‹ Documents authentiques et inédits pour servir à l'histoire de la marine normande et du commerce rouennais pendant les XVIe et XVIIe siè cles [microforme]Chapitre 23 sur 24 · VOYAGES AUX INDES ET AU PEROU · texte numérisé non relu

VOYAGES AUX INDES ET AU PEROU

Le 26 mars 1522, Nicolas Lirot, demeurant à Paris, confesse que M° Cyprien Rebia, son maître, principal du collége des Lombards à Paris, lui a mis aux mains pour faire le voyage des /ndes, pour et au profit de son dit maître, la somme de cinquante écus d'or! pour employer en plusieurs sortes de marchandises pour le fait du dit voyage et dont il tiendra compte à son retour. (Tabellionage).

Voici un personnage dont le nom ne saurait passer inaperçu, c'est messire Jehan de Verrasene ou de Verrassaine ; ce personnage, qui habitait Dieppe, fut l’un des compagnons de Christophe Colomb dans son voyage aux Indes en l’année 1526. C'est à cause de cela que j'ai recueilli les trois notes qui suivent :

1° « Du ?9 septembre 1525, Pierre de Rousselay, marchand à Rouen plège et cautionne messire Jéhan de Verrassaine à l'occasion d’un haro interjeté contre lui par Guillaume Henout, dit Cornecte pour la somme de 95 livres. 2 Les 11 et 12 mai 1526, Jean de Verrasenne, capitaine des navires équipés pour faire le voyage des Indes, établit ses Procureurs Jérôme de Verrasenne, son frère, et Zamotée de

Rousselay, avec pouvoir de recueillir tout ce qui peut être du pour le dit voyage. Et 3° par un acte spécial il donne procuration à Adam Godefroy, bourgeois de Rouen, pour en son nom administrer l’un des dits navires nommé la Barque de Fécamp, du port de 90 tonneaux, dont est maître Pierre Caunay, pour faire avec ce navire le voyage aux Indes, ÿ négocier, trafiquer, et rendre compte fidèle au dit de Verasenne, qui lui paiera au retour du voyage 500 livres. Godefroy pourra en outre charger sur la Barque de Fècamp des biens, denrées et marchandises à son profit et à celui de ceux qui seront avec lui. » (Tabellionage.)

1557. — Recit d'une poursuite et d'un combat contre une flotte espagnole jusqu’au Perou, par deux navires français la Barbe et la Marguerite, de Dieppe, dont étaient capitaines et victuailleurs Jehan de Montpaley, Tardieu, Michel de Caux et autres. (Arrêt du Parlement, 1°" avril 1557.)

1575. — Le navire la Salamandre revenait du Perou chargé de sucres, cuirs et autres marchandises pour une valeur de 50,000 livres lorsqu'il fut attaqué par un navire pi!lard, équipé en guerre, nommé le Dauphin, commandé par Emond de Sahures, lequel, avec ses complices, s'étant rendu maît”:s de la Salamandre la pillerent et dépréderent, et s’en allèrent à Cherbourg et Honfleur, où ils vendirent les marchandises par eux pillées. Cette attaque et ce piliage avaient eu lieu en juillet 1575.

Mais voici qui devient plus curieux et montre un échantillon des mœurs maritiaes de ce temps :

Au mois de mai 1576 Michel Durand bourgeois de Rouen, revenait du Perou sur son navire nommé {a

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Foudre, du port de 100 tonneaux, chargé de marchandises diverses, pour une valeur de 50,000 livres, lorsqu'il fut surpris et attaqué par un navire pillard nommé la Salamandre, équipé en guerre etcommandé par Jehan Huquet son capitaine, lequel avec ses complices, s’en empara et amena ‘e toutaux ports du Hävre ét d'Honfleur pour en faire vente. (Voir deux arrêts du Parlement, 20 décembre 15% et 13 juillet 1576.)

En janvier 1584, Guillaume Annery, marchand à Rouen, vendit et livra à Jean Bourdon, capitaine du navire le Dragon : 50 chemises, 43 coiffes, 54 mouchoirs, le tout en toile blanche; 12 pourpoints en toile de plusieurs couleurs; 12 paires de bas de chausses en creseau de plusieurs couleurs, une pièce de serge de 9 aunes, teinte en cramoisi rouge ; 43 paires de bas de chausses en toile blanche, 2 aunes de drap jaune, une aune de drap vert, avec un bahut pour mettre les dites marchandises, le tout pour porter aux îles et Indes du Perou pour trafiquer. (Tabellionage, 8 juillet 1585.)

En 1586. Le navire le Tigre dont était capitaine Guillaume Malherbe, ayant à son bord un nombreux équipage, revenait chargé de marchandises pour une valeur de plus de 30,000 écus, qu'il rapportait des Indes et du Perou, lorsqu'il fut attaqué, battu et coulé par les Espagnols. Il eut en outre de 70 à 80 hommes tués et noyés. (Parlement, 3 février 1587.)

