui causer quelque contention d'esprit, la lecture,

(1) On ne comprend pas que les médecins allopathistes aient pu concevoir l’idée de guérir des maladies chroniques par des traitemens toujours violens et débilitans, sans que les résultats constamment fâcheux de cette méthode les aient jamais détournés d'y recourir de nouveau. Les amers et le quinquina qu'ils donnaient dans les intervalles ne faisaient qu'accroitre la masse des maux déjà existans, sans pouvoir réparer les forces anéanties.

(2) Lesoin de désigner les sipnidies par des nombres courans à cela de commode que , quand un malade , surtout éloigné , envoie son compte-rendu , €n ayant soin d' die la dose et de numéro de la poudre qu il a prise le mstin, on peut reconnaître le jour auquel il a pris sa dose de médicament, et ealeuler la marche de l'action d’après le nombre des jours qui se sont écoulés depuis.

le calcul, l'écriture, les entretiens qui exigent de la réflexion. g

La dose du médicament ne doit être prise ni peu avant l'instant où les femmes attendent leurs règles, ni pendant l'écoulement du flux menstruel; maïs on peut la faire prendre, s’il est nécessaire, le quatrième Jour, environ quatre-vingt- -5e1Z6 ras apres l'apparition de ce dernier. Lorsqu'il a été dr dites jusqu'alors que les règles avancent ou coulent trop abondamment, on est souvent obligé, ce quatrième jour, de faire respirer une petite dose de noix vomique, c’est-à-dire un globule de sucre imbibé d’une dissolution au décillionnième; on attendensuite quatre ou six jours avant d’administrer Pantipsorique. Mais si la femme est fort sensible et très-nerveuse, on aura soin à chaque époque, soixante-eldouze heures après l'apparition des règles, de Iui faire flairer un globule de sucre imbibé de la dissolution précédente, cequin'empêche pas de continuer le traitement antipsorique (1). |

La grossesse, dans tous ses degrés, met si peu obstacle aux traitemens antipsoriques, que, loin dé là, c'est souvent alors qu'ils deviennent le plus nécessaires et le plus efficaces (2). Le plus nécessaires: ge

ur

(x) Dans un pareil dérangement des règles, tout traitement. 2 maladies chroniques est inutile, si l’on n’a pas soin d’administrer ainsi de temps en temps la noix vomique, qui possède ici la vertu spécifique de remédier au défaut d'harmonie que les désordres menstruels occasionent dans les fonctions nerveuses, et de calmer l'excès de sensibilité et d’irritabilité qui oppose un obstacle insurmontable à l’action salutaire des remèdes antipsoriques.

(2) Quel moyen plus certain aurait-on , par exemple , de pré-

20 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.

parce que les maladies chroniques se déploient davantage pendant cet état. En effet, c’est pendant cette période de la vie des femmes que les sy PUR de la gale interne deviennent le plus prononcés, à cause de l'excitation qu'éprouvent le physique et le moral. Aussi lesmédicamens antipsoriques n’agissentils jamais d’une manière plus sensible et plus prononcée qu'alors, ce qui indique au médecin la nécessité non-seulement de les-prescrire à aussi petite dose et aussi étendus que possible, mais encore de s'attacher à les choisir parfaitement homœæopathiques.

Jamais on ne donne de médicamens aux enfans eux-mêmes qui sont à la mamelle. C’est la mere ou

venir les Pr de l’avortement , qui a sa source presque exclusivement dans la gale, et de les prévenir d’une manière durable, si ce n’est en soumettant la femme à un traitement antipsorique bien dirigé, avant ou du moins pendant sa grossesse? Quel autre moyen serait plus efficace qu’un pareil traitement , administré à temps, pour écarter par avance ces états de la mère qui, dans les cas même où l'enfant se présente bien et où l’accouchement s’exécute d’une manière naturelle, mettent si souvent sa vie en danger, . ou la conduisent à la mort? Les positions vicieuses même de l’en-

