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convénients, il s'est empressé alors de résigner ses fonctions de professeur , malgré les instances de ses collègues.
Presque au même moment où M. Daunou montait pour la première fois dans sa chaire du Collège de France 9 il reparaissait à la tribune nationale. En effet, le i*"^ mai 1819, il prononça un discours contre le cautionnement qu'il s'agissait d'imposer aux journaux. Quelques semaines plus tard, il défendit les prérogatives des professeurs, à l'occasion d'une pétition adressée par des étudiants en droit» contre la suspension du cours de M. Bavoux ^ k la session suivante, il appuya les pétitions ayant pour objet de demander le maintien de la loi de 18 17 sur les élections^ ; il s'opposa de toutes ses forces à la suspension de la liberté individuelle^, et à la censure des écrits périodiques^ Enfin, membre de la commission chargée de préparer le nouveau projet de loi sur les élections, il soutint les principes les plus sages eil cette matière difficile".
Ces discours, si substantiels, étaient l'application des principes qu'il avait développés dans son Essai sur les garanties indiifiduelles. Cet ouvrage parut d'abord, en 18 18, dans le Censeur européen. Une seconde édition fut publiée en 18 jq, et la troisième en 1822. Cette dernière est
* 10 juillet 1819.
^ "x mars i8ao.
^ 10 et i3 mars, même année.
4 ai et 39 m'ars, même année.
5 10 mai et 8 juin , même année. — Ces discours de M. Daunou se trouvent imprimés à la suite de la 3' édition de son Essai sur tfs garanties iuMvidueUes ,
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fort augmentée, et se termine par les discours que nous venons de rappeler. *
V Essai sur les garanties individuelles est, à notre sens, le meilleur livre de politique que l'on ait publié en France depuis Montesquieu. Cest là qu'il faut chercher la pensée réelle de M. Daunou en matière de gouvernement. Dne société qui serait régie par d'aussi excellents préceptes oflrirait toutes les chances désirables de bonheur et de liberté.
Aussi VEssai sur les garanties est-il devenu le manuel de tous les peuples qui ont aspiré à la liberté. En 1822, M. Rivadavia, qui avait été envoyé de la république de Buénos-Ayres auprès des puissances européennes, fit traduire en espagnol l'ouvrage de M. Daunou, et le répandit dans les nouvelles républiques de l'Amérique méridionale. Il lui écrivait le no septembre 182a : « A peine arrivé ici , je me suis empressé de faire traduire et imprimer votre Essai sur les garanties individuelles , voulant mettre mes concitoyens à même de jouir du bienfait important que vous avez rendu aux peuples, en prenant hardiment, et avec les armes puissantes de la plus convaincante logique qui brille dans votre précieux ouvrage, leur défense contre les envahissements du pouvoir. En ce moment, il n'existe pas un" coin de notre Amérique où l'on ne lise avec avidilé votre Essai, et on l'on n'en trouve plusieurs exemplaires. »
Cette traduction espagnole de l'ouvrage de M. Daunou est suivie de celle d'un écrit du même
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auteur, qui n'a pas été publié en français, et qui a pour objet Fexamen du règlement conslitulionnel provisoire de la république de Buénos-Ayres, examen qui dénote encore la profonde expérience de JI. Daunou dans toutes les matières d'organisation sociale.
Lorsque l'heure de l'émancipation eut sonné pour la Grèce , M. Coray conçut la pensée de traduire en grec moderne V Essai sur les garanties ^ pour l'usage de ses compatriotes; mais il en fut .empêché par les infirmités dont il était déjà atteint. La traduction fut faite sous sa direction par M. Philippe Fornaraki, imprimée chez M. Firmin Didot , puis envoyée en Grèce.
Enfin y cet ouvrage remarquable a aussi été traduit en allemand et réimprimé en Belgique.
Parmi les relations que M. Daunou entretenait alors avec quelques hommes de lettres, il en était peu qui lui fussent aussi chères que celles qu'il avait avec Paul-Louis Courier. Cet érudit si spirituel était gendre de M. Clavier, confrère de M. Daunou à l'Institut et son prédécesseur dans sa chaire du Collège de France. Ce fut sans doute sous ses auspices que se formèrent les liens d'estime qdi unirent Courier à Daunou. Il nous est facile de trouver la preuve de cette respectueuse estime dans la jolie lettre suivante qu'il lui écrivit :
<i Paris , mercredi *.
« Je vous renvoie, Monsieur, le Journal des
« Cette lettre doit être de la fin du mois de mars i8a3; car c'est
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saifants où je me trouve beaucoup trop loué par notre ami M. Letronne. Les autres articles de ce journal me paraissent bien plus raisonnables , ceux-là surtout qui sont de vous et où je vois briller une grande sagesse. J'entends ce mot dans le sens du grec (rofta, science et sagesse.
«Vous trouverez ci-joint une petite feuille que j'ai fait imprimer^afin d'être, comme disait cet empereur romain, mon avocat moi-même. Comme je ne perds guère de vue la Grèce et Athènes, je vous avoue que j'ai eu quelque pensée d'imiter les petits orateurs grecs, et particulièrement Isée, dont les discours roulent d'ordinaire sur des disr eussions du même genre.
«J'ai l'honneur d'être , Monsieur, etc. »
i* Courier. »
Par suite des manœuvres scandaleuses qui furent dirigées contre les candidats de l'opposition libérale; aux élections de iSa^, M. Daunou ne fut pas réélu. Mais en 1828, les électeurs de Brest le nommèrent de nouveau leur représentant à la Chambre des députés. Il alla reprendre sa place au côté gauche^ avec ses anciens collègues et amis, la Fayette, Dupont (de l'Eure), Labbey de
dans le cahier du Journal des savants de ce mois que M. Letronne a rendu compte du Prospectus d'une nouvelle traduction d* Hei-O" dote. La petite feuille dont parle Courier est vraisemblablement sa lettre insérée dans le Courrier français du i**" février iSaS, dans laquelle il rapporte son plaidoyer contre un Anglais qui était venu chasser dans ses hois/