LIBRAIRIE DE CHARLES G0S3ELTN
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De DOS jours, rhistoire a acquis un degré de certitude, d'intérêt et d'agrëraent qu'elle ne possédait pas naguère. Ce n'est point au seul mérite des écrivains qu'il convient d'attribuer ce progrès, favorisé par le goût public. Les historiens modernes n'ont peut-être pas plus d'érudition consciencieuse, d'aperçus ingénieux et de talent de style que leurs devanciers ; cependant , on doit le dire , et à peu de chose près , les histoires générales ou privées qui ont été publiées de notre temps, sous quelque forme que ce soit, et quelle qu'ait été la pensée politique de leurs auteurs, offrent l^us d'importance et d'attrait que la plupart des livres historiques des temps précédents.
Ce qui semble avoir donné aux histofiens modernes eslimables quelque avantage sur les historiens antérieurs estimés, c'est l'indépendance avec laquelle ils ont écrit y et j'ajoute avec laquelle ils ont pu écrire; c'est surtout la connaissance des mémoires composes, aux époques mêmes de l'accomplissement des fiiits, par des hommes qui avaient vu les événements ou qui y avaient pris une part personnelle. Depuis I. 1
cinquante ans, la publication des mémoires complets a ëté complète elle-même ^ et elle a fourni une carrière de matériaux féeb > animés , si on peut le dire , dans laquelle les historiens et le public ont pu s'inspirer et puiser à loisir. La franchise et l'originalité des chroniques se sont communiquées aux écrivains qui étudiaient ces annales particulières , et se sont réfléléeâ dans les histoires plus o» moins générales. Le^ principes des historiens modernes n'ont pas été tes fiiémes ; le jour sous lequel ils se sont placés pour juger les hommes et les choses n'a pas été semblable ; daM la manière de préseàfiter lés doctrines et les faits, chacun d'eux a apporté des préjugés , des lumières , des sentiments divers ; mab cette diversité même , inévitable effet de la ebaléur dés opinions^ du choc des partis et de la liberté de la presse, a jeté, sur Tétude et les lectures historiqueSf un intérêt et un éclat qu'elles n'avaient pas précédemment. Quand le buHn de. l'histoire est tombé des mains privilégiées de V historiographie; quand, libéré de là censure officielle, chacun a pu se servir de ce burin pour raconter ses impressions et ses jugemetits; lorsque la critique a pu librement discuter les assertions et les systèmes, tout le monde a senti que la vérité histo** rique appïiraissail enfin.
Que résuhel*tt de cet aperçu de Thistoire el des fat»ldriens pris an point de vue de notw époque? 11 en résulte, je croi», que^ pour intéresser le pubKc ac-
MA, ^Kntt \iMpTviftl* ée Itf «onfiftncë âul lecteurs ftituM, frat* j^t^èpm«T Mit )i{MûriMA de rétetiiV un tfacfit âe èbouiMnld lissitf es ^ H faut écrire l'histoire pendant qo'èMe se fait ; H faiA qu'elle soit ëcrite et publiée URidtt qiië leâ cAio^es et les ^rsonnes sont encbte \kf prèles k certifier que Thistorien a été véridique ou tfftiiijpeor ; il fdut que la voix de c«tù1 qui proclame les faits contemporains soit élevée pouréti^e entendue de ^lua , éloignée des clameurs de l^esprit de CMerie et de parti, coufageuse à toute occasioi^, modérée iành ^on expression pour commander la modération am antre», raisonnable pour pénétrer et convalnere ; il faat enfin que cette voix , déjà puissante par tous ees motifs , soit celle cFun bomme de bien , que la Mnaidérattoiv publique environne et qui , par là Aature et la sécurité de ises relations , par le sérieux de ftes qitalifés et de ses moeurs, soit la meilleure gafan*' tie de la vérité de ses discours 5 car, selon l'orateuf romain, ce n'est pa^ assez de bien dire, il faut bien faire, et la réunion de ces deux aifantages est rare dans notre siècle , lequel souvent , à défaut de bonne con^ doité, se contente de belles paroles.
L'bîsti^re de la révolution de i83o, cenotitel épiâode de la rév6hitton française, n'a pas encore été écrite, c'est-à-dire recueillie et publiée. Elle s'enregistre tous les soirs dans les journaux , au milieu de tant de choses, qu'il est, aujourd'hui même, difficile de la suivre, et que, plus tard, il sera plus dlflftelle
encore de l'y retrouver et de la démêler. Les mémoires «e préparent-ils ? tant mieux pour la postérité qui, oependanty pourrait bien en être privée, car on peut douter qu'avec la liberté de la presse, les générations présentes, qui peuvent tout haut crier tout ce qu'elles veulent, se résignent à parler tout bas dans le secret de leurs confidences manuscrites. D'ailleurs, dans un pays de liberté parlementaire, si l'histoire se débite dans les lieux publics, si elle se libelle dans les journaux, elle se fait à la tribune. A. cette sellette nationale viennent nécessairement se poser tous les faits et tous les personnages du temps qui, à titres divers, peuvent intéresser le pays et l'histoire. Là, presque tout se révèle , se dévoile , s'accomplit. Le surplus, si surplus il y a, ne se compose peUt-étre que de vagues propos et d'intrigues qui ne sont même pas toujours la petite pièce de la grande comédie. Là, toutes les vérités vraies se proclament, tous les secrets se disent. A quoi donc bon les mémoires ? Les procès-verbaux des débats législatifs deviennent, pour la postérité, les annales les plus authentiques et les plus complètes. L'histoire des peuples parleurs ne commence, en réalité, qu'au moment où s'ouvrent les chambres et où se lève le rideau de la tribune publique. C'est donc là qu'il faut la prendre y encore toute chaude de ses aveux obligés et de ses combats personnels. — ce Nous « savons bien qu'à l'Assemblée constituante... c'é- « taienbles principes mêmes qui étaient en jeu. De là
c Fintérét que ces discussions gardent encore de nos «jours... II manque aux débats de nos chambres « une seule chose, mais qui est tout : il manque l'inc lérét sérieux et grave qui vient des principes... c Voilà pourquoi les discours d'aujourd'hui auront « peu de durëe^ excepté ceux des orateurs qui, dans ff les questions particulières, visent à la question gé- « nérale et aux principes (i). »
Cette tribune qu'il fallait choisir bien, cette voix élevéequ'il était nécessairedefaire entendre pourpouvoir écrîrel'histoireparlementairedelarévolutionde 1 83o, le public trouvera sans doute que nous avons eu le bonheur de les rencootreri lorsque M. le marquis de Dreux-Brézé a bien voulu nous permettre d^ecueillir et de publier les discours que, depuis douze ans, il a prononcés à la chambre des pairs. Certainement le noble orateur n'est pas le seul qui , dans la carrière législative, ait fait retentir le cri de l'honneur, de la vérité,. de la raison, du talent. Qui pourrait oublier la hauteur oratoire de M. de Fitz-James, la discussion c^me et profonde de M. de Noailles, l'ardeur inces- ' santé et courageuse de M. Dubouchage? A la chambre des députés, MM. Hennequin , Dugabé, de Valmy^ Béchard ^ n'ont pas manqué de répandre la lumière avec éclat et succès sur une grande partie des questions publiques et des faits occultes soulevés et produits pai- la révolution de i83o. Enfin, celui de tous
(i) Jûumtil des Débais du 7 février 1842.
