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Jusqu’a présent, la médecinehomæopathique, fidèlement suivie telle qu’elle avait été enseignée dans mes écrits et dans ceux de mes élèves, a prouvé partout, d'une manière évidente et décisive , sa supériorité naturelle sur les méthodes allopathiques, quelles qu'elles soient, non-seulement dans les maladies aiguës, c’est-à-dire dans celles qui attaquent l'homme avec rapidité, mais encore dans les affections épidémiques et les fièvres sporadiques.
L’homoæopathie a également procuré la guérison ‘adicale des maladies vénériennes d’une manière beaucoup plus sûre et plus exempte d'inconvéniens
ou d’affections consécutives, en attaquant unique- É. 1
2 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.
ment par l'intérieur, et aumoyen du meilleur remède spécifique, le mal interne qui en est la source, sans troubler ni détruire les symptômes locaux dont il détermine l'apparition.
Mais le nombre des autres maladies chroniques répandues sur la surface du globe était infiniment plus grand, énorme même, et il l’est encore.
Leur traitement, tel qu'il a été dirigé jusqu'à ce jour par les médecins allopathistes, ne servait qu’à accroître les souffrances de ceux qui en étaient atteints; car, avec tous ces mélanges de substances violentes à hautes doses, dont la véritable maniere d'agir était inconnue, avec ces bains sans cesse répétés, ces drogues destinées à provoquer la sueur ou la salive en abondance, ces moyens stupéfians, réputés anodins, avec tout cet attirail de lavemens, de frictions, de fomentations, de fumigations, de vésicatoires, d'exutoires, de cautères, mais principalement avec ces éternelles prescriptions de purgatifs, de sangsues, de saignées, et ces traitemens par la faim, ou autres tortures médicales, ordinairement mises en vogue par la mode du jour, quelque nom qu’elles puissent porter, tantôt le mal devenait plus grave, et les forces vitales allaient sans cesse en baissant, malgré tous les prétendus fortifians administrés dans les intervalles ; tantôt, lorsque ces moyens déterminaient un changement manifeste, à l'affection dont le sujet avait été atteint jusqu'alors, se substituait un autre état morbide plus fâcheux, de l'apparition duquel le médecin se consolait en disant qu’au moins l'ancienne maladie avait été vaincue, qu'à la vérité il était fâcheux qu’une affection nouvelle se fût déclarée, mais qu’on pouvait espérer
de guérir à son tour celle-là non moins heureusement que l’autré. C'est ainsi qu’au milieu d’un changement dans les formes du méme mal, les souffrances du patient allaient en augmentant, jusqu’à ce qu’enfin Ja mort vint faire cesser ses plaintes pour toujours, et que les regrets de la famille fussent tempérés par l'illusion consolante qu'au moins on avait essayé et employé tous les moyens imaginables pour prévenir la catastrophe.
Ce n’est point ainsi que procède l’homæopathie, ce don précieux de la Divinité.
Mème dans ces autres espèces de maladies chroniques, les adeptes de la médecine homæopathique ont fait, en suivant les préceptes consignés dans mes ouvrages el développés autrefois dans mes leçons orales, beaucoup plus qu’on n'obtient par tous les prétendus traitemens qui ont été mis en usage jusqu'à ce jour.
Cette manière d'agir plus conforme à la nature leur permettait, après avoir recherché tous les symptômes appréciables de la maladie chronique actuelle, pour lui opposer, aux plus petites doses possibles, celni des moyens dont on a jusqu’à ce jour étudié l’action. pure et vraie qui était le plus homœopathique avec elle, de procurer, souvent en très peu de temps, sans soustraire des humeurs, sans épuiser les forces, comme fait l’allopathie des médecins ordinaires, nne amélioration après laquelle le malade pouvait retrouver des jours heureux, et qui surpassait de beaucoup tout ce que les allopathistes avaient jamais obtenu dans des cas rares, lorsqu'un hasard favorable voulait qu'ils s’'adressassent bien en puisant dans leurs boîtes de médicamens.
A DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.
Les maux cédaient en grande partie à une tresfaible dose du médicament qui s'était montré apte à produire chez l'homme bien portant une série de symptômes semblables à ceux qu'on observait actuellement chez le malade, et quand l'affection n’était pas trop ancienne ou portée à un très-haut degré, l'effet durait souvent pendant un long espace de temps, de sorte que lhumanité pouvait déjà s’estimer heureuse, et dans beaucoup de cas s’applaudissait réellement d'avoir rencontré un secours venu si à propos. Le sujet traité de cette maniere pouvait se croire à peu près en santé, et il lui arrivait même assez souvent de se flatter d’une guérison absolue, lorsqu'il appréciait bien l’état supportable dans lequel il se trouvait alors, et le comparait avec les souffrances qu'il ressentait avant d’avoir été soulagé par Phomæopathie.
Cependant il suffisait souvent d’écarts un peu grossiers dans le régime, d’un refroidissement, d’un maurvais temps, d'un froid humide ou d’un orage, de l’automne , quelque doux même qu'il füt, mais surtout de l'hiver et dun printemps froid, d’un exercice forcé du corps ou de l'esprit, et principalement d’une secousse imprimée à l'économie par une grave lésion extérieure ou par un événement accablant, un vif chagrin, de grands soucis ou une tristesse prolongée, pour que l'un ou l’autre des maux dont on avait triomphé reparüt bientôt, accompagné même d’accidens nouveaux, sinon plus fâcheux que ceux dont l’homœæopathie avait précédemment procuré la suppression , fréquemment du moins tout aussi graves, et maintenant plus opiniätres. Dans ce dernier cas, le médecin homæopathiste, agissant comme s’il eût
été question d'une maladie nouvelle, recourait à celui des médicamens connus qui avait le plus de rapport avec elle , et administrait naturellement avec assez de succès cette substance, qui, sur-lechamp, remettait le malade dans un meilleur état. Dans le premier cas, au contraire , ou, par leffet des causes dont je viens de faire l’énumération, les maux qui semblaient déjà éteints venaient à reparaître, le moyen dont on s'était bien trouvé la première fois réussissait d’une manière beaucoup moins complète, et quand on le réitérait une troisième fois, il était couronné d'un succès moins marqué encore. Alors, sous l'influence des remèdes homæopathiques en apparence les mieux appropriés, et même lorsqu'il n'y avait rien à redire au genre de vie du malade, on voyait éclater des symptômes nouveaux de maladie, qu'on ne pouvait faire disparaître qu'incomplètement à l’aide des moyens les plus homæopathiques, et dont il était même impossible de diminuer l’intensité lorsque les circonstances du dehors dont il a été parlé plus haut venaient à entraver la guérison.