… fant n’ont fréquemment, sinon toujours, d’autre cause que l’affection psorique dont est atteinte la mère ; et telle est bien - certainement la cause de l’hydrocéphale et des autres vices de conformation du fœtus. Il n’y à qu'un traitement antipsorique, administré sinon avant, du moins pendant la grossesse , qui puisse faire disparaître d’avance incapacité de la mère à nourrir ellemême son enfant, prévenir les affections si communes des seins, les excoriations auxquelles la succion expose les mamelons, la disposition si fréquente aux phlegmasies érysipélateuses des mamelles , les abcès dans ces parties du corps, et les écoulemens de sang par la matrice pendant la durée de l’allaitement.

la nourrice qui les prend pour eux; au moyen de son lait, ils agissent promptement, doucement et efficacement sur le nourrisson. ”

La nature inintelligente, livrée à elle-méme, ne peut rien faire de mieux dans les maladies chroniques, et dans les affections aiguës qui en procèdent de temps en temps, que de recourir à des palliatifs pour sauver temporairement le sujet du danger subit

qui menace ses jours. De là les fréquentes évacuations

qui surviennent d’elles-mêmes dans ces affections, les diarrhées , les vomissemens, les sueurs, les ulceres , les hémorragies, etc., événemens dont le résultat n'est qu'un soulagement momentané du mal primitif, qui, par suite même des pertes en force et en humeurs qu'ils entraînent, ne fait au fond que s'aggraver de plus en plus. -

L’allopathie n’a pas pu faire plus jusqu'à ce jour pour la vraie guérison des maladies chroniques. Elle n’a pu qu'imiter la nature inintelligente dans ses efforts palliatifs, sans même produiré ce faiblerésultat, mais aussi sans manquer d'épuiser beaucoup Îles forces. Elle n’a donc jamais fait, comme la nature, que hâter la ruine générale, sans pouvoir le moins du

monde contribuer à éteindre le mal fondamental. Ici se rangent les innombrables moyens décorés du titre …

de dissolvans (purgatifs), les saignées, les ventouses, les applications de sangsues, dont la mode est poussée aujourd’hui jusqu’à la démence, les sudorifiques, les exutoires, cautères, sétons, vésicatoires, etc.

Le médecin homæopathiste, qui sait guérir radicalement la maladie chronique elle-même par lapplication de la méthode antipsorique, a si peu besoin de tous ces moyens, propres seulement à assurer la

Ps

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perte des malades, qu'il doit au contraire éviter avec soin que ces derniers ne les emploient secrètement tandis que lui-même les traite. Le malade a beau lui assurer qu'il a habitude de se faire saigner ou purger à telles ou telles époques, que par conséquent une saignée, une purgation Jui sont nécessaires, il ne cédera jamais, il ne permettra jamais rien de semblable. | Il n’est qu’un seul cas (lorsque, comme dans beaucoup de maladies chroniques, les sellesretardées souvent de plusieurs jours incommodent beaucoup) ou , au début du traitement, avant que le remède antipsorique ait encore eu le temps d'améliorer les choses sous ce rapport, l'homæopathiste se permet d’'administrer au malade qui n’a point été à la selle depuis trois ou quatre jours, un lavement d’eau tiède pure, sans la moindre addition, et quelquefois un second, quand le premier n’a pas produit d'effet au bout d'un quart d'heure. Il est rare qu’on ait besoin d’attendre encore un quart d'heure pour donner un troisième lavement. C'est là un moyen incapable de nuire, qui n’agit guère que d'unemanière mécanique, en distendant les intestins, auquel il convient parfois

de recourir, et qu'on peut renouveler au bout de trois ou quatre jours, parce que les médicamens antipsoriques, notamment le lycopode plus encore

que le soufre, ont la propriété de déterminer ordinairement la constipation peu de temps après qu’on vient de les administrer.