Içs hommes de la parole qu^ , par son adofural^e ^ion qu^ce I 3'est pl^ë k la t^^e àes plua puissai^^^ ora« tçurs, M^ Berryer, danç ses discours^ a acoiq^iU^ poqr l'avenir les doc^mepts les plus heiivei^x et les pages les p)u^ brûlantes. Maî$ déjà, l'on a aoDQpcé 1% publication de ses magnifiques iii&pii*ations ; il |ie nous était dope plus possible 4'y recourir] et quant aux autres hommes politique^ qu^ poHS> oitoip^ plus haut y les uns n'ont point occupé la tribun^ depuis Torigiite d^ la période révolulioonaive , les auti>e^ n'ont pas piru devoir Lrailer toutes les questions qui ont été agitées y et par conséquent le recueil de leur^, discours eût pi*ésenté des lacunes historiques, e^ p'aurait pas olTeat aux lecteurs de nos jours et de l'avenir cette uoîlé efe ce complément indispensables dans le tableau et dans l'appréciation des faits de l'histoire,
lions devons faire remArqueir, en effet, que, dès ^ premiers joura de la révolution de i83a jusqu'à oe m.Qfqeni, ]M(. de ^ré^^é a pu occuper constamment la tribupe, proclamer et discuter tops les faits, éclaircir les q^vf^tipps de doctrines et de personnes que l'esyt psit révQl^tionuaire souWvail et poursuivait, et qu'aifKSt % dans le devoir que nous nous étions iiupo!^ , I0 recueil dem^ discours vepondait au but bîsv torique qu'il s'agissait d'atteindre.
Toiitte la vie de M. de firé'4fié m'y répondait pas moins. Non engagé , par soa âge f dans les souvenirs
WJ^éNwèiw giMrr» (te îinpojdop; ay^nt pm, tout m eierçanl , sous la Restauration , Tuae dit» giniipifi çWywdela ip«î«on4H roî» conserver rUul^imdapce d'opiiiiqtiif^quî Uiff^mim^dl^i^f avaolajegiif géoamlioii , la dévak^ffeeaMoi dMÎoalîMUîoiift el ilaa pnnaîpas de BatEmaTOliiB e\ d» liberté; détfamw m^ pacliteui^ maîaeuvepi, avant juillet y83o, et viirii^'vîa de la royauté , de eta lUaanéi qu'iè ragankit MMinae daprfritége^Batienaiix, en «nème tenpaqae, ooninie siiile gaf aBlie de ees roéimes privilèges , il défendMt le droit mooareUique ûi bérédilaire aveo le dévoua iaap( iofAWnaUe d'un -ai^et fidèle , M. de Bvéxé , re^ pauMunt k la foiale^^ive civile et la guerre étran^ gère, n'a jamaii été l'homme d'wi parti cfn^conque^ et, tout uni qu'il reslait et qu'il reste à ses amis^ on nal'a jwiiais vu^ dans âss actions comme dans ses (if«eot»rSf que l'hoiRipedes intéiets puiilios* Eleeipie nous ctisonsici, d'autres avant nous l'ont dqà dît, sous .foutes las bannières, sous toutes les iormes. M. de Bréaé , cela est simple , a dû etiie et , es effet , a été déjà le sujet de plusieurs de ces noiioas biograiAiqpes que l'intérêt , la ouriosité et , si l'on veut, la rasdi|^iité de notre temps demande et aecueille tous les jours avec un empi^esseanent ifi^ aeouse phitèt le secret besoin de dénigrer ee qm est célèbre que le désir* de rendie kommafe-à* ipû' le
mérite : réelle ellatale dûpotttion éM peuples livrés aui ambkions de tous les partis , et par conséquent «ux préjugés, aux médisances, aux calomnies de topùuàn publique !
M. de Brézé , toutefois, n'a pas eu à s-en plaindre ; et , au contraire , ces biographies contemporaines , dont les auteurs ont trop souvent oublié le précepte qui veut que l'on ait toujours des égards pour les vivants; ces biographies, disons^nous, et les réflexions des journaux sur les questions personoelles n'ont jamais présenté la vie publique et privée de M* de Bréxé qu'avec des ménagements ou des éloges qni^ d'ailieurs, nous semblent sincèrement dus à rind^iendance do ses typinions , à la politesse éle*vée de ses maniàres, à la simplicité grave et à la fois gvacieuse de ses mœurs , à cet esprit de eoQctliation et de fermeté qui forme, selon nous , le trait distinctif et prédominant de son caractère, comme de sa conduite politique et de son talent parlementaire.
Mais si ces qualités réelles ont mérité à M. de Brézé l'heureuse exception d'échapper au dénigre* ment et à la calomnie si commune aux époques de dissensions publiques, il n'en faut pas moins tenir compte aux écrivains de tous les nuances qui ont parlé de lui avec une équité malheureusement ouUiée vis-à-vis de beaucoup d'autres. Honneur à lui 1 honneur à eux !
STotis vmow de dira cfu'oB av«t pu être f«oile^ nem À{iiitebleeawr8M. de Brésé : c'est qu'en effet, par un oQtQcoiiVB de cîrcomtAnees aussi favorables que naturelles, on n'a jamais eu à attendre ou à ^Offn de lui autre chose que ce qu'il a été , que ce qu'A a fait , que œ qu'il a dit. Alora même qu'on pourrait ne pas approuver set actions ou ses paroles, il serait difficile de hri e» fiiîre un crime ou un Mprocbe, les unes, et les antres se trouvant, avec tOHiesa vio,. cbns une par£sûte barmonie , et cornpl($UiBt la ligne déconfite, nette, droite, dégagée de fautes et de loris,' qu'il n'a jamais cessé de suivre* Ce sont lea prélentiona mal fondées , les déviations de caractères , les contradictions de naissance , de position et de discours ; ce scmt les disparates entre ce qu'on a été, ce qu'on aurait dû être et oe qu^OD est, qui, le plus souvent, excitent, irritent et justifient les remarques, les critiques, les clameurs de l'opinion. U y a des erreurs , des écarts , des passions, des dissonances, ou, quelquefois, seulement ce qu'on appelle des malheurs dans la vie de presque tous les hommes entourés de celé* brité politique; et alors ils en portent la peine; et alors la voix publique , ou , pour dire plus vrai , la sévérité » la rigueur des jugements trouve à s'exercer avec quelque apparence de justice. Mais qu'on regarde d'aussi loin et d'aussi près que l'on foudra dans toute la carrière de M. de Brézé, et on
ViNT» q^w si l» \m/Êifi f repvii&i 1» caloiRoîe , la woé-^ 4iMQ€^ Q^omt pcàM ékvà Iran «râ dewal lui, o W que, îufiqi^'kÀdii moiw^ éi» «ttraîeDfc «DuiikBiMi^ essayé de ^ f^ive écoutat.