Il arrivait bien quelquefois qu'un événement propre à inspirer de la joie, un changement heureux dans la situation extérieure du sujet, un voyage agréable, une saison favorable et sèche, un beau temps soutenu, suspendait laffection chronique d'une manière remarquable, et pour un temps plus ou moins long, pendant lequel il pouvait se faire que le disciple de l’école homoæopathique supposät la maladie à peu près guérie, et que le malade, donnant peu d'attention à des maux modérés et supportables, se crût lui-même guéri. Mais cette trève n'était jamais de longue durée, et les récidives, les
6 DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.
fréquentes rechutes du mal finissaient par rendre les médicamens reconnus jusqu'alors pour être le plus homœæopaihiques et donnés aux doses les plus appropriées, d'autant moins efficaces qu’on en réitérait davantage l'administration. Une époque arrivait même où à peine procuraient-ils un léger soulagement. Mais; d'ordinaire, après des efforts réitérés pour triompher d’une affection quise reproduisait toujours avec quelques modifications nouvelles, il restait, même lorsque le malade n’avait rien à se reprocher du côté du régime, et qu’il exécutait ponctuellement tout ce qu'on lui prescrivait, des maux que les médicamens les plus éprouvés jusqu'alors ne pouvaient hi faire disparaître, ni souvent même diminuer, et qui, $e multipliant sans cesse, devenaient à k'ohaque instant de plus en plus Frébatie Ainsi, au totai, le médecin homoæopathiste ne parvenait, en agissant ainsi, qu'à retarder la marche de la maladie chronique, qui cependant s'aggravait d'année en année, |
Tel était et tel est encore le résultat plus ou moins prompt de ces traitemens mis en usage contre toutes les maladies chroniques non vénériennes considérables, même lorsqu'ils semblaient être dirigés rigoureusement apres les principes connus jusqu'ici de l’art homæopathique. Leur début inspirait de là confiance, leur prolongation produisait des effets de Moins en moins favorables, et leur terminaison détruisait tout espoir.
Cependant la doctrine elle-méme était et sera éternellement appuyée sur l'immuable base de la vérité. Elle a prouvé au ntonde, par des faits, qu’en peut avoir foi à son excellence, je dirais presque à
| NATURE DES MALADIES CHRONIQUES. 7 son infaillibilité, si ce terme pouvait être employé en parlant de choses humaines.
Elle, lhomœæopathie, a enseigné, seule et la pré mière, les moyens de guérir, par des médicamens homoæopathiques agissant d’une manière spécifique, les grandes maladies qüi constituent des espèces à part, l’ancienne fièvre scarlatine lisse dé Sydenham, le pourpre des modernes , la coqueluche, la maladie des fics, et les dyssenteriés automnales. Il n’y a pas même jusqu'aux pleurésies aiguës et aux affections typhoiïdes contagieuses qu’elle ne ramène promptement à la santé par quelques petites doses de remèdes homæopathiques bien choisis.
D'où vient donc ce résultat moins favorable, ce résultat défavorable qu'a même l’homæopathie dans le cours du traitement des maladies chroniques non vénériennes ? À quelle cause tient-il qu'on a échoué dans tant de milliers de tentatives pour traiter les
autres maladies chroniques dé manière à procurer une guérison durable ?
Peut-être faut-il s'en prendre au nombre trop peu considérable encore des médicamens homæopathiques dont les effets purs ont été éprouvés !
Les adeptes de l'homæopathie se sont arrétés jusqu’à présent à cette excuse, à cette sorte de consolation. Mäis le fondateur de la doctrine n’a jamais pu s’en contenter, d'autant mieux que le nombre croissant d'année en année des médicamens éprouvés sous le rapport de leurs effets purs, n’a point fait faire un seul pas à la thérapeutique des maladies chroniques non vénériennes. |
Trouver la cause qui fait que tous les médicamens connus de lhomœæopathie ne procurent point de
Ô DOCTRINE HOMOEOPATHIQUE.
guérison véritable dans ces maladies, et arriver, s’il est possible, à des vues plus exactes sur la vraie nature de ces milliers d’affections qui résistent au traitement, malgré linébranlable vérité de la loi homoæopathique, tel est le problème extrêmement sérieux dont je me suis occupé jour et nuit depuis les années 1816et1817.Dans cet intervalle, le dispensateur de tout bien m'a permis d'arriver, par des méditations assidues, des recherches infatigables, des observations fidèles et des expériences de la plus parfaite exactitude, à une solution de cette grande énigme qui doit tourner au profit du genre humain (1).
. Le fait que ds maladies chroniques non .vénériennes , traitées homœæopathiquement, même de la meilleure manière, renaissent cependant après avoir
(1) Cependant, je n’ai rien laissé transpirer de ces efforts inouïs , ni dans le public , ni parmi mes élèves, et en cela je n’ai point été retenu par la crainte de l’ingratitude qu’on a si souvent témoignée envers amoi, car je n’ai jamais eu égard ni à l’ingratitude, ni aux persécutions, dans le cours de ma vie,, qui, bien que pénible, n’a cependant point été dénuée de satisfaction, à cause de la grandeur du but auquel je tendais. Si j'ai gardé le silence , c’est qu'il est inconvenant et souvent nuisible de parler ou d’écrire sur des choses qui ne sont point encore à maturité. I] y a cinq ans seulement que les principaux résultats de mes méditations ont été communiqués à deux de mes disciples qui ont le plus contribué aux progrès de l” art homæopathique, et celte commumication n’a pas profité seulement à eux, mais encore à leurs malades. Je l’ai faite afin que la science ne fût pas entièrement perdue pour le monde, si je venais à être rappelé dans le sein de l'éternité avant d'achever mon livre, ce qui n’était pas sans vraisemblance pour un homme presque octogénaire.
été mises plusieurs fois de côté, qu’elles reparaissent toujours sous une forme plus où moins modifiée et avec de nouveaux symptômes, et qu’elles se reproduisent même chaque année avec un accroissement notable dans l'intensité de leurs accidens, cette observation si souvent renouvelée fut la première circonstance qui me donna à penser que, dans un cas de ce genre, et même dans toutes les affections chroniques non vénériennes, on n’a point seulement affaire à l’état morbide qui se dessine actuellement,
qu il ne faut pas considérer et traiter cet état comme une maladie à part, puisque, si tel étaitson caractere, l’homæopathie devrait le guérir en peu de temps et pour toujours, ce qui est contraire à RARES: | J'en conclus qu’on n’a jamais sous les yeux qu’une portion d’un mal primitif profondément situé, dont la vaste étendue se trahit par les accidens nouveaux qui se développent de temps en temps, qu'on ne doit donc point espérer en pareil cas, comme on le fait, dans l’hypothèse admise jusqu’à présent d’une maladie à part et bien distincte, de procurer une guérison durable garantissant, soit du retour de l'affection elle-même, soit de l'apparition d’autres symptômes nouveaux et plus graves à sa place, que par conséquent il est nécessaire de connaitre l'étendue entière de tous les acçidens et symptômes propres au mal primitif inconnu, avant de ponvoir se flatter de découvrir un ou plusieurs médicamens homæopathiques à ce dernier, qui soient capables de le vaincre et de le guérir dans toute son étendue, et par suite aussi dans tous ses embranchemens, cest-à-dire dans celles de ses parties qui donnent lieu à tant de maladies diverses.
