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ART. IX. — DES CELLULES ET DES LITS

Demanve. Comment doivent être nos cellules ?

Réponse. Nos cellules doivent être pauvres, pauvrement meublées, et en tout conformes à ce que doit être l’habitation d’un Religieux. Toute superfluité doit en être bannie, ainsi que toute image qui ne serait pas une image pieuse (1).

D. Pouvons-nous entrer dans les cellules les uns des autres ?

R. Excepté le Supérieur, personne ne peut entrer dans la cellule d’un autre sans nécessité; il n’est pas non plus permis d'introduire dans sa cellule des séculiers, si ce ne sont des personnes graves (2).

D. De quoi doivent se composer nos lits?

R. La Constitution nous permet de dormir sur des paillasses et sur des sacs de laine, et nous défend de dormir sur des coutres (lits de plumes). Toutefois cette défense ne s'applique pas à nos infirmeries ni aux maisons dans lesquelles nous recevons l’hospitalité, lorsque nous aurions sujet de craindre de trop molester nos hôtes qui nous auraient préparé d’avance à coucher (3). Mais on n’est pas entièrement d’accord sur ce que les

(1) Décrets de Clément VIII, et Chap. gén., 1592, 1608 et 1614. (2) Chap. gén., 1505 et 1605.

(3) Constit. de notre Ordre, p. 57, 58, et Déclar.

Constitutions entendent par sacs de laine et par (culcitra) coutre : les uns disent que par sacs de laine il faut entendre des matelas, et par culcitra des lits de plumes (1); d’autres veulent que le mot sac de laine signifie seulement l’oreiller qui pourrait être en laine, et le mot culcitra le matelas de laine (2). En pratique, il faut nous en remettre à ce qu'aura réglé le Supérieur.

D. Quels sont les habits que nous devons porter au ht?

R. Nous devons dormir avec la tunique ou la tunicelle, la ceinture et les chausses, et toujours seuls, n'importe où nous nous trouvions (3). Pour la ceinture, il semble que l’on peut entendre cette ceinture ou cordon distinct de la courroie et que l’on portait autrefois

(1) Cette interprétation est celle que l’on trouve dans la version italienne de nos Constitutions faite pour les religieuses; et elle ne manque pas de probabilité. Voyez le Glossaire de Du Cange, au mot Culcitrare.

(2) Voici les raisons sur lesquelles ils s'appuient : Nos lois nous permettent ce qu'on appelle culcitra à l’infirmerie; elles supposent que les lits des malades en sont ordinairement pourvus, et ces lois furent faites aux premiers temps de l'Ordre. Or il est incroyable que nos premiers Pères, qui vivaient dans un esprit de pénitence et de pauvreté si notoire, aient voulu permettre, ne füt-<e que dans l’infirmerie, une chose aussi malsaine, et aussi coûteuse que les lits de plume. Par conséquent, il faut entendre par culcitra un matelas de laine, et par ces sacs de laine les oreillers. Si la Coustitution, après avoir déclaré que nous pouvons dormir sur des paillasses, ajoute que nous pouvons dormir sur des oreillers de laine, cela ne parait nullement incohérent, attendu que l’on trouve écrit dans saint Marc, que Notre-Seigneur dormait sur un oreiller.

(3) Constit. de notre Ordre, p. 58, et Déclar. de Clément VIII.

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sur la première tunique ou tunicelle (1). Le cordon de Saint-Thomas peut maintenant remplacer parfaitement cette ceinture. Par chausses, on entend probablement les chausses de nuit des anciens moines, lesquelles, à ce qu’il paraît, montaient assez haut pour servir de caleçon et en porter le nom (2). Beaucoup leur substituent maintenant les caleçons; mais il faudrait que ceux- ci fussent en laine, et assez longs pour arriver jusqu'aux pieds (3).

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