Qudqua lîn^ilf^ dona que ftàism d'abord paraltiv je^tta réfloûoOy MU de Br^ apâ ca qu'il doit être, ft de là ^eal, «aM doute, oe ^fu^'oo a eié^ ca qu'oi^ eai poup lui. NdileeeffitradieHoQ, ea eflbt, ne ae fak Feaaarquev eatre lepcini de dépaHà% M. de BrM et aes opiaioiia y ses actes >, ses diacours; suiFleartea cUoaeay/p4 hU est due^ si oetle formule est ici pai*Hiisey parce que rieo n'autorisa et aa ooBduil à auapectar la foi dtt Bohla orateur. Pourquoi la eonsidération publique a^-eUe sans cesse enviranné M. daByëzë , et agnelle été s'aoeroissaat en niaaie (enips que sa isélébrité? (l'est que » pour le dire une daroièva fats, Ja vérilé de sea parolea a été toujours en harmonie avec la vérité de sea bits, et la dif^nité de sa coor dniia d'aecprd avae la digfkilé du talent.
M. de Bfézé n'a eu riei» à «ivier ou à disputer à personne^ «aussi voitron qu^ personne ne lui dispute n^Ei« Rien dane n'est plus facile que de préseniei* dans sa véeité bi:vîe publique , et par conséquent l'éloge de M* df Brézé ^ sans que l'on s'en étonne et s^en ofifense^ parce que eette vie simple, conoopdante, s'est eompléleiiieat écoulée au grand joup, aous le^ yeuK des contemporains.
Si ^i. de Bréaé »^t pas et n'a januiie p» être
rehjtt des ftttspiakm^ éle«ëcs cgnltff» rémigwatî— <l kft éoûgrés j o'ati qvmy par la (Mto ^Mti» al fe li«» dest nwflnayto0y ïm préjugé pofiulim è^ï natureln hmpèk ÎHipofisiblfi à 9011 égard (1).
S'il ae niQiitre le juste i^réoialtMur des flaooiifs , im hetnùioÊi^ des aiottvenieiita de ta s^iéfté moderM, si ïoo B6 paut Vaeouaai» de la ocuidjMniier dans aaa écails , par amour du temps paasé , eo de la louep daas 0^ qu'elle, a de letiahle , pour s'en faire bypocikaaieBi l'aim 9 c'est que M. de Bréeé a été élevé au miiieo des géRératîofis actuelles, qu'il en eonnattnatqrsMemenl le faible et le fert, le mal et- le bien (2).
S'il a été grand maître des céiéuionies de France , s'il est membre de la pairie fieaiiçaise, i( n'a pas éà cas dignités à des- services équivoques ou à des titres usurpés (3).
Qttsndl il parle de oonrage et d'honneur militaire, de rîmiépendance et de Tintégrifé du territoire; quand il célèbre la gloire de nos armées et l'amour de la patrie ; quand il réclame , pour les soldats de toutes les époques , les récompenses et les droits qui leur sont acquis , il en a le droit lui-même ^ puisqu'il' a pris avec eux une large et bonne part aux
(i) Hé le i3 dccembi-e i793| aux Andelys, déparlement de l'Eure. (a) ÉlèTC de l'École mililure de La Flèche.
(3; Il a succédé à M. le iDar(|uû de Dreux-Brézé, son père, daus la charge <U pand maîlre des cérémonies de France, héréditaire dans la famille 4eçuis
— It - •
combats de l'empire, à la discipline et à la bravoure de la garde royale (i). Sa noble bmiliarité dans les habitudes privées ne saurait être soupçonnée de quelque recherche afTectée de popularité , puisqu'il a eu naturellement, ainsi, dans toutes les classes, dans les écoles , dans les camps , des amis que ses qualités et sa loyauté ont su toujoui*s mériter, discerner et conserver.
Si M. de Brézé défend les intérêts de la propriété , s'il s'élève contre le poids et l'abus des contributions révolutionnaires, on doit l'écouter et on l'écoute avec confiance, car, là encore, il parle avec une juste autorité.
Ce n'est pas non plus avec l'ostentation d'un vain patronage que M. de Brézé réclame les eocouragements du pouvoir, les ménagements du fisc , les avantages de la liberté en faveur du commerce , des industries et des classes ouvrières. Patriote sincère , selon les mouvements et les besoins du siècle, il s'est asscNîié par ses capitaux et son administration pet*sonnelle , à des entreprises utiles et honorables pour notre pays.
Lorsque sa voix s'élève encore sur les grands intérêts de la religion et de l'église, la parole de M. de Brézé inspire également la confiance, parce
(i) lia fait toutes les daraières campagnes de Terapire, comme officier de cavalerie. Il ne quitta Tannée qu'après l'entrée du roi & Paris ; il fat eosuite aide decaoqp du maréchal Soolt, puis eapttaioe dans les coirassiers de it farde royale» et se retira en 1897 avec le grade de lieulenant-coloncl.
que chacun rend hommage à la ûncétiié de ses con-
TictioDS.
Si depuis la révolution de i83o, M. de Brézë s'est montré le défenseur des libertés promises, sans que personne ait pu loyalement élever le moindre doute sur la bonne foi de ses réclamations, c'est que ses antécédenis politiques, quoique bien nouveaux encore, Tavaient déjà posé, en face de l'autorité Intime, comme gardien aussi fidèle que respec* pectueux de toutes les garanties de libertés ren<fermées dans une Charte qu'il avait jurée sans avoir eu encore le droit de la juger (i).
(x) Eo i83o, le roi Chartes X avait nommé M. de Brézé président du eoU^e électoral d^Évreux (Eure). Déjà des bruits malveiUaiits s'étaieot répandus, et ron répétait partoiit que le gouTeroement voulait porter atteinte à b Charte. M. de i^rézéVqui appartenait à cette nuance politique dont M. de MartipuiG était La représAvtant, alla trouver M^ te comte de Peyroam, alors ministre de Tlntérieur : « J'accepte , lui dit-il , la mission que le roi « vient de me confier ; mais je dois vous avertir que je crois de mon devoir
• de me pranonoer contre les bruits qui orculenti et de vous déclarer que je « eombattrai de tout mon pouvoir les attaques contre la constitution. — Mon-
• sieur, répondit le ministre dû roi, je vous remercie de votre franchise ;
• nab sojea assuré qu'il n'y a, de notre part, aucmse manvaite penaée. n y a ■ plus : je crois que, si le gouvernement voulait violer la oonstitution, il ne le - pourrait pas. » Au procès des ministres , et k leur décharge, M. de Brésé a rapporté cette conversation.