1595, 23 janvier. — Guillaume du Cazau, écuier, demeurant à Honfleur, capitaine et bourgeois pour le total du navire da Renommee, de 60 tonneaux, part pour faire le voyage au Perou, Terre Ferme et autres lieux. (Tabell.)

27 novembre 1595. — Claude de Bazilicat, capitaine du navire le St André, de 200 tonneaux, prêt à faire voiles pour le voyage du Perou, emprunte 92 écus à raison de 45 0/0 d’intérets, à cause des risques de mer. (Tabell.)

8 août 1595. — En janvier 1594, Charles Raoul, de Dieppe, capitaine du navire le St Pol, faisant route vers le Perou en l'Ile Espagnole; trouva au port de Montecristo un navire nommé la Demi Lune, de Ambourg, échoué sur un rocher et chargé de marchandises.

22 septembre 1600. — Pierre Vampenne, marchand à Rouen, paroisse S' Sauveur, propriétaire de dix sept navires, transporte à Jean Vampenne, son père, marchand à Cologne,tous ses droits sur 8 navires arrivant des Indes Orientales et Molluques, chargés d’épiceries, pour le couvrir des mille écus par lui fournis dans la vieille Compagnie, au second voyage des

Indes fait en 1598. Ces navires sont : le Soleil, la Lune, l'Etoile, le Mauritius, le Henriques, le Frédéricques, l'Espérance et la Croix.

Les 9 autres sont : le Hollandia, le Frisa, la Transilvanye, le Harlem, l’Amsierdam, le Dordreft, le Delft, le Leyden et le Guudes.

Les quatre premiers étant partis pour les Indes au mois de mai 1590 et les autres le 21 décembre suivant. (Tabell.)

Le 21 juillet 1603, Baptiste Louvel, maitre du navire la Revanche, en partant pour le Perou, emprunte 850 livres pour radouber son navire.

1613. — Depuis quelques années on n’entendait parler que d'attentats en mer; plusieurs capitaines

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avec leurs navires s'étaient réunis sous la direction d'un certain Jacques Bar, capitaine du navire l'Espérance, et tous, armés en guerre, faisaient le métier de forbans; il était devenu difficile de leur échapper. Cependant en l’année 1613 un dernier attentat les perdit. Jusques là on n'avait pu encore connaître qui étaient ces forbans ; leurs déprédations étaient bien vite connues, mais non leurs personnes ni le nom de leurs navires. Une flotte revenant des Indes avait, suivant l’usage, envoyé pour annoncer son retour sa barque d'avis. C'était une caravelle; Bar et ses complices l’attaquèrent; elle se défendit vaillamment et pendant longtemps, si bien que le vent ayant porté vers le gros de la flotte le bruit de l'artillerie, elle doubla ses voiles et arriva sur le navire forban juste à temps pour le reconnaître, mais trop tard pour sauver la caravelle qu'elle vit emmener et qu’elie perdit bientôt de sue. Le nom de Bar et celui de son navire l'Éspérance furent promptement dénoncés à la justice et le 2 octobre 1613, dans un long arrêt où les méfaits de Bar sont énumérés, le Parlement se saisit de l'affaire et en commença l'instruction. Des arrêts nombreux suivirent celui-là; mais, chose étrange, le parquet ne jugea pas à propos d’en saisir la justice criminelle. Le procès s’engagea seulement au civil entre les déprédés d’une part et Bar et ses complices de l’autre. Les déprédés justifiaient d'un préjudice de 28,000 livres et en demandaient le paiement; mais Bar usa de tels moyens et de tels arguments qu'il fut délié de l’action et ne fut condamné qu'aux frais du procès. (2 octobre, 15 novembre, 4 décembre 1613, 9, 11 janvier, 30 mai 1614 et 29 juillet 1617.)

De 1616 à 1670. — Compagnie des Indes orientales. — Le 19 mars 1616, Jacques Muisson, Henry Carrelier, Simon Lemaitre et Augustin de Beaulieu, tous marchands de Rouen et associés aux compagnies de Paris, Lion et autres, aux voyages des Indes orientales, donnent pouvoir à Jean Guiot et à Jacques de Beaulieu, aussi marchands à Rouen et associés en la dite compagnie, de traiter avec les autres associés qui sont à Paris. s

17 février 1618. — Enregistrement de lettrespatentes autorisant Jacques Muisson et Ezéchiel Decaen à former une association pour la navigation aux Indes orientales.

8 octobre 1620. — Jacques Muisson, administrateur du voyage des Indes orientales, donne pouvoir à Simon Eustache de poursuivre plusieurs matelots du Hâvre et d'Honfleur, débiteurs envers lui des deniers qu'ils ont reçus pour le voyage des Indes orientales.

9 avril 1622. — Requête présentée au Parlement par les associés, en ce royaume, à la navigation des Indes orientales pour leur être permis d’user d'arrêts sur les navires, biens et marchandises des Hollandais et Zélandais. — Rejetée jusqu’à ce qu'on ait fait connaître les noms de tous les associés (Parlement. R.S.)

