CHAPITRE XII. 25q
seulement s'y rendirent; M. Daunou était du nombre. Il fut de ceux qui pensèrent qu'il fallait organiser la défense contre les attaques du pouvoir. Il proposa même que la chambre se déclarât assemblée nationale *. L'un des principaux acteurs de ce grand drame, M. Bérard, le signale parmi le petit nombre d'hommes qui étaient les plus prononcés , et dont l'opinion ne s'est jamais démentie *.
Enfin son nom se trouve au nombre des députés qui figurent à la suite de la protestation du 28 juillet contre les ordonnances ^.
Après la victoire, et lorsqu'il s'agissait d'organiser lé nouveau gouvernement, le nom de M. Daunou fut cité pour le ministère de l'instruction publique ; mais les événements tournèrent de telle manière, que quelques jours plus tard il n'était plus vraisemblable qu'un portefeuille lui fût offert.
A peine la révolution de juillet était-elle accomplie , que le successeur de M. Daunou aux archives du royaume vint à mourir. M. Barbé-Marbois écrivit le lendemain à celui-ci la lettre suivante : «Hier i3, M* de la Rue, garde des archives, s'est donné la mort, et aussitôt un vieil ami de M. Daunou a eu occasion de faire connaître au roi que
« ta Révolution de ï83o, par Auguste Fabre, 1. 1, p. i36.
» Souvenirs historiques sur la Révolution de i83o, par S. Bérard , p. 84. —Du reste, nous sommes fondé à croire que M. Daunou n'a pas tenu le langage qu'on lui prête dans la Biographie des hommes du jour, t. I, p. 106.
3 CoAfrier/rflTffçw/* des mercredi et jeudi, 28 et^ag juillet i83o.
a6o DOCUMENTS BIOGRAPHIQUES.
cette place ne serait mieux remplie par qui que ce puisse être , que par cet académicien.
oc Les aspirants se montrent déjà. Je crois que M. Daunou doit faire connaître s'il désire de rentrer dans une place dont il fut injustement éloigné.
« Mille compliments.
Ma^rbois.
« i4 août i83o. »
M. Daunou ne fit aucune démarche, et M. Guizoly alors ministre de l'intérieur, s'était empressé, dès le i3 août, de le faire nommer. Il lui écrivit le 1 5, en se félicitant d'avoir à lui faire connaître un choix qui le replaçait à la tête dHun établissement qiiil avait longtemps dirigé (Tune ma-nière si distinguée et où ses talents peui^ent rendre de nouveaux services.
M. Daunou , ainsi que nous l'avons déjà dit, se fit un devoir de donner immédiatement sa démission de professeur d'histoire au Collège de France, car sa probité, qui a trouvé peu d'imitateurs, ne lui aurait pas permis de conserver à la fois deux fonctions publiques.
Soumis à la réélection par suite de sa promotion à la place de garde général des archives, M. Daunou fut réélu sans difficulté par le collège électoral de Brest, k l'époque dont nous nous occupons, il fut membre et président de la commission chaînée de l'examen de la proposition d'accusation contre les ministres de Charles X, signa-