Voici le discours qu'il avait adressé aux électeurs d'Évreux :
Afpdé par la vokmlé du roi à rhotmeur de présider ce collège , le premier besoin de mon cœur est de vous témoigner tout le prix que j'attache à «cite fsnreiir, prédense pour moi , Messieurs , puisqu'elle m'associe plus it à des travaux que trois fois déjA j'ai partagés avec vous ; piéiMQie, s'il m'est permb de croire que mes titres, pour
QelM dbuMe'fcrmeté de l'kRiinieur tewwê fo mur^ ment et de la fidélité re^ectueuse envers le mUtc^ tmti f c'efet en la retrouniaot dans les paroles et les actes .pfriilM|ueB du noble pak*, que toutes les opa* BÎona semblent se plaire à la réconnaitre et à ¥\»* Borer» Elle ne s'est point dëtnentie, en efie%y dans les jours difficiles, et la publicité que nous donnons de nouveau^ aujourd'hui, à quelques détails poUtiqueSi
Tobteniri oui pô être mon attachement i ce département , et le déair bîm vif de concourir par tons mes efforts k sa prQspérité.
Au milieu des graves circonstances qui nous réunissent, il peut être utile, Messieurs , de reporter un moment ses regards en arrière , pour mi«ix apprécier le présent. Après les fléaux prolongés d*une guerre ruineuse c-t langlante, seize années d'une paix qu'ont à peine interrompues une marche triomphante, au nom de la légiiimité, el une brillante expédition qui vient de veii<(;er Thonneur français ; à la place du silence de Topprrssion et de la ibuffrAUce, une libre manifestation donnée aux ieniintentâ de la nation, dont les Vœux sout entendus, dont les besoins sont connus; la religion de no« pères respectée au milieu de la liberté de tous les cultes ; les propriété! devrnues inviolables ; eiifîn une telle activité communiquée à chaque branche d'industi'ie el de commerce, que, depuis quel({ues années, elle pénètre dans toute» les classes de la sociéié, eu y répandant l'aisance et h\ lumière , et que si nous souffrons quelquefois, c'est de U rapidité même du mouvement qui liotis ehtraine : voilà, Messieurs» des biens dont nuus jouissons , dont nous Ibmmes fiers, saiiS réfléchir peut-être assez qu*ils sont néa saus efforts, et qu*ils fbnt les fruits naturels de la puissante action des trois pouvoirs conoourant en commun à la prospérité publique. Tremblons d'interrompre un si glorieux état ! Que nou> reste^t'il à désirer? si ce n'est de suivre lu roule dans laquelle nous avons obtenu de si grands bienfaits, de voir s'afi'ermir chaque jour des inatitulions à l'ombre desquelles nous avons grandi, de fermer pour jamais la poi te des révolutions par lesquelles tout se brise et tout périt.
Messieurs , la franchibe est de méoM origine que net BouriMna : elle est tonte française. Noas venons d'enteodre notre roi proelamer avec une sotai* ailé nouvel ie ton inébranlable volonté dé maintenir ia ChaHe et tes iustitum tiens qn*eiie afonddei, La coopération des chambres' lui est néoeasaire pour eonlinuer à travailler au bonheur de ses peuples) toeyiète ia plue di^ie 4«
piQMMW mhk oifllADiiB^ éùh^cMiet elic«^ à Tes* timedont ropiiiioo pabKquéèfbtûarë M. et %téxé(i). Enfin , et releon dans le cercle d'une soumission Jsgale, si, depuis i83o, M. de Brëzé repocis^ i'iftsu)^ rection, quelle que soi i la couleur qn 'elle arbore, c'est * <pi'tn même temps il pwle d'exemple : les org^anes
lonnoblfi caur; œ ne i^eut être en vain que le roi en ail appelé à la loyauté dé ita sujefs. Aimons ht France , Messieurs , et par conseillent toulenons le trlaeqoi Fa placée la première entre les nations. Aimons nos institutions , et par conséquent afTermissons cette royale puissance dont elles émanent. Mai' heur aux agresseurSy îU seraient les auteurs des maux qu^entraineraît leur eimpahle avruglenientf
trartant ces inquiétudes, nous procéderons avec caliike et conscience au choix de ceux qui doivent être les représentants de ce département Nous serons unis afin d'être tons, et par ce mutif, nous nMiésiierons pas à faire au bien public Phommage complet de tout sentiment personnel d^affection , 8*il derait nuire à Tlntérét général. Nous dirons à nos mandat'fires : Tous devea défendre les lîbrrtés puI)ti(|UL'S, mais n'oubliez pas quMles ne peuvent subsîsffT sans le pouvoir augu-le dunl elles découlent ^ et plus la source sera poissante et élevée, plus le fleuve qui en desrend sera large et fécond. Tous soutiendrez les inléréts des rontribuables, mais les prérogatives de la couronne
si indispensables ûu i*e^)OÂ et au boubeur de la France , ne vous seront pas moins sacrées :
VÏVËLÊROI!!!
(i) Le 'vcadredi, 3i joiNet iSSi^ mie réwion de pairi eut liea dans on dtt satooi éù, rtt^ifo'^lMHasée dn linemboujrg. £iie devait recevoir la co»- ■aiiniion de ta diaoÉire ém depvtéa relative à la laratenaiice- générale du fay»ine ^ «eoait d'Altc cMtférée à M. le duc d'Ortéans.. -^ lies oonmiida le dfeambtfe éleeim élaieiit MM. Hyda de Neuville,, Guiaal et
M. Giiiiot parla le premier. Après avoir Tait un sombre tableau de k aiMtioii de k ca|râBd^ d d» FirritMioM des eH>rita, U d«iMmda Tadaplion i«M(dia», par k ehambiit dta ptiin. de k réeaktti— friie par MM. \m dCpMéfld« deféi«r m frtit^ ktiire de Kamenaat géhéml.
H. le xmtKft d« dlMVAuh» and s'éleva av«(c ooe cMcwreue éteqimte coBlre relie propos lion, et di-elara qu'il ne reconnaîtrait à M. le duc d'OriéaM k <we de liMitiiiiMi gÉMJikl d» rttMuMRq^dMMk oa» «à foidoéMiitee
même du pouYOÛr ont été fbrcéi de le reoomiâtirt en plus d'une circonstance (i).
qui aanoncenit m nomination aux liabîtants de Paris, serait rerétiie de la
signature da roi Charles X.
