AFFAIRE D'ORIENT
Ce qui , |iisque-là , avak maiBlenu eneore quelque ^m le mMît tençais en Orient, c'était rattiltfte^u'avait é»iuiia h hmmiàkm
au pacha d*l\gypte , Méhémet-Ali , et quMi avait oonserrée en s*dppuyant toujours sur la France. Pour en ?enir à leurs fins, sur ce point, la Russie et l'Angleterre avaient donc besoin, d*abord, d'abattre la puissance du pacha et de le faire rentrer sous la suzeraineté de Isr Porte-Ottomane que les deux puissances dirigeaient et gouvernaient. Dans ce but , elles conclurent un traité avec la Porte^ l'Autriche et la Prusse, pour simuler une sorte d'accord européen , et, afin de conserver l'apparence d'intentions pacifiques, et de ne point rompre leur union avec la France et la paix européenne , elles proposèrent au Gouvernement français d'accéder à ce traité qui avait pour résultat assuré de détruire tout le pouvoir de M^émet-Ali, par la force même s'il ne se soumettait pas de bonne grâce, en lui enlevant les places qu'il occupait dans la Syrie , ce qui , par contre-coup , en le mettant à la merci de la Porte • c'est-à-dire des puissances alliées , anéantissait tout le parti que la France pouvait tirer de ses bonnes relations avec le pacha d'Éj^pte. Le piège était aussi habile que significatif et funeste dans ses conséquences pour la France. Si elle accédait au traité , elle signait son afiialblissemeat et sa honte en aidant à accabler son ancien client et son utile allié; si elle refusait , on lui déclarait que , les mesures coercitives étant bien arrêtées entre les quatre puissances, on exécuterait Méhéoiet- Ali sans le concours de la France, mais, en même temps» sans se brouiller avec le Gouvernement qui aurait à assister, sans mot dire, à cet échec porté à l'honneur et aux intérêts français; et, enfin, si le Gouvernement n'acceptait ni l'un ni l'autre de ces partis et faisait mine de s'y opposer, c'était lui qui rompait Taccord européen et déclarait la guerre. — Ces négociations ou ces questions élevées avec le 12 mai se continuaient avec le t*^ mars, et transpiraient dans le public qui commençait à s'en inquiéter et à s'agiter. Peut-^tre, comme il l'a donné à entendre depuis , retenu dans le cabinet, par un pouvoir supérieur au sien , M. Thiérs adressait des notes diplomatiques pacifiques en se montrant résolu ni à accepter ni à refuser le traité, parce qu'il sentait bien que l'acceptation était un déshonneur et qu'on lai faisait sentir que le refus pourrait amener la rupture de l'alliance anglaise, pierre fondamentale de rétablissement de la révolution de 1830 et signal d'une guerre que Ton voulait éviter parce qu'on voulait conserver la paix à tout prix ; mais ^ en même temps , et pour couvrir, autant que' cela serait possible , l'effet de cette conduite à l'intérieur, les journaux du Gouvernement se montraient belliqueux et des préparatifs , des simulacres de guerre semblaient s'organiser dans les ports, dans les arsenaux, par rappel des classes de recrutement et la formation de nouveaux
régiments dont l'organisation était remise à M, le duc d'Orléans et à M. le due de Nemours. Mais les quatre puissances » qui ne voulaient être ni endormies, ni dupées, après avoir renouvelé au Gouvernement la proposition de conclure le traité à cinq, se décidèrent, le 15 juillet, à le signer, à quatre en déclarant que le cabinet Iran* çais était toujours libre d'y accéder et que , nonobstant , onuillait > par la voie des armes, réduire Méhémet-Ali et procéder à Tenvabissement de la Syrie et à la destruction des places , des armées et de la flotte du pacha, ce qui, en effet, commença bientôt à s'exécuter et à s'accomplir. C'est alors que, pour continuer à faire croire au pays que l'on n'était point disposé à subir cette nouvelle humiliation et que l'on préférait courir les chances de la guerre, M. Tbiers jeta la France dans un des désordres et des ébranlements les plus profonds qu'elle eût essuyés depuis 1880. Le Gouvernement ordonna des armements extraordinaires , fit des achats de chevaux et décida, enfin , par un arrêté du conseil des ministres du 10 septembre , qu'il serait élevé, autour de Paris, des fortifications pour lesquelles des ordonnances royales ouvrirent , sur-le-champ , des crédits considérables. Ce n'était pas, du reste, la premièiv fois que cette idée de fortifier la capitale surgissait dans le conseil du Gouvernement. Quelques années auparavant, on avait nommé un comité spécial de fortifications, et on s'était livré à quelques travaux qu'on avait été forcé d'interrompre parce que l'opinion publique et la Chambre des Pairs, en 1839, avaient fait entendre, à ce sujet, des craintes, des plafntesét des observatiodsdevant lesquelles il avaitfallu reculer. Mais les circonstances de 1840 paraissant fiivorables, on se hâta de reprendre le travail des fortifications que Ton poussa activement malgré l'absence des Chambres et les clameurs de Topinion qn! soutenait que ce n'était point contre l'étranger que ceè forteresses étaient élevées, mais bien contre la liberté de la capitale qu'on embastillait ainsi et qu'on enfermait dans une prison de fer et de feu dont te Gouvernement gardait les clefs. Ce qui vînt, enfin, mettre* le comble à l'agitation et à Famertume des esprits, c'est que, pendant qu'on se livrait à ces préparatifs belliqueux et ruineux , M. Thiers signait, le 8 octobre, et adressait au cabinet de Londres une note qui , malgré quelques réserves sans valeur, pouvait être considérée comme une accession ou une soumission tacite au traité du 15 juillet, de sorte que, de tout ce tapage militaire, il ne restait plus, en réalité : 1" que le succès de l'Angleterre qui aVait abattu la puissance de Méhémet-Ali et ruiné rînfluence de la France en Orient; r> Tembastillement de Paris et des dépenses énorn:69 faites en pure pefte.