CANARIES, ILES DE LA PALME. ETC
Tabellionage, 9 mai 1536. — « Jean de Conihout, « maître d’une nefnommée la Saint-Jacques, de 65 « tonneaux, affrette cette nef à Amdré de Malvende, « marchand à Rouen, lequel s’oblige à partir au « premier temps convenable du quai de Rouen jus- « qu'à Calix, d’où il partira six jours après son arri- « vée, s’il lui est commandé par les facteurs, pour a la grande Canarie, où il préndra sa pleine charge « et reviendra décharger à Rouen. Et lui sera payé « sept livres dix solz de fret pour chaque tonneau « de marchandises qu’il rapportera de Calix (sic), ou « de Leppe.
« Et s’il rapporte de la laine, il aura quarante solz par balle. Et s’il va à la Grande. Canarie il aura dix livres de fret par tonneau de marchandises qu'il en rapportera.
« Et avec ce trente cinq livres pour ses chausses
s'ilne va qu’à Calix et s’il va à la grande Canarie,
il aura quarante livres pour ses dites chausses.
« Il devra avoir sur sa dite nef 14 hommes et un
page, ? passevolants, 6 berches, de la poudre et
des boulets à l'avenant. »
J'ai donné le texte complet de ce contrat d’affretement comme type, parce que tous sont rédigés dans la même forme.
Tabellionage 8 juillet 1546. — Jean Hemelin, demeurant à Rouen, maître après Dieu d’une nef appelée la Marguerite, du port de 200 tonneaux, appareillée pour faire voyage à Calix et dudit lieu en Canarie et de Canarie revenir à Rouen, emprunte à la grosse aventure 208 livres qu’il rendra au prêteur avec 50 livres pour le profit du prêt.
18 août 1580. — Nicolas Billart dit La Roche, de Quillebeuf, maître et bourgeois du navire la Catherine, de 80 tonneaux, affrête son navireà Pierre Lefebvre dit Lubin, pour aller aux Grandes Canaries et île de Tenerif. à
16 septembre 1581. — Guillaume Lejeune affrète son navire nommé l'Occasion, du port de 55 tonneaux, à Thomas Porée, marchand à Saint-Mälo, pour porter des marchandises tant à l'ile de la Palme qu'aux îles de Canarie et Tenerif,
13 janvier 1582. — Jehan Allen, demeurant à Quillebeuf, maître du navire Bon-Espoir. de 45 tonneaux,
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affrète son navire à Michel Mariage, pour faire voyage aux grandes Canaries, à l’île de Tenerif et à l'île de la Palme. Il aura dix hommes d'équipage et deux pages, avec armes et munitions à l’équipolent.
28 août 1584. — Jean Beaudouin, bourgeois de Rouen, donne pouvoir à Jean de Moy, demeurant à présent aux Îles de Canarie, de faire rendre compte à Paul Regnault, né à Rouen, de présent aux îles de Canarie, des marchandises que Baudouin lui avait envoyées en octobre 1579, à savoir, sur le navire l'Espérance, capitaine François de Neville, dit Gendarme ; en juin 1580, par le navire Le Coing, capitaine Nicolas Buisson, pour décharger enil’île de Tenerife ; en février 1581, sur le navire la Nanette, capitaine Michel Delamarre.
Arrét du Parlement. — Michel Mariage, bourgeois de Rouen, avait envoyé en 1582, aux îles de Canarie an navire nommé La Pensée, lequel fut perdu en mer et déprédé avec son chargement. (19 mars 1584.)
Tabellionage, 20 novembre 1584. — Jacques de Vaulx, cosmegraphe et pilote, entretenu par le Roy en sa marine, reçoit de Mathurin Le Beau, trésorier général de la marine, 50 écus d’or soleil, à lui ordonnés|par Mgr de Joyeuse, pour le voyage qu'il va faire, suivant le vouloir de Sa Majesté, aux Amazones, dans navire du capitaine Ponipierre, et, ce en intenti « que le dit de Vaulx puisse rapporter par écrit du dit pays, tant par carte que autrement, des moyens et commerce d'iceluy pays.
12 octobre 1585. — Nicolas Billart dit La Roche de Quillebeuf, maître du navire nommé le Bonvouloir, du
port de 100 tonneaux, affrète ce navire à Laurent Reboullado, pour aller aux grandes Canaries, revenir par l'ile de la Palme et faire retour à Rouen, chargé de sucre et autres marchandises.
5 novembre 1585. — Adrien Diricson, maître du navire le Jonas, de 75 tonneaux affrete son navire pour faire voyage à l’île de la Palme et au port de Sainte-Croix, lequel sera équipé de 18 mariniers, 6 pièces de Breteuil, 4 pierriers, arquebuses, picques, demi-picques, poudres, boulets, etc., rt ce moyennant onze écus ‘deux tiers pour fret de chaque tonneau de marchandises, le tonneau ainsi réglé : quatre caisses de sucre pour un tonneau, huit demi-caisses pour un tonneau, deux pipes pour un tonneau, trois ponsons pour un tonneau, vingt-deux quintalles de brésil pesant pour un tonneau, et quatre quarteaux pour un tonneau.