M. Sébastiani combattît ropioion de M. de Chateaubrtand| et dit qptt le
nom du roi soulèverait plus tî veinent Texaspération populaire. M. Hyde de Neuville parla dans le même sens que M. de Chateaubriand. M. de Brézé prit la parole à son tour et dit, à peu près dans les termes
rnivants :
• Je partage tous les sentiments qui viennent d*élre si bien exprimés par M. de Chateaubriand et M. Hydede Nonvine; mais jenesamis m'cmpécher de reoonnallre k réalilé des assertions de M. Gnisot et de M. le général Sébastiani. Ooi, le nom saevè du ni, qui, en toole occasion, doit être l'objet de nos respects et de nos hommages, placé aujourd'hui an bas de Tonlonnanoe par laquelle on anaesmenût k nomination de M. le duc d'Orléans à la lieulenanoe-géncrale du royanase, loin de ertoier l'irritation des esprits, ne ferait, selon moi, que raccroêtre encore; ma», Messienm, le sort de la France ne saurait se décider dans k nie et par rinsuirection ; c'est seulement par l'union des deux dwmfaKS avnc le prinee investi de k kveur populaire, qu'il est possibk de résondm ka diflieultés dans lesquelles de nombreuses kutes nous ont pkcés. C'est dans k sein des pouvoirs publics que k grave question qui nous oocnpe doit ètro décidée. Or, pour ma part, convaincu oomme je k suis» qne, dMM k sitoation présente, Iff, k duc d'Orléans seul peut sauver k France, je n'hésiterai pas à k reconnaître, dès aujourd'hui, comme lieutenant-général du royauaso, si l'on veut nous donner l'assurance qne le prince dédaren domln an palais Bourbon, dotant les deux chambres, qu'il n'araeptera cotle dignité qu'avec k fenM vokmé d'user des ponvoin qn'eik ki oonlère dmns U /imate de $09 depoin etdt la amsihutùm. Ainsi se tronvcnient ooMiiiés tons ks intérêts. La signatttre du roi ne sera pas proteée; l'itufailion popnlaîre ne raeevrs pas un aliment nouvoan, et ks attributions du Katsaanl-général ainsi déier-' minéesy sa nomination sera revêtue publii|«enMnl par ks chambres, et do l'aveu même de M. k duc d'Orléans, de k ssnction qui kl est indispan
Dans k séanae du 9 aoAt, M. do Bréié, décidé à raakr à k «hambre des pairs, ponr y soutenir aea oonvietionset défiandre ks imèrêts généraux, prêta le serment qui fut exigé alors, parse que, ajouta-t-il en k prêtant, • dmm* tm « éituaiiom dêi ckoâgs , c'm/ iê sê&i mofm de emOnkti^ «n JoAtf d* /« • pmifie, B
(i) Une visite donûdlkiin avmt été Mm a» diHBM deBréné, «nrab»
Voilà <se qui fait comprendre celte sorte d'unanimité de ropinion publique sur M. de Brézë, raccueil
au propriétaire, dans le mois de septembre x83a, et avec le déploie-
et rédat de foroei militaires coDsidérables. Elle ne produisit , bien
I, aaemi résultat. A cette occasion , M. le marquis de Dreux-Bvéïi
aibata à M. de HontalÎTet la lettre suivante , publiée à œtte époque par
presque tous les journaux :
K Momsom ut oomu ,
« Je ne mimis croire qne l'anlOTité admimstnitive et judiciaire puisse se pemeltre d'envahir le dewsdle d*aa pair de Franee avee cent hommes de tnwpis et oneeteonade de f udaimte um on ordre émoié du minbtre de riatérienr.
• iTous tsenvercK à/mû teoC saple que je m'adresse directement à vou^
les aalifii de la ^ei^qimilieA qui vient d'avoir lieu
de Jkéaèf presse Sanmor.
• £n euendant voire répneai, il n^eai penatt de suppeaar que voei avec veeb veoi venger aÎMi de ■wnppeMtion païknentaire.
« Vena n'i^MMi paa, Monaenr le comle, que je ne eonspire point, et qne j'ai rhebiusde de penaer tent haut. "Veot n^-ec très-hien que je déplore la fnenv civile enieai que qni ce seit, et qne, sincère ami de la liberté, je trop bien 1 époque où Je vis peur demander le triomphe de opîniona poliliqwa i la violenea ; nab je l'attends du temps et de la
• En me parsécutent, en dbiTiwnt à appeler la vindicte pubKqne sur un eileyen paiiîblet vondries«¥e«s eaiemer une opinion menaçante à laquelle la pnimanffe mînialénelle ae croit, de tenq» en temps, obligée d'offrir un hokicnnate en répm'aiion deaearignennàtenégard?*^ Jevooiplaindiiis d'en eue réduit à employer d^aami misérables nmyena de gouvernement.
• Qn'calHl resnllé de k visite domicitiaire que tous «ves ordonné de foire cheamoi? ncn, ebsehimit lien. Les hommes à qui (à leur grand regrat, j'en anb convaineu) vont hnpoaes le triste rdie d'inquisiteurs , ont été obligés de s'en retoumeraTec leur armée, sans avoir pu rapporter le plus petit Ivophée. De cette campagne, H ne reviendra donc au pouvoir que le ridicule d'am mystification et fodiem qui <attacbe tnvindMeinent à un acte Séfri et veutosre. «
« L'inutile etmi 4m ces mesnrm arbitraires envers mes nobles amb polltiques, Mlff . de Chateaubriand, de FStx-James, Hyde de Neuville, n'auraitil pmdA fiim abuidonticr un semJlltbIe système f
490§ me ftiUre v\^ et 4ftDs4>i|ii:^40cuuieato, obéit cher et trouver, plus honorables et mieux écrits, J^^istoriep et Thisloire de qotre temps ? Nqms hq le eroyoDs pas, et d'ailleurs, par un rapprochemeiit qui ne doit point échapper à la sag^pité poHtiqil^
m Puisque vous avez trouvé convenable d'appeler sur moi, dans mon dé- « partement, Tattention publique pur une rigueur inconstiUilionnelle. sur- « tout après la levée de Tétat de siège, vous ne serez pas surpris que je donne f à celle lettre la publicité que j'invoquerai toujours sur wa conduite.