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Mais ce qui montrait clairement en outre que le mal primitif, à la recherche duquel ÿ J'étais, devait être de nature miasmatique et chronique, c’est que jamais il ne lui arrive d’être vaincu par l'énergie d’une constitution robuste, de céder au régime le plus salubre, en genre de vie le plus régulier, ou de s'éteindre de lui-même, mais que jusqu’à la fin de la vie il s'agrave sans cesse avec les années, en prenant la forme d’autres symptômes plus fâcheux (1), comme il arrive à toute maladie miasmatique chronique. C’est ainsi, par exemple, qu’une affection vénérienne chancreuse, qui n'a jamais été guérie par le mercure, son spécifique, et quis’est transformée en syphilis, ne s’éteint jamais d'elle-même, mais augmente chaque année, même chez les sujets les plus robustes et qui mènent la vie la plus régulière, et ne cesse non plus qu’à la mort de déployer des symptômes à chaque instant nouveaux et toujours de plus en plus fächeux.
J'en étais arrivé là lorsque mes recherches et mes observations sur les maladies chroniques non vénériennes me firent reconnaître, des le premier abord, que l'impossibilité de guérir homæopathiquement certaines affections qui s’offraient comme des maladies particulières et jouissant d’une existence in-
(x) Assez souvent la suppuration du poumon dégénérait en aliénation mentale, le dessèchement d’ulcères en hédeohinie ou en apoplexie, la fièvre intermittente en asthme, les affections du bas-ventre en douleurs dans les articulations ou en paralysies, les douleurs dans les membres en hémorrhagies , etc., et il n’était pas difficile d’apereevoir que la nouvelle maladie devait avoir sa source également dans l’ancienne affection existante, et que ce ne pouvait être qu’une des parties d’un tout beaucoup plus grand.
dépendante, ne paraissait que trop tenir, dans la plupart des cas, à une gale dont le sujet avait été atteint jadis, qu'ordinairement même la date de tous les maux qu'il avait éprouvés depuis, remontait jusqu'à l’époque de cet exanthème. Une attention soutenue me fit reconnaitre en outre, chez les personnes atteintes de maladies chroniques qui n’avouaient pas avoir eu la gale, n’y avaient point fait attention, chose plus fréquente, ou du moins ne s’en souvenaient pas, qu'on parvenait communément à découvrir que des traces légères de cette affection (boutons de gale isolés, dartres, etc.) s'étaient manifestées de temps en temps, quoique rarement, et pour attester sans réplique l'infection à laquelle elles avaient été en proie dans les temps passés.
Ces circonstances, jointes au fait constaté par d’innombrables observations des médecins, et quelquefois aussi par ma propre expérience, que la suppression de l’exanthème psorique , soit par un traitement mal dirigé, soit par toute autre cause, avait été instantanément suivie, chez des sujets d’ailleurs bien portans, de symptômes semblables ou analogues, ne pouvaient pas me laisser le moindre doute sur l'ennemi intérieur que j'avais à combattre avec le secours de la médecine. |
Peu à peu j'appris à connaitre des moyens ét efficaces contre cette maladie primitive, source de tant de maux, que j'appelle gale (psora), afin dé la désigner sous un nom général, contre cette affection psorique interne avec ou sans éruption cutanée; et en appliquant ces médicamens au traitement d’affections chroniques semblables, auxquelles les malades ne pouvaient point assigner pour cause une
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infection de ce genre, il devint évident pour moi, d’après les succès que j'en obtins, que, dans le cas même où le sujet ne se souvenait pas d'avoir eu la gale, les maux dont il se plaignait devaient cependant provenir d’une gale rentrée peut-être tandis qu'il était encore au berceau, ou efficée de son souvenir, conjecture à l'appui de laquelle venaient très-souvent les informations prises auprès des pare ou des alliés avancés en àge.
L'observation assidue de la vertu curative des pre- miers remèdes anti- psoriques à la découverte desquels j’arrivai ainsi, ne fit que me confirmer de plus en plus dans la conviction que telle devait être fréquemment l'origine non-seulement des maladies chroniques légères, mais encore de celles qui offraient plus de gravité, et même des plus graves.
Elle me persuada que non -seulement la plupart des innombrables maladies de peau qui ont été distinguées et dénommées d’une manière si minutieuse par Willan, mais encore presque toutes les pseudoorganisations, depuis les verrues aux doigts jusqu'aux gonflemens des os, aux déviations de la colonne vertébrale et à plusieurs autres ramollissemens ou distorsions des os, dans l'enfance ou dans l’âge avancé, que les saignemens de nez fréquens, les congestions de sang dans les veines du rectum, les flux sanguins par l'anus, l’hémoptysie, l'hématémèse etl’hématurie, l’'aménorrhée et la métrorrhagie, les sueurs nocturnes habituelles et l’aridité de la peau devenue seche comme un parchemin, les diarrhées habituelles, la constipation opiniâtre, les douleurs chroniques errant çà et là dans le corps, et les convulsions reparaissant pendant plusieurs années de suite; en un
mot, que des milliers d’affections chroniques auxquelles la pathologie assigne des noms différens, ne sont, à peu d’exceptions près, que des rejétons de la gale polymorphe. En continuant mes observations, mes comparaisons et mes expériences dans ces dernieres années, je demeurai convaincu que les affections chroniques du corps et de l'âme, qui varient tant sous le rapport des accidens qu’elles déterminent et des formes qu'elles revêtent chez les divers individus, ne sont toutes, quand on ne doit pas les mettre sur le compte des deux maladies vénériennes, la syphilis et la sycose, que des manifestations partielles de ce miasme chronique primitif, lépreux et galeux, c’est-à-dire des ramifications d’une seule et immense maladie fondamentale, dont les symptômes presque innombrables ne forment qu'un seul tout, et ne doivent être considérés et traités que comme des membres d’une seule et unique maladie. De même, dans un grand typhus épidémique, par exemple celui de l’année 1813, un malade ne présente que quelques uns des symptômes propres à l'épidémie; un second en offre aussi quelques uns seulement, mais différens; un troisième, un quatrième, d’autres encore : tous cependant sont atteints d’une seule et même fièvre pestilentielle, et l’on est obligé de prendre les symptômes chez tous ces malades, ou chez beaucoup d’entre eux, pour se former une image complète du typhus régnant, tandis que le moyen ou les moyens reconnus homæopathiques (1)
(1) Dans le typhus de 1813; le bryone et le sumac vénéneux furent les remèdes spécifiques pour tous les malades,
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guérissent le typhus entier, et par conséquent aussi déploient une efficacité Spécifique dans chaque cas individuel , quoique ghaque malade offre des symptômes diffépans de ceux qu’on observe chez les autres, et que chacun d’eux semble être atteint d’une autre affection (r).
‘Ilen est de même, seulement sur une plus grande échelle, de la gale, cette source commune de tant de maladies chroniques, dont chacune paraît différer essentiellement de toutes les autres , ainsi que le démontrent et la similitude de plusieurs symptômes qui se manifestent également dans toutes pendant leur cours général, et la guérison de toutes par les mêmes moyens curatifs.
