‹ Documents biographiques sur J.-F. ReubellChapitre 12 sur 153 · HORS · texte numérisé non relu

HORS

Paris, 1820-1825, 20 vol. in-8°.

Article RewBeLc (Jean), paru en 1824. C'est un des meilleurs articles de dictionnaire qui aient été écrits avant 1875, et il a servi de modèle aux autres. L'auteur y fait naître Reubell en 1746 à Colmar. Il raconte son rôle à la Constituante d’après le Moniteur, indique sa nomination comme procureur général-syndic du Haut-Rhin, mais la place en 1791,résume, d’après le Moniteur, ses missions à Mayence et en Vendée mais le représente comme resté aux armées jusqu’au 9 thermidor.Il signale son entrée aux comités de Sûreté générale et de Salut public en l'an 3,sa nomination au Cinq-Cents, au Directoire (dates exactes). « Les ministres étrangers, dit-il,s’étonnaient d’être traités avec tant d'orgueil par un avocat républicain, et les anciens amis ou promoteurs de la fortune de l'avocat de Golmar se plaignaient amèrement des formes repoussantes du Directeur.» Sonrôle au 48 frutidor est indiqué d’un mot, ainsi que sa sortie du directoire où il est remplacé par Sieyès le 27 floréal an 7 (16 mars 1799). Il s'était «enrichi outre mesure » et avait, disait-on, eu part aux concussions de Schérer et de Rapinat. Le 7 prairial an 7 (26 mai 1799), il « défendit sa cause avec éloquence et dignité, mais Dubois- Dubais, Montpellier, Ruelle et Bertrand (du Calvados) l’accusaient à nouveau, et les dénonciations contre lui et ses collègues Merlin et La Revellière furent admises à une seconde lecture ». Dans un nouveau comité secret, la mise en accusation fut rejetée. « Le retour de Bonaparte arrêta l'affaire. » L'auteur ajoute que Reubell se retira dans le département du Haut-Rhin et y mourut en 1810 {ce qui est doublement inexact). [Il termine en disant que la fortune qu'il laissa n'était pas considérable et que les accusations de vénalité étaient sans doute exagérées (ce qui est exact, mais contredit le reste de l’article).

8. — Annuaire historique, stalistique, économique et hygiénique du département du Haut-Rhin, 1833, 1"° année, par E.-L.Jourpain, médecin en chef de l'hôpital militaire .de- Colmar.

Colmar [1833] in-8°.

V. à la fin du volume les « Indications biographiques ou notes sur les hommes célèbres nés dans le département du Haut-Rhin » [par Philippe de Golbéry, procureur général près la Cour d’appel de Colmar (1786-1854), d'après la Bibliographie de Colmar de A. Waltz|.

Article Rew8eLL (p. 409). Né en 1746, bâtonnier en 1789; « jurisconsulte habile et homme intègre ». Résumé rapide de sa carrière politique. Après le 30 prairial « il se vit en butte à mille persécutions plus absurdes les unes que les autres. Mais il répondit avec

one

dignité et fermeté à toutes ces vociférations. Cette affaire s’agitait quand revint Bonaparte. Rewbell alors ne voulut prendre aucune part aux affaires. Il osa dire au premier consul qui lui proposait un emploi : Je ne vous aime pas; vous affectez la tyrannie. Rentré dans la vie privée, il se retira à Colmar, où il mourut honoré de ses concitoyens, sans avoir augmenté sa fortune. Quoique l'on ait voulu le faire passer pour s'être enrichi par des déprédations, cette assertion ne produit en Alsace que de l'indignation. »

4. — Notice biographique de Jean Reubell de Colmar, ancien président du Directoire exécutif de la République française. Lue au comité historique du cercle littéraire de Colmar, le 9 avril 1847 [par J.-B. Kühlmann, d’après M. A. Waltz].

(Glaneur du Haut-Rhin, 26 décembre 1847,2 janvier 1848.)

Notice développée, en général très favorable à Reubell, cherchant à le disculper de tout reproche d’exagération révolutionnaire. L’auteur fait naïtre Reubell en 1746, rappelle qu'il fut bâtonnier de son ordre « hommage rendu à son éloquence, à son impartialité, à sou profond savoir ». Il retrace sa carrière à la Constituante et signale, à propos de l’émeute organisée contre lui au moment de la suppression du Conseil souverain d'Alsace (v.les n°°143-44) que la calomnie l’accueillit dès le début de sa vie politique.Reubell est loué d’avoir fait ses efforts pour que l'inéligibilité des Constituants à la Législative ne fût pas prononcée. Il est représenté comme ayant combattu le projet de suspendre Louis XVI après Varennes, alors qu’en réalité il protesta contre la fiction de l’enlèvement et contre la levée de la suspension. L'auteur passe sur l'administration de Reubell dans le Haut-Rhin et sur son rôle avant le 9 thermidor, et déclare, ce qui est exact à la rigueur, qu'il n’envoya pas son vote pour le procès de Louis XVI (v. le n° 229). Il le fait élire au Directoire le premier (il fut élu le troisième) etdésigner au scrutin comme président (il fut désigné par le sort). L’'appréciation de son rôle au Directoire est assez juste : « Reubell y dirigeait spécialement,comme au Comité de Salut public, la partie des relations extérieures, auxquelles il portait un intérêt parfois si passionné pour la France, qu'on l’accusait volontiers d’être injuste à l'égard des nations étrangères ». La réunion de Mulhouse lui est attribuée, avec raison.

Au 18 fructidor, l’auteur signale l'hésitation et les scrupules de Reubell,et les attribue à un souci de légalité quidlui brisa le cœur». Il le défend d'avoir, non plus que Rapinat, qu'il appelle son beaupère (Rapinat était beau-frère de Madame Reubell) tiré aucun profit de l'expédition en Helvétie, et cite comme exemple descalomnies

Page 1