« Agréei, Mouiieur le oomle, etc., elc*
« Blarqcris de Dutvx-BtézK.
m Aix-les Bains, i8 septembre, i83a. a
A la stfite de toutes ces ^olences de Tantorité, et dans la session de x 833, après une discussion fort vive avec M. d*Argont sur ks vexations commise»
'dtna k Tetidée, M. de Brézé s'était engagé à la tribune et envers M. le mmistre de la guerre ;le martcbal Soult) è rapporter la preuve de tous les faits arbitraires qu'il avait dénonces à la France. Le noble pair tint parole , et les journaux de cette année dbnnent, sur Tenvoî ofGciel qu'il leur en fit, h nomenclature de 3io actes illégaux. C*e«t alors que la Vendée fit frapper une médaille d'or, d'argent et de bronze, pour conserver le sou-
' venir des efforts et des discours courageux de M. de Brézé en faveur de ce malheureux pays , et aussi le témoignage de la reconnaissance qu'elle eu conservait. Snr le revers de cette médaille, on lit : « Séance de la chambre dès pairs du 4 J''fn i833. — Hommage de la fendée à son défenseur, m En remettant cette médaille à M. de Brézé, au nom de la Teudée, le chef de là députation c^ avait été diargée de h lui offirîr, lui adressa le dicours «uitant:
« NMLa Mia ,
n iVtMA «¥fMM r(m»C|ir 4^0^» à VaU;a fSmm^'Vh «V DW» 4^ la V«sd«e, « un gage d'affection «ft de reconnaissance. Vous avet ^p^fiqniipnnil Q«tri V t^ dPfef 4'ir))Ur^i^ fl f}lU^i(« 4oi4 ellaa éUé la viuiinie, «n même » t/e|nys w^ vous )ui m^^ '^W^ P^^ea dana ufie^de «^ Mle^ harai^iiM où (• sont si admirablement ^ivelqppcas vos doctrines ppliliquas d ipciflft.
\t nom de H. de Bf és^, ^ui appartient à l'iiistoire actuelle^ se li^ encore & !a i^volution de 89, dont là rétdtttion de 18S0 semblé être le dernier acte. Quoique Mîrfii>eaù n'hait pas osé tenir au grandfflàJfre des cër^rtionles de Louis X.TI le propos que loi ont prêté les annales révolutionnaires, c'est pourtant dans cette journée du i3 juin 1 789 que l'orateur
• Ccst une bien noble lâdie que tous avez r^mpli^ ail détriment d'une
• santé dont le rétablissement fait le bonheur de vo« amis et même de vos « «iversiiies p«litiqi|is. Tous opèrent wtendrt bitnfét votre voit %'Mi|lMit
■ nationale. A die, il appartient de hkt triompher la vérité, et de n^nentr > le psys dans k voie dont on voudrait réloigner.
• Ls gratitude de vos concttoyens vous est à Jamais acquise; iÉ«a la
• Tendée, impatienie de témoigner la |ieni|e par un bommage civique, dont
■ TOUS êtes dig;ne à tant de titres, a voulu perpétuer, par cette médaille, le ^^ <wvwir de ▼<HrB ffatérejun Mmiyiiyfl
• Pennettex-moi de trouver, dans Hionneur d*élre Tioteiprète df H d^- ) « talion auprès de vous, la plus douce récompense de tous noa efforts pour
« s^ sainte ensile. *
A ce discours (i 5 juillet i935), et à peine r^mis 4'j>œ long^i et doulonrrase maladie quiVavait forcé à s'absenter pendant une partie de l'année i834, H . dr BrAbé lépovdH à prp pri» d«pi MM tMfiws :
• Jfous ne sommes pas dans un temps où l'on puisse tou|oan obérer la I • récompense d'une conduite conscienciettse ; aussi, je ne saurais trop vous
■ ttpriner oa ^«tiUidn p^^fir rbopnnur^pv vous me ftitai «liCMir^llili* Bu
• ligoalant Us actes odieux, abominables, dont la Yendée a été la victimei^
■ n*ai fait que remplir un devoir de justice et d'bumanité. Je m'étonne que,
• panai nous ngî profruent des duclriani detibené^pm «ne voiKaawinit
■ élevée contre tant de mesures arbitraires. Je suii ^onté i la tribi^ t
• preuves en main, car j'avais réuni plus de trois cents faits de vexations et f 4illfi|afilét, qé ni déna^tré quanM rédimmiM m inreiir d« ao latfl-
• heareox pays n'étaient que trop fondées. Je serai fier toute ma vie du témoi-
• gna^ d'aflection que la Vendée veut bien me donner, ^yes assurés, Mesp mmnf et 4ilai4n h» Imb, que ses intéiHi me seront toi^éun «hérs , et
• qu'en tout tranps, en toute drronstance , je ne cesserai 4e me glori^er du
• lîtraMle scn dfienseur, qu'elle vient de me donner d'une manière si flat-
marseillais méconnut l'envoyé du roi , qu'il déchira par là le mandat qu'il avait reçu des électeurs de la Provence, et qu'il foula ainsi aux pieds la déclaration de Louis XVI, cette véritable constitution nationale, puisqu'elle était la consécration des vœux et des libertés de tous les Français. Par ce crime de lèsenation , Mirabeau jeta notre pays dans l'abime de toutes les folies constituantes où se précipitèrent successivement les fondateurs des constitutions qui , depuis, ont opprimé la France et qui lui ont ravi les franchises que nos aïeux avaient obtenues de nos roift*
Ce que le député de Louis XVI n'a pu répondre alors au député de la Provence, son fils l'a dit plus tard. Depuis douze ans, depuis qu'il lui a été possible de faire entendre sa voix dans les assemblées publiques, M. de Brézé n'a cessé de demander raison à Mirabeau de. son insolente usurpation et des malheurs de la France ; il n'a cessé de demander à Mirabeau , dans la personne des constituants de 1 83o , le rétablissement d'une représentation réelle et la restitution des droits nationaux à tous ceux qui participent aux charges delà patrie. N'est-il pas curieux, n'est-il pas instructif, n'est-il pas providentiel que ce soit sous la parole et les yeux du fils que vienne expirer la révolte soulevée en pi*ésence du père et que tous les deux se trouvent, l'un au» comrij^ëncement, l'autre à la fin d'une révolution de même
nature, telui-là pour protester contre elle, celui-ci pour la venger (i).
Les discours de Torateur de la Chambre des pairs soot la lumière et le développement historiques de toute cette situation. Voilà Tbistoire, comme nous rentendoosy nationale, authentique^ animée, s'offrant d'elle-même à la contradiction ou à Tapprobation publique pour l'explication du passé, pour renseignement du présent et de l'avenir.
(i) Au refus de Mirabeau de recevoir lei ordres du roi , M. le marquis de Bréié aTÙt répondu : « Je reconnais en M. de Mirabeau le député du baiUiage d*Aii > nais non Torgane de VAssemblée. ■
Il n'y a point d'eflet sans cause. La vétité dé cette maxime n*est contestée ^ar persofinef, probablernènt ; et toutefois , ceux-là mêmes qui eu proclaruent la jastesse n'^n tiennent bien souvent aucun ôbmpte lorsqu'il s'agit de Tdppfliquef au» fkîts de riiistoiré et auî moairements des sociétés.