Toutes les maladies chroniques de l’homme, même celles qu'on abandonne à elles-mêmes, et que nul traitement rationnel ne vient agraver, ont, comme je l'ai dit, une persévérance et une durée telles qu’aussitôt qu’elles se sont développées, quand l'art n’en procure point la guérison radicale, elles vont toujours en empirant avec les années, et que les forces propres de la nature la plus robuste, secondée même par un régime et un genre de vie fort réguliers, ne peuvent ni les diminuer, ni moins encore les vaincre et les éteindre, que par conséquent elles ne disparaissent jamais d’elles-mêmes, mais croissent et s’agravent jusqu’à la mort. Elles doivent donc avoir toutes pour cause des miasmes chroniquesstables, qui leur permettent d'agrandir continuellement le cercle
(1) Voyez l'Exposition de la Doctrine homæopathique , ou Organon de l’art de guérir, $ 105-108,
de leur existence parasite dans l’économie humaine. En Europe, et aussi dans d’autres contrées du globe, on ne trouve, d’après tous les renseignemens qui nous sont parvenus, que trois de ces miasmes chroniques, dont les maladies se manifestent par des symptômes locaux , et d'où proviennent sinon toutes, du moins la plupart (1) des affections chroniques; ce sont la syphilis, que j'appelai autrefois rnaladie vénérienne chancreuse, la sycose ou la maladie des Jies, et enfin la gale, qui est la source de l’exanthème psorique. Cette derniére étant la plus importante de toutes , c’est d'elle qu’il va être question d’abord. C'est la gale, cette maladie chronique miasmatique la plus ancienne, la plus généralement répandue, la plus fächeuse, et cependant la plus méconnue de toutes, qui tourmente les peuples depuis tant de milliers d'années. Mais, depuis les derniers siècles, elle est devenue la mere des milliers de maux
non vénériens, aigus et chroniques, incroyablement
diversifiés, dont le genre humain se trouve maintenant affligé chaque jour de plus en plus sur toute la surface habitée de la terre.
La gale est la plus ancienne maladie chronique miasmatique que nous connaissions.
Aussi chronique que la syphilis ou que la sycose k
(1) Ilest probable que c’est à une complication de deux de ces maladies, ou peut-être de toutes trois, qu’on doit rapporter le frambæsia (yaw en Guinée, et pian en Amérique), le:sibbens endémique dans la Norwège et le nord-ouest de l'Écosse, la pellagre de la Lombardie, la plique de Pologne (koltun des Po-
lonais), le pseudosrphilis des Anglais, l'aschénie de la Virgi= nie, ete,
PO DOCTRINE HOMOEOPATRIQUE.
et par conséquent; lorsqu'on ne la guérit point d’une manière radicale , ne s’éteignant non plus qu'aw dernier souffle de la vie, même la plus longue, puisque la nature, quelque robuste quelle soit, ne parvierit jamais à la détruire par ses propres forces, elle est enoutre, detoutesles maladies chroniques miasmatiques, la plus ancienne et celle qui présente le plus de têtes.
‘Pendant tout le temps qui s’est écoulé depuis l’époque où elle a frappé le genre humain, car lhistoire la plus reculée des plus anciens peuples ne remonte point jusqu'à leur origine, les phénomènes morbides par lesquels elle se manifeste ont acquis une telle extension, jusqu'à un certain point explicable par l'immense développement qu'elle a dù prendre depüis si long-temps dans tant de millions d'organismes par lesquelles elle a passé, qu'on ne peut presque plus nombrer ses symptômes secondaires, et que toutes les affections chroniques qui figurent sous cent noms différens dans la pathologie ordinaire, la reconnaissent pour véritable et unique source, à l'exception de celles qui sont dues à la syphilis, et de celles, bien plus rares encore, qui proviennent de la sycose.
Les plus anciens monumens historiques que nous possédions parlent déjà de la gale très-développée. Moïse {1) en a dépeint plusieurs modifications, il y
(1) Dans le troisième livre, au chapitre 13°, et là aussi où Moïse parle (chap. 21, ÿ 20) des affections du corps dont un prétre destiné aux sacrifices doit être exempt, la gale maligne est désignée par le mot hébreu 2%, que les Septante ont rendu par bopa éypia, et la Vulgate par scabies jugis. Le commentateur talmudique Jonathan dit que c’est une gale sèche, répandue sur .
a trente-quatre siècles. Cependant il paraît qu’à cette époque et depuis encore, parmi les Israélites, cette affection avait fixé son principal siége aux parties extérieures du corps, de même qu'elle l’a fait ensuite, soit chez les Grecs avant leur civilisation, soit plus tard chez les Arabes, soit enfin en Eihoge durant la barbarie du moyen âge. Il n'entre pas dans mon sujet de rapporter les noms que les différens peuples ont donnés aux variétés plus ou moins malignes de la lèpre (symptômes extérieurs de la gale), qui défiguraient diversement l'extérieur du corps. Ces noms nous importent fort peu, puisque l'essence de la maladie psorique pruriteuse et miasmatique est au fond restée toujours la même.
Cependant la gale d'Occident qui, au moyen àge, avait été pendant plusieurs siècles si redoutable sous la forme d’un érysipèle malin, appelé /eu Saint. Antoine , fut ramenée à la forme lépreuse par la lèpre que les Croisés rapporterent dans le treizième siècle. Quoique par-là elle ait été plus répandue encore en Europe qu’elle ne l'était auparavant, puisqu'en 1226 on comptait deux mille léproseries dans la seule
tout le corps, et traduit le mot de Moïse, no, par licher, dartre (voyez Rosenmurzer, Scholia in Levit., P. IT, edit. sec., p.124). Les commentateurs de la Bible dite anglaise sont du même avis, et Calmet, entre autres, dit que la lèpre ressemble à une gale invétérée, avec une violente démangeaison. Les an— ciens parlent aussi du prurit particulier et voluptueux, earactéristique alors comme REA et auquel succède une ardeur douloureuse après qu’on s’est gralté. Tel est entre autres Platon , qui appelle la gale vxértzpov ; Cicéron parle également de la dulcedo de la scabies. } z. 2
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France, la gale, qui se multipliait ainsi chaque jour de plus en plus, avec les caractères d’un hideux exanthème, trouva du moins un contre-poids à la violence de ses symptômes extérieurs dans les moyens de propreté rapportés d'Orient avec elle, c'est-à-dire dans l’usage des chemises, auparavant inconnu en Europe, et dans le goût des bains chauds, qui se propagea davantage. Ces deux moyens, joints à plus de recherche dans la préparation des alimens et à un genre de vie plus poli, qui furent la suite du progrès de la civilisation , parvinrent en deux siècles à diminuer tellement les horribles symptômes extérieurs de la gale, qu'au commencement du quinzième siecle, elle ne se montrait plus que sous la forme de l'éruption psorique ordinaire, lorsqu'en 1493, une autre maladie chronique miasmatique, la syphilis, commença pour la première fois à lever sa redoutable tête.