Les exutoires ne sont excusés par rien, et ne font qu'épuiser les forces; cependant, lorsque le malade les porte depuis long-temps, souvent depuis des années, le médecin homæopathiste ne peut les suppri-

mer qu'autant que le traitement antipsorique a déjà fait de notables progrès. Mais s'il est possible de les diminuer sans les faire disparaître tout-à-fait, on n’oublie pas cette précaution des le début même du traitement.

À l'égard des vêtemens “à flanelle, qu’à du de moyens plus efficaces, les médecins ordinaires pres crivent comme étant capables, suivant eux, de prévenir les refroidissemens, et dont ils ont tant abusé, à la grande incommodité des malades, Fhomœæopa- . thiste est obligé d'attendre, pour les supprimer, que les antipsoriques commencent à amender la maladie, à diminuer l'impressionnabilité par le froid, et que Ja saison lui permette de le faire sans inconvénient. Lors même qu'il traite des sujets très-délicats, il doit leur faire porter pendant une quinzaine de jours des chemises de coton, qui grattent et échauffent moins la peau, avant de mettre celle-ci en contact avec de Ja toile.

Par une multitude de motifs qu’il est facile d’entrevoir, entre autres pour ne pas mettre obstacle à l’action des faibles doses auxquelles sont prescrits ses médicamens, lhomæopathiste doitinterdire, pendant toute la durée du traitement, l'usage des parfumeries, des eaux de senteur, des cu aromatiques, des pastilles de menthe, de l'anis confit, des tablettes pectorales, des liqueurs, des chocolats aromatisés ou au lichen d'Islande, des électuaires, poudres et teintures dentrifices, enfin de tous les articles de luxe analogues.

Les bains dits de propreté, quedésirentsouventavec ardeur les malades auxquels on les a interdits, ne doivent pas être accordés, parce qu'ils ne manquent

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jamais de porter le trouble et le désordre dans l’économie. Jamais non plus ils ne sont nécessaires; des lotions rapides, partielles on générales, avec l’eau de savon, remplissent le même but ni et sans nul inconvénient.

Le parti que l’homæopathiste betises des méthodes antipathiques, dans le traitement de quelques maladies chroniques, se réduit à bien peu de chose. Cependant il ne faut pas négliger ce peu. Comme le médecin qui professe la doctrine de l'homæopathie ne connaît pas la partialité, et qu’il n’a en vue que le perfectionnement de son art, il accepte avec plaisir tout ce qui lui est fourni d'utile par des sources autres que la sienne, füt-ce même par un ennemi.

A la fin de l’'Organon de l'art de guérir j'ai cité des cas de maladies aiguës dans lesquels on peut tirer quelque avantage de l’emmploi des moyens énantiopathiques. Ici j'ai à dire où et comment on parvient à les appliquer d’une manière utile au traitement de certaines maladies chroniques.

En général, lorsque la mobilité et la sensibilité sont éteintes depuis long-temps dans une ou plusieurs parties du corps, il est avantageux d'exercer une stimulation aussi légère que possible, mais répétée, pendant qu’on administre à l’intérieur les médicamens antipsoriques.

Dans l’un et l’autre cas le miasme chronique semble avoir peu à peu éteint tout-à-fait ou presqueentièrement l'influence de la force nerveuse sur les parties souffrantes, et les avoir, si on peut s'exprimer ainsi, renduëes imperméables à cette force. C'estcequiarrive, parexemple, dans une paralysie absolue, ou à peu près, d’une main, d’un bras, d’une jambe, dans une goutte

sereine, dans une surdité ancienne et presque totale, dans une inertie presque complete des organes génitaux de l'homme, qui n’est plus le moins du monde capable d'entrer en érection; dans la stupeur et l'insensibilité des parties génitales de la femme durant l'acte vénérien ; dans une ancienne paralysie de la vessie ou de son sal , ete.