Pour beaucoup d'esprits Vulgaires , illogiques Où intéressés dans les . érénements contempofàin^, il e&t, sans doute, plus facile de prendre les choses coiuftiÉf elfes se présêtiletit , sans en chercher l'origine ; il ést |4us facile, aussi^ de les acc6tniA6der iùx passions et aux besoins du moment , sans attention à cil qui les a produit et sans pf évo^àncé dé ce qtt'élles doivent produire.
Pour quelques autres, aveugles, sophistes ou incrédules, une nation n'est point sourhise à ces lois morales et iiathétnatiques , h cet enchalnètkiefit des principes et des falîts qui régissent les opérations d'un certain ordre de choses et d'après lesquels seu^ lement on doit l'aîsonûer et juger.
Cependant t ces mêmes eq^rilfi n'oserMent nier que la destinée de chaque homme est liée au fait et au principe de son existence, aux conditioiis physiques et sociales qui ont préside à sa naissance , à son éducation , à sa fortune , au développement successif de ses actions et de son intelligence.
Et qu'est-ce donc qu'une nation , sinon le composé de toutes les. familles , qui , elles«mémes , ne se composent que d'individus?
Une nalion i c'est donc un homme; et comme lui, dès lors, une nalion dépend donc de toutes les conditions de son origine , de son territoire , de sa religion , de ses mœurs, de ses intérêts toujours liés aux intérêts aiUérieurs. En d'autres fermes , le malaise ou la prospérité, le repos ou l'agitation d'une société sont soumis aux lois de sa nature et des institutions sous l'empire desquelles ont été formés les rif^rts des familles et des hommes entre eux.
Or, depuis cinquante ans^ la nation française est livrée à des troubles de toute nature qui affectent également son intelligence , ses moeurs et ses intérêts.
Nul ne peut nier ces faits et ces effets. Quelle ea est donc la cause ?
Ne serait-ce pas que la constitution de la France est troublée et que cette pertubalion dans les conditions essentielles de son ^istence pi*oduit tous les phénomènes, toutes les agitations, tous les désordres physiques et moraux , dont nous et nos pèreer, nous avons été les témoins et les victimes.
Getie pfeniîère gestion entraîne natureHement oeIie-*d: Quelle est donc la Constiiaiion de la nation fraoçaîa^
£stree la Charte de i83o?
JSslHce la Charte de i8i4?
Est-ce la Constitution impériale?
Esi-oe la Constitution consulaire ?
Efiirce la Cimslitution du Directoire ?
£st-ce la Constitution de la Convention ?
EstH» la Constitution de T Assemblée Constituante?
Qui dit : nation ^ dit : société organisée^ peuple constitué , ayant un état politique qui assure , dans tous les rapports réciproques , généraux et privés , les garanties de paix, de liberté, de bonne intelli^ g«ice 9 de puissance et de bonheur, sans lesquelles un peuple ne saurait exister.
Or, c'est un fut, incontesté et vraiment inconte^ table , qoe , sous l'empke de ces actes cùnsiiiuants ou conâiiliUifs , énuraérés plus haut , la société française a eu à subir la banqueroute , l'anarchie , l'usurpation, le despotisme, l'invasion étrangère, l'insurrection, la guerre civile, ramassés, dans le court eqpace d'un demi-siècle , par la division constante des partis que ces actes ont créés. La rapidité de leurs proclamations et de leurs chutes ne permet à aucun esprit sensé dé reconnaître dans ces actes un cacaccère respectdtde de nationalité , d'authenticité et d'autorité.
II semble donc résulter invinciblement, de cet état, en quelque :Sorte permanent, de révolution
plus on iQ^ns iwteai«t| qU^Mirune de ces coQsUtutîoos n'était h waW oomjUtution de. la Fraiice^
Qu'est-ce que la constitution d'un pays?
C'est l'état naturel et liec^tsaii'e d'ud peuple ; c'est le résultat authentique et prolongii de sa fioraiation primitive ; c'est la situation politique produite par son territoire , sa religion » ses lâliaiices } c'est feosemble des lois qui^ depuis l'origine, de son établis* sèment , ont constUué ses. familles ^ gauverdé ses rapports publics | régi ses mœurs^ adminiurë ses intérêts. et favorisé les relations de ce pays avee les autres peuples.
Comment l'existence de cette coDstitution peut** «fUe être reconnue et.prouvée ?
Par la consécration du temps, par ses actes écrits et traditionnels 9 par la masse des faits historiques , par les traités nationaux, par l'assentiment de la natiqq réfioie dans das assemblées générâtes.
Dans ces questions et dans ces r^onaee, on n'accusera sans doute ni la bonne foi ni la stmpli-^ cîité des jH*opo$ilions et des termes.
Alors ne suffît-il pas , en quelque sorte , que la question de constitution française, antérieure à f 791 ^ soit ainsi posée pour être affirmativement résolue ?
Car nul nesauraîl nier quey depuis quatorze siècles^ la FrMOce a suceessivenent développé un magnifique aystème de civilisation ; quey selon les temps et leurs progrès naturels, elle a assuré tous les établissements qui étaient nécessaires à son génie et à ses JDlMt»,- par l'enaevUe el^ la suecesalon de ses rois^
de fiés kkU, dé ses édits ^ de ses drdoimaiiCMy deadé guerres^ de ses actes eommeroiaus et diplonittriqueB^ de ses eours de justice, de ses ddiûimstraliotis ou assenilllées moimdpàles, provineisles et générales?
Et pcrisqae c'est inftiillibleiDent à ces earaclères qiÊe Ton doit recotmatti-e l'existenee réelle et les bienfaits pirogressifs d'une constitiition nationale, la Fraùoe qiii pfésenlait , avant 1791 ^ un état terii^ lorial y rellgieus et politique , ainsi constitaé ^ pos« sédait donc une constitution ?
Si Ton demande ensuite ce qui résultait effectivement de cette constilution f dans le sens de k liberté ou des libertés publiques, comme on l-entend aujourd'hui , nous répondrions aussitôt par tes faite suivants :
I* Liberté d'élection aux fonctiond municipales par tous les contribuables }
a® libel'té d'association pour toutes les préfet» sions}
3^ Liberté d'enseignemetit ;
4^ Liberté desdéplaceraents individuels san» passeports à l'intérieil)* j ' 5^ Liberté des corporations ;
6* Liberté qui renfermait tontes les libertés privées, eelle de l'administration de la oommnne, de la eité, de la province , au moyen d'officier» municipaux- , consuls, capitouls , échevins, qui étaient ékispar taus les citoyens inscrits aux r61es des inpèHs , des nûUces et des corporations 1
7"* Bofio , libené qui comprenait tdatea les antres
libertés publiques et venait les affermir : liberté des assemblées provinciales et des états-généraux ou assemblées générales dans lesquelles l'impôt par^ ticulier de la province et Timpôt total de la France étaient discutés , accordés , répartis, contrôlés par des députés à Télection desquels l'universalité des contribuables avait également participé s^elon les formes et les moyens du temps, et qui, néanmoins^ avaient toujoui*s pour bases les instructions et les mandats des électeurs aux députés.