Une fois que la gale fut radoucie extérieurement, jusqu’à ne plus paraitre que sous la forme de la maladie psorique ordinaire, il devint beaucoup plus facile de nétoyer la peau, par des moyens divers, de lexanthème qui succédait à l'infection, en sorte que depuis lors, l’usage des traitemens externes étant devenu général, les manifestations de la gale à la peau sont souvent effacées par les bains, les lotions et les frictions avec des préparations de soufre, de plomb, de cuivre, de zinc et de mercure, avec tant de rapidité, surtout chez les personnes aisées, que, la plupart du temps, on ignore entièrement, dans ces classes de la société, qu’un enfant ou un adulte a été atteint de la gaie.
Cependant le sort du genre humain, loin d’être
amélioré pour cela, ne s'en trouvait, au contraire, que rendu beaucoup plus fâcheux sous bien des rapports. En effet, quoique, dans les siècles précédens, où l’exanthème de la gale affectait la forme lépreuse, il füt fort à charge aux malades par les élancemens qui se faisaient sentir dans les tubercules ou les croûtes, et par les violentes démangeaisons qui survenaient aux alentours, cependant le reste de l’économie s’en ressentait généralement peu, à cause de l’opiniâtreté extrême avec laquelle persistait cette grande affection cutanée, qui tenait lieu de l'affection psorique interne. Il y a plus même, l'aspect affreux et repoussant d'un lépreux faisait une impression si profonde sur les individus bien portans, que tous fuyaient à $on approche, et que la réclusion du plus grand nombre de ces infortunés dans les léproseries, les tenait éloignés du reste de la société, ce qui limitait beaucoup la contagion et la rendait proportionnellement rare.
Mais depuis que les causes réunies au quator« zième et au quinzième siècles ont adouci la gale quant à l'extérieur, en lui faisant prendre la forme d'une simple éruption cutanée, dans laquelle les papules qui succèdent à l'infection font d’abord peu de saillie et peuvent être aisément tenues cachées, mais sont continuellement déchirées par le malade, à cause des démangeaisons qui les accompagnent, et répandent ainsi autour d’elles le liquide qu'elles renferment, le miasme producteur de Ia maladie se communique d'autant plus facilement et plus sûrement à de nombreux individus que la contagion a lieu d’une manière moins patente, les objets invisiblement souillés par le liquide psorique infectant bien
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plus d'hommes qui y touchent sans le savoir, que ne pouvaient jamais le faire les lépreux, dont l'extérieur repoussant faisait fuir tout le monde.
C'est de cette maniere que la gale est devenue le plus contagieux et le plus répandu de tous les miasmes chroniques.
Le miasme psorique s'est ordinairement propagé au loin déjà , quand celui qui en a été le point de départ réclame ou obtient un répercussif extérieur, comme eau blanche, onguent de précipité blanc, etc., contre l’exanthème qui lui cause des démangeaisons, et sans qu'il convienne d’avoir eu la gale, souvent même sans quil croie l'avoir contractée, et fréquemment sans que le médecin ou le chirurgien luimême sache que c’est la gale qu'il a ainsi répercutée par une dissolution de plomb, ou autrement.
On conçoit sans peine que les gens pauvres et les basses classes qui laissent la gale ravager leur peau jusqu’à ce que, devenus un objet d'horreur pour tous ceux qui les entourent, il soient forcés de réclamer des moyens propres à la faire disparaître, ont dü jusque là communiquer linfection à un grand nombre de personnes.
Si donc l'humanité souffre davantage de ce que la forme extérieure de la gale est descendue, en s’adoucissant, de la lépre à l’exanthème psorique, ce n’est pas seulement parce que celui-ci se contracte plus inopinément, et par suite d'une manière plus fréquente, mais encore parce que la maladie principale , toute adoucie qu'elle est, quoique plus généralement répandue sous cette nouvelle forme, n’a pas changé le moins du monde dans son essence é qu’elle est toujours d’une nature aussi redoutable
NATURE DES MALADIES CHRONIQUES. 21 que dans origine, et qu'après la disparition maintenant plus facile de son exanthème, elle fait des progres d'autant plus inaperçus dans l'intérieur. Voilà comment, depuis ces trois derniers siècles, elle joue le triste rôle, après l’anéantissement (1) de son
(1) Les mauvais moyens mis en usage par les médecins et les médicastres ne sont pas l’unique cause de la disparition de l’exanthème psorique à l’extérieur ; il n’est malheureusement pas rare que , sans cette influence , l’éruption abandonne la peau , comme on le verra plus loin dans les faits recueillis par d’anciens observateurs (n% 9, 18, 26, 36, 5o, 58, Gr, 64, 65). La syphilis et la sycose ont donc toutes deux à cet égard un grand avantage sur la gale, qui consiste en ce que, dans la première, les chancres ou les bubons , et dans la seconde les fics, ne disparaissent des parties extérieures que quand on les détruit maladroïtement par des to— piques, ou lorsqu’on traite rationnellement la maladie entière par dés médicamens internes. Il suit de Rà que la syphilis ne peut éclater tant que les chancres n’ont point été détruits par l'art, ni les symplômes secondaires de la sycose se manifester tant que les fies ont été respectés, car ces affections locales, qui tiennent lieu de la maladie interne à laquelle ils appartiennent , persistent d’ellesmêmes jusqu’à la fin de la vie, sans permettre à la maladie interne d’éclater, ce qui rend très-facile de les guérir dans toute leur étendue , c’est-à-dire radicalement, par les médicamens internes spécifiques contre elles, dont on n’est alors obligé de continuer l'emploi que jusqu’au moment où les symptômes locaux (chancres et fics), persistans de leur nature quand on ne les combat pas par des répercussifs externes , sont complètement guéris, car alors on est parfaitement certain aussi d’avoir procuré la guérison radicale de la maladie interne, c’est-à-dire de la syphilis et de la sycose.
La gale, telle qu’elle s’est adoucie depuis trois siècles, en descendant du caractère de la lèpre à celui de l’exanthème psorique , n'a plus ce bon côté. L'éruption psorique ne tient pas tant à la Peau, n’est pas si solidement fixée à son siége, que le chancre ou le fic. Lors même que les soins mal entendus d’un médecin ou
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symptôme principal, de produire cette innombrable multitude de symptômes morbides secondaires, c'est-à-dire cette légion de maladies chroniques dont les médecins ne soupçonnaient point la source, que, par cette raison, ils ne pouvaient pas plus gué-
d’un médicastre ne la répercutent pas, comme il arrive presque toujours, par des lotions siccatives , des pommades soufrées , ou des purgatifs drastiques, il lui arrive souvent de disparaître d’ellemême, pour me servir du langage consacré , c’est-à-dire par des causes auxquelles on ne fait point d’attention. On la voit assez fréquemment cesser par l’effet d’un fâcheux événement physique ou moral, d’une frayeur violente, de soucis continuels, d’un chagrin accablant, d’un grand refroidissement ou d’un froid intense (comme dans l'observation n° 67, plus loin), l’usage de bains froids , uèdes et chauds, dans l’eau de rivière ou dans des caux minérales , l’apparition d’une fièvre ou d’une autre maladie aiguë, provoquée par une cause quelconque (comme la petitevérole, dans l’observation n° 39), celle d’une diarrhée prolongée, et quelquefois aussi par l'effet d’une inertie particulière de la peau. Dans ce cas, les suites sont tout aussi fâcheuses que quand l’exanthème a été supprimé extérieurement par une thérapeutique irrationnelle. Les symptômes secondaires de la gale interne , et l’une des innombrables maladies chroniques qui tirent leur source de là, éclatent alors tôt ou tard.
