CHAPITRE II
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans dire que M. Daunou avait remarqué que pendant qu'il était question de juger Louis XVI , et surtout durant le procès , il recevait la visite de beaucoup de gentilshommes de son pays, qui cherchaient , par des détours, à l'engager à voter la mort du roi. Ils lui disaient , par exemple, qu'un wi dé-^ trôné était un roi auquel on ne poumit consenrer la vie^ etc. Ce langage avait lieu de le surprendre , et il en tirait la conséquence que la noblesse avait fait le sacrifice du malheureux Louis, dans l'espoir qu'une réaction s'opérerait dans l'esprit de la nation, et qu'il en résulterait un prompt retour aux principes de l'ancien régime.
C'est sans doute pour répondre à ce calcul machiavélique que Daunou crut devoir écrire aux administrateurs du district de Boulogne lorsque le fatal procès fût teraiiné. Dans cette lettre, après leur avoir rappelé ses voles, il leur annonçait que tous projets de protestation, de scission, de 'démission , lui parailraiehC constamment contraires aux devoirs de l'honiime public et aux intérêts de la patrie; et, les ayant ainsi prémunis •contre les effets que les pat^tis pourraient chercher à'tirer de la décision de la Conventioil , il terminait en dJsaifirt : «qu^ii ne fatft jattieiis désespérer du safiut dfeta répuMique. >/ • •