CHAPITRE Xli. Sfc6l
taires des ordonnances de juillet. Des lettres que nous avons sous les yeux et qui lui furent adressées par des parents et par les conseils des accusés, démontrent qu'en cette occasion , comme dans toutes les circonstances de sa vie^ il sut concilier les droits de l'humanité avec les devoirs de la justice.
M. Daunou prononça deux discours remarquables dans la session de 1 83o : Fun , lors de la discussion du projet de loi sur l'organisation municipale ' ; l'autre sur la loi relative au jury* .
Des élections générales ayant encore eu lieu, au mois de juillet iSSi, M. Daunou fut nommé député par le collège électoral du 8® arrondissement de Paris et par celui de Brest. Il opta pour ce dernier collège , qui, pour la quatrième fois, l'honorait de ses suffrages, et il le représenta jusqu'aux élections de i834.
Ses principaux actes, dans celte législature, furent le discours qu'il prononça le i*' octobre i83i, sur l'organisation de la Chambre des pairs, et le rapport qu'il fit, le 2a décembre de la même année, sur le projet de loi relatif à l'instruction primaire. Il avait été membre des commissions qui avaient préparé ces projets de loi, et il avait pris une part active à leurs travaux. Il s'était prononcé avec force contre l'hérédité de ta pairie, et afin de rendre à la chambre, qu'il s'agissait de constituer , l'autorité qu'un
^ Séance du 3r janvier i83r ; Moniteur du i'' février. 2 Séance du s6 février ; Moniteur du 38.
aÔa DOCUMENTS BIOGRAPHIQUES.
corps aristocratique ne peut plus se promettre en France, il demaudait que ses membres fussent institués à vie; que leur nombre fût fixé à acio; que leur nomination par le roi n'eut lieu que sur des listes de trois candidats , présentés pour chaque place vacante, par un collège électoral.
Son rapport sur la loi relative à l'instruction primaire était tel qu'on devait l'attendre d'un homme aussi profondément vei^é dans ces ma* tières. Il exposait avec détail les améliorations que Ton désirait alors apporter à cette partie si essentielle du service public. La liberté de renseignement y était fortement garantie , et le régime des écoles primaires était soustrait à la do^ mination de runiversité*
Tels ont été les travaux de M. Daunou dans les assemblées où il a figuré à différents intervalles^ et dans des circonstances bien diverses pendant quarante ans de sa vie. Aux élections de i834^ il refusa la candidature que les électeurs de Brest voulaient lui continuer; mais il touchait à sa soixante-quatorzième année , et il sentait que ses forces ne- lui permettraient plus de remplir ses devoirs de député avec toute l'exactitude qu'ils lui semblaient demander.
En 1837 et en 1839, de nouvelles instances furent faites auprès de lui , notamment par des électeurs du 8^ arrondissement de Paris , pour qu'il aci)eptât la candidature; mais les motifs qui la lui avaient fait refuser formellement en ï834j n'existaient, à ses yeux, qu'avec plu^ de force. Aux élections du mois de mars 1839, il