‹ Documents biographiques sur J.-F. ReubellChapitre 14 sur 153 · ARE WE · texte numérisé non relu

ARE WE

6.— Lettre d'André (du Bas-Rhin), président à la Cour d'appel de Colmar (1767-1848), à M. Villiaumé, avocat à Nancy.

Colmar, 18 juin 1847. Original autographe.

Collection de M. H. Hüffel, à Colmar.

« Monsieur, vous me demandez des renseignements sur Rewbell. J'ai hésité à les donner, car il fallait parler de moi. Au reste, ce que je vais dire émane d'une conscience qui a été et sera toujours mon unique guide. À vingt ans, j'étais avocat à Strasbourg, avec une clientèle plus étendue que je ne devais l’espérer. Je correspondais avec les avocats les plus distingués du barreau de Colmar, et surtout avec Rewbell, alors jouissant d’une grande aisance; jen’ai eu qu’à me louer de mes relations avec lui. Le 9 thermidor est suivi d’une réaction, et l’on entend me poursuivre comme terroriste, moi qui, comme procureur général-syndic du Bas-Rhin, avais été, comme modéré, enfermé pendant dix mois dans les prisons de Metz. Rewbell, alors membre du Comité de Sûreté générale, ou [du Comité] de Salut public, prend ma défense et me soustrait à l'injustice de l’autre extrême. Membre du Conseil des Cinq-Cents, j'ai défendu avec vigueur Rewbell, lorsqu'il s’est agi de le mettre en accusation, ainsi que ses collègues. C’est la première fois que j'entends dire qu'il aurait reçu de l’or du Roi de Prusse pour la reddition de Mayence ; je suis convaincu de son innocence à cet égard, et je n’ai pas cru un seul instant à sa complicité dans les dilapidations notoires de l’époque. En 1811, appelé à Colmar comme membre de la Cour impériale, J'ai pu.me convaincre, et par des écrits, et par de nombreux témoignages non suspects, qu'il ne s'était pas enrichi, et n'était guère plus aisé que lorsqu'il est parti pour l'assemblée constituante... »

Page 1