‹ Doctrine religieuseChapitre 15 sur 28 · ART. VI]. — DE LA RÉCRÉATION ET DE LA CONVERSATION · texte numérisé non relu

ART. VI]. — DE LA RÉCRÉATION ET DE LA CONVERSATION

DeuanDe. Nous est-il permis de jouer ?

Réproxse. Les jeux de hasard, comme sont ceux de dés et beaucoup de jeux de cartes, nous sont défendus par l'Église (1). Nos lois nous défendent particulièrement le jeu d'échecs (2) et tout jeu de mains (3), comme serait, par exemple, celui que les Italiens appellent la Mora (Mourre) (4), ou tout autre dans lequel les joueurs auraient à se prendre par les mains; ceux qui joueraient aux dés ou à quelque autre jeu de hasard, comme seraient les jeux de cartes (5), encourraient la peine de la coulpe grave ou plus grave (6). Les autres jeux nous sont permis, mais il faut, en nous y

(1) Concile de Trente, et les DD. Fr

(2) Chap. gén., 1405. Sans aucun doute, parce que ce jeu occupe trop l'esprit, et qu’il fait perdre beaucoup de temps.

(3) Chap. gén., 1256.

(4) Voyez Fontana, de Ludis.

(5) Nous défendons absolument à nos Frères de jouer aux cartes, sous les peines marquées aux Constit. C’est ainsi que s'exprime le Chap. gén., 1605. Il faut remarquer 4° que les cartes simples, comme celles de Tarots, ne peuvent passer que pour des cartes de jeu, et que par conséquent les unes, commes les autres, tombent sous la prohibition ; 2 que les jeux de Tarots ne sont pas plus des jeux mixtes que bien d’autres jeux de cartes simples; 30 que la loi ne fait aucune distinction de cartes ni de jeux, etne suppose même pas qu'il y ait de l'argent pour enjeu; 4° que les peines qu'elle inflige sont incontestablement très-graves.

(6) Constit. de notre Ordre, p. 133 et ailleurs, Chap. gén., 1605 et d’autres.

ART Ve

livrant, rester toujours dans les bornes de la modération convenable et ne pas dissiper l’esprit sous prétexte de soulager le corps.

D. À quoi faut-il faire attention durant les récréations et les conversations ?

R. 1° À ne jamais nous méler des affaires d’autrui, ni parler de qui que ce soit; et quant à ce dernier point, nous devons y apporter une attention toute particulière même dans les petites choses, parce qu’il arrive assez souvent que l’on regarde comme légère une médisance qui est grave dans la réalité; 2° à éviter les familiarités et les amitiés particulières, d’où résultent très-souvent de graves inconvénients; 3° à ne jamais oublier Dieu au point de bannir son saint nom en ces moments de notre bouche ou même de notre pensée ; 4° à ne prononcer aucune parole inconvenante, à ne rien affirmer par manière de serment, à se garder des rires immodérés et des plaisanteries trop libres ou bouffonnes, toutes choses qui sont toujours très-déplacées de la part d’un Religieux et qui, du reste, sont interdites par nos lois sous la peine de la coulpe légère (1).

(1 Constit. de notre Ordre, p. 4115 et suiv.

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