CHAPITRE XIJI
considëraiions fort étrangères au bien du service et aux exigences de titres scientifiques solidement établis, allaient faire arriver à deux emplois supérieurs des archives des personnes tout à fait étrangères à ce|[enre de travaux. Il résista autant qu'il fut en lui. Aucune démarche ne lui coûta pour défendre ce qu'il considérait comme les principes d^une sage administration et accomplir les devoirs que lui imposait sa position. Mais il vit que, malgré les bonnes raisons qu'il faisait valoir, le pouvoir passerait outre, et que les deux étrangers seraient nommés; il en conçut un profond chagrin, et parla hautement de donner sa démission. 11 était dans cette disposition d'esprit, lorsque les travaux qui s'exécutent aux archives du royaume , pour TaUgmentation des bâtiments, et dont il blâmait beaucoup la direction , viurent à preûdrè plus d'activité'. On lui fit même en*
Quand il d'avàit pu faire entrer aux archives des élèves de l'école de* chàrtëd ^ il avait fait érittét à Técole des chartes les employé» des archives. Personne n'ignore que jusqu'à son dernier moment il a énergiquement protesté contre les deux dernières nominations qu'on a voulu vainement lui faire accepter, et dont Tune au moiâs, paf l'e^pèct pour le vieillard malade, n'a été rendue publique qu^après sa mort. • ( Bibjiothèque de l'école des chartes , 1. 1 , p. 583.)
1 Les travaux si mal entendus qui s'exécutent aux archives du l'ioyaume coûteront des sommes énormes à l'État et ne feront qu'un monceau de bâtiments sans harmonie et tout à fait impropres aux services auxquels ils sont destinés. M. Daunou avait trop bien prévu ces folles dépenses et leurs tristes résultats. Dans un rapport fait à la Chambre des députés, au nom d'une commission (séance du 17 mai 1842), M. Ogera constaté l'opposition de M. Daunou à la nature des travaux faits à l'hôtel Soubise. On y
tendre qu'il serait obligé de quitter son logement dans un court délai. Cette circonstance augmenta encore les tourments auxquels il était en proie. Les résistances de M. Daunou aux caprices du pouvoir donnèrent lieu de dire qu'on songeait à le priver de ses fonctions. Il ne fut toutefois averti de ce bruit que par la lettre suivante de M. de Salvandy, qui allait quitter le ministère de l'instruction publique 9 et que l'on désignait comme devant le remplacer :
R U mars (1839).
«Monsieur et respectable gonfrèhe,
X Un journal revient, pour la confirmer, sur une odieuse calomnie, savoir, que j'aurais la pensée coupable de vous déposséder à mon profit.
*« Il y a six mois, quand je portai au Conseil du Roi mes projets de réorganisation de la Bibliothèque royale, les journaux annoncèrent que je voulais me préparer une retraite. Je fis répondre par le Moniteur parisien que , lorsque je quitterais les affaires, je ne voudrais et n'accepterais aucune fonction publique.
« Ces sentiments n'ont pas cessé d'être les miens.
lit en effet ce passage : « Le vénérable M. Daunou , alors garde général des archives, qui assistait, selon lui, à la dilapidation des deniers de TÉtat, s'est opposé , tant qu'il Ta pu , à l'exécution de projets que ne commandait en quoi que ce soit le besoin de son administration. Sa résistance n'a pu l'emporter : il fallait tout changer, tout couvrir de> constructions.... Sa mort seule a mis un terme à son opposition. »
Ces travaux ont déjà coûté deux millions cent mille francs; ils doivent s'élever, suivant M. Oger, à 4,a53;5oo.