MAD
lon ne se connaît jamais, l’on n’apprend point à avoir mauvaise opinion de soi, et l’on n’apporte pas à ses actions et à sa conduite l’attention et la vigilance nécessaires.
Le onzième défaut vient de ce qu’on s’aime trop, de . ce qu’on est trop attaché à sa propre volonté, et qu’on recherche trop ses aises et ses commodités. Les personnes esclaves de ce vice s’imaginent que la croix de Jésus-Christ est un fardeau insupportable, et que la perfection de la vie que nous trace le saint Évangile est un joug qu’il est impossible de porter.
Enfin le douzième défaut consiste à être léger et inconstant dans ses projets et dans ses desseins, à former promptement une foule de bonnes résolutions et à les violer plus facilement encore qu’on ne les avait prises. Dans cet état on ne veut pas savoir que c’est la persévérance seule qui achève l’ouvrage ; que, sans elle, la vie tout entière se passe dans des projets vains et frivoles, et qu’on ne ressemble que trop à ces vignes qui, pendant l'été, portent de beaux raisins, mais qui ne mürissent jamais.