Mais dans tous ces cas on agirait en sens inverse du but qu’on se propose, la guérison, si, pour produire une excitation locale, on employait des moyens antipathiques aussi violens que ceux dont l'allopathie a été jusqu’à présent dans l’habitude de se servir; Si, par exemple, on avait recours aux commotions électriques rendues chaque jour de plus en plus i intenses. Il résulterait nécessairement de là que l'effet contraire à celui qu'on veut obtenir serait la conséquence de la réaction, et que la partie demi-paralysée tomberait daus une paralysie totale, que le sujet qui a l'oreille dure deviendrait sourd, en un mot que Ja maladie deviendrait absolument inaccessible aux moyens de guérison, comme l'expérience nous latteste par des or d'exemples. |

Une pareille manière de procéder ne se concilie pas avec la conduite ordinaire du médecin homœæopathiste. | | |

De très-faibles commotions électriques, capables seulement de produire une légère sensation où un léger mouvement dans la partie presque insensible ou presque paralysée (x), sont celles auxquelles il

(1) Un jeune homme, d’ailleurs bien portant, était atteint d’une surdité presque complète , qui s’était déclarée chez lui de-

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convient surtout de recourir. Cependant on ne saurait tracer aucun. précepte général sous ce rapport, à cause des diversités que présentent et les constitutions et les maladies individuelles. La seule règle qu'on puisse établir, c’est de commencer toujours, à titre d’éssai, par une seule étincelle, aussi faible que possible, et d'aller peu à peu en augmentant, jusqu’à celle qui est capable de provoquer une légère sensation, un faible mouvement, dans les parties privées de sentiment ou paralysées. On s'arrête à ce degré péndant quelques semaines, en APPHAUAUE chaque jour trois, HÉRg ou six étnéilés, jusqu'à ce qu’elles commencent à agir avec plus d'énergie sur la partie malade ; aussitôt on doit'en diminuer un peu la force, tout en ayant soin qu elles continuent cependant toujours à être sensibles, et ainsi desuite.

L'emploi de si faibles commotions électriques ne .trouble en rien l’action des méditamens PEN ques internes; car l’économie ne tarde pas à s’y accoutumér tellement que l'effet dynamique du remède exigé par l'état général de la maladie n’en éprouve aucun préjudice. Bien loin même de là, cette douce excitation électrique rend les parties insensibles ou paralysées plus accessibles à l'action du moyen anti-

puis plusieurs années , à la suite d’une violente chute de cheval. Jé n’émployai d'autre moyen, pour le guérir, que de lui faire passer à travers les oreilles, tous les jours ou tous les:deux jours, des étincelles d’une demi-ligne de diamètre d’abord, auxquelles, quand elles devinrent trop sensibles, j’en substituai d’autres d’un tiers de ligne seulement. J’employais, à chaque séance, deux, trois . ou quatre de ces étincelles. J1 fallut eñviron trois mois pour rétablir l’ouïe.

psorique, dont elles ne s'étaient pas ressenties jusqu'alors, et dont elles n eussent jamais éprouvé sans cela l'impression.

Cependant ces excitations RUE locales demeureraient sans résultat, ou ne produiraient qu’un effet de bien courte durée, si le traitement dr que intérieur ne continuait pas en même FRPS à tarir la source de l'affection locale, c’est- à-dire à détruire la maladie psorique interne.

Ce qu'il y a de mieux pour cela est une petite machine électrique toute simple, dont on frotte le cylindre de verre avec la main propre et sèche. La bouteille de Leyde doit être aussi de la plus faible dimension, et capable seulement de contenir une demi-once d’eau dans son intérieur: L’armature extérieure ou négative de la bouteille est celle avec laquelle il convient surtout de mettre la partie en contact pendant l’électrisation, tandis qu'une autre partie du corps tient la chaîne en rapport à chaque commotion avec l’armature intérieure. Un fil métallique roulé sur lui-même comme un ressort à boudin, remplit l'office de chaîne. $

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