Lettre de Reubell à Nansé
11 septembre 1806. Original autographe.
Bibliothèque de la ville de Colmar.
« Mon cher Nansé, ce n’est qu’à la veille de la vendange que je m'aperçois que je n'ai plus de maison à Colmar, ni de Sommerock pour vendanger. Comme tu n’as pu parvenir à vendre mes vignes faute
d'espèces dans le pays, par la mêmeraison trouveras-tu difficilement à vendre ma vendange sur pied, surtout à présent que le vin m'est pas de.défaite el est surchargé de droits, Que faudraat-il donc faire? Faire faire la vendange par quelqu'un, mais par qui? Naturellement ce doit être par le cher grand-père Mouhat. Ainsi parle-lui ou fais-lui parler.et remets-lui les avances nécessaires pour la dépense, car je soupçonne qu'il n'est pas: plus pécunieux que moi. Je te rembourserai ces avances à la première réquisition, ou tu les retiendras sur les premiers fonds que tu auras à moi, Je ne sais si J'ai des tonneaux et où ils sont. Papa Mouhat saura cela, etilimettra mes: vins dans ma cave à Sigolsheim, s'il y a de la place, sinon il s’informera ailleurs.
.. En tout cas, si cela donnait trop d'embarras, on n'a qu'à laisser vendanger par la colonne d'armée qui rentrera par Brisach. Cela nous débarrassera de tout soin et de toute dépense et je aurai pas de trop bu à- payer... Voici le temps où: tuw:trouveras peut-être à vendre mes forêts. Ne laisse pas échapper l'occasion de l'en défaire. Elles ne nous produiront rien. Répouds-moi le plus tôt possible ».
491. — Acte de vente et adjudication au plus offrant, par lesieur George-Xavier Nansé, propriétaire à Isenheim au nom el comme fondé de pouvoirs de M. Jean Reubell père, demeurant à Paris, rue de Varenne n° 464%, de quatre lots de forêts, trois pièces de vigne, une de terre el quatre lots de communaux pour le prix total de 12.530 livres et 5 0/0 en sus.
Colmar, 7 décembre 1806. Minute.
Etude de M° von Amelunxen, notaire à Colmar.
Il s’agit : 1° de la forèt de Sainte-Croix, bien patrimonial de Reubell d’une étendue de 2 hectares, vendue 2.650 francs; 2 des deux forêts nationales de Saint-Martin à la Silberruntz (v. n° 476) vendues 2.700 et 3.625 francs; plus un petit bois de 7 ares 71 centiares, au lieu dit Oberenohlen, vendu 540 francs; 3° de deux vignes patrimoniales de 46 et 23 ares, vendues 1015 et 405 francs ; 4° d'une vigne nationale au Weibelambach, de 31 ares, vendue 1425 francs; 6° des deux champs nationaux de Saint-Martin achetés en 1791, vendus 275 francs (v.le n° 467); 7° des communaux dont il est question dans le n° 483 vendus 65 et 350 francs. Le principal acquéreur est Jean-Baptiste Trenlé, géomètre à Colmar.