16 avril 1622. — Long récit de toutes les vexations que les associés de la Navigation aux Indes orientales ont à subir de la part des Hollandais et Zélandais, tres curieux. (Arrêt du Parlement.)

1er juillet 1625. — Augustin de Beaulieu, capitaine entretenu par le Roi en la marine du Ponant et cidevant général de la flotte, partie en 1619 pour les

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Indes orientales contre Simon Lemaître, tuteur des enfants mineurs de feu Jacques Muisson, en son vivant administrateur de ladite flotte. (Arrêt du Parlement.) 6

Trois navires français : le Henry- François, capitaine Charles Barré, de Dieppe ; Le François, capitaine Gédéon Jean, du Hâvre, et la Notre-Dame-des-Anges, capitaine Alonce Poitou, de Croisset, chargés de grande quantité de marchandises de la valeur de 900,000 livres, sont pris en mer par les Anglais. Mais l'arrêt du Parlement (20 octobre 1626), qui constate ce fait, ne fournit aucun autre renseignement.

22 mai 1670. — Rapport de mer-amirauté du Hivre. — Pierre Cornet de la Tremblade, maître du navire la Vierge, de 150 tonneaux, appartenant à la Compagnie des Indes orientales, rapporte : Qu'il partit de Nantes, le 10 décembre 1669, comme maître des matelots de {a Vierge, qui était alors commandé par le capitaine Seguin, pour les lès de l'Amérique où il arriva le 4 février 1670. Le capitaine Seguin étant décédé en l’île de la Tortue, ledit Cornet prit le commandement ; il partit de cette île le 29 mars et arriva hier au Hivre.

Abraham Duquesne (le père), 9 avril 1617. — Abraham Duquesne et autres victuaillers du navire commandé par Nicolas Lebon, ayant pris le voyage au cap de Bonne-Espérance. (Arrêt du Parlement.)

Parlement. — 30 mai 1618.— Abraham Duquesne, Salomon Leseigneur, Nicolas Tuault et joints, intéressés au navire Le François, ayant fait voyage au cap de Bonne-Espérance, contre Nicolas Lebon, capitaine dudit navire, désavouent les prises faites par ce ca-

pitaine et y renoncent. — Longs détails. — Autres des 7 et 30 août et 7 décembre 1618.

Tabell. 3 mai 1619. — André Nyvereq, capitaine du navire le Saint-André, de 80 tonneaux, en partant pour les Indes orientales, emprunte 300 livres qu’il

remboursera à son retour par 450 livres, et le 5 mai, ‘ilemprunte encore 200 livres qu’il remboursera par 800 livres.

Tabell. 10 juillet 1646. — David Le Baïllif. marchand à Rouen, et Simon Delapierre, son neveu, de présent à Rouen, de retour des îles Saint-Christophe-la-Martinique, avaient formé une société dès le 10 janvier 1639 pour l’achat du petun (tabac). Après compte fait, ils constatent une pert: de 1,472 livres de petun ; en plus, 600 livres fournies par Le Baïllif pour acheter des neigres propres à l'habitation. La perte en argent est de 160 livres 2 solz. Il reste aux

île 41,519 livres de petun, plus une habitation, maison et case, trois neigres, plusieurs hommes et des ustensiles. Le Baillif déclare qu'ilse retire de la société, mais il est convenu qu’en cas de décès de Delapierre, tout l'établissement des Iles appartiendra à Le Baillif. ï

15 juin 1652, arrêt du Parlement — Les intéressés en la Compagnie du Cap du Nord, côtes de l’Amérique, demandent que suivant les concessions à eux accordées par Louis XIII, de la terre du cap Nord, depuis la rivière es Amazonnes jusqu’à celle de Ocresnoque et icelle comprise, dont ils auraient pris possession, et se seraient logés en plusieur endroits pour y faire des colomies, y planter la foy, etc., ils auraient dépensé plus de deux cent mille livres, et,

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etc., ils vres, et.

sans s'être laissé décourager par les malheurs qui leur sont arrivés, ils ont résolu de faire leur principale colonie dans l’Ile de Cayenne où ils ont nombre de Français, religieux capucins, des vivres et des marchandises... (Bons détails.)

4 février 1659. — Arrêt Gu Parlement. -— Les armateurs des navires le Saint-Jean, du port de 400 tonneaux, le Florissant. du port de 200 tonneaux et le Saint-Louis, aussi de 200 tonneaux, tous de la compagnie du Sénégal et de Madère, contre Terée, Vandal et autres. (Bons détails.)

28 janvier 1719. — Parlement. ---, Lettres de noblesse pour : 1° Jacques Duval Desprémenil,2° François Planterose, 3° Joseph Morin, 4° Thomas Planterose, pour services rendus au commerce et à la compagnie du Sénégal et du Cap Vert.

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