CHAPITRE VI ET DERNIER
BÉSVHÉ ET CONCLVSIOB.
Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.
Ailes donc instruire toutes les natinns.
(S. Matt, c. xxvni, y. 18 et 19.)
La double nature derhomme qui le constitue, par ses deux origines, comme médiateur entre la terre et le ciel ♦ se trouve exprimée très clairement dans les deux premiers chapitres de la Genèse , par les deux fonctions pbysiqueetspirituelle de rhomme, créé pour
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propager son espèce et dominer le monde, et consacré pour conserver la loi morale éternelle , divine , et perfectionner sa propre intelligence, en déduisant la logique de cette morale. C'est tellement la vérité, que cette œuvre où nous cherchons la réalisation de la volonté de Dieu sur la terre dans la parole prophétique del'Èvangile, s’est naturellement divisée en deux parties.
La première des divisions de notre livre représente, en effet, la loi éternelle imposée à l’ame humaine dans sa mission de concourir à l'œuvre immortelle qui réalise la pensée de Dieu.
La seconde démontre comment la volonté humaine, dans sa liberté responsable et solidaire , a tendu , par son activité spi-
rituelle et physique, à atteindre le but qui lui a été donné*
Ce but, c’est son devoir et son droit de la domination et de la translormation spirituelle du monde, au moyen du sacriûce de soi-mème, pour la gloire de Dieu ot le bien de ses frères.
IL résulte aussi , de l’étude de la tradition (Uujpaine, que ceUe dealitô se reprodmt
RÈâClfÉ KT OONCLTTglON. iVt
danala vie active des sociétés, sous la forme du dogme religieux et de la philosophie politique , engendrant logiquement chacun des sciences et des pratiques , qui ont des caractères particuliers.
Le dogme a pour sciences appartenant à sa logique : la théologie ou la science de Dieu; l'histoire ou la science de la tradition de l'humanité ; et la loi morale ou la science des moyens d'accomplir la mission humaine donnée par Dieu. Elles ont pour but d’aider l’intelligence humaine à distinguer la vérité de l’erreur dans tout ce qui est de Dieu et de l’homme.
Les actes pratiques qui résultent des sciences du dogme sont : le culte , l’enseignement et les sacrements. Le culte prophétise l'avenir humain, comme loi éternelle de la volonté de Dieu sur le monde, et inspire aux hommes la volonté de réaliser cette loi. L’enseignement de la loi morale universelle s’impose à toutes les classes de la hiérarchie humaine , dont la masse populaire forme la communion religieuse.
Enfin, dans les sacrements, ces pratiques
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se terminent par la consécration et la transformation spirituelle de l’homme, afln que sa bonne activité réalise et sanctiûe sa mission sur la terre.
Telle est la fonction solennelle et unique que, dans le passé, dans le présent et dans Tavenir, le sacerdoce devait et doit encore accomplir, dans le but de conserver, élucider, enseigner et communiquer la loi divine du dogme révélé, éternel et immuable.
Si le dogme religieux renferme les sciences et les pratiques qui font la fonction du clergé, la philosophie politique est aussi complète pour exprimer la fonction des laïcs par des sciences et des pratiques.
La philosophie a pour sciences, résultant de sa logique, la connaissance des lois cosmiques , physiques, physiologiques, psychologiques et morales, qui président aux phénomènes progressifs et par conséquent variables, tendant à spiritualiser le monde créé par Dieu pourètre mis sous la puissance directrice de l’homme. La science morale, qui n'est autre chose que la science sociale basée
RËSrMË ET CONCLUSION. *8»
sur la doctrine pratique de la loi révélée, fixe la dilTérencedu bien et du mal, par l’élude intelligente du passé et la connaissance de l'avenir où tend la foi. Toutes les autres sciences que nous venons de nommerdoivenl donc se soumettre à l'unité de cette science sociale qui n'est que la pratique du dogme.
Ces sciences ne sont, en effet, que les moyens intelligents d'aider la nature humaine dans sa mission. Elles conservent la vie de l'homme, en esprit et en corps; elles dirigent son intelligence et son activité vers la puissance spirituelle de sa force , qui doit réaliser par ces moyens plus rapidement et plus purement le bien voulu par Dieu.
Ces sciences de l’ame étemelle , de la vie physique et spirituelle dans le temps, et du monde dans la magniOccnce de sa variété et de son unité, sont le droit et le devoir de tout homme qui se sent missionnaire de Dieu.
Ces sciences morales et sociales et ces sciences cosmiques viennent enfin apporter leurs résultats à la science adminislra-
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tive de la société politique constituée, afin qu’elle en tire les produits praticables pour aider et diriger le travail que doit accom»
plir un peuple sur la terre et dans le teinps. Cette suprême science, qui cherche par la puissance de son intelligence et par la tbre^ de son action la, perfection dans l'activité nationaler au moyen d'institutions sociales qui la gouvernent, l'enseignent, la protègent et la jugent justement : est la science de l’économie politique.
L’harmonie de la hiérarchie sociale, qui tend à établir dans toutes ses voies la bonne activité d'un peuple dans son but national, est en effet la pratique de ces sciences de la philosophie.
Alors la famille naturelle et la famille spirituelle réalisent la mission d’élever les enfants dans le but de leur perfection religieuse et nationale, que tous doivent rechercher dans le dévouement au devoir du travail commun.
L’université vient, par sa philosophie, ses arts et ses sciences, achever l'éducation, en instruisant; en inspirant, en maintenant dans
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Ja fécondité de leur force actiTB, les fils et filles de la nation. Elle les dirige dans des fonctions différentes ou dans des états de vie particuliers, suivant leur capacité natu-' relie et acquise , et donne à tous le noble but de se vouer tout entiers au travail dé* sintéressé, moyen réalisateur de la charité chrétienne.
L’administration sociale répartit alors CCS jeunes êtres en les consacrant aux fonctions auxquelles ils sont disposés par leur bonne volonté, et leur distribue les moyens de leur activité.
Enfin la justice nationale sanctionne la vie de chacun, en élevant par son droit d’élection, les efforts croissants du dévou&ment do soi-même à la liberté et au bien de tous , sur des degrés de plus en plus hauts de la puissance hiérarchique sociale; ou en rejetant, comme impur, nuisible et impie, l'égoïsme riche etoisifexploitantàson profit la bonne volonté de ses frères pauvres, dans le pénible sacrifice de leur travail.
Au-dessus de cette hiérarchie sociale, œuvre active que la philosophie politique
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déduit du dogme religieux, suivant le progrès à faire, commepraliquedela loi divine , se trouvent encore deux signes puissants, représentants glorieux de la mission céleste et terrestre donnée à la communion des enfants de Dieu : c’est le pape, souverain spirituel de cette communion ; et le pouvoir temporel, souverain national d’un peuple qui a une mission particulière dans cette grande communion.
C’est donc encore l'unité double de la nature humaine qui se fait souveraine, dans sa splendeur médiatrice entre le ciel et la terre et par la toute puissance du sa- ♦criflee absolu, imité du Verbe incarné dont l’incarnation, accomplie en elle-même par l’eucharistie et la consécration, l’a transflgurée.
C’est cette unité qui , au moyen de ces souverains dominateurs du monde, offre au Père céleste de tous le monde transformé spirituellement, suivant sa volonté éternelle, par la bonne volonté de toutes les âmes libres .responsables et solidai res , qu' il a créées pour concourir à son œuvre immortelle.