X. Acide nitrique (Witri acidum
On prend du nitre en gros cristaux, qu’on dissout dans six parties d’eau chaude, et qu’on laisse ensuite cristalliser à un grand froid; une demi-once de ce nitre, ainsi purifié, est réduite en poudre, et mise,
(1) Chez üne personne timide,
ACIDE NITRIQUE. brq
au moyen d’un entonnoir en verre, de forme recourbée, dans une petite cornue brasquée; après quoi on introduit, par le même entonnoir, un gros d’acide phosphorique (1), de consistance oléagineuse; on agite un peu, et on distille l'acide nitrique, à la flamme de la lampe, dans un petit récipient non luté. Ainsi obtenu, l’acide ne fume pas, et sa pesanteur spécifique est d'environ 1,200. -
(ra est étonnant qu’on ait conservé dans la Pharmacopée prussienne un mode si compliqué et si imparfait pour la prépara— tion de l'acide phosphorique pur, au lieu d’adopter la méthode bien plus simple et plus productive que j'ai donnée dans le 4° volume de ma Matière médicale pure. Elle consiste à prendre une livre d'os brûlés à blanc et réduits en morceaux , à les mettre dans une capsule de porcelaine , à verser dessus wne livre de l’acide sulfurique le plus fort, à remuer plusieurs fois le méiange , pendant vingt-quatre heures, avec une baguette de verre, à y ajouter ensuite deux livres de bonne eau-de-vie, à introduire le tout dans un sac de toile, et à le presser entre deux planches chargées d’un poids. Ce qui reste dans le sac peut encore être délayé avec deux autres livres d’eau-de-vie. On mêle ensemble les deux liqueurs, et on les laisse reposer pendant deux jours, afin qu’elles s’éclaircissent. Après avoir ensuite décanté le liquide clair, on l’épaissit sur le feu, dans une capsule de pcreelaine, où on finit par le fondre à la chaleur ronge. L’acide phosphorique fondu doit avoir la transparence du cristal ; on le casse en morceaux, tandis qu’il est encore chaud , et on le con$erve dans des flacons bien bouchés, parce qu’il attire avec promptitude l’humidité de l'air, qui le convertit totalement en un liquide un peu épais et clair comme de l’eau. Cette méthode n’a pas pour elle l’autorité d’un collége ; mais elle est meilleure, moins dispendieuse, et elle extrait tout l'acide phosphorique des os, à l’état de pureté parfaite, sans qu’on ait besoin d’essayer par le nitrate de baryte s’il contient de l’acide sulfurique. L’eau-de-vie employée pour le lavage, doit être à0,950 de pesanteur spécifique.
518 DOCTRINE HOMOFOPATHIQUE.
On mêle une goutte de cet acide avec cent gouttes d’eau distillée, et l’on secoue deux fois le mélange, dont on mêle une goutte avec cent gouttes d'alcool aqueux, en imprimant deux secousses au tout, ce qui porte l'acide au dix-millième degré de dilution (10,000 ). On continue de même pour les dilu= tions portées jusqu'à (VI), (VIII) et (X), en donnant chaque fois deux secousses.
Ces trois dilutions sont les seules dont le médecin homœæopathiste se serve à titre d’antipsoriques. La dose est d’un à deux Hire de sucre, qu'il en imnbibe. Il n'emploie que la dilution au décillionnième chez les malades les plus foibles. Cependant il vaut mieux et il est plus sûr de n'avoir jamais recours qu’à cette dernière.
Une pareille*dose Anh souvent de bons effets pendant plus de quarante jours, lorsque l'acide nitrique a été tellement choisi qu'il existe la plus grande ressemblance possible entre ses symptômes propres et le groupe des symptômes de la maladie.
Cependant on remarque que ce médicament convient mieux aux personnes brunes, qui ont la fibre raide, qu'aux blondes, dont la fibre est sèche.
Il arrivera rarement qu'on le trouve plus d’une fois indiqué homæopathiquementdansletraitementd’une maladie chronique. ° |
Il ne convient guère qu'aux malades qui ont habituellement des selles trop molles, et on peut rarement l’employer chez ceux qui ont de la tendance à la constipation.
Les circonstances dans lesquelles il s’est montré le plus efficace, sont celles où existaient les états morbides suivans : vertige qui oblige à s'asseoir; mal
ACIDE NITRIQUE. 519 de tête pulsatif; paralysie de la paupière supérieure. Pression dans les yeux ; élancemens dans les yeux; suppuration des yeux; points noirs voltigeans devant les yeux; éruption de boutons à la face; bourdonnement dans les oreilles ; battement dans les oreilles; obstruction des oreilles; dureté de l’ouie ; sécheresse du nez; saignement du nez; ulcère à la
partie rouge des lévres; gonilement des glandes du col; chaleur brülante dans la gorge; douleur comme d'excoriation dans la gorge ; goût amer dans la bouche ; serrement de gorge après avoir bu vite; dégoût pour la nourriture animale; impossibilité de digérer le lait; soif (dans la suppuration du poumon); accumulatiion des vents dans le ventre; déplacement des vents, le matin et le soir; coliques; élancemens dans le ventre, quand on y touche; douleur semblable à celle d’un ulcère dans le bas-ventre ; borborygmes dans le ventre; pression sur le siége; fétidité de l’urine ; incontinence d'urine; douleur en urinant; gonflement des glandes de laine; fics; flueurs blanches; coryza sec; obstruction des narines; asthme; douleur au sacrum; douleur dans le dos ; raideur de la nuque; élancemens dans les épaules; douleur dans les cuisses en se levant de sa chaïse; faiblesse dans les genoux; crampes dans les mollets après s'être assis, en marchant; élancemens dans le talon en marchant; froid aux jambes; froid glacial; inflammation, prurit aux membres par leffet du moindre froid; déchiremens dans les membres; prurit des dartres; taches d'un brun rougeätre à la peau; verrues; grande disposition a se refroidir ; lassitude le matin ; lassitude après le diner; faiblesse ; agitation la nuit; réveils fréquens; fièvre Paprès-
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midi, avec froid et chaleur ; sueur la nuit; défaut de sérénité d'esprit; tristesse; humeur chagrine; irritabilité excessive; inquiétudes sur issue de la maladie, avec crainte de la mort ; éloignement pour le travail.
On calme l’action trop violente de l'acide nitrique en faisant flairer une dissolution de camphre.
Vertige en se baissant.
Vertige, aussitôt apres s'être couché, le soir, dans le lit.
Le soir, grand vertige; en se levant de sa chaise, le sujet ne pouvait revenir à lui.
Le matin, en se levant, vertige avec obscurcissement de la vue; le sujet fut obligé de s'asseoir.