RÉSUMÉ ET CONCLUSION. SSS
Quand cette œuvre des enfants de Dieu sera terminée, à la fin des temps voulus par la pensée éternelle, l'humanité tout entière montera au ciel pour s’unir à ses Saints, et pour demander sa place dans la hiérarchie des esprits célestes , comme ouvrière divine. Elle sera mise alors en rapport avec la sainte Trinité, par les Anges, esprits purs et médiateurs; parles Saints que le Verbe incarné a purifiés et transfigurés; par les Prophètes de tous les temps , inspirés par le Verhe , parole et Fils de Dieu : enfin , par tous les hommes de bonne volonté , qui ont vécu dans la pureté, dans l'humilité, dans l'élévation de leur âme , de leur intelligence et de leur force, accomplissant le sacrifice absolu du devoir solidaire imposé â tous, dans la charité fraternelle de Jesus-Christ.
Alors la lumière divine, resplendissante, croissant toujours; les harmonies sublimes des chants célestes , toujours plus mélodieux et plus purs; les parfums exhalés par les encensoirs do tous les sacrifices, montant toujours plus près de Dieu ; la gloire , le rayonnement spirituel, labéatitudede cette
SECONDE PARTIE
Splendide hiérarchie du royaume des deux, apparaîtront à peine comme une aura imperceptible au séjour ténébreux des réprouvés. Celte lueur affaiblie, ce souffle épuisé, ce son vague , exciteront le désir perpétuel et impuissant des impurs, des stériles, des négateurs de Dieu, des impies aveugles, muets et sourds ; et de tous ceux qui auront vécu ou végété sur la terre comme la bêle brute ou la plante, dans la jouissance de leur corps sans intelligence et sans devoir, et qui s’agiteront en vain dans leurs efforts douloureux et inutiles pour sortirde la ténébreuse obscurité qui pèsera sur eux.
Lorsque nous dtons id cet harmonieux tableau que le grand poète Dante a tracé dans toute la richesse de son inspiration catholique ; lorsque tous sont appelés à réaliser la volonté éternelle pour le règne de Dieu sur la terre ; lorsqu’il a été donné à tous l’espérance de voir dans celte lumineuse ascension au ciel , leur ame immortelle rayonner de la pensée divine qui a été mise en eux ; ne doît-on pas s'étonner de findifférence moderne pour la glorieuse
RÉSUMÉ ET CONCLUSION. Ml
transflgufatlon spirilnelle de toutes les na«< fions prophétisée au monde par le Verbe de Dieu : transfiguré et éblouissant scs disciples, comme type de la perfection qu’ils devaient imiter?
Les notabilités de notre temps, ignorantes de l’avenir chrétien , aveugles sur le présent, sourdes au grondement formidable du passé, repousseront-elles, accuseront-elles ou damneront-elles toujours les cœurs dévoués, les esprits élevés, qui se rencontrent dans tous les rangs de la société, et qui proclament que le christianisme seul renferme encore tout l’avenir de l’activité spirituelle et progressive des nations ?
Ces hommes n’acceptent-ils pas , dans leur bonne foi et dans leur bonne volonté active, la solennelle mission que Dieu luitnême a révélée à tous? Faire et enseigner la vérité de la parole du Christ , n’est-ce pas aujourd’hui leur oeuvre? Ils sentent trop eneux-mémes, pour l’oublier, qu’ils sont le résumé de la loi divine et de l’activité immortelle de l’esprit qui leur ont été données dès le principe commedevoir et comme
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droit de dominer la création. Ils reconnaissent trop, pour omettre la recherche de la perfection , qu’ils ont été faits à l image de Dieu , et que la réflexion de leur science philosophique trouve en eux la souveraine unité , divine et triple, dans la logique de leur aclivitémorale, intelligente et pratique, accomplissant l'œuvre de la pensée éternelle , qui , dans sa toute puissance , a produit le monde. Ils arrivent alors à ce pouvoir sur eux-mômes , qui fait que leur ame dirige leur organisme vivant dans l’activité bonne, animée du dévouement pur au bien et prévoyant l’avenir dans la réalisation parfaite de la loi révélée.