N'est-ce pas là , franchement , un établissement constUutionel de libertés politiques et pratiques qui pourrait satisfaire les plus difficiles? Et si l'on veut bien ajouter à cette esquisse de la constitution française , la liberté du souverain , nécessaire pour l'unité du gouvernement et constituée par le droit de succession ainsi que par l'indépendance des revenus royaux ; la liberté du clergé constituée par des possessions territoriales ; la liberté des magistrats constituée par la nature Ynême des cours de justice bien ou mal formées , on sera , sans doulç, forcé de convenir que la constitution de la France n'était pas trop illibérale.
Demandera-t-on les titres et la preuve de ces libertés et de la jouissance de ces droits contenus et agissants dans l'ancienne et véritable constitution française ? I^ question pourrait sembler dérisoire ; mais nous y répondrons sérieusement , comme ce philosophe marchant devant un inci*édule qui niait le mouvement | et nous dirons d'abord : N'est-ce
point un irréfragable axiome de jurisprudence que la possession se prouve par là possession , possideo quia poss/deo ? El puisque la France jouissait de ces droits et de ces libertés, n*est-ce pas la preuve qu*elle tes possédait ?
Puis y parcourez les archives des villes et des provinces; à moins qu'ils n'aient été détruits par ranarchie, partout vous trouverez les titres qui garantissaient à nos pères ces libertés et ces droits.
iTest-ce point assez ? voulez-vous des dates et des textes ? voulez-vous en connaître l'origine , l'application et les effets? 6uvi*ez les capitulaires de Charleoiagnei les ordonnances de saint Louis , de Louisie-Hutin , des Philippes , des Charles j de Louis XI , de Louis XII y de Louis XIII , de Louis XVi. Lisez les chroniques des champs de mars, des champs de mai j des états-généraux ; lisez les Mémoires de Christine de Pisan , de Philippe de Comines , de Sully, du cardinal de Retz, du marquis de Ferrières ; lisez llntroduction à l'histoire de Charles-Quînt , par Robertson ; l'Histoire de France , de Mézeray , l'Histoire du droit municipal, de Raynouard; l'Histoire des Sessions de 1 8 1 5 et 1 8 1 6 , par Fiévée ; les États de Languedoc, par M. Trouvé ; l'Histoire de la Fronde , par M. de Saint-Âulaire ; la Restauration de la société française, par M. de Lourdoueix; l'Essai sur la Centralisation administrative, par M. Béchard ; le Petit Thalamus , ou Archives de Montpellier, publiées par une Société d'antiquaires et et archéologues y et vous ne pourrez plus douter ni
— to -
de l'eKÎBleiiof d« la Constitutiou frunçAise, Méat- 1791 yoi des libertés générales, particulières et réelles dont notre pays était en possession.
ff Cela ne sufHt point encore, » diront peut^tre quelques esprits inéclairés ou prévenus. Il a été établi précédemment (pag. ^6) , « qu'un des caractères •« essentiels d'une constitution nationale résidait «c dans la recoonaissaDce de cette constitution par « la nation réunie en assemblées générales. U faut «I donc fournir la preuve matérielle que la constitu- « tion antérieure à 1791 avait reçu cette sanctioa. j»
Rien n'est plus facile assui*ément \ car, outre les autres preuves que l'histoire détaillée fournit abondamment , ce sont les faits eu^^mémes qui démontrent cette vérité.
Mais il est bon de remarquer et de constater ici que la constitution de la monarchie française ^depiûs son origine jusqu'au %i\^ siècle, repose entièrement sur ces deux principes inséparables : l'un, l'hérédité de la couronne de mâle en raaie, par ordre de prîm€>géniture, à l'exclusion des femmes; l'autre, ike vote libre de l'impôt, exprimé par les états-généraux, ou , oomme on le disait plus haut , assemblées gêné- ^les des députés élus par tous les ayants<lroit. C'est H l'un et h l'autre de ces principes constitutifs de notre société politique, créateurs et conservateurs de sa Hberté, de son bien-être et dé" sa gloite^ que viennent se rattacher exeUisivement tous les faits militaires, législatifs, finanpiers, administratifs et jiudic«aires de la France. Ces deux principes for-
ment à la fois lar base et le r^umé de la consHtutiori française, ou y pour mieux dire, ils sont la cotistttutioD natiooale elle-même.
Eh bien ! maintenant , et sans qu'il soit besoin de remonter plus avant dans les siècles, Tignorance, le sophisme ou le préjugé ne peuvent aller jusqu'à ne pas savoir ou jusqu'à nier que, depuis Fan 987, noire nation a été gouvernée par une seule race de rois, successeurs les uns des autres, selon la loi d'hérédité légitime, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture et à Féxclusion des femmes (1). Ce fait incontestable) qui a duré pendant neuf siècles et duquel trente rois sont sortie sans interruption, ne proave-t-il pas complétemetît que l'hérédité monarchique était le premier principe de la constitution rmnçaise, et que c'est à Taide et à la faveur de ce fHindpe et de ces rois que se sont formés les libertés et les droits publics inhérents à cette constitution ?
Pub, concurremment avec le développement séetilaire de ce principe monarchique, n'est-ce pas un finit égdement incontestable que les assemblées des eluuBpg de. mars et de mai convertis en états-génén»ut? (a) Faut -il i^appeler le fait chronologique et
(i) Pendant toute la première race, la courQDoe de Ftaoçe u'avait été portée que par les descendants de Clovis, à la vérité, sans droit d'aînesse et arec portage. Elle ftit puasédée «le même nous la deuxième race, par les enfants àt Pepim.,.. Efi^n, ^m M tnaÎMàiw i^ce. U ^rpH wcçm^ héréditaire s*est li bien élablt, que les rois ne sont f/lus les maùnts de déranger tordre de la neeessiôn . ' {Le fjrJi idenl Hén ault.)
(a) V ILes 9iBeiit>1étB génémies de la nation fnre&t IVéquentes sons Us r*is de la pfe^nièr^ ^t de 1^ seeon(l<; raccj » dit la France pit^ç^esque^ chap. staliitique politique et adniinislralive.
malëriel , les dates des principales de ces assembMes sous la troisième race ?
1 307 et 1 3 1 3, sous Philippe4e-Bel ; ^
i3i5y sous Louis-le-HulÎD ;
T3ai, sous Pliilippe-le-Loog ;
i 3a8, sous Philippe de Valois ;
i355, i356y i3&79 sous le roi Jean ;
i380| sous Charles VI;
j 468, sous Louis XI ;
i483| sous Charles VIII;
i5o5y i5o6 et i5o7y sous Louis XII ;
iSaôy sous François r*" ;
1 558| sous Henri II ;
1 56o et 1 5G 1 9 sous Charles JX ;