Avec 50 écus d’or pour le vin.
8 octobre 1586. — François Gabot, demeurant à Dieppe, maître du navire le Soleil, du port de cent tonneaux, affrete son navire à Michel Mariage, marchand à Rouen, pour prendre son plein chargement et partir bien équipé de 30 hommes et deux grands pages, avec leurs arquebuses, poudres, boulets, et cingler en droite route aux îles de la grande Canarie, Ténérife et la Palme, et aux dits lieux décharger ses marchandises et recevoir celles qui lui seront baillées ; sans pouvoir séjourner plus de 70 jours, sans compter les jours d'arrivée et de partement. Et ce moyennant quatorze écus dix solz pour le fret de chaque tonneau de marchandises. Le dit Mariage ne pourra mettre au dit navire plus de cent cinquante-
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deux milliers au poids de la vicomté. Il sera, en outre du fret, payé 75 écus d’or soleil pour pot de vin et chausses du dit capitaine.
12 janvier 1587. — Pierre Morleau, des Sables d'Olonne, maitre du navire la !/ ouyse, du port de 100 tonneaux, affrete son navire à Michel Mariage, marchand à Rouen, et s’oblige à le lui livrer appareillé, bien radoubé, muni et équipé de victuailles et de toutes choses généralement quelconques pour le jour de Chandeleur prochain. pour apres avoir reçu du dit Mariage son plein chargement, partir et cingler en droite route à l’île de la grande Canarie, y décharger Ses marchandises, y charger celles qui lui seront données par les facteurs du dit Mariage, puis cingler jusqu’à l'ile de Ténérife, y décharger, y reprendre d’autres marchandises et faire semblable à l'île de la Palme, prendre là son chargement et revenir, après avoir séjourné aux dites trois îles 75 jours. Le tout avec 30 hommes d'équipage, deux pages, bien armés et équipés d'arquebuses et munitions de guerre, six pièces en fonte, trois doubles berches, deux petits fauconneaux, un petit mousquetaire en fonte, moyen. cant quinze écus un tiers de fret pour chaque tonneau de marchandises.
22 août 1594.-— Georges Deshayes, maître du navire la Marye, de 75 tonneaux, affrete son navire à honnète femme, Laure Fillastre, veuve de Michel Mariage pour faire long voyage aux iles des Grandes-Canaries, de la Palme, Ténérife et autres.
19 septembre 1603. - Guillaume Dubusc, maitre du navire l’Arbre d'Or, du port de 95 tonneaux, affrete son navire à Ézechiel de Caen, pour porter des mar-
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chandises aux îles de Canarie, de Ténérife, de la Palme et Grandes-Canaries,
4 décembre 1609. — Nicolas Charrier, des Sablesd'Olonne, maître du navire le Royal, de 60 tonneaux, affrete son navire à Guillaume Fauter, marchand à Rouen, pour partir dans deux jours avec plein chargement et aller à Ténérife, l’une des îles des Canaries, équipé de 14 hommes, 4 canons et 2 pierriers. à
17 mars 1615. — Étienne Postel, demeurant à Dieppe, maître du navire la Sainte-Rose, arrivé du 15 mars, venant des Canaries, île de la Palme, chargé de riz, de laines et sucres qui lui avaient été baillés par Nicolas Massieu.
Ici se termine l'analyse de mes notes sur la marine normande et sur le commerce rouennais; j’aurais pu en augmenter l'intérêt en cherchant à rattacher ces notes à des faits historiques contemporains, à des capitaines, à des voyageurs ou à des évéments maritimes célèbres. Mais, en agissant ainsi, j'aurais paru vouloir écrire des pages d'histoire, alors que mon but unique n’a jamais été que d'essayer de venir en aide aux écrivains versés dans l'étude des questions historiques de la marine et du commerce, en leur fournissant des documents inédits et.authentiques dont ils pourront vérifier l'exactitude en se reportant aux sources que je me suis efforcé d'indiquer avec leurs dates. |
Ces sources sont les archives du Parlement de Normandie et le Tabellionage de Rouen, ettoutes les fois que je me suis borné à donner la date d'un acte
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sans indiquer s’il est du Parlement ou du Tabelliomage, c'est au Tabellionage qu’il faudra le chercher.
Je sais qu’on pourra me reprocher bien des négligences ‘et même une certaine confusion dans le classement des notes, mais dans l’état présent de ma santé, désireux de ne pas laisser perdre le résultat de très longues recherches, j'ai fait de mon mieux, avec. l’espoir que l'on me tiendra compte de ce que j'ai été réduit à écrire cette analyse étant dans mon lit depuis plus d’une année.
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