‹ Doctrine religieuseChapitre 27 sur 28 · AUX RR. MM. SES SOEURS LES RELIGIEUSES DE L'ORDRE DE SAINT-DOMINIQUE · texte numérisé non relu

AUX RR. MM. SES SOEURS LES RELIGIEUSES DE L'ORDRE DE SAINT-DOMINIQUE

Comme je terminais cet Opuscule à l’usage de nos Frères convers, il m'est venu à la pensée, mes bien-aimées Sœurs, que ce travail pouvait, au moins dans son ensemble, être utile tant à vos Sœurs converses qu'à vous-mêmes, puisque ce n’est après tout qu’un résumé des obligations religieuses qui vous sont communes avec le reste de l'Ordre. Me voyant donc entre les mains un ouvrage que je savais ne devoir pas vous être désagréable, je ne pouvais tout naturellement me dispenser de vous l’adresser dès le commencement, et de vous le dédier en le terminant.

C’est pourquoi, bien que j’aie déjà indiqué dans le titre du livre que cette Doctrine pouvait également vous être utile, je veux encore m'adresser ici à vous, qui êtes les filles de prédilection de N. P, saint Dominique, la portion choisie de son Ordre, une des gloires et des plus précieux ornements de l’Église ; je veux vous l’offrir et vous la dédier au moins pour la partie qui vous concerne, et qui est sans contredit la plus considérable, et je vous prie de l’accepter comme un témoignage sincère et de l’affection que je vous porte comme à des Sœurs bien chères, et de la vénération que je vous ai vouée comme à des épouses bien-aimées de Jésus-Christ.

Ce n’est pas là sans doute un travail qui vous soit complétement approprié ; il eût fallu, pour atteindre ce but, en retrancher certaines choses et y en ajouter quelques autres ; mais j'ai lieu de croire que vous saurez y distinguer facilement ce qui vous y concerne, et

trouver dans d’autres livres que vous avez déjà entre les mains ce qui peut manquer dans celui-ci, où vous trouverez d’ailleurs réunis presque tous les devoirs religieux de votre état, que vous chercheriez vainement à trouver ainsi résumés dans aucun autre de vos livres. J'ai dit que vous trouverez résumés ici presque tous Les devoirs religieux de votre état : c'est que cette Doctrine n'est, après tout, qu'une explication des obligations qui, au sentiment des Docteurs, sont communes indistinctement à toutes les personnes religieuses, et des autres obligations particulières à notre Ordre touchant l’observance régulière, telles qu’elles résultent soit de la Règle que vous professez aussi bien que nous, soit de ses Constitutions, auxquelles sous ce rapport les vôtres sont presque entièrement conformes, soit des ordinations des Chapitres généraux, auxque:les vous êtes également tenues de vous conformer (1). IL est donc bien claix que cette Doctrine, quoique composée spécialement pour les Frères convers, peut ètre également une instruction religieuse suffisamment complète, même pour vous, comme elle le serait d’ailleurs pour tout autre religieux de l'Ordre. En sorte que le plus grand défaut que vous pourrez rencontrer dans ce petit travail, même pour ce qui vous y concerne, devra être attribué à mon insuflisance et à mon incapacité, qui seront très- probablement les seules causes pour lesquelles je n'aurai pas su exécuter convenablement ce que je m'étais proposé de faire. Mais j'ai la confiance que votre bieuveillance saura passer facilemen: par-dessus les défauts que vous pourrez y rencout er sous ce rapport; et puisque, selon l'Esprit saint, l'âme du sage n’a besoin pour avancer que d'en trouver l'occasion (2), je veux supposer que, malgré toutes les imperfections de l'ouvrage, votre sagesse saura vous le rendre utile et avantageux.

(1) Dans le cas où la Déclaration dn Chapitre général de 1694 sur ce point ne serait-pas suffisamment connue , j'ai cru devoir la reproduire ici intégralement. La voici : « Nous déclarons que les ordinations des Chapitres géné- « raux regardent les Religieuses et les Sœurs de notre Ordre, toutes les fois « que ces ordinations peuvent s'accorder avec leur état et leur profession ,'et «“ que, par conséquent, elles sont rigoureusement tenues de les observer. »

(2) Prov., 1x, 9

Après tout, si l'offrande vous parait peu de chose, agréez du moins, très-chères Sœurs, le bon cœur avec lequel il vous est offert ; et si l’auteur acquiert à cause de cela quelque mérite auprès de vous, qui savez, avec cette tendance si bienveillante qui vous est propre, trouver du mérite là même où il n’y en a pas, veuillez vous souvenir dans vos prières de

Votre très-affectionné Frère en J. M. et D., FR. J.-V. M., des Frères-Précheurs.

A la charité des lecteurs, le traducteur demande aussi l'aumône d'une prière.

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