ART. XIII. DU CHAPITRE DES COULPES
Demanoe. Qu'est-ce que le Chapitre des coulpes ?
Réponse. On appelle ainsi une assemblée dans un lieu spécial de tous les Religieux du couvent, assemblée dont l’objet principal est celui-ci : au commandement du supérieur, que ceux qui se reconnaissent coupables fassent la Venia, tous ceux qui reconnaissent avoir commis un ou plusieurs de ces manquements qui dans nos Constitutions s'appellent coulpes, ou quelque autre transgression des lois de l'Ordre, font la Venia ; et quand ils sont relevés, ils s’accusent l’un après l’autre, à haute voix, devant le supérieur et toute la communauté (2).
D. Sommes-nous tous obligés à assister à ce Chapitre et à nous accuser de toutes nos transgressions ?
R. Oui : tous nous sommes obligés à y assister (3), et tous nous sommes tenus de nous y accuser de toutes les
(1) Constit.de notre Ordre, p.125 etsuiv. Tousles crimes énoncés dans cet article sont trop énormes pour qu’on puisse croire qu'ils se commettent dans une Communauté religieuse ; que Dieu nous en garde à jamais. Cependant, comme, absolument parlant, le cas pourrait se rencontrer, soit pour les éloigner, soit pour les punir, s'il y avait lieu, nos lois en ont déterminé le juste châtiment.
(2) Constit. de notre Ordre, aux Déclar., p. 65 et 235.
(3) Constit. de notre Ordre, p. 118.
coulpes ou transgressions légères dont nous nous sommes rendus coupables. Mais si la transgression ou la coulpe est grave, ou plus grave, il n’y a pas d’obligation de l’accuser, à moins qu’elle n’ait été commise en présence des autres ou qu’elle ne soit déjà arrivée à leur connaissance (1).
D. Sommes-nous obligés à subir la peine que nous impose le Supérieur à l'occasion de ces coulpes?
R. Sans contredit, nous y sommes obligés. C’est un péché véniel de l’omettre par négligence, ce serait un péché mortel de l’omettre par mépris (2).
D. Ce Chapitre se tenait-il souvent, et de quelle manière se tenail-il dans les premiers temps de l'Ordre ?
R. Nos Pères le tenaient tous les jours, et notre Ordre fut toujours florissant quant au mérite et au nombre de ses membres, tant que ce chapitre fut vraiment quotidien, comme on l'appelle (3). Le Supérieur y faisait les observations qu’il jugeait convenables. Dans l’accusation des coulpes, si quelqu'un oubliait quelques-unes de . ses fautes, il en était proclamé en toute charité par ceux qui l’avaient remarquée. Enfin les coulpes étaient chàtiées avec sévérité, ce qui aidait les Religieux négligents à veiller davantage sur eux-mêmes (4). Maintenant il
(1) Constit. de notre Ordre, Déclar., p. 193.
(2) Ibid., Déclar., p. 236.
(3) Chap. gén., 1505.
(4) Constit, de notre Ordre, p. 235, e’ Histoire de l'Ordre,
suffit que ce Chapitre se tienne assez fréquemment, au moins toutes les semaines, pour qu’on y récite les suffrages et qu’on y entende l'instruction, que par luimême ou par un autre le Supérieur doit y faire (1), et que chaque quinzaine, en outre, il y ait accusation des coulpes (2). Tout le reste doit se faire comme autrefois et comme il est écrit en son lieu.
D. Que faut-il faire pour retirer du Chapitre un profit spirituel?
R. Il faut y écouter les instructions du Supérieur avec attention et désir d’en profiter. Il faut se souvenir de prier non-seulement dans les prières qui se récitent au Chapitre même, mais encore en dehors, pour le souverain Pontife, pour les besoins de l’Église et de l'Ordre, et pour les Prélats, Princes, Supérieurs et Bienfaiteurs que le Supérieur nous aura recommandés (3). En nous accusant de nos coulpes, il faut mettre toute l’exactitude , l'humilité et la bonne volonté dont nous sommes capables.
{1) Décrets de Clément VIT.
(2) Chap. gén., 1605 et ailleurs.
(3) Constit. de notre Ordre, Formulaire, p. 289.