Enfin, celle foi, celte bonne volonté, peuvent , par le fait spirituel de leur liberté, de leur responsabilitéeldeleur solidarité, choisir dans la triple mission sociale qui réalise la volonté de Dieu sur la terre;soitcelleduclergé conservateurdu dogme, enseignantlaloi morale éternelle et universelle, et administrant le don des sacrements, signes divins des droits ; soit celle de l’université ou de l’art, qui distribuent renseignement du but na-
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tional « l’instruction dans la science particulière , qui aide les moyens divers du travail social , et l’inspiration de la charité fraternelle; soit enfin celle de l’administration sociale qui organise , dirige , rétribue et juge le travail commun et chacun de ceux qui l'exécutent suivant leur intellifence et leur dévouement.
Maintenant , si l'eucharistie est le signe même du dogme catholique de la fraternité humaine , y en aura-t-il un seul qui voudra refuser le don que le Verbe incarné fait de sa chair et de son sang, pour donner à la nature et à la vie de ses frères la force de réaliser la foi chrétienne ?
Bien plus encore, si l'on doit croire à l’histoire incontestable, qui montre la natioti française consacrée dans sa naissance à la foi catholique ; si on trouve ce peuple n’ayant failli jamais à sa mission de conserver ce dogme intact et pur; de l’élucider et de le propager; de le défendre en poursuivant partout et toujours ses ennemis; et de réaliser sa doctrine sociale, pour servir d’exemple et d’enseignement aux autres
à08 SÊCONÛË PARTIÉ,
peuples ; sera-t-il en France quelqu'un qûf refusera d’accepter la continuation de cette mission solennelle desFrançais qui vit en lui?
Enfln s’il est temps de reconnaître que la révolution française a, de notre temps, fondé la politique chrétienne, dans son immortelle devise : delà liberté spirituelle qÿ choisit sa fonction sociale; de l’égalité de naissance qui constitue tous les hommes libres, égaux en responsabilité ; de la fraternité qui doit les lier entre eux par la solidarité commune dans le but unitaire d’activité nationale et dans l’unité d’administration du travail populaire ;
S’il est vrai, en outre, que les grands hommes de la révolntion n’ont rénié leur origine du dogme catholique qu’en haine du clergé qui s’était uni aux ennemis de la libération de tous; il sera plus opportun et plus vrai encore de reconnaître que quinze siècles de sacrements catholiques avalent tellement incarné dans le peuple Français la loi morale du christianisme, qu’il s’est levé tout entier pour proclamer sa foi politique, et qu’il est allé la semer sur
RÉSUMÉ ET CONaUSION. I»S
toutes les nations de l’Europe et de Torient.
On verra alors, que la vie entière de la France a été et doit être toujours dans sa foi au dogme catholique ; car du jour où elle cesserait d'avoir cette foi, elle perdrait sa nationalité, elle serait déchue du haut rang qu’elle a reçu parmi les autres nations ; elle perdrait son nom de royaume très chrétien. Et cependant elle l’a acquis par son zèle à propager, en dehors d’ellemême les principes sacrés qui animaient ses armées chevaleresques et ses moines missionnaires, et par la gloire de ses sciences, de ses écoles et de ses arts jqui attiraient dans son sein la jeunesse des nations , y cherchant la connaissance et l’inspiration orthodoxes.
Comment exprimer, après avoir reconnu cette tradition du passé de la France, dans le noble accomplissement de sa mission, ce que fait la bourgeoisie, cette aristocratie de l’argent, toute puissante et implacable dans son pouvoir sur notre temps?
Fille ingrate de la commune du moyenâge, qui lui a donné ses droits chrétiens de
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liberté et de fraternité, elle a renié sa libératrice, la révolution française. Elle a renié le progrès de la relii^ion, qui a mis quinze siècles à détruire , dans notre nation , la transmission de la fonction sociale par l’hérédité de la race, celte suite de la chute, la grande faute de l'antiquité que le Christ a rachetée de son sang.
Elle a fait plus, elle a rétabli celle. hérédité en amassant; dans son égoïsme cupide, la richesse qu’elle voulait transmettre à l’oisiveté de ses enfants, afin de leur donner le droit d’exercer le pouvoir national, comme récompense de leur exploitation du travail populSire dans le seul but de satisfaire leurs jouissances personnelles. Elle a constitué des rois sans sacre. Elle a laissé réduire la’ philosophie de son université à un panthéisme fatal , et le sentiment religieux de celte institution à une espèce de protestantisme, qui supprime le célibat des prêtres, le plus noble signe du dévouement du clergé catholique, et la confession, l’acte le plus élevé de la liberté humaine, qui s’accuse elle-même, se juge, se punit dans
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son propre repentir, et dont le châtiment reste secret.