Qu’on ne croie pas que la gale, si adoucie aujourd’hui dans son symptôme local, l’affection cutanée, diffère essentiellement de l’ancienne lèpre. Il n’était pas rare non plus autrefois que cette dernière abandonnât la peau par l’usage des bains froids et d’immersions répétées dans l’eau de rivière ou dans les eaux minérales chaudes (voyez ci-après m° 35); mais alors aussi on n'avait pas plus d’égard aux résultats fâcheux de cette disparition, que les médecins modernes ne font attention aux maladies aiguës et chroniques que la gale interne ne manque jamais de déterminer tôt ou tard, lorsque l’éruption psorique actuelle a quitté la peau d'elle-même, ou par l'effet d’un traitement dirigé contre elle.
rir qu'ils n’avaient jamais réussi à guérir radicalement la maladie psorique primitive tout entière ( encore accompagnée de son éruption cutanée), et que, bien loin de là, ils devaient toujours agraver par leurs remédes mal combinés, comme le démontre l'expérience de tous les jours.
Autrefois, lorsque la gale se bornait encore, la plupart du temps, au redoutable symptôme extérieur remplaçant la maladie interne, c’est-à-dire à la lèpre, on ne voyait pas, à beaucoup près, autant de ces innombrables maladies nerveuses, de ces aïfections douloureuses, de ces spasmes , de ces ulcères (cancers), de ces désorganisations, de ces paralysies, de ces marasmes, de ces lésions du physique et du moral, qu'il est si commun de rencontrer aujourd'hui. C’est seulement depuis trois siècles que le genre humain a été accablé de tous ces maux, par l'effet de la cause que je viens de signaler (1).
(1) L'usage du café et du thé chauds, qui s’est répandu d’une manière si générale depuis deux siècles , et qui exalte à un si haut point l’irritabilité museulaire et la sensibilité, a singulièrement accru la disposition aux maladies chroniques, et son influence s’est jointe à celle de la gale pour multiplier et diversifier encore davantage ces affections. C’est ce dont je ne puis disconvenir, quoique, dans mon petit Traité sur les Effets du Café (Léipzick, 1813, traduit en francais, Dresde, 1824), j'aie peut-être fait trop grande la part que cette liqueur prend aux maux physiques ct moraux du genre humain, parce qu’alors je n’avais point encore découvert que la source principale des maladies chroniques est dans la gale. Il fallait le concours de l'abus du café et du thé pour que cette dernière accablt l’humanité d’aflections chroniques si nombreuses et si opiniâtres , qu’à elle seule il Jui eût été Impos= sible de multiplier autant.
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Voilà comment la gale est devenue la source /a plus générale des maladies chroniques.
Depuis trois siècles qu’il est si facile de la priver du symptôme cutané, l’exanthème psorique, qui la réduit au silence et la remplace en quelque sorte, elle engendre tant de symptômes secondaires, dont le nombre va toujours en augmentant, que les sept huitièmes au moins des maladies chroniques la reconnaissent pour unique source, tandis que l’autre huitième procède de la syphilis et de la sycose, ou d’une complication soit de deux, soit, ce qui est rare, de trois de ces affections chroniques miasmatiques. Il estmême peu commun que lasyphilis, dont on obtient si facilement la guérison par la plus petite dose d’une préparation mercurielle bien choisie, et la sycose, qui n’est pas plus difficile à guérir, au moyen de quelques doses du suc de thuya, administrées alternativement avec de l'acide nitrique, dégénèrent en maladies chroniques dont la curation offre des difficultés, à moins qu’elles ne soient compliquées avec la gale. Ainsi cette dernière est aussi, de toutes les maladies, celle qu’on méconnaît le plus souvent, et par conséquent celle que les médecins traitent le plus mal et de la manière la plus pernicieuse.
Ilest incroyable jusqu'à quel point les médecins modernes de l'école ordinaire se rendent coupables du péché de lèse-humanité , lorsque, sans excepter presque aucun professeur, aucun des praticiens les plus en réputation, et des écrivains les plus consi-. dérés, ils érigent.en régle, et pour ainsi dire en principe infaillible, que « toute éruption psorique est » une simple maladie locale, bornée uniquement a
» la peau, et à laquelle le reste de l'organisme ne » prend pas la moindre part, qu’en conséquence on » peut et doit toujours , et sans scrupule, en débar- » rasser localement la peau par les pommades sou- » frées, par l’onguent de Jasser, qui est encore plus » àcre, par les fumigations sulfureuses , par les dis- » solutions de plomb et de zinc; mais surtout par » les précipités mercuriels, dont l’action l’emporte en » rapidité sur celle de tous les autres moyens ; qu’une » fois la peau nétoyée de l’exanthème, tout est fini, » le sujet guéri et le mal entièrement détruit; qu'à » la vérité, quand on néglige l’éruption de manière » à lui permettre des’étendre sur la peau, il peut fort » bien arriver que le principe morbifique trouve » enfin l’occasion de s’insinuer, par les vaisseaux » absorbans, dans la masse des humeurs, d’infecter » ainsi le sang et les autres liquides, et de pervertir » la santé; qu'alors le sujet peut finir aussi par » éprouver des affections dues à la présence de ces » humeurs viciées , dont le corps ne tarde cependant » point à être débarrassé par l'usage des purgatifs et » des dépuratifs; mais qu'en s’y prenant à temps, » pour attaquer le symptôme cutané, on prévient » toute espèce d'affection consécutive, et qu'alors » l'intérieur de l’économie reste parfaitement sain, »
Non seulement on a proclamé et enseigné ces erreurs grossières , mais encore on les a mises en pratique, de telle manière qu'aujourd'hui, dans tous les hôpitaux les plus-célèbres des contrées et des villes en apparence les plus éclairées, chez tous les particuliers des hautes et des basses classes de la société, dans toutes les maisons de correction et d'orphelins, en un mot, dans tous les établissemens
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civils et militaires où il se présente des galeux, tous ces malades sans exception sont uniquement traités, par les médecins obscurs comme par les praticiens célebres, à l’aide des moyens externes dont j'ai fait lénumération plus haut, auxquels on ne manque pas d'ajouter quelques fortes doses de fleursde soufre et quelques purgatifs énergiques, afin, comme on dit, de purifier le corps. Plus l’éruption disparait rapidement, plus on s’applaudit du succès (r); une fois la peau bien nette, on assure hardiment que tout est fini, et l’on renvoie les malades comme s'ils étaient guéris, sans avoir égard ou sans vouloir faire attention aux maladies qui tôt ou tard éclateront certainement, C'est-à-dire à la gale interne, qui
{1) Raïisonnant d’après les idées qu'ils se sont faites sur cette importante maladie , à plaisir et sans interroger la nature, les médecins assurent qu’alors le principe scabiéique déposé sur la peau n’a point encore eu le temps de pénétrer dans l’intérieur, et d’être porté par les vaisseaux absorbans dans la masse des humeurs, de manière à la corrompre en entier. Mais, hommes consciencieux , s’il suffit de la première , de la plus petite papule galeuse, avec son insupportable prurit voluptueux, qui porte irrésistiblement à se gratter, et avec l’ardeur douloureuse qui s'ensuit, pour prouver, dans tous les cas et constamment, que la maladie galcuse bien développée existait déjà auparavant dans l’organisme, ainsi que nous le verrons plus loin ; si, d’après cela, toute destruction de l’éruption cutanée, loin de diminuer le mal général intérieur, ne fait au contraire ,; comme le prouvent des milliers de faits, que Le contraindre à se déployer rapidement en d’innombrables maladies aiguës, ou peu à peu en maladies chroniques non moins multipliées , dont le poids est si lourd pour le genre humain, pouvez-vous alors guérir ce mal interne? L'expérience répond que non ! |
pourra se prononcer sous tant de milliers de formes différentes.