-Maîtresse de toutes les voies d’inspiration et do conservation des hommes, depuis les arts jusqu'à l'industrie, depuis la littérature jusqu'au commerce , elle les pousse dans la dépravation et dans la concurrence égoïstes , qui l’enrichissent et la maintiennent dans sa domination , mais qui ruinent et détruisent le travail des pauvres.
Elle a ruiné le pouvoir delà noblesse généreuseet protectrice, et détronéla royauté, qui la maintenait. Elle a volé la souveraineté du peuple. Possédant aujourd’liui la propriété et la puissance seigneuriales, elle exploite, à son profit, les pouvoirs sociaux du passé, ceux du présent et la richesse nationale, produit du travail populaire. En cela elle agit comme toutes les classes , qui préparent et accomplissent des révolutions sociales, et qui oublient de remonter au principe de tout: la loi du Dieu juste et bon qui protège les faibles et les opprimés.
Imprévoyante de l’avenir, elle prépare
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^ 36S enfants des révolutions plus terribles * que celles qui se sont répandues sur le monde, parce qu'elle n'a pas voulu comprendre la valeur des concessions progrès-* sives, pouvant améliorer le sort des classes pauvres qui forment plus des trois quarts de la nation et empêcher les désastres qui désoleront peut-être les générations futures de la chrétienté.
Heureusement cette intelligence des choses de l'avenir, celle connaissance des actes à acconaplir dans les sociétés actuelles pour établir le triomphe du bien sur le ma), ce désir puissant d’une loi pratique, politique du christianisme, qui mène au progrès spirituel dans leur activité les nations élues de Dieu , commencent à pénétrer les esprits. Ils acceptent même que cette réalisation chrétienne doit baser la société sur l’organisation du travail, spirituel et physique , intellectuel et pratique, qui doit être distribué et rétribué suivant la capacité et la bonne volonté. Ils comprennent que l’administration publique doit dans sa charité, diriger, protéger et associer
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ce travail, pour le conduire dans la voie du bien-
Nous avons nous môme rencontré de ces esprits, animés de la prévision et de la bonne volonté qui doivent amener la réa-r lisation sociale de l'avenir chrétien , dans toutes les classes de notre société , depuis l’ouvrier pauvre qui attend son pain , jusqu'aux degrés les plus élevés de la hiérarchie du clergé qui enseigne la loi morale éternelle.
Ceux-là sont dans la voie de la vérité qu’ont toujours suivie tous les peuples dévoués à la lutte contre les pouvoirs égarés et les hiérarchies corrompues : ces oppresseurs de la liberté, de la lumière, de la vie, réclamées sans cesse par les souffrans, les pauvres , les serfs et les esclaves.
Ceux-là ont toujours été et seront encore les puissans protecteurs et défenseurs des opprimés, par leur esprit et par leur force , pleins d’ardeur et de dévoûment , travaillant à l'œuvre divine et finissant toujours par triompher du mal, en délivrant leurs frères.
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La nation Française ne manquera donc pas i'i sa mission sacrée -, elle attirera à elle, dans sa charité infinie, toutes les nations, pour les unir dans la communion catho-' ligue , réalisatrice du règne de Dieu sur la terre.
Elle pourra dire alors comme le divin maître qu’elle aura suivi: Quand je serai élevée au dessus de la terre, j’attirerai tout à moi.
A la fin des temps, elle sera encore la première à la lôte des peuples ressuscités, qu’elle élèvera en les menant à Dieu pour lui offrir le monde qu’il a créé, transformé spirituellement, par la bonne volonté humaine, danslebutdele joindre à sa gloire éternelle.
Que toute la France répète donc, comme son plus noble vœu, ce sublime chant que son peuple lui a transmis dans sa glorieuse tradition, au temps de sa foi la plus vive; lorsque se préparait et s'établissait le plus saint empire qui ait été posé sur le monde , par le plus grand des empereurs, Charlemagne.
« Tout-Puissant, éternel Dieu !
» Qui avez constitué l’empire des Francs comme instrument de votre divine volonté
bigiti
UKSr.MÉ El tlO.NCI.tSlON.
sur la lern* ,
El comme glaivi3(léreiiseur de votre sainte église;
Nous vous prions de prévenir toujours et partout de votre céleste lumière,
Les fils des Francs qui vous supplient , afin qu’ils voient ce qui est à faire pour établir votre règne dans ce monde ;
Et que , pour accomplir ce qu’ils auront vu, ils croissent dans leur persévérance en courage et en charité, par notre Seigneur Jésus-Christ, Votre Fils. »