Lorsqu’ensuite les malheureux qu’on a bercés d’une si funeste illusion se représentent tôt ou tard avec les maux qui sont l'énévitable résultat d’un pareil traitement, avec des tumeurs, des douleurs opiniâtres dans telle ou telle partie du corps, des affections hypocondriaques ou hystériques, des douleurs arthritiques, des amaigrissemens, des suppurations du poumon, un asthme permanent ou spasmodique, la cécité, la surdité, des paralysies, des caries, des hémorrhagies, des maladies mentales, etc., les médecins s’imaginent avoir quelque chose de nouveau sous les yeux, et, sans nul égard à la source de tous ces accidens, obéissant à la routine ordinaire de la thérapeutique , ïls dirigent des médicamens inutiles et nuisibles contre des fantômes de maladie, c'est-à-dire contre les causes qu'ils assignent arbitrairement aux maux dont ils sont témoins, jusqu’à ce que le malade, après avoir vu ses maux aller toujours en croissant pendant plusieurs années, soit enfin tiré de leurs mains par la mort, ce terme de toutes les souffrances terrestres (1).
Les anciens médecins étaient plus consciencieux à cet égard, et ils observaient avec moins de préjugés. Ils voyaient clairement et ils étaient convaineus que
(1) Le hasard, car eux-mêmes ne peuvent assigner qu’une cause imaginaire à cette conduite de leur part, leur a suggéré, quand leurs recettes ne pouvaient plus rien contre le mal inconnu pour eux, le subterfuge, salutaire aux malades, qui consiste à les envoyer aux bains sulfureux. Là, souvent, les malades sont
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des maladies innombrables et les plus graves d’entre les affections chroniques succédaient à lanéantissement de l'éruption cutanée. Aussi, comme lexpérience leur avait appris à admettre une maladie interne dans tout cas quelconque de gale, cherchaient-ils à détruire cette grande affection, dont ils supposaient avec raison l'existence simultanée, par tous les moyens internes que la thérapeutique mettait en leur pouvoir. Il est vrai que le succès ne couronnait point leurs efforts, parce qu’ils ne connaissaient pas la bonne méthode, dont la découverte était réservée à l'homæopathie ; mais leurs tentatives faites de bonne foi étaient louables en elles-mêmes, parce qu'elles se fondaient sur la notion d’une grande maladie interne à combattre dans l’éruption psorique, et les empéchait de se borner à attaquer loca- Jement l’exanthème, comme font les modernes, qui ne croyent pas pouvoir s'en débarrasser jamais assez promptement, sans égard aux graves maladies consécutives contre lesquelles les anciens nous ont montré la nécessité de se tenir en garde, par des milliers d'exemples consignés dans leurs écrits.
Mais les observations de ces hommes honorables parlent trop haut pour qu’en les repousse avec mépris ou qu'on puisse consciencieusement les laisser ignorer.
délivrés d’une partie de leur gale, et, la première fois qu'ils font. usage des eaux, la maladie chronique les quitte, jusqu’à un certain point, pendant quelque temps ; mais la répétition de ce moyen ne leur est plus que peu ou point utile, parce qu'il faut. plus que du soufre seul pour guérir la gale développée.
Je vais rapporter quelques uns de ces innombrables faits qui nous ont été transmis par d’anciens médecins, et auxquels je pourrais ajouter un nombre égal d'observations tirées de ma propre expérience, s'ils ne suffisaient pas, et au-delà, pour montrer avec quelle fureur la gale se déploie lorsqu'on lui a enlevé le symptôme extérieur qui faisait taire le mal interne, et combien la conscience du médecin philanthrope est intéressée à ce que le but de ses efforts soit avant tout de guérir, par un traitement approprié, la maladie intérieure, dont l’extinction entraine à sa suite celle de léruption cutanée, prévient les innombrables maux chroniques consécutifs dont la gale non guérie abreuve la vie entiere, et guérit ces affections lorsque déjà elles avaient rempli d'amertume les jours du malade.
Les maladies aiguës et surtout chroniques, qui doivent naissance à la suppression seule du symptôme cutané, éruption et prurit, dont la présence fait taire la gale interne qu'il rémplace, ou ce qu'on appelle faussement rétrocession de la gale dans le corps, sont innombrables, c'est-à-dire aussi variées que le sont elles-mêmes les constitutions individuelles et les circonstances extérieures qui les modifient.
Juncker en a donné un ce À aperçu (1). Il a vu cette prétendue gale rentrée produire, chez les personnes jeunes et sanguines, la phthisie pulmonaire; chez les sujets sanguins en général, des hémor-
{ 2 oo
(1) Louis-CurérTren Juncker, Diss. de damno ex scabie re—
pulsa. Halle, 1750, p. 15-18.
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rhoïdes, des coliques hémorrhoïdales et des calculs néphrétiques; chez les sujets d'un tempérament sanguin et bilieux, des gonflemens des glandes du sein, des raideurs d’articulation et des ulcères de mauvais caractère; chez les personnes replètes, des catarrhes suffocans et des phthisies muqueuses. Il lui a également vu faire naître la fièvre inflammatoire, la pleurésie aiguë et la péripneumonie, On a trouvé, dit-il, à l'ouverture des cadavres, les poumons remplis d'indurations et de collections purulentes. Il a rencontré également des indurations d’un autre genre, des gonflemens osseux et des ulcères qui dépendaient de cette suppression de la gale; il ajoute qu'elle provoque principalement des hydropisies chez les personnes flegmatiques; que l’écou- Jement menstruel est retardé par elle, et que quand elle a lieu pendant le flux des règles, cette hémorrhagie est remplacée par une hémoptysie mensuelle ; qu’elle plonge quelquefois dans la démence les personnes disposées à la, mélancolie, et que, quand les femmes deviennent alors enceintes, l'enfant périt ordinairement dans leur sein ; que la suppression de la gale occasione parfois la stérilité (1); qu'en gé-
(1) Üne juive enceinte avait la gale aux mains, et elle la fit disparaître au huitième mois Ge sa grossesse, afin qu’on ne s’en aperçüt pas lorsqu'elle accoucherait. Trois jours après elle accoucha ; les lochies s’arrêtérent, et une fièvre aiguë se déclara. Sept années s’écoulèrent ensuite, pendant lesquelles la juive demeura stérile et sujette à des écoulemens par le vagin. Au bout de ce temps, elle tomba dans la misère, et fat obligée de faire un long voyage pieds nus : la gale reparut alors , l'écoulement cessa , tousles autres accidens hystériques disparurent , la femme devint enceinte, et elle accoucha heureusement. (Juncker , loc, cit.)
néral, elle fait cesser la secrétion du lait chez les nourrices, qu'elle hâte l’époque de la cessation du flux menstruel, et que, chez les femmes avancées en âge, la matrice tombe en suppuration, au milieu de douleurs profondes et brülantes, qu’accompagne le marasme (cancer utérin).
Ses observations ont été fréquemment confirmées par celles d’autres praticiens (*). St LS on à vu, après la rentrée de la gale:
L’asthime ; Lentilius, Micell, med. pract. tom. I, p. 176.— Fr. Hoffmann, 4bhandlung von der Kinderkrankheiten. Francfort, 1941 ,p. 104. — Detharding , dans Æppend. ad Ephem. Nat. Cur., dec. IH, ann. et 6; et dans Observ. parallel. ad obs. 58. — Binninger, Observ. cent. V. obs. 88. — Morgagni, De sedibus et causis morb. Epist. XIV, 35. — Acta Nat. Cur. tom. 5, obs. 47. —J. Juncker, Consp. therap. special. tab. 31. — F.-H.-L. Muzell, Fahrnehmungen. Samml. IT, cas. 8 (1). —13.-Fr. Gmelin,
(*) Les inconvéniens graves qui résultent de la suppression de la teigne et des dartres , et dont je parlerai plus loin, se trouvent compris dans l’énumération qu’on va lire, parce que ces deux exanthèmes ne diffèrent de la gale que par leur siége et leur forme extérieure, mais sont au fond la même chose, et ont la même origine qu'elle, ainsi que je le ferai voir dans la suite.
(1) Un homme de trente à quarante ans avait eu long-temps auparavant la gale, que des frictions avaient fait disparaître. Depuis cette époque , il devint peu à peu et de plus en plus asthmatique ; sa respiration finit par devenir, même lorsqu’il ne se remuait pas, très-courte et extrêmement pénible, accompagnée d’une sorte de sifflement continuel, mais sans toux. On lui prescrivit un lavement avec un gros de scille , et, à l’intérieur, trois grains de scille en poudre. Mais une erreur fut commise, et le gros de
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dans Gesner’s Sammlung von Beobachtungen, V.pag. 21 (2). — Hundertmark. — Zieger, Déss. de scabie artificiali. Léipz., 1758, p. 32 (3).—Beireis.—Stammen, Diss. de causis cum in primis plebs scabii laboret. Helmstaedt, 1792 ; pag. 26 (4). — Pelargus (Storch), Obs. clin. Jahrg. 17922, p. 439 à 438 (5. — Breslauer Sammil. vom dibes 1727, p. 293 (6). —
scille introduit dans l’estomac ; le malade fut en danger de perdre la vie ; il éprouva d’affreux malaises, avec de terribles envies de vomir; mais, peu de temps après, la gale reparut en abondance aux mains, aux pieds et sur tout le corps , ce qui mit tout à coup fin à l’asthme.
(2) À un asthme violent se joignait une tuméfaction générale et de la fièvre. |
(3) Un homme de trente-deux ans avait été délivré de la gale par des frictions avec un onguent; il fut ensuite tourmenté pendant onze mois par l’asthme le plus violent, jusqu’à ce que l’usage continué pendant vingt-trois jours de la sève du bouleau rappelât enfin l’exanthème.
(4) Un étudiant contracta la gale au moment d’aller à un bal, et s’en fit débarrasser au plus vite par un médecin , à l’aide d’un onguent antipsorique ; mais peu de temps après il fut frappé d’un asthme tel qu’il ne pouvait reprendre haleine que la tête élevée, et que, dans les accès, il étouffait presque entièrement. Après avoir lutté ainsi pendant une heure , il expectorait , en toussant , de petites masses cartilagineuses, dont la sortie le soulageait très-promptement. De retour dans sa ville natale, il éprouva chaque soir, pendant deux années , sans interruption, une dizaine d’atteintes de ce mal, que les soins du médecin Bcireis ne purent même pas modifier. ;
(5) Un garçon de treize ans, aflécté de la teigne depuis son enfance , la fit guérir par sa mère : huit à dix jours après, il fut pris d'asthme, avec de violentes douleurs dans les membres, le dos et les genoux , et ne guérit qu’au bout d’un mois, par l’apparition be éruption psorique sur le corps entier.
(6) Une teigne, dont une petite fille était atteinte , fut suppri-
Riedlin, le père, Obs. Cent. II. obs. 90. Augsbourg , 1691 (7).
Le Catarrhe suffocant; Ehrenfr. Hagendorn, Hist. med. phys. cent. I, hist. 8, 9 (8). — Dee loc. cit. Jahrg. 1723, p. 15 (9). — Huñdertmark, Loc. cit. p. 33 (10).
mée par des purgatifs et autres médicamens internes. L’enfant éprouva de suite des serremens de poitrine , de la toux et un grand abattement. Son rétablissement , du reste assez prompt, n'eut lieu que quand , l’administration des remèdes ayant été interrompue À la teigne reparut.
(7) Un garçon de cinq ans avait depuis long-temps la gale. Cet exanthème ayant été supprimé par un onguent , l’enfant resta atteint d’une mélancolie profonde , avec toux.
(8) Une ieigne, supprimée par des onctions avee de l'huile d'amandes douces, donna lieu à une faiblesse extrême dans tous les membres, à une douleur d’un côté de la tête, à la perte de l'appétit, à à l’asthme , à des réveils en sursaut la nuit, par le catarrhe suffocant , avec respiration stertoreuse et sifflante, convul-
sions danses membres, comme à l’article de la mort, et pissement de sang. Le rétablissement de la teigne guérit toutes ces affections.
Une petite fille de trois ans avait eu pendant quelques semaines la gale, qu’on supprima par le moyen d’un onguent; le lendemain, l’enfant fut pris d’une coqueluche ,. avec ronflement , hébétude et froid du éorps entier, accideñs qui ne cessèrent que quand la gale eut reparu.
(9) Une jeune fille de douze ans fut débarrassée d’une gale abondante par des tions avec une pommade, après quoi elle éprouva une fièvre aiguë, avec toux suffocante, asthme, gonflement , et plus tard aussi point de côté. Six jours après, un médicament interne qui contenait du soufre rappela la gale , etles maux
disparurent , à l'exception du gonflement ; mais au bout de vingtquatre jours la gale se dessécha , et l’on vit reparaître une nouvelle inflammation de poitrine, avec point de côté et vomissement.
(10) Un homme de trente-six ans qui avait été, seize mois au